jeudi 31 mai 2012

Kazakhstan : Que cachent les évènements de Zhanaozen?

Dans l'esprit de tous les hommes de la rue des États européens, les pays dont les noms se terminent en "stan" tombent automatiquement dans la catégorie des pays non crédibles. Dans l'esprit des européens ordinaires, Afghanistan et Pakistan sont reliés aux camps d'entraînement des militants, des terroristes, Al-Qaïda, les talibans, et bien sûr, au manque de démocratie et aux violations flagrantes des droits de l'Homme. Mais l'Asie est large et variée, et le suffixe en «stan» de certains pays ne signifie pas qu'ils fassent partie de l'axe du mal.

Prenons par exemple le Kazakhstan. Récemment, la société a accumulé un grand nombre de revendications «démocratiques» dans le pays. Le Kazakhstan est accusé de harceler l'opposition. Du point de vue des forces qui s'opposent au régime de ce pays, il s'agit d'une chasse aux sorcières à part entière. Après les événements de Zhanaozen, où la grève s'est transformée en affrontements avec la police et par la mort de 15 personnes, les dirigeants de l'opposition qui avaient l'ambition de fomenter des conflits sociaux ont été arrêtés. D'autres représentants de partis ont été poursuivis, conformément aux procédures pénales.
En outre, ils affirment que les autorités locales tentent de les blâmer de tous les problèmes l'oligarque fugitif qui finance l'opposition M.Ablyazov, simplement afin de détourner l'attention des véritables problèmes de société. A leur avis, Ablyazov est le seul vrai démocrate, qui a été contraint à la clandestinité à Londres.

Ce point de vue est celui que les médias contrôlés par Ablyazov, tentent d'imposer au public. Dans le même temps, ils dissimulent le fait que cet homme est recherché par les administrations chargées de l'application de la Loi au Kazakhstan, en Russie, et maintenant au Royaume-Uni.

Il ne faut pas oublier sa participation active pour alimenter le conflit à Zhanaozen où les employés et l'employeur de l'une des compagnies pétrolières locales étaient prêts à s'accorder,  lorsque l'intervention d'Ablyazov et de son groupe financier ont réduit tous ces efforts à néant. En particulier, certains ont constaté qu'Ablyazov a financé des grévistes afin de communiquer dans les médias, dans des dîners traditionnels appelés « Sadaka » (tradition très importante parmi la population locale). Il a également envoyé dans la région Vladimir Kozlov, chef du parti « Alga ». V. Kozlov, a de nombreux contacts dans la région (il a fondé la première chaîne privée en Mangistau en 90) et a participé à plusieurs réunions avec les élites locales.

Il est prouvé que l'oligarque, à travers ses émissaires, a menacé les représentants syndicaux. Beaucoup étaient prêts à mettre fin à la grève, mais ils leur famille et leurs enfants ont subit des pressions à leur domicile. À cet égard, les assassinats d'un activiste du syndicat de Zhanaozen et de la fille de l'un des grévistes, qui ont eu lieu l'été dernier, sont sous certains aspects mystérieusement très ressemblant. A cette époque, l'opposition a essayé de faire endosser ces crimes par le pouvoir. Mais soyons logique,  pourquoi les autorités auraient-elles besoin de cela ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de comprendre à qui ces crimes profitent.

Zhanaozen a conduit les autorités kazakhstanaises et les services spéciaux à mobiliser son plein potentiel contre un adversaire qui se déclare lui-même un démocrate, prêt à déclarer la guerre, selon ce qu'Ablyazov a annoncé ouvertement dans sa propre chaîne de télévision.

Il faut d'ailleurs rendre hommage aux services secrets qui ont bien fonctionné. Par provocation, Ablyazov a planifié une série d'attentats à la bombe dans le pays qui ont lamentablement échoué. En mars de cette année, le comité de sécurité nationale a arrêté des personnes qui ont planifié une série d'attentats à la bombe dans des lieux publics, des parcs et des bâtiments administratifs de la plus grande ville de la République, Almaty. Parmi eux se trouvent Alexandre Pavlov, chef de la protection personnelle de M.Ablyazov et Muratbek Ketebaev, l'un des leaders du parti non enregistré "Alga". Les plans pour l'organisation d'actes terroristes ont été planifiés depuis septembre 2011.

Au Kazakhstan, les «médias démocratiques» financés par Ablyazov ont de nouveau présenté cette affaire comme étant « cousue de fil blanc », tout simplement afin de serrer la vis sur l'opposition. Ils se sont mis d'accord pour accuser le pouvoir du Kazakhstan de l'organisation des attaques terroristes de l'an dernier. Pendant ce temps, le gouvernement serait fou d'attiser les flammes du terrorisme dans son pays, et de contredire sa propre thèse, disant que la République du Kazakhstan est un îlot de stabilité au milieu des pays d'Asie en difficulté. En effet, jusqu'à l'an dernier, la population locale n'a jamais fait face à la menace d'attentats terroristes. Il est incontestable que ceux qui jouent cette carte cherche à créer une plate-forme pour éduquer l'électorat à la protestation. Pour les autorités ce serait une forme de suicide politique. Compte tenu du fait que le Kazakhstan a toujours eu un sens commun et pragmatique, la conclusion est claire : ces attaques sont bénéfiques à Ablyazov et à personne d'autre car il peut en obtenir des dividendes politiques.

Même aujourd'hui, ce monsieur pourrait recommencer à semer le chaos. Les émissaires qu'il a formé ont essayé de lancer une rébellion à Zhezkazgan, en soulevant des travailleurs contre la plus grande entreprise "Kazakhmys". Le pouvoir ayant  appris de ses mauvaises expériences passées, il a ici bien réagi.

Toutes les conditions préalables pour le mécontentement social ont été étouffées dans l'œuf. Ainsi, Ablyazov a été défait sur tous les fronts. Et notamment par la Haute Cour de Londres. Condamné à 22 mois de prison, il s'est enfuit en France. Il va probablement continuer sa guerre contre le Kazakhstan dans l'ombre, ce qui ne le différencie pas de l'ordinaire des extrémistes et des terroristes.

Ilya Krassin, le 31 mai 2012.



mardi 29 mai 2012

Inde : importations d'or en baisse de 32% suite aux mesures gouvernementales

Les  importations d'or ont baissé de 32.4% en Inde en 2011-2012 suite aux mesures prises par le gouvernement pour contrôler les flux d'or entrant dans le pays. Parmi ces mesures figurent une hausse des tarifs douaniers.
Reuters estime que l'Inde a importé 655 tonnes d'or en 2011, à comparer aux 969 tonnes importées l'année précédente, et aux 816 tonnes de 2008.
Ce déclin des importations d'or a provoqué de nombreuses plaintes de la part des membres du Gems and Jewellery Export Promotion Council (GJEPC).  En effet, ceux-ci se plaignent du manque de disponibilité d'or, particulièrement dans les parties les plus reculées du pays.  Cette pénurie pourrait également mettre une pression à la hausse sur les prix de l'or en Inde.
Selon les premières estimations et de manière encore plus significative, les importations d'or durant le premier trimestre 2012 auraient chuté de 68% à 90 tonnes, contre 283 tonnes un an plus tôt.  Cette baisse est attribuée à une grève nationale des bijoutiers de 21 jours, qui demandaient l'annulation d'une taxe sur les bijoux simples.
Les ministre des Finances Pranab Mukherjee a mentionné en présentant le budget pour 2012-2013 en Mars, qu'il était nécessaire de limiter les importations d'or pour contrôler la dégradation de la balance des paiements courants.
On estime que les indiens détiennent à titre privé environ 18.000 tonnes d'or.
 Sur www.24hgold.com le 29/05/2012

Qatar: interrogations après un incendie ayant fait 19 morts dont 13 enfants

Les autorités du Qatar enquêtaient mardi sur l'incendie du plus grand centre commercial de Doha, qui a fait la veille 19 morts, tous expatriés dont 13 enfants, et suscité des interrogations sur les manquements aux règles de sécurité.

Le prince héritier du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a diligenté une enquête sur l'incendie du Villaggio, qui aurait été provoqué selon le général de la Défense civile Hamad Othman Dahimi par un court-circuit, une négligence ou un mégot de cigarette.

L'incendie a fait, selon le ministère de l'Intérieur, "19 morts, dont 13 enfants --sept fillettes et six garçons--, quatre membres du personnel d'une crèche et deux membres de la Défense civile".
Les treize enfants sont des triplés néo-zélandais de trois ans, quatre Espagnols, une Américaine d'origine arabe, une Canadienne, un Franco-égyptien, une Egyptienne, un Sud-africain et un Chinois, a précisé à l'AFP le capitaine Moubarak Abou al-Aïnine, porte-parole du ministère de l'Intérieur.
Les adultes sont trois Philippines, deux puéricultrices et une comptable, une puéricultrice sud-africaine et deux pompiers, un Marocain et un Iranien.

La plupart des victimes de confession musulmane seront enterrées en milieu d'après-midi au Qatar tandis qu'un service religieux sera organisé pour les victimes chrétiennes en fin de journée, a indiqué le porte-parole.

Selon lui, les corps des triplés néo-zélandais, de trois des quatre enfants espagnols et du Chinois seront rapatriés et rien n'a encore été décidé pour les trois Philippines.

Le Qatar compte une population de moins de deux millions d'habitants, en grande majorité des étrangers.

Le ministre de l'Intérieur, Abdallah ben Nasser Al-Thani, a assuré que les secours étaient arrivés sur les lieux quelques minutes après l'alerte.

Rapidement, ils ont localisé "20 enfants dans une crèche du complexe et tous les efforts se sont concentrés sur leur évacuation", a-t-il dit, précisant que les pompiers avaient dû pénétrer par le toit pour évacuer les enfants encerclés par les flammes, les escaliers menant à la crèche située au premier étage du centre commercial s'étant effondrés.

- Cafouillages et impréparation -

En dépit de la célérité des secours, les commentateurs s'interrogeaient mardi sur les manquements possibles aux règles de sécurité qui seraient derrière le lourd bilan du sinistre.

"Il est anormal qu'un centre commercial de la taille du Villaggio connaisse de tels manquements aux règles de sécurité", écrit ainsi le quotidien Al-Raya. "Il est anormal que les gens sur place aient attendu sans rien faire alors que les flammes dévoraient les victimes", dénonce le journal.

"Certains diront que c'est le destin mais de telles négligences atteignent le niveau d'un homicide volontaire", ajoute-t-il.

Le témoignage d'un journaliste néo-zélandais, Tarek Bazley, évoque l'impréparation du personnel devant une telle situation d'urgence.

"Il y avait un manque total de planification, de coordination concernant l'évacuation des personnes présentes", a-t-il raconté sur Radio New Zealand.

"J'ai d'abord entendu une vague alarme à incendie, qui faisait plutôt penser à la sonnette d'une porte pour être honnête", a-t-il dit. "J'ai demandé au personnel de l'aire de jeux, où je me trouvais avec mes enfants, si nous devions nous inquiéter de quelque chose. Il a répondu +non, attendez, en général c'est une fausse alarme+", a ajouté Tarek Bazley.

"Dix minutes plus tard, un visiteur a traversé l'aire de jeux en criant +tout le monde dehors, il faut sortir, la moitié du centre commercial est en feu+".

La télévision du Qatar mais surtout Al-Jazeera, chaîne basée à Doha qui rapporte généralement rapidement les événements internationaux, n'ont réservé qu'une couverture minimale au drame.
D'une surface de 125.000 m2, le Villaggio Mall, ouvert en 2006, compte des boutiques, des restaurants et des salles de cinéma, et est traversé de canaux sur lesquels il est possible de faire des promenades en gondole.

Grâce à ses importantes réserves en pétrole et en gaz naturel, le Qatar est l'un des pays les plus riches du monde. Il se place deuxième derrière le Liechtenstein en terme de revenu par habitant.

Le pays est embarqué dans un développement frénétique et veut se doter d'infrastructures de standard international avant d'accueillir en 2022 le Mondial de football.

Sur www.lepoint.fr le 29/05/2012

L'UE durcit le ton face à la Syrie


La plupart des capitales européennes ont décidé, ensemble, d'expulser leurs ambassadeurs syriens.

L'Union européenne hausse le ton face à Bachar el-Assad. La France, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne ont annoncé mardi l'expulsion des ambassadeurs syriens dans leur capitale en représailles au massacre de Houla, survenu ce week-end, qui a provoqué la mort de 108 personnes, dont 49 enfants.

C'est le nouveau président français, François Hollande, qui a initié le mouvement, annonçant l'expulsion de l'ambassadrice à Paris, Lamia Chakkour, et une réunion dans la capitale française début juillet du groupe des pays "amis de la Syrie".

Une décision concertée avec les partenaires européens

Le chef de l'Etat a tenu à préciser qu'il s'agissait d'"une décision non pas unilatérale de la France, mais d'une décision concertée avec (ses) partenaires". "J'ai eu une conversation hier (lundi) avec David Cameron, le Premier ministre britannique. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a eu une discussion avec le secrétaire général des Nations Unies et nous avons convenu d'un certain nombre de pressions à exercer sur la Syrie", a précisé François Hollande.

Quelques minutes plus tard, l'agence de presse allemande dpa annonçait la convocation de l'ambassadeur de Syrie en Allemagne où son expulsion du territoire allemand devait lui être signifiée. L'ambassadeur devra quitter l'Allemagne d'ici 72 heures.

Le chargé d'affaires syrien à Londres, déjà convoqué lundi par le Foreign Office, a appris également mardi l'annonce de son expulsion. Rome a également expulsé le représentant diplomatique syrien en Italie. Même chose en Espagne.

Ailleurs dans le monde, l'Australie et le Canada ont pris les mêmes sanctions. Ces expulsions concertées marquent une nouvelle phase dans les initiatives amorcées par la communauté internationale face à la crise en cours depuis plus de 14 mois en Syrie.

lundi 28 mai 2012

L'Armée Syrienne Libre enrôle les enfants morts

Le bilan de la tuerie de Houla, selon un bilan confirmé par les casques bleus dépêchés sur place, s'établit à 92 morts dont 32 enfants. Selon la même source, ces personnes auraient été victimes d'obus de chars de l'armée syrienne.

Le sang froid du général Mood

Bien évidement, ce drame est l'occasion d'une vague de condamnations – et de menaces – à la hauteur de l'émotion – sincère ou politiquement intéressée – ressentie, et est exploité à fond par les ennemis de la Syrie pour obtenir enfin ce qu'ils cherchent depuis des mois, une condamnation en bonne et due forme de Damas par le Conseil de sécurité et, qui sait, le feu vert à une intervention militaire, au moins aérienne, contre l'armée syrienne.  Les morts de Houla sont pour beaucoup, de Doha à Washington en passant par les capitales européennes, une occasion inespérée de prendre leur revanche diplomatique des échecs répétés rencontrés depuis au moins l'été dernier.

On ne va pas se faire ici la recension exhaustive des déclarations émanant du bloc occidental et arabo-occidental. Citons quand même le nouveau chef de la diplomatie française Laurent Fabius qui a annoncé qu'il prenait « immédiatement » des contacts pour réunir à Paris le « groupe des pays amis du peuple syrien« . Bref, le drame de Houla permet à Fabius de reprendre en toute bonne conscience le « flambeau » interventionniste des mains de Juppé. En tous cas sa position reflète l'esprit diplomatique euro-américain, exprimée notamment par l'homologue britannique de Laurent Fabius, William Hague, qui a demandé « une réponse internationale forte ».

Cette réponse internationale forte passe, pour l'ASL et ses parrains du Golfe, par une intervention armée « des pays amis« , au moins des frappes aériennes contre les positions de l'armée régulière. Après l'Arabie séoudite et le Qatar, le Koweit a donné de la voix en ce sens, tandis que les Émirats arabes unis demandaient une réunion d'urgence de la Ligue arabe. On prendra le temps de hausser les épaules à la lecture de la déclaration du général dissident commandant théoriquement l'ASL,  annonçant solennellement que ses activistes se considéraient désormais comme dégagés de toute obligation de respect du cessez-le-feu entré théoriquement en vigueur le 12 avril dernier : il ne s'est pas écoulé un jour depuis cette date sans qu'un groupe se réclamant de l'ASL commette une attaque contre des militaires mais aussi des civils ou des infrastructures.

Citons aussi bien sûr les réactions des dirigeants des Nations-Unies : Ban Ki-moon et Kofi Annan ont parlé de « crime révoltant et terrible » qui constitue « une violation flagrante » des « engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes dans les villes ».

Le chef de la mission d'observation, le général norvégien Robert Mood, a également condamné depuis Damas une « tragédie brutale« , sans désigner de responsables. Mais il a appelé le gouvernement syrien à ne plus utiliser d'armes lourdes. Et il a aussi exhorté « l'opposition à s'abstenir d'utiliser la violence » afin de parvenir à « une solution politique » et d'éviter une guerre civile.

Robert Mood, du moins, garde,dans ce tumulte, la tête froide et pointe – si la thèse d'un bombardement meurtrier de l'armée est confirmée – la coresponsabilité dans ce drame d'une insurrection qui n'a cessé d'attaquer depuis le 12 avril, les unités et positions de l'armée, et, retranchée dans certains quartiers des villes, fait de leurs habitants autant de boucliers humains.

Ce qui s'est passé, ce qui peut se passer
Des questions se posent quand même. Ce n'est pas la première fois que l'armée syrienne est contrainte de pilonner des immeubles ou des quartiers transformés en bastions ou en centres d'opérations par les insurgés. C'est la première fois, en revanche qu'un tel bilan est constaté. Alors le bombardement des char syriens a été dense et long à ce point pour tuer cent personnes ? C'est, dans les annales pourtant souvent truquées de l'OSDH, un cas de figure inédit. L'officine de presse de l'opposition radicale parle de bombardements ayant débuté vendredi à midi et s'étant poursuivi « jusqu'à l'aube » de samedi. Et pendant tout ce délai, les habitants sont restés dans le quartier visé, sans l'évacuer ?

Mis sur la sellette comme aux pires heures de la crise, le gouvernement syrien accuse quant à lui des « groupes terroristes armés » d'avoir, au soir du vendredi, « incendié et fait exploser des maisons afin de faire croire que les forces armées syriennes bombardaient la région« .

Si jamais l'armée est effectivement responsable de cette tuerie de Houla – ce qui n'est pas encore démontré – on dira, pour reprendre une formule de Talleyrand, que « c'est plus qu'un crime, c'est une faute« . Car ce massacre des innocents permet à ceux qui cherchent à créer le chaos en Syrie de faire oublier leurs crimes quotidiens, et aux puissances qui les soutiennent à des fins non pas humanitaires mais géostratégiques, de relancer leur machine belliciste, et d'essayer d'intimider les soutiens de la Syrie.

Nous disons bien « essayer » parce qu'on voit mal Moscou et Pékin changer leur fusil d'épaule. Les Russes ont, via leurs services de renseignements mais aussi les quelque cent mille de leurs ressortissants vivant actuellement en Syrie, une image très exacte de la situation et des pratiques de l'opposition armée. Une machination n'est pas impossible, et l'on doit se rappeler qu'il existe au moins un précédent de « détournement de tuerie » par les bandes armée qui, en mars dernier à Homs, ont présenté comme des victimes des soldats de Bachar des Homsis dont les cadavres ont été déplacés nuitamment par les activistes d'un quartier à l'autre, avant que des habitants reconnaissent des membres de leur famille kidnappés plus tôt par les insurgés (voir notamment nos articles « À Homs, l'ASL déplace et fait parler des cadavres » et »À Homs, les crimes avérés et probables des insurgés », mis en ligne les 12 et 13 mars).

Bref, la direction russe sait que certains secteurs de l'opposition syrienne sont capables de tout dans le registre de la machination et de la provocation. Et puis, quoi qu' il se soit passé voici 48 heures à Houla, et quel qu'en soit le responsable principal, rien n'est changé à la donne syrienne : une majorité de Syriens suit la direction actuelle, par conviction ou crainte du chaos. Un chaos et une oppression sanglante – de type islamiste radicale -  qui seraient les conséquences immédiates – et de dimension régionale – du renversement violent de Bachar al-Assad, avec ou sans l'aide de l'OTAN. Et de cela, les Russes, et bien d'autres, y compris dans les rangs des vertueux Occidentaux, ne veulent pas à l'heure où le monde arabo-musulman est devenu comme une gigantesque zone d'instabilité. Quant à l'indignation des chancelleries occidentales, Moscou et Pékin savent ce qu'elles doivent en penser, depuis l'Irak, la Yougoslavie et l'Irak. C'est pourquoi les rêves de frappes aériennes de l'ASL resteront des rêves.

D'autres enfants martyrs

Un dernier point : les enfants ne meurent pas qu'à Houla en Syrie. L'agence Sana rend compte dans son édition du samedi 26 mai de deux massacres de civils survenus quelques heures plus tôt à Taldo et al-Chomaryeh dans les environs de Homs et qu'elle attribue à al-Qaïda : la famille de Mohamed Abdel Nabi Abdallah – le mari, la femme et les six enfant – a été. Un autre habitant d'al-Chomaryeh, Rateb al-Elo a été tué avec son fils. Et à Taldo, qui est située à 3 ou 4 kilomètres de Houla, coïncidence ? -, c'est toute la famille al-Sayyed – homme, femme et les trois enfants – qui a été exécutée par les mêmes fanatiques. Parce qu'ils étaient baasistes, alaouites, chrétiens ? Là, pas de victimes d'un éventuel bombardement à distance contre des ennemis embusqués, mais une haine meurtrière ciblée.

Enfants de Houla, enfants de Taldo et d'al-Chomaryeh : les petits cadavres ne s'équilibrent ou ne s'annulent pas, ils s'additionnent, pour le malheur d'un pays qui souffre moins d'un régime autoritaire qui s'efforce de se réformer au milieu d'énormes difficultés, que de bandes travaillant à leur guerre sainte politico-religieuse, avec le soutien diplomatique, technologique et financier de puissances hypocrites autant qu'irresponsables.

Article de Louis Denghien publiés par Mondialisation.ca le 28/05/2012

dimanche 27 mai 2012

IVème Congrès des dirigeants de religions mondiales et traditionnelles, « la paix et l'harmonie comme choix de l'humanité » à Astana.



« La religion est le royaume de l'âme humaine et de la morale. Les hautes valeurs professées par toutes les religions seront toujours conservées et respectées par l'Etat »,  Nursultan Nazarbayev.

Dans le monde actuel, en dépit des processus de mondialisation et d'intégration, les grandes valeurs de l’humanité revêtent des caractéristiques culturelles et individuelles. Jour après jour, nous nous efforçons de préserver l'unicité de notre espace, appelé «nôtre», en construisant des obstacles visibles et invisibles, et nous nous séparons de « l'étranger ».

En soi-même, le désir humain de diviser le monde entre le «nôtre» et l’«étranger» est indestructible. Cependant, l'étymologie du mot «étranger» a sensiblement changé. Et si elle avait suscité des sentiments ambivalents de vigilance, l'intérêt et la curiosité en soi n'est pas porteur de la dualité des valeurs négatives, et tout «étranger» peut toujours devenir «nôtre». Maintenant, le sens de ce mot n'est pas toujours pareil, et les «étrangers» sont en général évités, rejetés et tous pensent qu’ils la source de tous les problèmes. Une telle réaction est causée par la peur de l'inconnu, comme la xénophobie qui est la peur et l'hostilité envers les gens et les groupes différents de nous.

L'expérience montre que la xénophobie n'a pas besoin de raison particulière, mais est plutôt une cause qui, par le ridicule et l'absurdité peut soulever des nations entières à la révolte, et par conséquent, déclencher des guerres sanglantes. La principale raison pour cela, est une des plus anciennes maladies de la société, le manque de compréhension entre les peuples, et surtout le non-respect de l'autre et l’absence de volonté de comprendre les valeurs d'ordre spirituelles des autres individus. Une question se pose: contre quoi lutte-t-on ? Après tout, ce type de comportement est très loin d’être considéré par la vraie religion, qui nous enseigne la tolérance et la bonne foi par rapport aux autres. De plus, il est très difficile de croire en quelqu’un car cela demande de la discipline morale, des sacrifices, de l’amour et de tout ce qui nous manque aujourd’hui dans le monde moderne. Ce problème ne vient pas seulement des années de l’athéisme, lesquelles ont été nombreuses et ont fait perdre aux gens leur croyance. La moralité, surtout religieuse, entre profondément en conflit avec les principes moraux du système économique moderne, dont les orientations sont complètement différentes. Au lieu du développement spirituel, le bénéfice est la base du fonctionnement des systèmes économiques et financiers. Il n’y a pas de place pour la religion et sa moralité. Le défi le plus évident est de faire face, chose impossible sans efforts personnels.

Dans une société, les interactions entre les religions et l’Etat sont de plus en plus nombreuses. Mais pour beaucoup, il y a encore un mystère. Comment résoudre les problèmes délicats concernant les relations entre l'Etat et la religion, sans violer les fondements laïques de l’Etat d’une part, et les droits constitutionnels des croyants relatifs à la liberté de la religion, d’autre part ?

Aujourd'hui, les théoriciens ont construit d’assez nombreux modèles d’Etat laïques, des régimes postcommunistes, totalitaires, ainsi que démocratiques. Ce-dernier peut être séparé en deux groupes correspondant au modèle français de « laïcité dure » et au modèle anglo-saxon de « laïcité souple ».
Toutefois, l'expérience montre que, malgré le fait que la France est considérée comme un modèle d'Etat laïque et démocratique, son modèle de « laïcité dure », appelé « laïcisme »,  devient  problématique pour cette société moderne. Le niveau élevé de xénophobie ethnique et religieuse dans ce pays a provoqué l’«expulsion» de la religion de la vie publique. En d'autres termes, la France, prêchant le modèle de la séparation dure et intransigeante de la religion et de l'Etat fait face à des conséquences désastreuses, sous forme d'intolérance religieuse, qui au fil du temps devient de plus en plus difficile à contrôler.

Pour éviter cela, la laïcité doit être considérée comme une liaison entre l'État et la religion, qui par sa nature permet d’atteindre un développement harmonieux de l'individu et de la société, et être l’outil du respect et de la protection des droits de l'homme, parmi lesquels l'un des droit les plus fondamentaux et inaliénables est la liberté de conscience et de religion.

Le Kazakhstan est peut-être le seul Etat de l'ex-Union soviétique à utiliser le modèle « souple ». Les relations entre l'État et la religion dans cette République sont fondées principalement sur l'acceptation du pluralisme culturel, la tolérance religieuse, ainsi que sur l'influence positive de la religion sur la vie publique. L'une des principales destinations de la religion dans le pays est de maintenir la paix et l'harmonie dans la société kazakhstanaise, l'éthique du développement, la conservation et le développement du patrimoine culturel du Kazakhstan.

Malgré sa relative jeunesse, le Kazakhstan est assez sage pour apprendre de l'expérience d'autres pays. Aujourd'hui, Astana est bien consciente de combien il est important d'éviter les conflits ethniques pour des motifs religieux (lesquels ont littéralement balayés plusieurs régions du globe, de la Palestine à l'Indonésie sans parler de la Russie voisine), et de prendre toutes les mesures nécessaires pour les prévenir. La capitale du Kazakhstan est pour la quatrième fois une plate-forme traditionnelle de dialogue entre les représentants des religions du monde sur les questions d'actualité relatives au maintien de la paix fondée sur la tolérance, le respect mutuel et la coopération. Ainsi, du 30 au 31 mai de cette année dans la capitale du Kazakhstan, aura lieu le IVe Congrès des religions mondiales et traditionnelles intitulé "La paix et l'harmonie comme choix de l'humanité », sous le haut patronage du président Nursultan Nazarbayev. Ce n'est pas un hasard si dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses délégations étrangères viennent afin d’échanger sur le modèle kazakh particulier des relations interreligieuses et interethniques, et partager l’expérience de ce pays en la matière, dans le cadre de la présidence du Kazakhstan dans les organisations internationales faisant autorité, comme l'OSCE et l'OCI.

Enfin, nous notons que comme un corps humain, les religions de premier plan dans le monde sont des ensembles en constante évolution, qui malgré leur bonne santé attendent une certaine forme de soutien de l'Etat. La politique moderne du Kazakhstan sur la religion, visant à rassembler les gens plutôt que de les séparer ou les opposer, est exemplaire pour les autres pays. Et si le système politique n'est encore que sur le chemin qui mène à un modèle véritablement démocratique, dans le domaine de la tolérance interethnique et interreligieuse, le Kazakhstan peut à juste titre être appelé un pays modèle et l'une des quelques républiques de l'Union soviétique, qui a réussi à éviter les écueils de la xénophobie pour des motifs ethniques ou religieux.

Mickael Ivanov-Duffray le 27 mai 2012

samedi 26 mai 2012

Quiproquo : la vente de banques US à la Chine et la réévaluation du yuan


Le quatrième cycle de négociations sino-états-uniennes s'est déroulé dans l'euphorie de nouvelles apparentes concessions de Beijing : investissements financiers massifs aux USA et réévalution du yuan par rapport au dollar, comme Washington le réclamait depuis longtemps. Il ne faut toutefois pas se tromper sur le sens des événements, observe Alfredo Jalife-Rahme : la Chine n'a pas consenti ces sacrifices pour se soumettre aux États-Unis, mais pour inhiber leur impérialisme. Beijing use de ses armes financières et monétaires pour neutraliser l'agressivité de Washington tandis qu'il entame la construction d'une vaste zone de libre-échange, avec des États jusqu'ici sous influence US, la Corée du Sud et le Japon.
Une quatrième rencontre pour le « Dialogue Stratégique et Économique entre les États-Unis et la Chine » [1] vient de se tenir à Pékin, les 3 et 4 mai 2012. C'est le sommet bilatéral le plus important au monde, et il en ressort un certain nombre de résultats significatifs, selon China Economic Net [2], ce qui manifeste une détente remarquable, après une étape de brutale détérioration des relations entre les deux puissances.

Les media officiels chinois ont consacré bien plus d'importance à ce succès que la presse états-unienne, qui est muette sur le sujet.

Les trois moments significatifs dans cette distension ont été :
- 1. La troisième accession à la présidence de Vladimir Poutine, auquel la presse chinoise est acquise, parce que cela atténuera la pression des USA sur la Chine [3], au moment même où chacun a remarqué l'absence du "tsar" au sommet du G8, configuration désormais inopérante, face au G20, plus hybride et multipolaire ;
- 2. L'annonce du projet de traité de libre échange entre les trois plus grandes puissances géoéconomiques du Nord-Ouest asiatique : Chine, Japon et Corée du sud [4] ;
- 3. La révélation bizarre et concomitante du Dalaï Lama au sujet d'un complot pour le faire assassiner [5]. Les USA seront-ils capables de vendre le Dalai Lama pour un yuan, alors qu'un homicide le ciblant de façon choquante contrarierait énormément la Chine ?
Trois propositions géo-financières d'application immédiate ont été élaborées dans les « opérations donnant-donnant » de la quatrième rencontre Chine-USA :
- 1. La réévaluation accélérée du yuan, ce qui a suscité les éloges du secrétaire US au Trésor, Timothy Geithner ;
- 2. L'autorisation par la Réserve fédérale (la « Fed ») pour l'installation sur le territoire des États-Unis de trois banques chinoises publiques :
• Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), la banque la plus prospère au monde, qui a déjà acheté 80 % de la très états-unienne Bank of East Asia, avec 13 succursales à New York et en Californie [6]
• China Bank, la troisième en importance, ouvre une succursale à Chicago,
• et Banque Agricole de Chine, le n° 4, en ouvre une à New York
- 3. La Chine abaisse à nouveau son taux de réserve en proportion de ses dépôts bancaires (à hauteur de 50 points base) afin d'injecter plus de liquidités dans le marché [7].
Mieux encore, la Fed a permis à une série d'entités financières chinoises (ICBC, Central Huijin Investment et le fonds souverain China Investment Corp) d'opérer comme un « holding d'entreprises bancaires ».

On est loin de l'étape bushienne, quand sous l'apothème pharisaïque de la souveraineté (sic) économique, il avait interdit à l'entreprise d'État pétrolière chinoise CNOOC d'acquérir Unocal, qui a fini par se faire digérer et emballer comme un vague déchet par Chevron.

Il ne faut pas minimiser l'ouverture du secteur financier super-stratégique des USA à l'imposant secteur bancaire chinois, même s'il ne s'agit pour le moment que de mesures symboliques.

Les banques chinoises finiront-elle par arriver à Mexico, sur ordre de Washington, avant qu'une volonté nationale se manifeste en ce sens chez nous ? Allons-nous assister bientôt au rachat d'entreprises US par les banques chinoises, selon le schéma défusions [8]- acquisitions (M&A, selon leurs sigles en anglais) ? Y a-t-il eu d'autres opérations de troc géopolitique ourdies dans les coulisses ?

Autre sujet sur lequel les États-Unis acceptent une ouverture spectaculaire : la fin de l'embargo sur l'exportation technologique à caractère civil en direction de la Chine.

En contrepartie, l'un des changements politiques les plus profonds est la décision de la Chine de permettre l'investissement étranger (en fait, US) à hauteur de 49 %.

Le président chinois Hu Jintao s'est félicité de cette quatrième rencontre, tandis que la secrétaire d'État Hillary Clinton, plus amazone et noctambule que jamais, rassurait les grincheux alarmés de ce retour des USA en Chine, en répétant que Washington souhaite une Chine forte, prospère et triomphante : qui oserait en douter ?

Après la complaisance suspecte dans l'oscillation entre concurrence et coopération, ce dénouement heureux a débouché sur la première visite au Pentagone, depuis neuf ans et à l'improviste, du ministre de la Défense nationale, Liang Guanglie.

Au même moment apparaissent dans les media des chantres de la coopération bilatérale au détriment des partisans de la concurrence à la limite de la Guerre froide, tel l'apaisant Jeffrey Bader, qui est l'ancien conseiller d'Obama pour la Chine et l'Asie au Conseil de sécurité nationale et l'auteur du livre Obama et l'ascension de la Chine : un récit interne de la stratégie US en Asie [9].

Selon Jeffrey Bader, les relations entre Washington et Pékin se tissent autour de la table des négociations, et non pas sur des champs de bataille. Cette approche est dans le droit fil de celle de huit présidents états-uniens successifs, à commencer par Richard Nixon, à peine ternie par quelques écarts mineurs [10].

Obama n'est nullement l'exception, affirme t-il, et il conclut que sa politique repose sur trois principes fondamentaux :
• la reconnaissance et le respect face à la montée en puissance de la Chine et de ses légitimes intérêts ;
• l'insistance sur les normes internationales et le respect de la loi qui doivent encadrer cette montée en puissance ;
• l'intention de stabiliser celle-ci en fortifiant des alliances régionales et des partenariats.
À son avis, la relation bilatérale est quelque chose de tout à fait raisonnable, vu que les Chinois ont coopéré avec les USA sur les questions de la Corée du Nord et de l'Iran, et que Taïwan n'a même pas été une source de tensions. Il donne à entendre que le seul sujet sur lequel en théorie il pourrait y avoir conflit, c'est Taïwan, jusqu'à un certain point, parce que la vente d'armes à Taïwan a constitué une provocation et un facteur prépondérant de tension. Il ajoute que le sujet irritant des droits de l'homme et du contentieux de la Mer du sud constituent un obstacle à la coopération. Les différents défis proviennent de l'accélération de l'ascension de la Chine pendant la dernière décennie, et de son rôle grandissant à l'échelle mondiale. Les US en ont le tournis !

L'idée que la Chine a déjà supplanté les USA, ou le fera bientôt, dans son leadership sur les autres pays, n'a rien à voir, selon lui, avec les faits, car il existe un fossé entre pouvoir et revenus per capita.
En effet, les relations militaires ont été rétablies lors de la visite du précédent secrétaire à la Défense, Robert Gates, dit-il, et il rejette comme simple légende l'idée d'une nouvelle politique US d'endiguement (containement). Cependant, il admet le risque de crise sécuritaire entre les USA et la Chine : chacun est destiné à considérer les pas que fait l'autre pour sa propre défense comme une action offensive à son égard.

Mais selon son raisonnement, la défiance mutuelle peut être surmontée dans le cadre du « Dialogue Stratégique et Économique » [11].
Brendan O'Reilly [12] estime quant à lui que la stratégie de la Chine se fonde sur le développement économique et l'intégration. Ainsi le commerce bilatéral atteint 450 milliards de dollars par an, ce qui constitue un record absolu dans l'histoire des relations entre deux pays : la Chine met donc en œuvre une tactique subtile pour répondre efficacement à la supériorité militaire et politique des US, au moyen d'une plus grande intégration entre les deux économies respectives.
O'Reilly allègue que la Chine, ne pouvant atteindre le niveau militaire des USA à moyen terme, souhaite les désarmer, au plan de l'avantage tactique, en créant une situation de dépendance mutuelle et économique presque totale.

Ainsi donc, la Chine chercherait à instaurer un nouvel ordre mondial dans lequel le conflit militaire entre les plus grandes puissances se trouverait périmé par l'effet de l'intégration économique. Le pourra-t-elle ?
Article original d'Alfredo Jalife-Rahme publié sur www.mondialisation.ca le 26 mai 2012. Traduction de l'espagnol par Maria Poumier


Alfredo Jalife-Rahme : Professeur de Sciences politiques et sociales à l'Université nationale autonome du Mexique (UNAM).
Il publie des chroniques de politique internationale dans le quotidien La Jornada et l'hebdomadaire Contralínea.
Dernier ouvrage publié : El Hibrido Mundo Multipolar : un Enfoque Multidimensional (Orfila, 2010).
Son site : http://www.alfredojalife.com/home.php

[1] U.S.–China Strategic and Economic Dialogue / 中美战略与经济对话
[2] « 'Significant' results gained in China-US dialogue », China Economic Net, 5 mai 2012.
[3] « Putin's return may ease US pressure on China », Global Times, 13 mai 2012.
[4] « La Chine, le Japon et la République de Corée lanceront les négociations sur une Zone de libre-échange cette année », Xinhua, 13 mai 2012.
[5] « Dalai Lama reveals warning of Chinese plot to kill him » et « Dalai Lama : What do I really fear ? Being eaten by sharks », par Dean Nelson, The Telegraph (UK), 12 et 13 mai 2012. Et le commentaire chinois« Dalai Lama's claims of assassination slammed » par Xu Tianran, Global Times, 14 mai 2012.
[6] « Questions After the First U.S. Bank Takeover by a Chinese State-Controlled Company », par Charles Wolf, Jr., Brian G. Chow, Gregory S. Jones et Scott Harold, Rand Corporation, 15 mai 2012.
[7] « La Chine abaissera le taux de réserves obligatoires de 0,5 point de pourcentage », Xinhua, 12 mai 2012
[8] "Defusion" : néologisme anglais se rapportant à l'injection soudaine et à la diffusion envahissante de nouvelles idées.
[9] Obama and China's Rise : An Insider's Account of America's Asia Strategy, Brookings Press, mars 2012.
[10] « US-China ties revolve around debating table, not battlegrounds », par Jeffrey A. Bader, Global Times, 13 mai 2012
[11] Un volet particulier dit du « Dialogue sur la stratégie de sécurité » (Strategic Security Dialogue) a été ajouté au Dialogue stratégique économique, lors de la seconde rencontre, à Beijing, les 24 et 25 mai 2010.
[12] « Hu oils cogs to lock the US Asia 'pivot' », par Brendan O'Reilly, Asia Times, 9 mai 2012.

jeudi 24 mai 2012

Kazakhstan - Bilan de sa présidence de l'organisation de coopération islamique (OCI)

Le Kazakhstan, un des plus grands pays d'Asie, devient progressivement le centre de transformation politique du monde islamique. En tant que leader du 38e Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Organisation de coopération islamique (OCI), le pays met tout en œuvre pour résoudre les problèmes pressants de la communauté islamique.

L'Organisation de la Coopération islamique (dans le passé - Organisation de la Conférence islamique) est aujourd'hui l'organisation internationale musulmane officielle de niveau gouvernementale la plus importante et la plus influente. Elle rassemble 57 pays avec une population d'environ 1,2 milliard de personnes. Le but principal de l'organisation est la coopération entre les États musulmans, la participation conjointe dans l'arène internationale et la mise en œuvre du développement durable des pays membres.

Par ailleurs, le rôle du Kazakhstan dans ces processus est important. Astana, situé à la jonction des civilisations géopolitiques européennes et islamiques, est un excellent modérateur de l'OCI. En tant que 38e président du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'OCI, la tâche principale du Kazakhstan a été d'identifier une solution efficace aux problèmes urgents de la communauté islamique, ainsi que de consolider la capacité de l'organisation à renforcer la sécurité internationale, les liens économiques, la promotion d'un processus de dialogue entre les civilisations.

La présidence est allée au Kazakhstan dans les moments difficiles. La crise économique dans le monde et de fréquents affrontements sectaires, ont aggravé les conflits politiques en Afrique et au Moyen-Orient. Astana a pris pour tâche de construire un système de dialogue ouvert et honnête entre le monde musulman et chrétien. En 2010, Astana a assurée la présidence de l'OSCE. Elle est l'un des leaders des processus d'intégration en Asie centrale, un membre de l'OCS, de l'OTSC et de la Communauté économique eurasienne. En fait, aujourd'hui, le Kazakhstan a intégré des organisations de coopération aussi bien européenne que du monde islamique. Ce pays est en effet, une sorte de pont à travers lequel les communautés musulmane et occidentale peuvent coopérer.

Mais la complexité de la présidence du Kazakhstan exacerbe le processus de modernisation de l'organisation dans son ensemble. Renommer l'OCI a effectivement marqué le début d'une nouvelle phase de coopération dans le monde islamique.

Aujourd'hui, 22 des 57 pays membres appartiennent au groupe des pays les moins avancés. Leurs besoins et leurs exigences envers le Kazakhstan appelle à beaucoup d'attention. De plus, à ce jour, il n'existe aucuns liens commerciaux entre la plupart des pays membres. Les membres de l'OCI préfèrent coopérer avec l'Occident, plutôt qu'avec leurs voisins de l'OCI. "Pourquoi ne pas développer la coopération commerciale et technique dans la coopération Sud-Sud, c'est à dire entre les États de la communauté islamique au sens large ?», invite le Kazakhstan. Ce dernier propose des mesures pour stimuler les processus de développement de l'investissement entre les membres de l'organisation.

Le président de la république du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev, président kazakhe du Conseil des ministres de l'OCI a procédé aux changements d'orientation et d'introduction sur le marché économique du monde islamique. Il a ainsi suggéré aux pays de l'OCI de procéder à l'élaboration d'une politique d'innovation industrielle. Nazarbayev a entrepris l'élaboration d'un plan d'action commun dans le secteur de l'énergie, ainsi que d'un centre international de l'innovation.

En outre, l'initiative du président Nazarbayev visait également à améliorer l'efficacité de l'investissement et la coopération politique entre les États membres de l'organisation. En particulier, une proposition visant à établir un système de fonds de sécurité alimentaire pour soutenir les petites et moyennes entreprises est prête.

En outre, les processus d'intégration et de coopération permettent une politique de santé globale dans les États membres de l'OCI. A l'initiative de la partie kazakhe, lors la cinquième réunion du Comité directeur de l'OCI sur le thème de la santé à Djeddah il a été décidé d'accélérer la préparation du programme d'action stratégique dans le domaine de la santé pour les années 2013-2022. Ce programme devrait devenir une «feuille de route» de l'OCI, pour les mesures prises au niveau national. Ainsi il sera une plate-forme pour la coopération entre les États membres de l'OCI, et de la coopération avec des partenaires internationaux sur les questions de santé. Par exemple, dans une initiative conjointe de l'OCI, la BID et l'AIEA, des centres de radiothérapie du cancer seront développés dans les États membres de l'OCI en Afrique.

L'une des questions clés dans les États membres de l'organisation est l'approvisionnement en eau. Au début de Mars, lors de la Conférence des Ministres des Ressources en eau des États membres, il a été pris la décision d'adopter le concept de l'OCI sur l'eau.

Les droits de l'homme jouent un rôle important dans la promotion de la coopération multiculturelle, aussi bien dans la communauté musulmane que dans le monde occidental. Les Etats membres de l'OCI ont encore des marges de progrès pour les respecter. Au cours de la 38ème session du Conseil des ministres des Affaires étrangères à Astana, en juin 2011, il a été décidé de créer un Comité permanent sur les droits de l'homme au sein de l'OCI. La Commission se compose de 18 membres représentant des figures de proue dans le domaine des droits de l'homme des pays musulmans. Comme indiqué par les participants de la première réunion de la Commission à Jakarta (République d'Indonésie), les membres de l'OCI se sont fermement engagés à promouvoir les droits de l'homme dans leurs pays. Ils ont également noté l'absence de conflit entre les valeurs islamiques et la déclaration universelle des droits de l'homme et des libertés.

La présidence du Kazakhstan de l'OCI s'est trouvée dans une période difficile de réforme de l'organisation. Cependant, ainsi que l'écrit Ihsanoglu Ekmeledin, secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique, le Kazakhstan a réussi à apporter une contribution significative à la résolution des problèmes du monde islamique.

John Talbott le 24 mai 2012

Négociation délicate entre Etats-Unis et Pakistan sur les routes

Le montant du droit de passage est la principale pierre d'achoppement dans les négociations entre Islamabad et Washington sur la réouverture des routes d'approvisionnement pour les troupes de l'Otan en Afghanistan, a dit ce jeudi un responsable pakistanais.

Le Pakistan réclame des montants plus élevés que ceux proposés par les Etats-Unis et il est difficile de dire quand la négociation aboutira. «Cela pourrait être demain ou dans deux mois», confie la source.

Ces routes ont été fermées en novembre dernier en réaction à la mort de 24 soldats pakistanais tués par erreur par l'Alliance atlantique. L'Otan souhaite transférer aux forces afghanes la pleine responsabilité de la sécurité au milieu de l'année prochaine et retirer la plupart de ses 130.000 soldats d'ici fin 2014. 

Le 24/05/2012 sur www.20minutes.fr

Plusieurs morts dans l'attaque d'un drone au Pakistan

Au moins dix personnes ont été tuées, jeudi, dans l'attaque d'un drone américain visant des combattants islamistes présumés dans le nord-ouest du Pakistan, indiquent les services de renseignement pakistanais.

"Le drone a tiré deux missiles sur une maison de la ville de Hassokhel", à 25 kilomètres à l'est de Miranshah, la principale ville du Nord-Waziristan, connu pour être un bastion des talibans et des militants liés à Al-Qaida, a expliqué un responsable des services de sécurité.

Les bombardements de drones américains ciblant des extrémistes islamistes dans les régions tribales du Pakistan sont sources de tensions entre Washington et Islamabad.

Les Etats-Unis pressent le Pakistan de lancer une offensive d'ampleur contre le réseau islamiste Haqqani basé dans la province du Nord-Waziristan. Les relations entre les deux pays sont tendues depuis la mort de 24 soldats pakistanais en novembre dernier tués par erreur par l'OTAN le long de la frontère afghano-pakistanaise.

En représailles, les autorités pakistanaises ont fermé l'accès aux Etats-Unis des routes d'approvisionnement pakistanaises pour les troupes de l'OTAN en Afghanistan.

Le 24/05/2012 sur www.lemonde.fr

mercredi 23 mai 2012

La Banque mondiale réduit sa prévision de croissance pour la Chine en 2012


La Banque mondiale a publié ce mercredi son rapport consacré aux pays en développement d'Asie de l'Est et Pacifique. Elle réduit dans ce document sa prévision de croissance économique pour la Chine cette année, la ramenant de 8,4% à 8,2%. Elle encourage le pays à privilégier la relance par la consommation sur la relance par investissement et met par ailleurs Pékin en garde contre de nouvelles répercussions de la crise de la dette dans la zone euro sur la croissance chinoise.

La Banque mondiale note que les pays de la région ont enregistré une croissance de 8,2 % en 2011, et de 4,3 % en excluant la Chine. C'est donc un fort recul comparé aux près de 10 % de taux de croissance en 2010 (7,0 % sans la Chine). L'établissement table cette année sur un recul plus prononcé encore, pour s'établir à 7,6 % et estime qu'avec avec "une progression plus lente, la Chine tirera vers le bas le chiffre global de la région. "En excluant la Chine, la croissance régionale montera à 5,2 %, la Thaïlande renouant avec des volumes de production normaux", selon la BM.

"Les exportateurs de produits de base, qui ont connu un essor en 2011, pourraient devenir plus vulnérables si le ralentissement de l'économie chinoise intervient plus rapidement qu'anticipé, ce qui pourrait déclencher une chute inattendue des cours des produits de base", note l'établissement.

Bert Hofman, l'économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Asie de l'Est et Pacifique note que "la majorité des économies est-asiatiques sont à même de résister aux effets d'un regain de volatilité. La demande intérieure a fait montre de résilience aux chocs. La balance des opérations courantes de nombreux pays est excédentaire, sans compter qu'ils détiennent de larges volumes de réserves internationales. Les banques sont globalement bien capitalisées".

Pourtant selon lui, les risques venant d'Europe peuvent affecter la région par le biais des relations commerciales et financières". Il rappelle que l'Union européenne, les États-Unis et le Japon représentent plus de 40 % des exportations de la région, et les banques européennes fournissent un tiers des financements affectés au commerce et aux projets en Asie.

Sur www.boursier.com le 23 mai 2012

mardi 22 mai 2012

Fitch baisse la note du Japon


L'agence de notation financière Fitch a abaissé mardi 22 mai de deux crans, à "A+", la note de la dette à long terme du Japon, invoquant la dette publique massive du pays, qui équivaut à plus de deux fois son produit intérieur brut.

La nouvelle note attribuée au Japon correspond à la cinquième sur l'échelle de Fitch, qui en compte 22 au total. L'agence a assorti sa nouvelle estimation d'une perspective "négative", ce qui signifie qu'elle pourrait, au terme d'un à deux ans, la dégrader de nouveau.

Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques, qui publiait mardi ses perspectives 2012, Etats-Unis et Japon se redressent plus vite que prévu de la crise économique.

LE JAPON PLUS ENDETTÉ QUE LA GRÈCE

Fitch a rappelé que l'endettement public allait s'élever "à 239 % du produit intérieur brut du pays d'ici à la fin 2012, le taux de loin le plus élevé de toutes les nations que nous notons". Ce ratio est pire que la proportion enregistrée dans les pays de la zone euro en difficulté financière, comme l'Espagne (80,9 %, d'après les derniers chiffres de la Commission européenne), l'Italie (123,5 %) et même la Grèce (160,6 %).

De plus, la proportion de la dette croît rapidement. Fitch relève qu'elle a bondi de 61 points de pourcentage depuis la crise financière internationale de 2008-2009. Aggravée par les impératifs de reconstruction après le séisme dévastateur du 11 mars 2011, cette tendance n'est pas près de s'inverser, le gouvernement nippon ayant prévu de financer plus de la moitié de son budget 2012-2013 par l'émission de nouvelles obligations.

LES JAPONAIS ÉPARGNANTS

Par ailleurs, un classement a montré mardi matin que les Japonais sont restés les principaux détenteurs d'actifs financiers dans le monde en 2011 malgré le renchérissement du portefeuille des Chinois. La position extérieure nette du Japon s'est élevée à 253 010 milliards de yens (près de 2 500 milliards d'euros au taux de change actuel) à la fin 2011, en hausse de 0,6 % sur un an.

Les Japonais sont arrivés premiers de ce classement pour la 21e année consécutive. Cette statistique correspond à l'ensemble des actifs financiers (obligations, prêts, parts de sociétés, titres divers, etc.) détenus à l'étranger par les entreprises, les autorités publiques et les particuliers japonais, moins l'ensemble des dettes contractées par les Nippons vis-à-vis de l'étranger.

Sur www.lemonde.fr le 22/05/2012

Nucléaire: discussions "très utiles" entre l'AIEA et l'Iran

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano a entamé à Téhéran des entretiens pour obtenir plus de coopération des autorités sur le dossier nucléaire, avant une rencontre cruciale mercredi à Bagdad entre l'Iran et les grandes puissances.

Alors que le nucléaire iranien figure parmi les dossiers importants du G8, le chef de l'agence internationale de l'énergie atomique s'est rendu lundi à Téhéran en vue d'une nouvelle voie de coopération. 

L'Iran et l'Agence internationale de l'énergie atomique se sont félicités de leurs "très utiles" discussions lundi à Téhéran, à l'occasion d'une visite du chef de l'AIEA Yukiya Amano. Elles visaient à obtenir des Iraniens davantage de coopération en matière nucléaire. 

Aucune indication n'a été donnée néanmoins sur d'éventuelles décisions concrètes pour améliorer cette coopération, espérées par Yukiya Amano avant sa visite, sa première en Iran. Mais ces déclarations positives pourraient faciliter les négociations cruciales, prévues mercredi à Bagdad, entre l'Iran et les grandes puissances sur le programme nucléaire iranien controversé.

Les discussions avec le négociateur nucléaire iranien Saïd Jalili ont été "très utiles", "intenses" et se sont déroulées dans une "bonne atmosphère", selon des commentaires attribués à Yukiya Amano par la télévision d'Etat iranienne. "Les progrès dans les discussions vont avoir un effet positif sur les négociations entre l'Iran et le groupe 5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) à Bagdad, a-t-il ajouté. 

Amélioration dans les relations Téhéran/AIEA?

Saïd Jalili, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale qui représente l'Iran dans les négociations nucléaires avec les grandes puissances, a fait état de "très bonnes discussions", prometteuses d'une amélioration dans les relations souvent houleuses entre Téhéran et l'AIEA. 

La même tonalité positive a marqué une rencontre de Yukiya Amano avec le chef de la diplomatie Ali Akbar Salehi, qui a exprimé sa "satisfaction" devant la perspective d'une "nouvelle voie de coopération entre l'Iran et l'AIEA" placée sous le signe de "la confiance et la compréhension mutuelle". Yukiya Amano a également discuté avec le chef du programme nucléaire iranien, Fereydoun Abbassi Davani. 

Le site militaire de Parchin toujours controversé

Selon la télévision d'Etat, Amano a précisé avoir évoqué avec Saïd Jalili "un large éventail de sujets, notamment le désarmement nucléaire, l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, le renforcement de l'AIEA et le processus futur de nos actions". 

Mais aucune mention n'a été faite d'une éventuelle discussion sur l'accès au site militaire de Parchin, où l'AIEA soupçonne Téhéran d'avoir mené des tests d'explosions conventionnelles susceptibles d'être utilisés pour développer une arme atomique. L'Iran a refusé jusqu'à présent aux inspecteurs de l'Agence, malgré des demandes répétées, tout accès à ce site qui ne figure pas parmi les installations nucléaires soumises au contrôle de l'AIEA. 

Ces discussions doivent poser les bases concrètes d'un éventuel compromis qui permettrait de trouver une solution diplomatique à la crise créée par le programme nucléaire iranien, condamné par six résolutions de l'ONU dont quatre assorties de sanctions ensuite renforcées unilatéralement par les Occidentaux. 

Sur www.lexpress.fr le 22/05/2012

Barak ne veut pas céder face à l'Iran

Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a invité aujourd'hui les puissances mondiales à faire preuve de fermeté à l'égard de Téhéran quelques heures avant le début d'une importante réunion à Bagdad sur le programme nucléaire controversé de Téhéran.

"A Bagdad, il faut se méfier que grâce à des concessions partielles, l'Iran ne parvienne à éviter un renforcement des sanctions", a mis en garde Ehud Barak, estimant dans une interview à la radio publique que "sans un renforcement des sanctions actuelles l'Iran continuera son programme" nucléaire.

"Il ne faut pas céder au dernier moment, baisser les bras ou capituler", a-t-il ajouté.
Israël a accueilli avec beaucoup de scepticisme l'annonce mardi par le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano qu'un accord visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien serait signé prochainement entre l'agence et l'Iran.

Ehud Barak a réitéré que les exigences de la communauté internationale à l'égard de l'Iran étaient "trop faibles". "Tout ce qui est inférieur à une demande d'arrêter l'enrichissement de l'uranium à 20% et 3,5%, de transférer hors d'Iran tout l'uranium enrichi et de fermer le site de Qom est insuffisant", a-t-il dit.

Les discussions de Bagdad doivent réunir l'Iran et le groupe "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: États-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne).

Les deux parties doivent discuter du programme nucléaire iranien, dont Téhéran affirme qu'il est purement pacifique, mais qu'une bonne partie de la communauté internationale considère comme une tentative dissimulée de rejoindre le club fermé des puissances nucléaires.

Le ministre de la Défense israélien a affirmé que la position israélienne était "inchangée" après l'annonce de l'accord entre l'Iran et l'AIEA.

"Nous n'avons pas changé d'avis, le monde doit empêcher l'Iran de se doter de l'arme atomique et toutes les options sont sur la table", a-t-il dit, faisant allusion à la possibilité d'une frappe militaire israélienne contre les installations nucléaires iraniennes.

"Il est clair pour les dirigeants du monde entier qu'au bout du compte dans les domaines cruciaux pour sa sécurité ou son avenir, le gouvernement israélien est le seul à prendre ses décisions", a-t-il ajouté.

Les principaux responsables israéliens, Benyamin Netanyahu en tête, agitent la menace d'une opération militaire, exprimant leurs doutes sur l'efficacité des sanctions contre Téhéran.

Sur www.lefigaro.fr du 22 mai 2012

lundi 21 mai 2012

La contre-alliance russo-chinoise: l’Organisation de la Coopération de Shanghaï peut-elle émerger comme un contre-poids à l'OTAN


Il est impossible de ne pas remarquer que l'OCS est maintenant au-delà des problèmes régionaux. A la réunion de Pékin, le texte de la déclaration finale des états membres de l'OCS a été adopté. D'après les sources de Ria Novosti auprès de la délégation russe, le document condamne le programme du bouclier anti-missile américain. Une position consolidée de l'OCS sur les systèmes anti-missiles balistiques a le pouvoir potentiel de devenir un important contre-poids aux plans de l'OTAN dans ce domaine.

Bien que depuis des années l'OCS marchait sur des œufs en faisant certaines déclarations sur la politique étrangère, l'organisation change. L'OCS est pour des changements majeurs en jugeant par les résultats de la réunion des ministres des affaires étrangères de l'organisation dans la capitale chinoise avant le sommet de l'OCS programmé à Pékin les 6 et 7 Juin courant. L'OCS a été créée dans les années 1990 comme une institution devant servir à un regain de confiance entre la Russie, la Chine et quatre pays d'Asie centrale: le Kazakhstan, le Kyrgystan, le Tajikistan et l'Ouzebekhistan, ceci principalement dans le domaine de la coopération militaire.

Les états membres de l'OCS étaient unis par la menace commune que représentait le fondamentalisme islamique, représenté par la dominance des Talibans en Afghanistan. Mais aux début des années 2000, l'OCS a changé son objectif sur la lute contre le terrorisme international et contre le traffic de la drogue, ainsi que dans la coopération économique et humanitaire.

L'Organisation a tenu des positions équilibrées et raisonnables sur les évènements internationaux et a continué une politique très prudente, ne donnant jamais raison aux analystes de la considérer comme une alliance politique et militaire sérieuse. L'Inde, le Pakistan, l'Iran et la Mongolie rejoignirent l'organisation en tant qu'observateurs, tandis que la Biélorussie et le Sri Lanka devenaient des "interlocuteurs". Mais les temps ont changé et l'OCS a changé avec eux. Les crises au Moyen-Orient, incluant celles déclanchées par le "printemps arabe", le rôle des nations occidentales dans la situation et le retrait des troupes américaines de l'Irak et de manière plus importante d'Afghanistan, ont appelé à une révision de l'approche de l'organisation et de développer ses efforts de politique étrangère.

Comme l'indique le discours du ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov donné dans une réunion récente de l'OCS: à partir de dorénavant l'OCS formulera une politique commune pour tous ses participants si une crise doit apparaître dans la région. Il apparaît que le nouveau mécanisme de fonctionnement sera lancé dès le mois prochain, à la veille de la conférence internationale sur l'Afghanistan programmée pour le 14 Juin à Kaboul. "La situation en Afghanistan et ses alentours soulève des préoccupations majeures. Nous devrions participer activement à toutes les discussions internationales ayant trait à ces problèmes liés à l'Afghanistan en coordonnant nos positions", a dit Lavrov. L'OCS prendra évidemment en considération les décisions du sommet de l'OTAN qui se tiendra fin Mai à Chicago et qui adressera la situation dans ce pays.

Des déclarations antérieures du ministre russe des affaires étrangères ont clairifié que la nature de la présence militaire américaine et de l'OTAN en Afghanistan sera la priorité de l'agenda. Moscou et Pékin argumentent contre la présence continue de troupes étrangères en Afghanistan, présence qui va bien au-delà d'une question de sécurité et de police dans le pays. Moscou aimerait aussi entendre parler d'un rapport concernant l'application de la résolution de l'ONU qui a servi de base pour participer à cette campagne militaire en Afghanistan.

La position consolidée de l'OCS soutiendra de manière substantielle les efforts de la Russie et de la Chine dans ce domaine. Les demandes de Moscou et de Pékin seront même plus soutenues si le nombre d'états membres ou de pays associés augementent. Pendant la réunion récente, Lavrov a appelé à l'approbation des demandes d'intégration enregistrées pour l'Inde et la Pakistan. De plus, l'organisation est en faveur de donner à l'Afghanistan le statut d'observateur et de faire de la Turquie un interlocuteur. Il est donc impossible de ne pas noter que l'OCS est maintenant au delà de la portée des seuls problèmes régionaux.

A la réunion de Pékin, le texte définitif de la déclaration des états membres de l'OCS a été arrêté. D'après l'agence de presse Ria Novosti et de ses sources auprès de la délégation russe, le document condamne le programme de bouclier anti-missile des Etats-Unis. RIA Novosti cite une partie du document qui dit que l'expansion illimitée unilatérale du système anti-missile balistique pourrait endommager le sécurité et la stabilité stratégique internationales. Cette déclaration soutient clairement les efforts de Moscou à répudier les plans du système américain anti-missile, qui s'il est mis en application, pourrait dévaluer le potentiel stratégique russe. Quoi qu'il en soit, la Chine est également intéressée à désarmorcer le processus américain, alors que ses forces nucléaires sont même plus vulnérables (que les russes).

Une position renforcée de l'OCS sur les systèmes anti-missiles a le potentiel de devenir en l'occurence un sérieux contre-poids aux plans de l'OTAN dans ce domaine. Néanmoins, d'après les documents et les déclarations publiés, il n'y a aucune provision pour donner à l'OCS des fonctions militaires et de défense. Il est pourtant possible, comme le dit le journal Kommersant, que quelques instruments additionnels soient contenus dans la stratégie de développement futur de l'organisation, ce qui devra être approuvé par les chefs-d'état des membres de l'organisation. L'essence même de la stratégie demeure inconnue, puisqu'elle est toujours sujette à négociation.

Article original en anglais sur www.globalresearch.ca par  Andreï Ilyashenko le 21/05/2012Traduction : Résistance 71

Bush condamné pour crimes de guerre par contumace

Kuala Lumpur. – C'est officiel : George Bush est un criminel de guerre. Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l'histoire, l'ex-président des USA et sept membres de son administration ont été condamnés hier (vendredi) pour crimes de guerre. Bush, Dick Cheney, Donald Rumsfeld et leurs conseillers juridiques Alberto Gonzales, David Addington, William Haynes, Jay Bybee et John Yoo ont été jugés par contumace en Malaisie.

Le procès qui s'est tenu à Kuala Lumpur a permis d'entendre les témoignages poignants de victimes de tortures subies par ces personnes alors qu'elles étaient aux mains des troupes américaines ou de contractants en Irak et en Afghanistan.

L'un d'eux est le témoignage d'un Britannique, Moazzam Begg, ex-détenu de Guantanamo et aussi celui d'une femme irakienne, Jameelah Abbas Hameedi qui ont été torturés dans la tristement célèbre prison d'Abu Ghraib.

À la fin des audiences qui ont duré tout le week-end, les 5 membres de la Cour ont prononcé à l'unanimité le verdict de culpabilité à l'encontre de Bush, Cheney, Rumsfeld et de leurs principaux conseillers juridiques, les condamnant tous pour crime de guerre en raison de tortures et de traitements cruels, inhumains et dégradants.

La transcription des accusations, les déclarations de témoins et d'autres documents du dossier seront transmis au Procureur général de la Cour Internationale de Justice, ainsi qu'aux Nations Unies et au Conseil de sécurité.

La Commission du Tribunal de guerre de Kuala Lumpur a également demandé à ce que les noms de Bush, Cheney, Rumsfeld, Gonzales, Yoo, Bybee, Addington et Haynes soient officiellement rajoutés au registre de la Commission pour les crimes de guerre.
Ce tribunal est né de l'initiative de l'ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s'est toujours opposé à l'invasion de l'Irak par les USA en 2003.

Il a assisté personnellement aux audiences où étaient évoquées les expériences personnelles de trois témoins, à savoir Abbas Abid, Moazzam Begg et Jameelah Hameedi. Le tribunal a aussi entendu deux autres déclarations statutaires de la part d'un citoyen irakien, Ali Shalal, et d'un Britannique, Rahul Ahmed.

Après que les cinq juges eurent prononcé la sentence de culpabilité, Mahathir Mohamad a déclaré : « Les États-Unis continuent impunément à commettre des meurtres. »

L'avocat et expert en crimes de guerre, Francis Boyle (ci-dessous), professeur en droit international à l'école de droit de l'université de l'Illinois, faisait partie de l'équipe de procureurs en charge de l'accusation.

Après le procès, il a déclaré : « C'est la toute première fois au monde que ces gens sont condamnés. »

Même si certains ne voient dans ce verdict qu'une mesure purement symbolique, le militant pour les droits de l'homme Francis Boyle a dit que Bush & Co allaient très certainement devoir faire face au même type de procès dans d'autres pays.

« Nous avons essayé par trois fois d'attraper Bush au Canada, mais le gouvernement canadien a fait échouer ces tentatives, puis nous l'avons dissuadé d'aller en Suisse. La démarche entreprise en Espagne a avorté à cause du gouvernement espagnol, et même résultat en Allemagne. »

Boyle a ensuite mentionné la Charte de Nuremberg qui a été utilisée comme support par le tribunal quand il s'est agi de justifier de la crédibilité de l'initiative malaise. Il rappelle que « les dirigeants, les organisateurs et les complices ayant participé à la formulation ou à l'exécution d'un plan commun ou d'un complot visant à commettre des crimes de guerre sont responsables de tous les actes perpétrés par quiconque met ces plans à exécution. »

Les USA sont sujets aux lois internationales communes et aux principes de la Charte de Nuremberg, a expliqué Boyle, qui pense également que le procès de ce week-end a été suivi de près par les responsables du Pentagone et de la Maison-Blanche.

Le professeur Gurdial Singh Nijar, qui présidait la Cour, a déclaré : « Le tribunal a porté une attention particulière au respect scrupuleux des principes dessinés par le tribunal de Nuremberg et les Cours internationales de justice. »

Il s'est aussi montré confiant sur le fait que le tribunal serait imité ailleurs dans le monde, « dans les pays qui ont le devoir de juger les criminels de guerre, » et il a cité le cas du dictateur chilien Augusto Pinochet, arrêté en Grande-Bretagne pour être extradé vers l'Espagne sur des accusations de crimes de guerre.

« Pinochet avait quitté son siège de Président depuis seulement 8 ans lorsque cela s'est produit. »

L'affaire Pinochet fut la première fois où plusieurs juges européens ont appliqué le principe de la juridiction universelle, se déclarant eux-mêmes compétents pour juger les crimes commis par l'ex-chef d'État, malgré les lois d'amnistie locales.

Tout au long de la semaine, la salle du tribunal était remplie d'experts juridiques et d'étudiants en droit écoutant les témoignages des témoins et les analyses croisées de la défense emmenée par l'avocat Jason Kay Kit Leon.

La Cour a entendu comment Abbas Abid, un ingénieur de 48 ans habitant Fallujah en Irak avait eu les ongles retournés à l'aide d'une pince.

•Ali Shalal était ligoté avec des fils électriques puis électrocuté alors qu'on le suspendait contre le mur. •Moazzam Begg a été battu, le visage encapuchonné, et maintenu en confinement. •Jameelah a été dénudé et humilié, et utilisé comme bouclier humain alors qu'il était transporté en hélicoptère. Les témoins ont également donné des détails sur les séquelles de leurs blessures qui perdurent encore aujourd'hui.

Moazzam Begg, qui travaille désormais comme directeur de l'association de défense des droits de l'homme basée à Londres, Cageprisoners, a dit être très satisfait du verdict, mais a ajouté : « quand les gens parlent de Nuremberg, il faut garder à l'esprit que les personnes jugées ont toutes été poursuivies après la guerre. »

« La prison de Guantanamo est toujours ouverte au jour d'aujourd'hui, des gens y sont toujours détenus et torturés. »

En réponse aux questions sur la différence entre les administrations Bush et Obama, il a ajouté : « Si le président Bush a été le président des tortures extrajudiciaires, alors le président américain Barack Obama est celui des assassinats extrajudiciaires, avec les frappes de drones. Notre travail ne fait que commencer. »

L'accusation s'est efforcée de montrer comment les décisionnaires au plus haut niveau, à savoir le président Bush, son vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, aidés et secondés par leurs conseillers juridiques et d'autres hauts responsables, ainsi que des officiels de la CIA, avaient tous agi de concert. La torture était utilisée systématiquement et est devenue un standard de fait.

D'après l'accusation, les récits des témoins prouvent l'exercice continu contre eux de traitements brutaux, barbares et déshumanisants. Ces actes criminels ont été commis de façon cumulative afin d'infliger les peines et les souffrances maximales, ont expliqué les avocats.

Le président du tribunal, Tan Sri Dato Lamin bin Haji Mohd Yunus Lamin, (abrégé en « M. Lamin ») a statué que l'accusation avait établi au-delà de tout doute raisonnable que les personnes poursuivies, à savoir le Président George W. Bush et ses coaccusés, « avaient participé, à travers un ensemble d'instructions, de mémorandums, de directives, de recommandations et d'actions légales, à établir un plan d'ensemble et un objectif commun, ou encore une conspiration dans le but de commettre les crimes en relation avec la « Guerre contre la terreur » et avec les guerres lancées par les USA en Afghanistan et en Irak. »

Le président Lamin a précisé devant un parterre plein à craquer : « En tant que tribunal de conscience, la Cour n'a pas de pouvoir d'application de la loi (enforcement) ni celui d'imposer une sentence d'emprisonnement à l'une quelconque des 8 personnes condamnées. Ce que nous pouvons faire, au titre de l'article 31 du Chapitre IV de la 2e partie de la Charte, est de recommander à la Commission des Crimes de guerre de Kuala Lumpur qu'elle transmette le verdict d'accusation par le Tribunal, accompagné des documents attenants, au Procureur en chef de la Cour criminelle internationale, ainsi qu'aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. »

« Le Tribunal recommande également à la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur que les noms des personnes condamnées soient ajoutés au Registre des Criminels de guerre de la Commission, et que celui-ci soit communiqué au public. »

« Le Tribunal recommande également que la Commission des crimes de guerre de Kuala Lumpur diffuse le plus largement possible au niveau international l'information sur cette condamnation et sur les garanties de compensations, étant donné qu'il s'agit ici de crimes universels pour lesquels il est de la responsabilité de chaque nation de poursuivre juridiquement ces personnes si elles venaient à pénétrer sur le territoire où s'applique leur juridiction. »

Yvonne Ridley sur www.mondialisation.ca le 21/05/2012

La Révolution des agneaux « innocents »

Il y a tout juste quelques mois, les membres de l'opposition kazakhstanais "ont combattu pour le peuple", mais maintenant, ils commencent à se battre pour eux-mêmes. Non enregistré et clairement anti-peuple (ce qui sera démontré ci-dessous), le parti "Alga!" envoie en ce moment de nombreuses lettres et appels, disant que le régime a laissé tombé les chefs de parti, les a mis aux oubliettes et dans peu de temps "le régime" les mettra à l'agonie et ainsi de suite… conformément à l’esprit des appels révolutionnaires. Ou encore : «le Comité de coordination du Parti considère ces faits comme une preuve de la campagne de répression du régime de M. Nazarbaïev, visant à la destruction d’" Alga" (comme de celle des forces politiques d'opposition) ainsi qu’à l'isolement de son chef, Vladimir Kozlov".
Cependant, ils ne font pas appel qu’au peuple mais aussi à un auditoire étranger tel que les chefs d’Etats membres de l’OSCE, les chefs de l’ONU, de l’OCI, des USA, du Parlement européen, de l'Union européenne. Ces appels délivrés au nom du «Comité international Zhanaozen-2011. Cependant, ces derniers ne connaissent rien de ces organisations et Etats, tant et si bien que leurs appels sont incohérents et sans valeur.

Dans ces lettres, les membres de l’opposition demandent au monde entier de les protéger du «régime», contre lequel, selon leurs propres mots, ils ont combattu et sont encore prêts à se battre. Mais la pratique montre qu'ils sont réellement prêts à une telle lutte quand personne ne leur barre la route, qu’ils reçoivent de l'argent de l'étranger et qu’ils peuvent profiter des meetings pour voyager en Europe. Voici la «lutte» qui est à leur goût. Mais une fois condamné à la prison pour leurs activités ils attendent quelqu'un pour les protéger. Mais Qui ? Le peuple? Ou "les chefs de l'ONU" avec le "Département d'Etat américain"?

Pour quiconque a suivi les affaires de l'opposition kazakhstanaise dans les jours de grèves et de manifestations à zhanaozen, il était clair qu'ils ont provoqué l'Etat. Ils ont longtemps joué à "la révolution" en pensant qu’il n’y aurait aucune conséquence. Non seulement la Conspiration n’a pas eu lieu mais le degré de loquacité fut tout simplement incroyable. Dans les milieux d'opposition, les dépêches et publications ont été largement diffusés avec des détails amusants sur la façon dont ils ont essayé d'organiser une «révolution» dans Zhanaozen.

Il est de notoriété publique que Vladimir Kozlov et Ayzhangul Amirova ont organisé une visite à Aktau et Zhanaozen de l’eurodéputé Paul Murphy en Juillet 2011 qui a eu pour effet de transformer un conflit du travail en un conflit politique. Grâce à l'argent qui coulait des mains de Kozlov, les travailleurs du pétrole licenciés ont été payés, ainsi que des voyages à destination de Moscou, Varsovie et Bruxelles, le bureau à Zhanaozen, et celui d’Ainura Kurmanova à Moscou qui gère les gauchistes russes.

Parmi les membres de l’opposition à Almaty circulaient beaucoup de rumeurs et d'histoires sur la façon dont Kozlov et Amirova ont distribué l'argent, dans un cercle réduit directement impliqué dans l’organisation de la "révolution" à Zhanaozen. D’autre part, Mme  Amirova ne savait pas dire non.
Beaucoup ont exprimé leur grande insatisfaction devant cette situation, en disant que Mme Amirova a versé 100000 tenge pétroliers Zhanaozen, tandis que les militants à Almaty ont obtenu quelques miettes pour avoir participé à des événements ponctuels. Des suggestions ont été faites pour organiser un grand rassemblement de soutien, mais cette idée a été rejetée par Kozlov dans des termes très durs.

Après une campagne de soutien des détenteurs de prêts hypothécaires organisée par Ainur Kurmanov et qui a échoué, après son départ pour Moscou, la frustration s’est aggravée. Grâce à l’argent de Kozlov,  Kurmanov s’est bien installé à Moscou, puis s’est rendu à Bruxelles. En général, il a vécu très confortablement pour un «révolutionnaire». Ce bouillonnement du mécontentement dans les rangs du parti «Alga», s’est très vite manifesté par l’émergence d’un certain nombre de scandales et de défections.

Pendant un certain temps il a réussi à contenir le mécontentement du fait de la création d’ « Halyk Maidani » en été 2011. " Sa création a fait l’objet de beaucoup de commentaires disant que ce sera un grand syndicat national qui se rendra aux urnes afin de « renverser le régime» et ainsi de suite. Kozlov et ses acolytes ont distribué abondamment des promesses, très convaincantes de premier abord. Gaziz Aldamzharov, chef du PCC,  est devenu le leader d’"Halyk Maidani"  et a poussé Serikbolsyn Abdildin au poste de vice-président. Tout semblait correspondre à une "montée de l'opposition."
Seulement quelques mois plus tard, lorsque «Halyk Maidani" s’est essouflé, les activités de la CPC ont été suspendue. Dans les cercles de l'opposition à Almaty ont circulé des rumeurs selon lesquelles tout cela a été fait dans le seul but de politiser la situation à Zhanaozen. Les ouvriers du pétrole ont catégoriquement refusé de se joindre au parti non enregistré "Alga", malgré la rumeur du départ de Nour Otan, d’une centaine d’ouvrier du pétrole pour s’inscrire dans le parti "Alga". Mme Amirova a ensuite suggéré à Kozlov de créer une autre organisation, distincte du parti "Alga." Il est devenu évident que les opposants naïfs et sans méfiance ont été cyniquement utilisé et trompé. Cependant, toute la saga a échoué, et «Halyk Maidani » est sortie de l'arène politique.

Dans un rendez-vous de l’opposition en automne 2011, il y avait beaucoup de rumeurs. Par exemple, il était question de Zhanbolat Mamaï qui aurait pris une grande partie de la somme de l'argent qu'il devait porté à Zhanaozen. Il a été discuté des rumeurs d'affrontements entre les responsables de la grève par rapport aux dépenses d'argent imprévues. Kozlov a promis de donner de l’argent et a demandé aux responsables de se calmer et d’agir.

Une tentative a été faite pour recueillir les contributions des membres de l'opposition d'Almaty pour l'achat de tentes et de sacs de couchage pour les ouvriers du pétrole, qui se s’est effondrée dès la première étape après avoir fait face à une résistance silencieuse et obstinée. Amirova a dû acheter les tentes et les sacs de couchage sur l'argent reçu de Kozlov. Peu de temps après, elle s'est envolée pour Zhanaozen.

Même avec ces rumeurs qui circulent sur l'opposition, il est devenu clair que les événements à zhanaozen procède d’un "Business révolutionnaire" dont l’objectif était de soutenir les ouvriers du pétrole sans rien dépenser. Mais la grève elle-même a été transformé en confrontation politique, qui a peu à peu glissé dans la provocation, les actions violentes, et s'est terminé dans le chaos à Zhanaozen et sur la station Shetpe. Le résultat de cette révolution est 14 personnes tuées. Ces «amis du peuple» qui ont plaidé en faveur des nombreux travailleurs licenciés du secteur pétrolier, ont apporté la tristesse et le deuil dans leurs familles. En effet, les victimes ne sont pas seulement ceux qui se trouvaient sur les lieux des affrontements ... Alors, pourquoi le peuple devrait-il les protéger?

Après avoir vandalisé et poussé les gens à des actions clairement illégales et violentes, ces « malheureux » révolutionnaires tentent maintenant de se présenter en victimes. Ils disent qu'ils sont "victimes du régime" et n'ont pas à être blâmés pour les événements de Zhanaozen. Cependant, des traces de leurs activités sont restées nombreuses. Ils ont répandus tellement de mensonges et de calomnies qu’il n’est plus possible de les croire.

Andrey Loginov
Le 24/02/2012 sur www.contur.kz