mardi 6 mars 2012

Les oligarques fugitifs du Kazakhstan, un complément de revenu pour les puissances européennes.

Combien d'entre eux vivent dans la Perfide Albion, paissent sur les copieux pâturages alpins ou mène une vie opulente dans la capitale culturelle de l'Europe, Vienne? Leurs milliards volés nourrissent les économies en difficulté de l’UE, et soudain ces criminels fugitifs se transforment, miraculeusement sans doute, en hommes d'affaires respectables, en représentants des forces démocratiques du Kazakhstan, en défenseurs des droits violés sur le pétrole, en investisseurs immobiliers, en rapatriés.

Même en plein air, la vieille Europe peut tourner la tête de n’importe qui. La démocratie dans sa forme pure, sans mélange, fait tourner la tête. Une personne qui n’est pas préparée risque de chuter. C’est ainsi qu'un ancien maire d'Almaty et ancien ministre Viktor Khrapunov, qui s’est échappé en Suisse il y a plusieurs années, n’a pas pu résister à la tentation d’entrer dans la corruption kazakhstanaise.

Sans nier son implication dans la distribution illégale de terres à Almaty (une des raisons de sa chute) il a dit qu'il a été forcé. Rappelons que Khrapunov a vendu les terres du Parc National Naturel "Medeo" dans le complexe "Shymbulak" et d'autres sites sur lesquels la loi kazakhe interdit strictement de bâtir. C'était un véritable désastre territorial, qui a été résolu par le président Nursultan Nazarbaiev. Le Chef de l'Etat a commandé aux organismes d'application des lois de se pencher sur cette question sans prendre en considération les postes occupés  par les personnes impliquées.

Mais que dit Khrapunov? Il affirme qu'il était juste un distributeur silencieux. Si l'on en croit ses déclarations, c’est le pouvoir de la RK qui a décidé de qui bénéficiera d’une construction et où sur les territoires protégés. Et l’ancien fonctionnaire ne s’embêtait pas de l'illogisme de cette conception. Dites-moi, pourquoi le président kazakh ouvrirait-il une enquête s'il était lui-même en cause ? Pour mettre en cause Khrapunov? Pour ce faire, il y avait bien d'autres façons. Une procédure pénale contre le fugitif aurait pu être ouverte pour bien d’autres litiges que la vente de ces terrains.

Parmi ses autres péchés se trouve la construction de l'aéroport d'Almaty. Khrapunov a détourné 10 millions de dollars destinés à la construction du terminal passagers. La ville a été contrainte de payer les factures de sa dette.


On relève de nombreux cas criminels de manipulations de la propriété municipale, en particulier, d'achat pour quelques centimes de biens sociaux (écoles, hôpitaux), mais aussi de transfert à titre gratuit de terres publiques pour la publicité privée extérieure. (Remarque: ces terrains appartiennent à ce jour à deux sociétés, dont les fondateurs sont sa femme Leila Beketova, et son fils, Elias Khrapunov.)

Par conséquent, en ce qui concerne ces problèmes de terrains il existe une autre explication plus plausible. Notamment, Khrapunov a distingué des terres pour l’élite kazakhstanaise, sans révéler l'illégalité de ces opérations. Ainsi, il croyait que ses affaires véreuses seraient  protégées d'éventuelles attaques par les services répressifs. Faux, car elles sont arrivées. L’immunité n’a pas fonctionnée.

C’est pour cela que Khrapunov a échangé ses montagnes natales par celles des Alpes. Dès que cela a senti le roussi, il a réuni tous ses avoirs à l'étranger, a organisé un vol charter et est parti avec sa famille et tous ses avoirs en Suisse. C'était en 2008. Il a pris avec lui un capital considérable. La richesse de Khrapunov est estimée à 300-400 millions de francs suisses. Et maintenant, selon les données publiées dans la presse, cet ancien fonctionnaire modeste est entré parmi les 300 personnes les plus riches de Kazakhstan.

Maintenant, nous allons tenter de répondre logiquement à une autre question. Pourquoi Khrapunov a été silencieux pendant plusieurs années et a spontanément commencé à parler? C'est vraiment intéressant. Qui connaît Khrapunov comprend qu’il ne pouvait faire une telle démarche, que dans une situation exceptionnelle. Tout d'abord, parce qu'il n'a jamais été un homme politique indépendant. Dans l'élite kazakhe il porte le surnom d’"invertébré".

Deuxièmement, Khrapunov représentant officiel indéboulonnable de toutes les partocraties soviétiques, a compris depuis sa naissance que le silence est d'or. Et tout à coup il a parlé. Les paroles ont jaillit sans s'arrêter.

Quelle en peut-être la raison? Il y a une version qui explique que Khrapunov a été poussé sur la voie de la confrontation, par un parent : Mukhtar Ablyazov. Celui-ci est également un oligarque fugitif, mais peint avec les couleurs de l'opposition. Ces deux milliardaires sont affiliés par les enfants. Le fils Khrapunov, Elias est marié à la fille Ablyazova, Madina.

En dépit de ce lien parental, Khrapunov n'a pas participé à la guerre de l'information contre les autorités kazakhes déchaînées par son nouveau parent. Il était resté dans l'ombre. Mais quelque chose s'est passé et maintenant les ressources médiatiques d’Ablyazov sont devenues les tribunes pour le pensionné Suisse.

La rumeur veut qu’Ablyazov a donné aux autorités suisses des informations sur l'origine des capitaux de Krapunov. Par conséquent, un marchandage a commencé. On a fait comprendre à Khrapunov, que soit il remplissait la caisse soit les autorités compétentes viendraient le chercher.

Si c'est le cas, on ne peut dire qu’une chose, l’ancien chef de la ville a misé sur le mauvais cheval. La pratique montre que l'ouest peut être favorable jusqu’à un certain point. Il vient un temps où quant les puissants ont ce qu’ils voulaient, ils vous tournent le dos.

C’est arrivé aussi à Ablyazov. Selon des rapports récents à Londres, il a été emmené en garde à vue. Le magnat à écopé de près de deux ans de prison. Et ce n'est que pour un outrage au tribunal. Qu'est-ce qui se passera lorsque la justice britannique, sera convaincue de l’implication d’Ablyazov dans de nombreuses machinations financières?

Ablyazov a apparemment perdu la faveur de ses amis anglais, et tous ceux qui suivent ses traces subiront le même sort. Peut-être que les prisons britanniques et suisses sont proches des prisons kazakhstanaises ....

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