jeudi 31 mai 2012

Kazakhstan : Que cachent les évènements de Zhanaozen?

Dans l'esprit de tous les hommes de la rue des États européens, les pays dont les noms se terminent en "stan" tombent automatiquement dans la catégorie des pays non crédibles. Dans l'esprit des européens ordinaires, Afghanistan et Pakistan sont reliés aux camps d'entraînement des militants, des terroristes, Al-Qaïda, les talibans, et bien sûr, au manque de démocratie et aux violations flagrantes des droits de l'Homme. Mais l'Asie est large et variée, et le suffixe en «stan» de certains pays ne signifie pas qu'ils fassent partie de l'axe du mal.

Prenons par exemple le Kazakhstan. Récemment, la société a accumulé un grand nombre de revendications «démocratiques» dans le pays. Le Kazakhstan est accusé de harceler l'opposition. Du point de vue des forces qui s'opposent au régime de ce pays, il s'agit d'une chasse aux sorcières à part entière. Après les événements de Zhanaozen, où la grève s'est transformée en affrontements avec la police et par la mort de 15 personnes, les dirigeants de l'opposition qui avaient l'ambition de fomenter des conflits sociaux ont été arrêtés. D'autres représentants de partis ont été poursuivis, conformément aux procédures pénales.
En outre, ils affirment que les autorités locales tentent de les blâmer de tous les problèmes l'oligarque fugitif qui finance l'opposition M.Ablyazov, simplement afin de détourner l'attention des véritables problèmes de société. A leur avis, Ablyazov est le seul vrai démocrate, qui a été contraint à la clandestinité à Londres.

Ce point de vue est celui que les médias contrôlés par Ablyazov, tentent d'imposer au public. Dans le même temps, ils dissimulent le fait que cet homme est recherché par les administrations chargées de l'application de la Loi au Kazakhstan, en Russie, et maintenant au Royaume-Uni.

Il ne faut pas oublier sa participation active pour alimenter le conflit à Zhanaozen où les employés et l'employeur de l'une des compagnies pétrolières locales étaient prêts à s'accorder,  lorsque l'intervention d'Ablyazov et de son groupe financier ont réduit tous ces efforts à néant. En particulier, certains ont constaté qu'Ablyazov a financé des grévistes afin de communiquer dans les médias, dans des dîners traditionnels appelés « Sadaka » (tradition très importante parmi la population locale). Il a également envoyé dans la région Vladimir Kozlov, chef du parti « Alga ». V. Kozlov, a de nombreux contacts dans la région (il a fondé la première chaîne privée en Mangistau en 90) et a participé à plusieurs réunions avec les élites locales.

Il est prouvé que l'oligarque, à travers ses émissaires, a menacé les représentants syndicaux. Beaucoup étaient prêts à mettre fin à la grève, mais ils leur famille et leurs enfants ont subit des pressions à leur domicile. À cet égard, les assassinats d'un activiste du syndicat de Zhanaozen et de la fille de l'un des grévistes, qui ont eu lieu l'été dernier, sont sous certains aspects mystérieusement très ressemblant. A cette époque, l'opposition a essayé de faire endosser ces crimes par le pouvoir. Mais soyons logique,  pourquoi les autorités auraient-elles besoin de cela ? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de comprendre à qui ces crimes profitent.

Zhanaozen a conduit les autorités kazakhstanaises et les services spéciaux à mobiliser son plein potentiel contre un adversaire qui se déclare lui-même un démocrate, prêt à déclarer la guerre, selon ce qu'Ablyazov a annoncé ouvertement dans sa propre chaîne de télévision.

Il faut d'ailleurs rendre hommage aux services secrets qui ont bien fonctionné. Par provocation, Ablyazov a planifié une série d'attentats à la bombe dans le pays qui ont lamentablement échoué. En mars de cette année, le comité de sécurité nationale a arrêté des personnes qui ont planifié une série d'attentats à la bombe dans des lieux publics, des parcs et des bâtiments administratifs de la plus grande ville de la République, Almaty. Parmi eux se trouvent Alexandre Pavlov, chef de la protection personnelle de M.Ablyazov et Muratbek Ketebaev, l'un des leaders du parti non enregistré "Alga". Les plans pour l'organisation d'actes terroristes ont été planifiés depuis septembre 2011.

Au Kazakhstan, les «médias démocratiques» financés par Ablyazov ont de nouveau présenté cette affaire comme étant « cousue de fil blanc », tout simplement afin de serrer la vis sur l'opposition. Ils se sont mis d'accord pour accuser le pouvoir du Kazakhstan de l'organisation des attaques terroristes de l'an dernier. Pendant ce temps, le gouvernement serait fou d'attiser les flammes du terrorisme dans son pays, et de contredire sa propre thèse, disant que la République du Kazakhstan est un îlot de stabilité au milieu des pays d'Asie en difficulté. En effet, jusqu'à l'an dernier, la population locale n'a jamais fait face à la menace d'attentats terroristes. Il est incontestable que ceux qui jouent cette carte cherche à créer une plate-forme pour éduquer l'électorat à la protestation. Pour les autorités ce serait une forme de suicide politique. Compte tenu du fait que le Kazakhstan a toujours eu un sens commun et pragmatique, la conclusion est claire : ces attaques sont bénéfiques à Ablyazov et à personne d'autre car il peut en obtenir des dividendes politiques.

Même aujourd'hui, ce monsieur pourrait recommencer à semer le chaos. Les émissaires qu'il a formé ont essayé de lancer une rébellion à Zhezkazgan, en soulevant des travailleurs contre la plus grande entreprise "Kazakhmys". Le pouvoir ayant  appris de ses mauvaises expériences passées, il a ici bien réagi.

Toutes les conditions préalables pour le mécontentement social ont été étouffées dans l'œuf. Ainsi, Ablyazov a été défait sur tous les fronts. Et notamment par la Haute Cour de Londres. Condamné à 22 mois de prison, il s'est enfuit en France. Il va probablement continuer sa guerre contre le Kazakhstan dans l'ombre, ce qui ne le différencie pas de l'ordinaire des extrémistes et des terroristes.

Ilya Krassin, le 31 mai 2012.



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