mercredi 26 septembre 2012

Mise en service actif du premier porte-avions chinois

Le premier porte-avions chinois « Liaoning » a été délivré le 25 septembre à la Marine de l'Armée populaire de Libération (APL) par le chantier naval de Dalian, la marine chinoise commence donc ainsi à s'orienter vers l'océan. Le jour même, le chef du porte-avions, le commissaire et plus d'un millier de membres d'équipage se sont présentés au public. Ayant été mis en service actif mardi, le porte-avions continuera à procéder à des essais scientifiques et aux entraînements militaires. Nous vous invitons à écouter un reportage de notre correspondant Yang Qiong en provenance de Dalian.

A 10h, dans la matinée du 25 septembre, a eu lieu la cérémonie de remise du porte-avions « Liaoning ». Le président Hu, également président de la Commission militaire centrale (CMC), a approuvé un drapeau de l'APL et le certificat de dénomination de l'unité navale qui a reçu ce porte-avions.

Le Premier ministre Wen Jiabao a indiqué lors de la lecture d'une lettre de félicitations des autorités centrales suprêmes que le premier porte-avions chinois en service actif serait d'une grande importance pour le renforcement de la puissance de défense et de la force générale du pays"et promouvoir les technologies de défense nationale."

Puis, Hu Jintao, Wen Jiabao sont montés à bord du porte-avions, ont visité certaines cabines, inspecté des équipements et bavardé avec des officiers et soldats sur leur vie et leurs entraînements.

Le porte-avions, qui était auparavant un navire soviétique nommé Varyag, inachevé, dont la construction avait commencé en 1983 en même temps que le porte-avions « Kuznetsov » russe toujours en service. Selon la norme d'alors, ils devaient avoir 67 000 tonnes de déplacement avec 310 m de largeur et plus de 70 m de largeur. En 1991, au moment de la désagrégation de l'URSS, le porte-avions avait été achevé à peine à 68%. Les travaux de réaménagement du porte-avions ont démarré en août 2005 au port de Dalian. Il a effectué, le 10 août 2011, son premier essai en mer, et il en a fait dix jusqu'au 30 août 2012.

Le 25 septembre, le premier porte-avions a obtenu son nom, le vice-président de la commission militaire centrale Guo Boxiong a annoncé :

« Avec l'approbation du président Hu, le porte-avions de type 001 est nommé « Liaoning » N°16 de la Marine de l'APL de Chine. »

Le chef du porte-avions a aussi été dévoilé. (enregistrement)

Le chef du porte-avions Zhang Zhen, né en 1969, et son commissaire Mei Wen, né en 1965 sont deux officiers de la marine chinoise formés sur le tas. Jeunes et talentueux, ils ont de très bons diplômes et de riches expériences de base. Le chef du porte-avions Zhang Zhen s'est perfectionné à l'institut des langues de défense et l'institut de commandement et de conseillers des trois armes de Grande-Bretagne. Zhang Zhen a émis son avis sur sa nomination :

« D'abord, je trouve que c'est une grande gloire pour moi, puisque c'est le plus grand bâtiment de guerre de notre pays, je sens aussi une grande pression sur moi et des responsabilités qui m'incombent. Je crois qu'en tant que chef du porte-avions, il doit être qualifié, particulièrement, il doit posséder des expériences consistant à commander et à gérer de grands bâtiments de guerre, en plus, il doit avoir de riches connaissances de l'aviation et bien connaître les opérations fondamentales des forces aéronavales et le processus de protection. Enfin, je pense qu'il doit être mesure de gérer le personnel en grand nombre et les installations de grande envergure et de régler les problèmes de sécurité. »

Les membres de l'équipage du porte-avions ont tous reçu une très bonne formation, plus de 98% sont munis d'un diplôme universitaire dont 50 ont même des diplômes de docteur et de maîtrise. Le commissaire Mei Wen a précisé :

« Pour bien constituer cet équipage, nous avons dépêché du personnel dans des unités de base, tous les postes ont été choisis un sur deux, voire un sur trois ou quatre pour les postes importants. » 

Sur http://french.cri.cn le 26/09/2012

La Chine publie un livre blanc sur les îles Diaoyu et revendique sa souveraineté incontestable

Le gouvernement chinois a publié mardi un livre blanc sur les îles Diaoyu pour revendiquer sa souveraineté incontestable.

Les îles Diaoyu et les îlots voisins font partie intégrante du territoire chinois en termes historique, géographique et juridique, et la Chine dispose d'une souveraineté incontestable sur ces îles, indique le livre blanc.

Ce livre blanc, intitulé "Les Diaoyu Dao (îles), un territoire faisant partie intégrante de la Chine", a été publié par le Bureau de l'information du Conseil des affaires d'Etat (gouvernement central) de la République populaire de Chine.

Depuis quelques temps, le Japon a créé de manière répétée des problèmes au sujet des îles Diaoyu. Le gouvernement japonais a annoncé le 10 septembre dernier l'"achat" de l'île Diaoyu et des îlots voisins Nanxiao Dao et Beixiao Dao et les a soit-disant "nationalisés". Cet acte a gravement violé la souveraineté territoriale de la Chine et a sérieusement foulé aux pieds les faits historiques et le droit international, indique le livre blanc.

La Chine s'oppose fermement à la violation de la souveraineté chinoise sur les îles Diaoyu par le Japon sous toutes ses formes et a pris des mesures fermes pour réprimer de tels actes. La position de la Chine sur les îles Diaoyu est nette et constante, note le livre blanc.

"La volonté de la Chine de défendre sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale est ferme et sa résolution de maintenir les résultats de la Guerre mondiale anti-fasciste ne sera ébranlée par aucune force", souligne le livre blanc. 

Sur http://french.cri.cn le 25/09/2012

La Chine et le Japon mènent des consultations sur les îles Diaoyu

Le vice-ministre chinois des Affaires étrangères Zhang Zhijun et son homologue japonais Chikao Kawai ont mené mardi à Beijing des consultations concernant les îles Diaoyu.

Les deux parties ont échangé leurs points de vue de manière franche et en profondeur au cours des consultations, selon un communiqué publié par le ministère chinois des Affaires étrangères à l'issue de leur rencontre.

Zhang Zhijun a indiqué que les îles Diaoyu et les îlots voisins faisaient partie du territoire chinois depuis l'antiquité, comme l'indiquent des preuves historiques et juridiques, selon le communiqué.

Cependant, la partie japonaise n'a pas tenu compte des représentations répétées de la partie chinoise et a rejeté l'important accord et le consensus atteints entre les dirigeants de l'ancienne génération des deux pays. Elle a ouvertement pris l'initiative illégale de "nationaliser" les îles Diaoyu au mépris des preuves historiques et juridiques, indique le communiqué citant M. Zhang.

"Ces actes constituent une grave violation du territoire chinois. Ils sont hautement insultants pour la population chinoise de 1,3 milliard d'habitants et foulent aux pieds les faits historiques et le droit international. Ceci est une négation pure et simple des résultats de la victoire de la Guerre mondiale anti-fasciste et pose un grave défi à l'ordre international d'après-guerre. Le verdict historique ne pourra jamais être annulé, le consensus ne doit pas être rejeté et il n'est pas toléré que l'aspiration du peuple soit bafouée", a indiqué M. Zhang.

La partie chinoise ne tolérera aucun acte unilatéral pris par la partie japonaise portant atteinte à la souveraineté territoriale de la Chine. La partie japonaise doit renoncer à toute illusion, faire face à ses erreurs et les rectifier avec des mesures crédibles. Elle doit s'engager à nouveau à respecter le consensus et l'accord atteints entre les dirigeants des deux pays et faire un compromis afin de remettre les relations sino-japonaises le plus tôt possible sur la bonne voie du développement sain et stable, a conclu M. Zhang.

Selon le communiqué, les deux parties ont convenu de maintenir des consultations au sujet des îles Diaoyu. 

Sur http://french.cri.cn/621/2012/09/25/102s296471.htm le 25/09/2012

Chine : l'usine qui fabrique l'Iphone 5 rouvre après une nuit d'émeutes

L'usine du géant de l'électronique Foxconn, souvent critiqué pour des conditions de travail très dures, avait fermé lundi, en Chine, à la suite d'une bagarre générale entre ouvriers à vigiles, impliquant 2.000 salariés et mobilisant 5.000 policiers.

Une usine du géant taïwanais de l'électronique Foxconn dans le nord de la Chine, à Taiyuan, a rouvert ce mardi après avoir été fermée la veille suite à une bagarre qui a impliqué 2.000 ouvriers et mobilisé 5.000 policiers.
 
Foxconn, numéro un mondial des composants pour ordinateurs, assemble notamment des produits pour Apple, Sony et Nokia et emploie un million de personnes en Chine. Un total de 40 personnes ont été blessées après une "dispute entre plusieurs salariés pour motifs personnels" qui a dégénéré en bagarre impliquant 2.000 personnes dans un dortoir, selon un communiqué diffusé par Hon Hai, la société mère de Foxconn.
 
Un attroupement de 10.000 spectateurs
 
"L'usine de Foxconn à Taiyuan a rouvert", a déclaré à l'AFP un de ses responsables, qui n'a donné que son nom de famille, Yang. Les échauffourées, qui avaient commencé dimanche en fin de soirée et ont opposé des salariés originaires de différentes provinces, avaient donné lieu à un attroupement d'environ 10.000 spectateurs, selon des responsables de la sécurité cités par l'agence Chine nouvelle.
 
D'après le Quotidien du Peuple, l'origine de la bagarre est un conflit entre des vigiles de l'usine et des ouvriers originaires de la province du Shandong, dans l'est de la Chine. L'agence Chine nouvelle a également indiqué qu'il s'agissait d'un conflit entre vigiles et ouvriers. Les vigiles "ont poussé les ouvriers dans une camionnette pour les passer à tabac. D'autres ouvriers du Shandong ont voulu leur rendre justice, des salariés du Henan s'en sont mêlés, et finalement un grand nombre d'ouvriers ont pourchassé et frappé les vigiles, provoquant une situation de chaos", selon le Quotidien du Peuple.

Sur http://lci.tf1.fr le 25/09/2012

 

Le Vietnam interdit d'utiliser l'or comme monnaie

La semaine dernière au Vietnam, et après une douzaine de tentatives de réforme, 'le décret sur la régulation des échanges en or qui a une influence très importante sur le marché de l'or domestique, a été ratifié par le premier ministre du pays', selon un rapport de TuoitreNews.vn.

Ce nouveau décret interdit l'utilisation de l'or en tant que monnaie, tout particulièrement lors de la signature de contrats immobiliers. Les échanges en or sont quant à eux limités aux personnes disposant d'une licence spécifique. 
 
Sur www.24hgold.com le 25/09/2012 
 

Grève des bijoutiers en Inde

En Inde, premier consommateur d'or de la planète, une grève des bijoutiers qui a débuté il y a trois semaines en réponse à l'augmentation des taxes sur l'importation d'or a dérapé lundi dernier. Des manifestants se sont confrontés physiquement aux forces de police et ont interrompu les départs de trains dans la ville de Ghaziabad. Les banques commerciales du pays sont désormais tenus de soumettre des rapports biannuels présentant les volumes et valeurs de leurs importations en or à la Banque Centrale du pays.

'Nous ne pouvons naturellement pas espérer que cette requête soit annulée. Dans la mesure où l'Inde ne produit virtuellement aucun or, sa demande doit être satisfaite par l'importation – de manière légale ou non'.

'L'augmentation de 4% des taxes d'importation d'or irrite de nombreuses personnes', précisait récemment T R Rustagi, secrétaire adjoint au Comité Central de la Douane, écrivant également pour le Business Standard. 'Mais cela ne justifie pas l'usage de la contrebande'.

'Cette taxe est trop faible pour justifier une telle prise de risque', déclarait Rustagi, comparant l'augmentation de 4% avec la taxe de 15% qui a été imposée par le gouvernement Indien après qu'il ait abrogé le Gold Control Act et libéralisé les importations d'or physique en 1990.

'Nous espérons du ministre des finances Pranab Mukherjee qu'il présente une solution au plus tôt', déclarait Bacchraj Bamalwa, directeur de Gems & Jewellery Federation of India, après avoir indiqué que plus de 200 millions de dollars seraient perdus chaque jour par l'industrie si cette loi était maintenue.

Un rapport du Bombay Bullion Association précisait cette semaine que les importations en or de l'Inde ont chuté de moitié depuis le début 2012 par rapport aux premiers mois de 2011.

La valeur de l'action Gitanjali, deuxième plus importante société de bijouterie en termes de capitalisation boursière, a chuté de 20% sur le Bombay Stock Exchange après avoir atteint un record historique au mois de février dernier.

Sur www.24hgold.com le 25/09/2012

Quand le Vietnam interdit d'utiliser l'or comme monnaie

La semaine dernière au Vietnam, et après une douzaine de tentatives de réforme, 'le décret sur la régulation des échanges en or qui a une influence très importante sur le marché de l'or domestique, a été ratifié par le premier ministre du pays', selon un rapport de TuoitreNews.vn.

Ce nouveau décret interdit l'utilisation de l'or en tant que monnaie, tout particulièrement lors de la signature de contrats immobiliers. Les échanges en or sont quant à eux limités aux personnes disposant d'une licence spécifique.

mardi 25 septembre 2012

Mer de Chine : la guerre menace

Le 10 septembre, répondant à la décision de rachat des îles Senkaku à leur propriétaire privé par le gouvernement japonais, le ministère chinois des affaires étrangères a publié un communiqué en forme d'ultimatum faisant porter à Tokyo la responsabilité de "toutes les conséquences qui pourront s'ensuivre". Pékin rappelle que la Chine n'acceptera plus d'être "intimidée" et défendra le territoire "sacré" de la patrie. Le risque est désormais de voir le piège d'un engrenage incontrôlable se refermer en mer de Chine.
 
Condamnées à agir face à une opinion publique chauffée à blanc, les autorités chinoises ont dépêché une dizaine de bâtiments de surveillance et levé le moratoire sur la pêche dans la zone revendiquée par Pékin. Des centaines de bateaux pourraient se diriger vers les eaux territoriales japonaises, dans une exploitation des moyens civils au service d'un objectif militaire, selon les principes de la stratégie chinoise qui prône une "guerre sans limite". D'ores et déjà, les menaces de rétorsions économiques et de boycottage des produits japonais ont été utilisées sur Internet ou dans la presse chinoise. On se souvient qu'en 2010 la Chine avait utilisé l'arme du contrôle des exportations des terres rares - vitales pour l'industrie nippone de haute technologie - pour faire pression sur Tokyo alors que les tensions s'accumulaient en mer de Chine orientale.
 
Dans le même temps, des manifestations violentes accompagnées de pillages, autorisées, si ce n'est organisées par les autorités chinoises, se sont produites sur le territoire. Les biens et les personnes originaires de l'Archipel sont menacés et de grandes entreprises japonaises parlent à nouveau de quitter un territoire chinois où l'instabilité et les risques deviendraient trop élevés.
 
Conséquence immédiate, la Bourse de Shanghaï s'est effondrée et certains, en Chine, commencent à redouter les effets sur la croissance de cette stratégie de la tension. Si la Chine est devenue le premier partenaire commercial du Japon, l'Archipel contrôle des technologies vitales pour l'économie chinoise et demeure l'un des principaux investisseurs étrangers en Chine devant les Etats-Unis et l'Union européenne.
 
Les tensions autour de l'archipel des Senkaku-Diaoyu en mer de Chine orientale, administré par le Japon mais revendiqué par Pékin depuis 1971, ne sont pas isolées. Elles s'inscrivent dans un triple phénomène de manipulation des sentiments nationalistes en Chine depuis le milieu des années 1990, d'émergence décomplexée d'une puissance chinoise qui a semblé triomphé seule de la crise de 2008, mais aussi de développement d'un sentiment paradoxal de fragilité du régime chinois confronté à des tensions économiques, sociales et politiques. Ce sentiment de fragilité est encore accru par les incertitudes de la transition politique que le 18e congrès du Parti communiste devrait entériner au mois d'octobre.
 
Le nationalisme, qui contribue à la légitimité du Parti, a pour principal objet le Japon, ennemi d'hier, puissance rivale aujourd'hui, allié des Etats-Unis et catalyseur de toutes les frustrations d'une puissance chinoise qui cherche à s'imposer dans sa zone. Au lendemain du 36e anniversaire de la mort de Mao, le premier ministre, Wen Jiabao, rappelait - à nouveau - le "siècle d'humiliation " que la Chine a traversé il y a peu, nourrissant un peu plus un sentiment de revanche très présent dans la population. "L'éducation patriotique" et sa dimension antijaponaise ont pris une part croissante dans la jeunesse et ont accompagné la reprise en main idéologique qui a suivi les événements de Tiananmen dans les années 1990. Alors que des réformes politiques graduelles apparaissent comme la seule stratégie viable de survie à long terme du régime, la crainte d'une "évolution pacifique" qui viendrait limiter l'influence des réseaux qui contrôlent le pouvoir chinois pousse au contraire au repli idéologique et à l'exploitation des sentiments nationalistes les plus exacerbés.
 
De leur côté, depuis 2008, les Etats-Unis ont été très touchés par la crise et Pékin a cru avoir le champ libre en Asie pour "saisir les opportunités" et imposer son leadership de puissance "émergente" face à une puissance "en déclin".
 
Les avancées de Pékin en mer de Chine depuis 2009, la constante mise en avant des "intérêts vitaux" - dont la mer de Chine semble faire partie - que le régime doit être prêt à défendre, y compris par la force, témoignent de cette assurance nouvelle du régime chinois en Asie.
 
Dans ce contexte, la stratégie de réengagement des Etats-Unis dans la zone, confirmée par le secrétaire d'Etat américain Leon Panetta, à l'occasion du dialogue Shangri-La qui s'est tenu à Singapour en juin, constitue pour la Chine un autre motif de déception et de frustration. La tentation est grande à Pékin, alors que les Etats-Unis entrent dans la dernière phase de leur période électorale, et que la relation avec la Chine constitue aussi un enjeu de la rivalité entre le président Barack Obama et Mitt Romney, de tester la réalité de cette volonté de réengagement de la puissance américaine en Asie.
Mais dans le même temps, en dépit de cette assurance nouvelle, le pouvoir chinois est conscient de ses faiblesses et de ses divisions. L'affaire Bo Xilai a révélé la corruption profonde du système. Signe de ce très grand sentiment d'incertitude, la "disparition" du vice-président Xi Jinping, pendant plus de deux semaines, a donné lieu, sur Internet, aux spéculations les plus folles.
 
Longtemps facteur de satisfaction pour le régime, le contexte économique est plus incertain alors que les effets de la crise mondiale se font sentir sur une économie très dépendante des exportations. Le rééquilibrage de la croissance est un échec. La consommation intérieure ne représente que 35 % du PIB, dix points de moins qu'en 2000, et l'indice Gini, indicateur des inégalités, est l'un des plus élevés au monde. Signe inquiétant pour le régime, comme à l'époque des Boxers lorsque la dynastie des Qing finissante tentait de manipuler le mécontentement populaire contre les étrangers, comme en 1919 lorsque le mouvement patriotique s'élevait contre une puissance japonaise à qui le traité de Versailles avait attribué les possessions allemandes du Shandong, certains des slogans utilisés dans les manifestations aujourd'hui dénoncent la corruption et l'inefficacité du pouvoir en place.
 
C'est dans ce contexte que, depuis 2009, les incidents et les provocations se multiplient en mer de Chine, face au Japon, mais aussi face aux Philippines, au Vietnam ou à l'Indonésie et même face aux Etats-Unis. Alors qu'en Asie du Sud-Est la Chine pouvait apparaître comme le moteur d'une régionalisation économique réussie, la multiplication des incidents sur mer, le caractère de moins en moins "pacifique" de l'émergence de la puissance chinoise la font apparaître aujourd'hui comme une menace fédérant dans une même inquiétude la quasi-totalité de l'Asie du Pacifique à l'océan Indien.
 
Face à cette menace, accrue par l'opacité du système politique chinois et les interrogations sur le rôle des éléments les plus radicaux - militaires ou civils - dans les prises de décision, la volonté de "retour vers l'Asie" des Etats-Unis a été très appréciée dans la région. Loin de la fin de l'histoire, ce sont des rapports de force proches de ceux de la guerre froide ou de l'Europe à la veille de la première guerre mondiale qui se mettent en place en Asie.
 
Aux Philippines, au Vietnam, des manifestations antichinoises sont organisées à chaque nouvelle crise, et Hanoï et Washington jettent les bases d'une coopération militaire. Au Japon, on veut croire aux déclarations de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton en 2010 plaçant l'archipel des Senkaku dans le périmètre couvert par l'accord de défense unissant Tokyo et Washington.
 
Dans la région, le développement des capacités militaires s'accélère. Alors que la Chine exhibe son nouveau porte-avions, le Vietnam achète des sous-marins à la Russie et les Etats-Unis annoncent l'élargissement de leur système de défense antimissile en Asie. Face à Pékin, Washington est confronté à un dilemme difficile à résoudre. Jouer l'apaisement et rester en marge serait donner carte blanche à un régime chinois qui ne raisonne qu'en termes de jeux à somme nulle. Ce retrait, en minant la confiance des alliés et partenaires des Etats-Unis, aurait des effets déstabilisateurs et pourrait précipiter une crise plus grave encore. A l'inverse, le jeu des alliances pourrait déclencher un conflit majeur dans la région.
 
D'ores et déjà, certains analystes en Chine tentent d'appeler les Etats-Unis "à la raison" et de persuader Tokyo de la fragilité de l'alliance de défense nippo-américaine. Il n'est pas certain que l'Europe ait pris la mesure de ces défis cruciaux dans une région qui voit transiter une part majeure du commerce mondial et concentre trois puissances nucléaires, sans compter les Etats-Unis et la Russie. Dans le contexte d'une crise économique, la tentation de la réduction des budgets de la défense est grande. Celle du retrait aussi. Pourtant, en dépit de l'éloignement géographique, les préoccupations des autres puissances asiatiques doivent être prises en compte face à une Chine dont les orientations stratégiques inquiètent. Dans un monde aussi globalisé, la montée des tensions en Asie aura des conséquences considérables sur nos propres équilibres et nos propres choix.
 
Spécialiste des relations internationales et des questions stratégiques en Asie, Valérie Niquet est depuis 2010 responsable du pôle Asie à la Fondation pour la recherche stratégique. Elle est également membre de l'Académie des sciences d'outre-mer et rédactrice en chef de la revue "Monde chinois-Nouvelle Asie". On lui doit une traduction critique en français de "Deux commentaires de Sun Zi" (Economica, 1994). Parmi ses nombreux articles et ouvrages, "Chine-Japon : l'affrontement" a été publié en 2006 chez Perrin.
 
Valérie Niquet, responsable du pôle Asie à la FRS sur www.lemonde.fr le 24/09/2012

lundi 24 septembre 2012

Le Kazakhstan, fermement sur la voie démocratique

Pour les contemporains occidentaux, la démocratie peut être vue sous le spectre du choc des civilisations dans les nouveaux pays en développement. C'est un défi dont l'espoir de le voir se réaliser ne peut pas être reporté.
 
Franchement, nous savons peu de choses sur l'Est. Mais notre principale erreur, c'est que nous ne cherchons pas à en savoir plus. Vous êtes vous déjà demandé quels moments difficiles ont connu les anciennes républiques soviétiques lors de l'effondrement de l'Union soviétique? Par rapport à l'effondrement du système communiste, la crise de la dette en Europe est une ballade dans un bac à sable.
 
Mais le plus important, c'est que beaucoup de gens associent la catastrophe humanitaire dans ces pays à la marche effrénée vers la démocratie. Il est alors évident qu'ils sont très prudents sur les valeurs qu'elle promeut. Au mieux, ils citent Byron, qui a dit que la démocratie est l'aristocratie des méchants.
 
Récemment, j'ai eu l'occasion de participer à une réunion décisive qui m'a ouvert les yeux. J'ai vu le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev lors d'une visite de travail à Londres pendant les Jeux olympiques. Il a été invité à Cambridge pour rencontrer le personnel enseignant et les étudiants. Les traditions conservatrices de l'université sont connues. Celle-ci n'invite que des hommes politiques de premier plan dans le monde. Par ailleurs, M. Nazarbaïev est le premier chef d'Etat de l'ex Union Soviétique qui s'est rendu à Cambridge.
 
La presse libérale critique souvent le Kazakhstan, qui, ne construirait pas activement une société démocratique. Noursoultan Nazarbaïev a fait remarquer que, dans ce processus, il est très important de garder le sens de l'équilibre. Tout doit être fait par étapes.
 
"Nous avons eu un exemple de l'ex-Union soviétique. Quand le dégel de Gorbatchev a été annoncé, en particulier pour la liberté d'expression, la démocratie, tout ce qui s'était accumulé de plus négatif dans le pays a été jeté sur les trottoirs et les rues. Mais il n'y avait personne pour le nettoyer" a déclaré le président du Kazakhstan. En d'autres termes, la société n'était pas prête à changer. Il n'y avait aucune culture politique, aucune base économique majeure.
 
La démocratie a été vue, et aujourd'hui est largement perçue comme une source de permissivité. « Sont intervenus alors des événements tels que ceux d' Andijan en Ouzbékistan, Osh l'an dernier au Kirghizstan où des centaines de personnes ont été tuées, et Zhanaozen au Kazakhstan » a regretté le politicien kazakh.
 
Il y a beaucoup d'informations à propos de Zhanaozen, mais tellement contradictoires que la compréhension de ces évènements n'est pas possible sans une étude attentive du sujet. Certains médias de l'Ouest du Kazakhstan nomment ces événements des « soulèvements ». Cependant dans le sens classique du terme, les révoltes sont des manifestations de tout groupe social ou d'une catégorie contre le pouvoir politique en place. Ici, la situation est très différente. Les travailleurs du pétrole n'étaient pas satisfaits de leur salaire. Ils se mirent en grève. Ils ont été licenciés. En réponse, ils sont allés casser la ville, brûler des bâtiments, piller. Il s'agit probablement d'une émeute, mais pas d'une rébellion.
 
En outre, comme le poète anglais John Harington avait coutume de dire : la trahison ne réussit jamais: quelle en est la raison? Si elle prospérait, nul n'oserait l'appeler trahison.
 
Blague à part, sur le net mais une large gamme d'opinions s'est exprimée sur ce qui s'est passé. Et dans ce contexte, on peut identifier l'un des principaux adversaires des autorités du Kazakhstan, le fonds "Dialogue ouvert" en Pologne.
 
Ils ont estimé qu'il y avait une manifestation pacifique à Zhanaozen. De premier abord, le Fonds «Dialogue ouvert» est perçu positivement. Tous ont envie de dire : voici des gens qui se soucient vraiment du soutien de la démocratie.
 
Les gestionnaires du fonds déclarent que ce fonds a été créé par des gens qui croient que les valeurs européennes, telles que la liberté individuelle, les droits de l'homme, la démocratie et l'autonomie gouvernementale ne sont pas une simple déclaration, mais une réalité quotidienne dans laquelle un homme du 21ème siècle doit vivre aujourd'hui.
 
Voici la façon dont ils ont décidé de réaliser leurs objectifs "ouvrir une  pression non-violente du public sur les politiques et les autorités de différents pays". Et ils le font. Il semble que l'organisation a annoncé le jihad au Kazakhstan et que 90% de son activité s'est concentré sur ce pays. Très étrange, n'est-ce pas?
 
Au cours d'une longue période, le fonds a participé activement à forger une image négative du Kazakhstan à l'étranger. A cet effet, ils ont utilisé tous les moyens d'information et toutes les occasions possibles. Certains hommes politiques européens "armés" de l'information fournie par cette organisation ont critiqué la justice kazakhe. Selon eux, le procès des événements de Zhanaozen ne peut pas être appelé transparent. Maintenant, les audiences d'appel des émeutiers à Aktau sont terminées. "Dialogue ouvert" s'active une fois de plus, en essayant de camoufler la responsabilité des défendeurs, ce qui peut être considéré comme une pression sur la cour. En outre, la pression sans fondement.
 
En général, le populisme du fonds est plus que suffisant. À cet égard, il convient de mentionner un ultimatum envoyé par courrier aux dirigeants du Kazakhstan, où le fonds «Dialogue ouvert» met en garde contre les dangers possibles qui pourraient affecter les négociations relatives à un nouvel accord de coopération entre l'UE et le Kazakhstan.
 
Il semble que l'organisation ait une forte influence sur la politique. Et lorsque de tels projets ambitieux émergent, il est toujours intéressant de savoir où le «bât blesse». Ici, nous avons des détails très intéressants.
 
Il s'est avéré que, parmi les fondateurs du fonds, se trouve un personnage très odieux, Ivan Sherstyuk. En 2005, ce monsieur était à l'épicentre d'un scandale, qui est apparu dans le contexte de l'élection présidentielle au Kazakhstan. Ce militant des droits de l'Homme s'est déclaré en tant que représentant de la mission internationale d'observation des médias indépendants ukrainiens, biélorusses et polonais. Il était très indigné quand les observateurs électoraux n'ont pas été autorisés à observer le processus électoral à Almaty. Naturellement, cette situation a été considérée comme un avantage pour l'opposition, une preuve de la violation des droits et libertés démocratiques et de l'opacité de la campagne électorale.
 
Comme il a été découvert plus tard, les journalistes ukrainiens n'ont même pas été enregistrés à la Commission électorale centrale du Kazakhstan. En outre, ils ont essayé d'obtenir cette accréditation à trois reprises et à chaque fois par différentes publications et organisations, telles que : les représentants du «Centre pour la surveillance du mouvement des jeunes », les journalistes du «journal juridique», le personnel de  «Militant des droits de l'Homme, journal de la ville d'Uzhgorod et enfin en tant que membres de la« mission internationale », dirigée par M. Sherstyuk.
 
Par ailleurs, dans une interview accordée à un journal, Mr Sherstyuk a admis « que cette "mission" n'est pas une organisation officiellement enregistrée - c'est cependant ainsi qu'il a décidé de se présenter à tous les journalistes internationaux couvrant la campagne présidentielle au Kazakhstan ».
Sherstyuk a été expulsé du Kazakhstan, en présence de l'ambassadeur ukrainien. Toutefois, il est peu probable que ce militant des droits de l'Homme nourrissait une rancune contre le Kazakhstan juste à cause de son expulsion. La raison se trouve dans sa relation étroite avec Alga (DCK), parti d'opposition au Kazakhstan. Il est arrivé pour superviser l'élection sur invitation de l'un des dirigeants de l'association.  A plusieurs reprises, l'observateur a visité le siège de l'opposition, a rencontré les dirigeants et exprimé fortement son soutien à la préparation de manifestations publiques.

Ainsi, un tel dégoût du Kazakhstan s'explique par les préférences politiques de Mr Sherstyuk. Étant donné que le DCK est pris en charge par l'un des principaux adversaires des autorités kazakhes, Mukhtar Ablyazov, un criminel recherché par le Royaume-Uni, la Russie et le Kazakhstan, la haine non motivée de «Dialogue ouvert» pour le Kazakhstan devient clair. C'est juste un business dans lequel hélas, certains hommes politiques européens réagissent comme des petits enfants.

Malheureusement, la démocratie se transforme aujourd'hui en lutte des capitales de l'ombre  ce qui n'ajoute pas à sa popularité. Pour des gens comme Mr Sherstyuk il est un excellent moyen de gagner de l'argent. En particulier, il a été découvert que, avant la création du fonds, il a travaillé principalement dans la ville polonaise de Lublin, où il a activement organisé des formations pour les dirigeants de l'opposition de l'ex-Union soviétique. Nous ne pouvons que deviner ce qu'il leur a enseigné.
Ce militant des droits de l'Homme a participé en tant que sociologue et observateur lors d'élections non seulement au Kazakhstan mais aussi en Ukraine et en Géorgie. Et ses méthodes de travail utilisées à ces moments là, ne diffèrent pas de celles utilisées aujourd'hui par «dialogue ouvert». Nous avons trouvé une description exacte de ses actions sur les forums du net - «fausse observation».

Il est remarquable que beaucoup de gens ont essayé de trouver sur le net des informations sur Ivan Sherstyuk. Il a été mentionné qu'en 2007 en Ukraine, il a agi au titre de coordonnateur du Collège Européen des Universités polonaises et ukrainiennes. Un an auparavant, il était secrétaire international de la "Fondation des initiatives régionales». Il a également servi en tant que chef de la «coopération européenne 2008" et s'est appelé lui-même co-fondateur de la fondation européenne «Dialogue pour le développement démocratique».
 
La source de financement des organisations œuvrant au nom de cet homme restent obscures. À une question directe à ce sujet, nous avons obtenu une référence à un fonds européen unique, dont la trace sur Internet ne peut pas être trouvée.
 
En fin de compte, nous pouvons conclure qu'il y a une guerre de l'information acharnée lancée contre le Kazakhstan. Son but est de saper la stabilité de la société. Soit dit en passant, il n'y avait pas de conditions préalables à une explosion dans Zhanaozen. Selon les normes de la République, les travailleurs du secteur pétrolier gagnent plutôt bien leur vie.

Une étude détaillée de la situation conduit à la conclusion que le conflit a été gonflé artificiellement par des organisations comme le «Dialogue ouvert». Les autorités kazakhes n'étaient pas prêtes pour de tels événements. Et qui a été préparé à cela, quand le pays pendant ses 20 années de stabilité a réussi à empêcher toute effusion de sang ? À la frontière avec la République, il y a eu de nombreuses guerres civiles dans les pays voisins. Seul îlot de prospérité, le Kazakhstan a réussi à éviter l'agitation sociale. Alors que l'économie s'améliore, le plus surprenant est de voir qu'aujourd'hui, il y a une génération qui a survécu à la crise des premières années d'indépendance, qu'elle s'en souvient, peut voir et comparer sa prospérité à la dévastation des pays voisins. Cela signifie qu'il s'agit d'un conflit «cousu main». Le principal est de se diriger fermement vers la démocratie sans devenir un nouveau point chaud sur la carte du monde.
 
Le 23/09/2012

vendredi 21 septembre 2012

Manifestations contre le film islamophobe : trois morts au Pakistan

Manifestation contre le film anti-islam à Makassar,
sur l'île de Sulawesi en Indonésie, le 21 septembre.
REUTERS / YUSUF AHMAD

Les manifestations contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis ont dégénéré en violences, vendredi 21 septembre, dans plusieurs villes du Pakistan. Trois personnes sont décédées et une quinzaine d'autres ont été blessées. Les autorités avaient décrété ce vendredi férié et l'avaient rebaptisé "Jour de l'amour du Prophète" pour permettre à la population de manifester pour la défense de l'islam et de Mahomet, tournés en ridicule dans le film américain L'Innocence des musulmans.

Les forces de sécurité étaient en alerte, notamment dans l'enclave diplomatique de la capitale Islamabad, et les marchés, commerces et stations d'essence étaient fermés dans de nombreuses villes, dans un accès de prudence général d'une ampleur rare dans le pays.

De premiers incidents ont éclaté dans la matinée à Peshawar, la principale ville du nord-ouest, région très conservatrice frontalière de l'Afghanistan. Un chauffeur de la chaîne de télévision pakistanaise ARY News a été tué par une balle dans la poitrine, et un manifestant décédé a été transporté à l'hôpital universitaire Khyber, selon des sources médicales. Une quinzaine de personnes, dont deux policiers, ont été blessées par balles, jets de pierre ou par les puissants gaz lacrymogènes. Toujours à Peshawar, des manifestants ont saccagé et incendié quatre cinémas et une banque. A Karachi, un policier a été tué et deux autres ont été blessés au cours d'un échange de tirs avec des manifestants.

L'ambassadeur américain convoqué

Dans la matinée, le premier ministre, Raja Ashraf, avait pourtant appelé la population au calme. "Une attaque contre le Prophète est une attaque contre la croyance première de 1,5 milliard de musulmans. C'est inacceptable, a-t-il déclaré. [Mais] il est de notre responsabilité collective de protester pacifiquement."

Les Etats-Unis diffusaient de leur côté des publicités en ourdou, la langue nationale du Pakistan, sur différentes chaînes du pays afin de calmer la colère populaire, soulignant qu'ils n'ont rien à voir avec L'Innocence des musulmans, produit sur leur territoire il y a un peu plus d'un an.

Vendredi, les autorités pakistanaises ont "convoqué" le plus haut diplomate américain en poste au pays pour demander aux Etats-Unis de "prendre des mesures immédiates" afin de retirer le film anti-islam de YouTube. Le gouvernement pakistanais a "fait part de sa vive protestation" à Richard Hoagland, à propos de ce film "blasphématoire". Le Pakistan – comme le Soudan, l'Afghanistan, le Bangladesh ou encore l'Arabie saoudite – avait dans la semaine bloqué l'accès à YouTube, où le film était visible.

Manifestations dans le monde musulman

 
Au Bengladesh, environ 10 000 personnes ont manifesté sans heurts vendredi, brûlant une effigie du président Obama, devant la plus importante mosquée du pays, à Dacca. Les manifestants, dont de nombreux d'entre eux brandissaient des banderoles aux couleurs d'une dizaine de groupes islamistes, ont aussi brûlé un drapeau français. Les autorités françaises ont fermé trois centres culturels et l'ambassade à Dacca, a précisé la police.

Au Yémen, des centaines de manifestants protestaient contre le film islamophobe vendredi à Sanaa, sans pouvoir s'approcher de l'ambassade des Etats-Unis, fortement protégée par les forces de sécurité. Les manifestants ont notamment scandé des slogans appelant "au départ de l'ambassadeur américain et des forces étrangères du Yémen", en allusion à une cinquantaine de Marines dépêchés la semaine dernière en renfort pour la protection de l'ambassade à Sanaa, suite à la mort, le 13 septembre, de quatre Yéménites lors d'une prise d'assaut de l'ambassade américaine par des manifestants.

En Indonésie, quelques dizaines de manifestants ont défilé devant des entreprises américaines et des représentations consulaires de la France et des Etats-Unis en Indonésie. Environ 200 personnes ont protesté devant le consulat de France à Surabaya (est de Java) aux cris de "Mort à l'Amérique, mort à la France". Des échauffourées avaient auparavant mis aux prises plusieurs centaines de policiers aux manifestants qui s'étaient attaqués à un McDonalds.

A Benghazi, dans l'est de la Libye, où quatre Américains, dont l'ambassadeur, ont été tués le 11 septembre, le groupe salafiste Ansar Al-Charia a appelé à une manifestation pour défendre le prophète Mahomet. Mais des militants exaspérés par la montée en puissance des groupes islamistes radicaux en Libye ont de leur côté appelé à un rassemblement pour "sauver Benghazi" de l'extrémisme et de la violence.

Des manifestations étaient aussi prévues au Liban et chez les Palestiniens en Cisjordanie. Le puissant mouvement chiite libanais Hezbollah a appelé à manifester après la grande prière hebdomadaire, et l'armée libanaise a renforcé sa présence autour de la résidence de l'ambassadeur français à Beyrouth.

En Tunisie, le ministère de l'intérieur a annoncé l'interdiction de toute manifestation dans le pays vendredi. L'ambassade de Grande-Bretagne, ainsi que les services consulaires allemands à Tunis étaient fermés. Paris a ordonné la fermeture vendredi des ambassades, consulats et écoles françaises dans une vingtaine de pays musulmans.

Pour Ahmadinejad, le film islamophobe est le fruit d'un "complot israélien"

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a estimé que le film islamophobe était le fruit d'un "complot israélien visant à diviser [les musulmans] et provoquer un conflit sectaire", dans un discours à l'occasion d'un défilé militaire organisé vendredi à Téhéran pour l'anniversaire du début de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Que les Etats-Unis prétendent n'avoir pu, au nom de la liberté d'expression, censurer ce film est une "tromperie", a déclaré M. Ahmadinejad dans ce discours retransmis à la télévision lors du défilé auquel ont participé des milliers de soldats, des chars et des missiles chargés sur des camions.

Sur www.lemonde.fr le 21/09/2012

jeudi 20 septembre 2012

L'Iran arme la Syrie avec l'aide de l'Irak, selon un rapport

 

L'Iran fait transiter de grandes quantités d'armes par l'espace aérien irakien afin d'aider le régime du président syrien Bachar Al-Assad à réprimer les insurgés, selon un rapport des services de renseignements occidentaux obtenu par l'agence Reuters.

Si Téhéran est depuis longtemps accusé de fournir des armes au régime syrien, ce rapport affirme que les livraisons du matériel sont beaucoup plus importantes et systématiques que ce qui était imaginé jusqu'à maintenant.

Il y a deux semaines, les autorités américaines avaient de nouveau tenté de faire pression sur l'Irak pour que celle-ci mette un terme aux livraisons d'armes de l'Iran à la Syrie qui transitent par son espace aérien. Bagdad avait toutefois déclaré que Téhéran lui avait assuré qu'elle ne fournissait que de l'aide humanitaire et mis Washington au défi de lui prouver le contraire.

Le rapport des services de renseignement occidentaux révèle toutefois que les gardiens de la révolution iraniens organiseraient bel et bien le transport de ces armes en utilisant des avions civils, et ce, grâce à un accord entre de hauts responsables irakiens et iraniens.

L'administration du président américain Barack Obama a identifié mercredi 117 avions iraniens qu'elle accuse d'avoir transporté des armes destinées aux troupes gouvernementales syriennes. Le département du Trésor américain a indiqué que les appareils exploités par Iran Air, Mahan Air et Yas Air livraient de l'armement sous le couvert d'envois d'aide humanitaire.

Deux Boeing 747 mentionnés dans le rapport des services de renseignement occidentaux, qui auraient été impliqués dans des transferts d'armes, font partie de ces 117 avions.

En vertu d'un embargo imposé par l'Organisation des Nations unies (ONU), qui fait partie des sanctions internationales liées au programme nucléaire controversé de Téhéran, il est interdit pour l'Iran de vendre des armes.

Par ailleurs, un hélicoptère s'est écrasé jeudi au sud-est de Douma, une banlieue de la capitale syrienne Damas, a annoncé la télévision d'État syrienne, sans donner davantage de détails.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a affirmé que l'hélicoptère avait été « abattu par des combattants rebelles » de l'opposition.


Le 20/09/2012 sur www.radio-canada.ca

 

lundi 17 septembre 2012

Pour vous, Kozlov !

Le journalisme n'est pas accidentellement appelé le deuxième plus vieux métier du monde. L'introduction à l'œuvre de certains soi-disant représentants du département créatif provoque le sentiment que tous les lecteurs sont tenus pour des ploucs qui ne comprennent rien. Avec un ton didactique certain d'un gang de presse, ils écrivent parfois sur des événements qu'ils ne comprennent pas non plus, ou encore en tenant compte de leur professionnalisme, ils déforment la vérité délibérément et probablement pas gratuitement.

C'est dans ce cadre que j'ai été invité par le journaliste indépendant du Royaume-Uni, Lillis Joanna, qui se spécialiserait sur les affaires d'Asie centrale. L'objet est consacré au Kazakhstan, où il y a un procès de dirigeants de l'opposition relatif aux événements de Janaozen.

Je rappelle que l'an dernier des émeutes ont commencé au Kazakhstan de l'Ouest, riche en pétrole. Le conflit de Zhanaozen, qui est né de la grève des travailleurs du pétrole et de la désobéissance ouverte du pouvoir, a tourné en affrontements avec la police, pillages et saccages. Cette ville très prospère est devenue un point chaud sur la carte du pays. Au cours de la confrontation la police a dû ouvrir le feu, tuant 15 personnes.

Les autorités kazakhes trouvé une solution radicale à cette situation. Non seulement les instigateurs des émeutes ont été puni, mais les policiers qui avaient outrepassé leur autorité, la compagnie pétrolière dont la gestion avait permis l'ouverture d'un conflit et le gouvernement local, ont tous été traduits en justice.

Les délibérations sur les responsabilités de chacun sont encore en cours. En particulier, un procès a été ouvert contre Vladimir Kozlov, largement connu comme opposant. La publication de cette journaliste est dédiée à la protection de Kozlov. Mais celle-ci n'a pas agi en tant qu'observatrice compétente. Au lieu de contrôler l'équilibre du procès, qui soit dit en passant est ouvert, et de relater les faits tels qu'ils étaient, elle s'est faite l'avocate de Kozlov. Au lieu de le protéger de manière raisonnable, en développant logique et bon sens pour défendre sa position, Joanna Lillis a ménagé une véritable hystérie dans ses publications.

L'auteure écrit que«... le gouvernement de la République établit une distinction entre la réalisation légitime du droit dans l'action politique et les actes criminels par les citoyens ...". De quoi parle t-elle? De ce qui est arrivé à Zhanaozen ? Ainsi, le pillage et la quasi-destruction de la ville pendant les émeutes ne serait pas un crime. Et les rebelles armés, c'est probablement une promenade de santé? Selon J. Lillis, l'activité provocatrice de Kozlov est peut-être une action politique ?

Tout a commencé avec noblesse  et décorum. Les travailleurs du pétrole exigeaient une augmentation de salaire (d'ailleurs l'un des plus élevés au Kazakhstan). Ils ont rencontré Kozlov et la compagnie qui les ont reçus sans réserve. Ils offrir leur aide. Mais en réalité, cette aide les a desservi. Au lieu d'établir un dialogue, de chercher un compromis ou de plaider avec un employeur «sans conscience», Kozlov et son parti "Alga" ont effectivement lancé une activité révolutionnaire. Personne ne pensait au dialogue, à la place, des appels ont été lancés pour résister aux sollicitations. Par ailleurs, il a promis une aide de l'étranger. En fin de compte, tous les efforts de Kozlov et de son entreprise ont abouti aux événements sanglants connus de tous.
En conséquence, l'opposant est accusé d'incitation à la haine sociale, d'organisation d'un groupe criminel, et d'appel au renversement de l'ordre constitutionnel.

"... Ce processus soulève des questions sur la liberté d'expression au Kazakhstan ..." poursuit Mme Lillis dans ses concoctions chaotiques. La liberté d'expression, dites-vous ? Alors, où en avez-vous vu la violation? En fait Kozlov n'a pas été autorisé à dire tout ce qu'il veut, et il est même jugé pour cela? Mais laissez-nous essayer à Londres, en criant à tous les carrefours « A bas la reine » et constater ce qui se passerait ...

"... Les autorités disent qu'ils apprécient l'opposition légitime, en même temps, indiquant que Kozlov et les autres accusés avaient l'intention de faire des émeutes.  Dans les mots de cette accusation, le gouvernement manipule la Loi afin de réprimer la dissidence légitime ...». J. Lillis continue à dénoncer avec colère le Kazakhstan. En toute franchise, ce fait peut faire douter du professionnalisme de cette journaliste.

Tout d'abord, le parti dirigé par Kozlov ne peut pas être considéré comme légitime. Les adhérents disent eux-mêmes que leur parti n'est pas enregistré. C'est ainsi qu'ils se présentent devant l'opinion publique mondiale. L'image de la victime, est ce qui est le plus nécessaire pour gagner l'amour des Etats où la lutte pour les droits de l'homme se transforme souvent en une sorte de paranoïa sociale?

Si seulement Mme Lillis avait porté un intérêt à cette affaire et découvert pourquoi le parti de Kozlov n'a pas été enregistré, cela lui aurait fait une surprise incroyable. Nous allons combler cette lacune dans la connaissance de la journaliste spécialisée sur l'Asie centrale. Les documents pour l'enregistrement du parti ont été déposés fin 2009. Mais au cours de l'inspection, il a été constaté que ses membres comprenaient des morts, ou des gens qui n'étaient même pas au courant de l'honneur qui leur a été donné d'être membres. Et puis, vous savez, un mauvais exemple est contagieux. Alors vous ouvrez un répertoire, inscrivez sur la liste du parti toutes les personnes qui y sont dans l'ordre alphabétique et soudain vous êtes un leader. Si on vous refuse l'enregistrement, alors vous devenez le chef de l'opposition.

Soit dit en passant, Kozlov est précisément appelé ainsi : un leader de l'opposition. Dans le même temps, parmi les dissidents au Kazakhstan il y a plus d'hommes politiques sérieux et de partis qui ne sont pas virtuels. Et ils ne sont pas jugés pour Zhanaozen ... Apparemment, cela arrive parce que tout citoyen normal, indépendamment de son affiliation politique ou de sa croyance, ne fera pas basculer la situation dans son pays, préférant la voie du dialogue.
Il est clair que Kozlov est juste une marionnette du fugitif Ablyazov, qui est recherché par les policiers, non seulement au Kazakhstan mais aussi dans le Royaume-Uni. Pour son rapatriement l'oligarque fugitif doit supplanter le gouvernement actuel, ce qui n'est pas susceptible de se produire ...
De plus, J. Lillis n'a pas compris d'autres nuances spécifiques du Kazakhstan. Par exemple, elle dit vraiment que les audiences du procès ont eu lieu dans la langue kazakhe que Kozlov ne comprend pas, ce qui le mettrait dans une situation désavantageuse. Ceci est un non-sens. Au Kazakhstan, le choix de la langue pratiqué lors du procès se concentre sur la défense. Et dans ce cas, la langue kazakhe est utilisée uniquement lorsqu'il existe un interrogatoire de témoins ou d'accusés qui préfèrent communiquer dans la langue nationale. Puisque nous parlons de la région de l'Ouest, où la population est presque entièrement constituée de Kazakh, naturellement, il y avait un besoin des services d'un traducteur. Pour paraphraser Mme J. Lillis, disons ceci: «Les habitants indigènes ont porté atteinte aux droits constitutionnels de Kozlov, par le fait qu'ils ne parlent pas russe".

Bien sûr, ce n'est pas la première tentative de diabolisation du gouvernement du Kazakhstan et de canonisation de l'opposition déshonorée. La presse, alimentée par diverses ONG dont des organisations des droits de l'homme, est pleine de rapports sur le héros national Kozlov. Nous devons faire attention à son nom, en mettant une virgule au mauvais endroit, nous pouvons changer radicalement le sens de l'ensemble du texte. Par exemple, dans un rapport d'une manifestation de soutien à l'opposition, un article était intitulé «Pour vous, Kozlov» («Pour vous, chèvre»). Honnêtement, je serais très mal si j'étais un électeur ...!

L'opposition non systémique n'a pas réussi à faire de M. Kozlov une icône, qui est devenu un «bouc émissaire», selon le calembour involontaire de Mme Lillis. Vous pouvez montrer au public l'étranger, mais la population locale est bien consciente de qui est qui au Kazakhstan. Elle sait qu'Ablyazov a pillé la Banque BTA qui est l'une des institutions financières systémiquement importantes du pays. Elle connait les relations entre lui et Mr. Kozlov. Elle sait que Mr. Kozlov, opposant sans emploi, possède 14 appartements dans tous les centres régionaux, un manoir dans un prestigieux quartier d'Almaty, 3 voitures de luxe et plus encore.

Dès les premiers jours de coopération avec Ablyazov, Kozlov sur les ordres de son chef, a pris une part active à essayer de peser sur l'actualité kazakhstanaise. Le militant des droits de l'Homme agirait au nom du peuple, en utilisant l'argent lui- même volé au peuple. Enfin, il est parvenu à Zhanaozen. Et alors que Mme Lillis essaie de blanchir Kozlov et que les émissions politiques se concentrent autour de ces personnes odieuses, les Kazakhstanaise connaissent tous ceux qui ont contribué à cette tragédie nationale ...

 

mercredi 12 septembre 2012

Obama et Netanyahu s'engagent à empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu ont réaffirmé mardi leur détermination à empêcher l'Iran de se doter d'armes nucléaires.

Lors de leur conversation téléphonique, qui a duré une heure, les deux dirigeants ont discuté de la menace que représente le programme nucléaire de l'Iran, et de la coopération bilatérale sur le dossier iranien et d'autres questions de sécurité.

"Le président Obama et le Premier ministre Netanyahu ont insisté sur le fait qu'ils étaient unis dans leur détermination à empêcher l'Iran de se doter d'une arme nucléaire, et ont convenu de poursuivre leurs consultations étroites", a déclaré la Maison Blanche dans un communiqué.

Cet entretien téléphonique a eu lieu après que M. Netanyahu eut critiqué le refus de Washington de fixer des limites claires quant aux activités nucléaires controversées de l'Iran.

L'administration Obama a quant à elle insisté sur le fait qu'il y avait encore "du temps et de la marge" pour poursuivre la double approche qui comprend des sanctions d'une part et des efforts diplomatiques d'autre part, et qui vise faire pression sur l'Iran pour qu'il abandonne ses activités d'enrichissement d'uranium.

"Le monde dit à Israël qu'il faut attendre, qu'on a encore le temps. Mais moi, je dis : 'Attendre quoi ? Jusqu'à quand?' Ceux qui au sein de la communauté internationale refusent d'imposer à l'Iran des limites à ne pas dépasser ne sont moralement pas en position d'en imposer à Israël", a déclaré mardi M. Netanyahu lors d'une conférence de presse.

Israël a menacé d'effectuer des frappes aériennes préventives sur les sites nucléaires de l'Iran pour faire cesser ses activités d'enrichissement d'uranium, bien que la République islamique insiste sur la nature pacifique de son programme nucléaire.

Washington, cependant, ne veut pas voir le dossier iranien se transformer en un conflit armé, surtout en cette année électorale aux Etats-Unis, lors de laquelle le président Obama brigue un second mandat.

Dans le communiqué, la Maison Blanche a également démenti les informations selon lesquelles l'administration américaine aurait rejeté la demande de M. Netanyahu d'une rencontre avec M. Obama à Washington après l'Assemblée générale de l'ONU à New York plus tard ce mois-ci.

"Contrairement à des informations parues dans la presse, jamais le Premier ministre Netanyahu n'a demandé à rencontrer le président Obama à Washington, et une telle demande n'a jamais été refusée", a commenté la Maison Blanche.

Le 12/09/2012 sur http://french.cri.cn

 

mardi 11 septembre 2012

La Chine envoie deux navires auprès d'îles contestées avec le Japon

L'Etat japonais a acheté hier ces deux îles à leurs propriétaires privés. Pékin réplique ce matin en envoyant sur place deux navires civils.

Pékin a envoyé deux navires de patrouille en mer de Chine orientale à proximité d'îles dont il conteste à Tokyo la souveraineté, a rapporté mardi l'agence Chine nouvelle.

Cette action «vise à affirmer la souveraineté (territoriale) du pays», a ajouté l'agence de presse officielle chinoise, en même temps que le gouvernement nippon annonçait qu'il avait conclu l'achat de certaines des îles de ce petit archipel nommé Senkaku par les Japonais et Diaoyu par les Chinois.

Les navires envoyés ne relèvent pas de la marine de guerre chinoise mais de l'Administration océanique d'Etat (SOA), placée sous l'autorité du ministère du Territoire et des ressources naturelles. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a prévenu lundi que Pékin ne cèderait «jamais un centimètre carré» dans le différend qui l'oppose au Japon en mer de Chine orientale.

«Les îles Diaoyu sont partie intégrante du territoire chinois. Sur les questions concernant la souveraineté et les territoires, le gouvernement et le peuple chinois ne cèderont jamais un centimètre carré», a déclaré Wen Jiabao.

Les îles Diaoyu/Senkaku sont contrôlées par Tokyo mais revendiquées par la Chine et Taïwan. Les eaux entourant ces îlots sont très poissonneuses et leur sous-sol marin pourrait renfermer des gisements d'hydrocarbures.

Tokyo a affirmé mardi avoir finalisé l'achat des îles controversées, au terme d'un accord avec une famille japonaise qu'il considère être les propriétaires privés de ces territoires inhabités. De son côté Taïwan, territoire considéré comme sien par la Chine mais indépendant de fait, a déclaré mardi «protester vigoureusement» contre la nationalisation de ce mini-archipel, sur le budget de l'Etat japonais.

«L'acte unilatéral et illégal du Japon ne peut remettre en cause le fait que les îles Diaoyu appartiennent à la République de Chine» (le nom officiel de Taïwan), a affirmé Timothy Yang, le ministre taïwanais des Affaires étrangères.

Le groupe d'îles avait été au centre d'une vive controverse en 2010 entre les deux géants asiatiques à la suite d'une collision dans ces parages entre un chalutier chinois et deux navires des garde-côtes nippons.

Le 11/09/2012 sur www.liberation.fr

dimanche 9 septembre 2012

La Chine et la Russie tirent le signal d'alarme

VLADIVOSTOK, Russie (Reuters) - La Chine et la Russie ont tiré samedi le signal d'alarme sur l'état de l'économie mondiale et exhorté les pays membres de l'Apec, réunis au sommet ce week-end à Vladivostok (Russie), à se protéger en renforçant des liens économiques au niveau régional.
Le président Hu Jintao a déclaré que Pékin ferait tout son possible pour renforcer les liens de coopération entre les 21 Etats membres du Forum de coopération économique Asie-Pacifique et relancer son économie afin d'améliorer les chances d'une embellie de l'économie mondiale.
Son homologue russe a dit qu'il fallait abattre les barrières douanières en ouvrant les travaux du sommet, organisé sur l'île Rousski, relié à Vladivostok par un nouveau pont spectaculaire symbolisant le virage vers l'Asie d'une Russie prenant ses distances avec une Europe se débattant dans la crise de la dette.
"Il est important de bâtir des ponts et non des murs. Nous devons continuer à nous battre pour une plus forte intégration", a déclaré Vladimir Poutine à ses pairs de l'Apec, assis au bord d'une table ronde donnant sur le pont suspendu, le plus grand de ce type au monde et qui a coûté un milliard de dollars.
"La reprise économique générale marque le pas. Nous ne pourrons surmonter les tendances négatives qu'en augmentant le volume des biens et des services et en renforçant les flux de capitaux", a-t-il dit.
Avant le sommet, Hu avait déclaré à des hommes d'affaires que l'économie mondiale était entravée par "des facteurs déstabilisants et des incertitudes", ajoutant que la crise de 2008-2009 était loin d'être terminée. La Chine, avait-il promis, jouera son rôle en consolidant la reprise.
"L'économie mondiale se redresse aujourd'hui doucement et des facteurs de déstabilisation et des incertitudes persistent. L'impact sous-jacent de la crise financière internationale est loin d'être terminé", avait-il dit.
VIRAGE VERS L'ASIE
"Nous travaillerons pour maintenir l'équilibre entre une croissance robuste s'ajustant aux structures économiques et une gestion des attentes en matière d'inflation. Nous relancerons la demande intérieure et maintiendrons une croissance régulière et robuste ainsi qu'une stabilité des prix de base".
Hu Jintao avait également annoncé un plan de relance des dépenses publiques de 157 milliards de dollars visant à renforcer les infrastructures dans les secteurs de l'énergie, de l'agriculture, des chemins de fer et des routes.
Il avait aussi réaffirmé le soutien de la Chine à une plus forte libéralisation des échanges commerciaux.
"Nous devrions améliorer et explorer de nouveaux mécanismes pour des investissements et le financement en matière d'infrastructures et encourager la participation au développement d'infrastructures par divers acteurs", avait-il dit.
Vendredi, Vladimir Poutine avait déclaré que la Russie serait un fournisseur stable d'énergie et jouerait le rôle de portail vers l'Europe pour les pays asiatiques. Il a aussi promis de mettre en valeur le réseau de transports de la Fédération russe.
L'Apec, qui comprend aussi les Etats-Unis, le Japon, la Corée du Sud, l'Indonésie et le Canada, regroupe les pays du pourtour du Pacifique "pesant" 40% de la population du monde, 54% de sa production économique et 44% des échanges commerciaux de la planète.
Les Etats-Unis sont représentés par Hillary Clinton, qui remplace le président Barack Obama, retenu à la convention démocrate de Charlotte (Caroline du Nord).
Prenant la parole devant des hommes d'affaires, la secrétaire d'Etat américaine a appelé à une libéralisation du commerce, affirmant qu"'une économie équilibrée et stable est un défi trop vaste et complexe pour être abordé par les pays de manière individuelle".
Le chef du gouvernement australien, Julia Gillard, a dû renoncer à la dernière minute à se rendre à Vladivostok en raison du décès de son père.
Le président russe boitait légèrement lorsqu'il a accueilli ses hôtes sur l'île Rousski. D'après ses collaborateurs, Vladimir Poutine s'est simplement déchiré un muscle, sans plus de précision si ce n'est pour dire qu'il menait "une vie très active".

Par Timothy Heritage sur http://tempsreel.nouvelobs.com le 09/09/2012
Avec Gleb Bryanski, Andrew Quinn et Douglas Busvine; Jean-Loup Fiévet pour le service français
 

Le 29 août, Journée internationale contre les essais nucléaires




Le 29 Août, le monde célèbre la Journée internationale contre les essais nucléaires. Il y a exactement 20 ans il y a eu un événement qui a interrompu le cours de l'histoire moderne. Le site d'essais de Semipalatinsk, plus grand site d'essais nucléaires, a été fermé. Pour la première fois, le Kazakhstan une nation possédant la quatrième plus grande capacité nucléaire, a abandonné cette dernière. Le 29 août devrait rappeler au monde cette menace pour l'existence de l'humanité.

Dans la lutte pour la domination du monde, les puissances mondiales ont fait beaucoup d'erreurs. Les armes de représailles, transformés en armes de terreur, ont été créées par des Etats policiers « sur les cendres » des civils.
 
Les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki sont les seuls exemples dans l'histoire de l'humanité, de l'utilisation des armes nucléaires au combat. Un demi-million de vies perdues, dont plus de la moitié sont les descendants de ceux qui furent irradiés. Le Japon subit toujours le maléfice de cette manifestation de puissance si brutale.
 
Cependant la course aux armements, provoque de nombreuses autres victimes dans le monde entier.Dans le célèbre atoll de Bikini, les Etats-Unis ont conduit 67 essais nucléaires dans la période allant de 1946 à 1958. Délocalisés, les habitants de l'atoll n'ont jamais été en mesure de retourner dans leur patrie depuis la première explosion. Près de 840 habitants de l'atoll du Pacifique sont morts d'un cancer et d'autres maladies causées par les essais nucléaires américains. Environ 7.000 anciens habitants de Bikini, qui ont été évacués de l'île, ont demandé à être reconnus comme des victimes des essais américains. Toutefois, les autorités n'ont officiellement reconnu que 1865 personnes comme des victimes. Près de la moitié d'entre eux sont morts. Les victimes, qui ont reçu en compensation 83 millions de dollars du gouvernement des États-Unis, ont les symptômes de 35 maladies différentes.
 
Le taux de cancer a fortement augmenté parmi la population des régions du Kazakhstan située près de la frontière avec la Chine et du site d'essai nucléaire chinois de Lop Nor (où on eu lieu des essais entre 1964 et 1996). Selon l'Institut kazakh de recherche d'oncologie et de radiologie, dans les années 70-90 du vingtième siècle, le taux de cancers d'enfants dans la zone frontalière avec la Chine a augmenté de 30 fois, et le taux de mortalité de 3 fois et c'est le taux le plus élevé au Kazakhstan.
Les «Traces» de radiations des bombes chinoises peuvent être vues partout dans le monde. Tous les nuages radioactifs formés à la suite des explosions nucléaires atmosphériques au site d'essai du Lop Nor, sont passés sur les pays d'Asie orientale, sur l'Amérique du Nord, l'Europe, l'Asie centrale, le Kazakhstan et se sont dissipés à l'est. Ces nuages existent environ un mois dans la troposphère. (Le nuage radioactif de Tchernobyl a tourné autour du globe plus de deux fois).

Les essais nucléaires britanniques dans la région des îles de Monte Bello (au nord-ouest de l'Australie) et sur l'île Christmas en Polynésie ont aussi développé des nuages radioactifs. Les essais français sur l'oasis Reggan en Algérie et sur l'atoll de Mururoa également. Plus récemment, il y eu aussi les essais indiens au site de Pokharan et les essais pakistanais sur le site de Chagan-Hills, dans la province du Baloutchistan. Et bien d'autres encore.
 
En effet, les conséquences les manifestations de l'énergie nucléaire ont été subies par les citoyens des pays qui ne rêvaient même pas d'entrer dans le club des puissances nucléaires. Et à ce jour, ils continuent de souffrir. Les analyses des glaces de l'Antarctique et du pôle Nord menées ces dernières années ont montré qu'un énorme stock de rayonnement a été accumulé à la suite des tests effectués dans le monde entier. En fait, dans chaque plante sur terre, dans toute personne née après le premier test, il y a des traces des armes nucléaires testées.
 
Il est probable que le réchauffement climatique soit aussi une conséquence des explosions nucléaires et thermonucléaires.
 
L'exemple le plus frappant de l'impact négatif du rayonnement sur la race humaine est l'histoire du site d'essais de Semipalatinsk au Kazakhstan. Il y a été réalisé 50 tests, lesquels ont affecté un demi-million de personnes. Même 20 ans après la fermeture du polygone d'essais, la radioactivité du sol est encore plusieurs fois plus élevé que le taux maximal autorisé. En fait, plus de 48000 km² de steppes qui par sécurité ont été soustrait à une utilisation agricole et ont peu d'utilité pour la vie.
 
Le Kazakhstan, qui était devenu le grand terrain d'essais nucléaires de l'URSS, est le premier pays au monde qui a osé déclarer publiquement que ses armes nucléaires étaient une menace «passive» pour l'humanité. En 1989, a été fondé le mouvement du Nevada - Semipalatinsk, qui a réuni des victimes des essais nucléaires dans le monde. Et le 29 Août 1991, par la décision du Président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev, le site d'essais de Semipalatinsk a été fermé. A cette époque, le Kazakhstan a décidé d'éliminer totalement les armes nucléaires.
 
Aujourd'hui Astana est un acteur majeur de l'initiative pour un monde exempt d'armes nucléaires, et Noursoultan Nazarbaïev est considéré à juste titre comme un leader mondial du mouvement relatif à la non-prolifération. La communauté internationale soutient pleinement ses initiatives. Par exemple, en 2009, à la 64e session de l'Assemblée générale, le Kazakhstan a proposé de déclarer une Journée internationale d'action contre les essais nucléaires. Cette idée a reçu un appui unanime. Il s'agissait d'une résolution adoptée par l'Assemblée générale, qui reflète la profonde préoccupation de la communauté internationale sur les conséquences dévastatrices et les dangers pour l'humanité, l'environnement et la planète qui peuvent être causés par des essais nucléaires.
 
Le document affirme la nécessité de sensibiliser plus activement et d'informer les gens sur les conséquences des explosions nucléaires. Les co-auteurs de la résolution ont été au nombre de 26 Etats.

Aujourd'hui, de plus en plus de pays rejoignent les initiatives du Kazakhstan afin de créer un monde libéré de la menace des armes de destruction massive. Les membres du club nucléaire encouragent les autres États à utiliser l'énergie nucléaire uniquement à des fins pacifiques. Y compris les pays de «l'axe du mal» (Corée du Nord, l'Iran et d'autres), qui essayent de devenir plus fort par la possession d'une puissance nucléaire échappant à tout contrôle.
 
Le résultat de l'absence de contrôle par la communauté internationale de la possession de ces armes est connue aujourd'hui: des millions de victimes, des terres qui sont contaminés pour des dizaines, voire des centaines d'années et des enfants mutants.
 
Le 29 août de la communauté mondiale pourra tenir compte des appels du Kazakhstan et ne pas répéter l'histoire nucléaire tragique du siècle dernier. Cette décision nécessite des efforts conjoints pour mettre en œuvre les initiatives du Kazakhstan visant à construire un monde plus sûr.
 

samedi 8 septembre 2012

Syrie: Moscou presse l'ONU de soutenir la transition, revers des rebelles


 
La Russie, alliée de Damas, a annoncé samedi qu'elle allait pousser le Conseil de sécurité de l'ONU à adopter un accord conclu en juin sur les principes d'une transition politique en Syrie, où l'armée a infligé un revers aux rebelles dans la bataille d'Alep (nord).

Les ministres européens des Affaires étrangères ont évoqué de nouvelles sanctions contre Damas, même si le ministre belge Didier Reynders a mentionné un "devoir d'ingérence" si Moscou et Pékin continuaient de bloquer les initiatives internationales. Le médiateur international Lakhdar Brahimi, fraîchement entré en fonction, sera dimanche au Caire pour des entretiens avec la Ligue arabe. Selon son porte-parole, il souhaite aller à Damas dans les jours suivants.

Sur le terrain, l'armée, appuyée par des chars et des hélicoptères, a repoussé après 20 heures de combats une attaque des rebelles qui étaient entrés dans une caserne à Hanano, dans l'est d'Alep, selon des témoins qui ont évoqué "beaucoup de victimes" de part et d'autre. Selon une source militaire à Alep, métropole du nord théâtre de combats depuis le 20 juillet, les soldats ont détruit six véhicules tout-terrain où les insurgés avaient commencé à entreposer des armes prises dans l'armurerie.

"Les rebelles ont mis toutes leurs forces dans cette car ils manquent cruellement d'armes", a précisé cette source. Néanmoins, les rebelles ne lâchent pas prise. Ils ont lancé samedi un assaut sur Midane, quartier tenu par les forces de sécurité dans le nord d'Alep, où ils se sont emparés du Centre Saint-Vartan, une maison d'accueil jésuite pour des réfugiés irakiens et syriens, selon des habitants et des sources militaires. La destruction d'une canalisation samedi dans cette zone privait une grande partie de la ville --la moitié selon des habitants-- d'eau potable samedi soir.

Des militants ont accusé l'aviation d'avoir "détruit le principal acheminement d'eau potable de la ville", tandis que la Compagnie des eaux a expliqué qu'il était impossible d'envoyer une équipe sur les lieux. Au total, les violences ont fait au moins 80 morts --25 civils, 19 rebelles et 36 soldats-- samedi en Syrie, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui avait fait état de 136 morts vendredi. L'OSDH, qui s'appuie sur un réseau de militants et de témoins, a aussi signalé la découverte de 17 corps non identifiés, apparemment exécutés, dans une tranchée à Alep.

Bagdad a en outre rapporté que des obus syriens étaient tombés vendredi soir du côté irakien de la frontière, tuant une fillette de 4 ans et faisant quatre blessés. Sécuriser les hôpitaux Sur le front diplomatique, Moscou a annoncé une nouvelle démarche à l'ONU. "La Russie plaidera pour que le Conseil de sécurité approuve le communiqué de Genève", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, en référence à un accord conclu fin juin fixant des principes pour une transition politique sans appeler au départ du président Bachar al-Assad.

M. Lavrov, qui s'exprimait après une rencontre avec la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, a précisé que la réunion du Conseil de sécurité aurait lieu fin septembre. Il a rappelé que Moscou ne soutiendrait "aucune sanction" et dénoncé les sanctions unilatérales américaines contre la Syrie et l'Iran, estimant qu'elles touchaient de plus en plus "aux intérêts des entreprises russes".

Mme Clinton a en revanche répété que toute résolution du Conseil de sécurité devait "prévoir de réelles conséquences en cas de non-respect", selon un haut responsable américain. Lors d'une réunion informelle des ministres européens à Chypre, un "consensus" s'est dégagé sur le renforcement des sanctions contre Damas, selon la chef de la diplomatie chypriote Erato Kozakou-Marcoullis.

Il s'agirait du 18ème train de sanctions de l'UE depuis le début de la crise en mars 2011. Le ministre belge s'est pour sa part interrogé: "Est-ce qu'on laisse s'installer cette guerre civile, qui sera de plus en plus violente (...) ou est-ce qu'on estime que le devoir d'ingérence doit à un moment donné prendre le dessus ?". M. Reynders a préconisé l'envoi d'une mission d'observateurs internationaux pour sécuriser les hôpitaux en Syrie.

Le Français Laurent Fabius s'est dit ouvert à l'idée: "Il y a un droit humanitaire qui existe, il faut que ce droit soit respecté". En visite ensuite dans le vaste camp de réfugiés syriens à Zaatari, en Jordanie, leur homologue allemand Guido Westerwelle a estimé qu'il fallait "isoler le régime d'Assad". "Dans les prochaines semaines, nous allons mettre à profit la présidence allemande du Conseil de sécurité à New York pour oeuvrer à ce processus d'isolement et accroître la pression sur le régime d'Assad", a-t-il promis.

Sur www.lepoint.frle 08/09/2012