jeudi 29 novembre 2012

Dernier procès des participants et instigateurs des émeutes Janaozen

Au Kazakhstan, s'est terminé le dernier procès des participants et instigateurs des émeutes dans l'ouest du pays. Pendant les affrontements entre la population et la police le 16 décembre 2011, 15 personnes sont mortes et environ 100 ont été blessées, cinq d'entre elles sont devenues invalides. Selon la Cour, ce conflit de travail ordinaire s'est transformé en événements tragiques par l'intervention d'une «troisième force».

Le conflit de Janaozen a tristement rendu célèbre le Kazakhstan dans le monde entier. La grève avait été précédée pendant des mois par des revendications des employés de compagnies pétrolières pour l'augmentation de leurs salaires et l'amélioration de leurs conditions de travail. Sept mois d'affrontements et de négociations n'aboutirent sur rien. Et le 16 décembre, jour du 20ème anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan, des émeutes ont éclaté à Janaozen. Des centaines de personnes participèrent à des émeutes. Ils ont brûlé et pillé l'hôtel de ville, le bureau de la compagnie pétrolière, des dizaines de magasins et de banques. Le 17 Décembre, un accident s'est produit près de la ville, à la station de Shetpé.

Même dans la période d'opposition pacifique, les parties essayaient de régler le conflit de travail par la voie de la négociation, la plupart a noté les tentatives de l'opposition kazakhe de «protéger» les travailleurs, ce qui a retardé d'autant l'émergence d'une solution. Ainsi, les observateurs notent que les représentants du parti «Alga», ont exhorté les travailleurs à ne pas faire de concessions dans les négociations avec les employeurs.

Un exemple frappant est l'exigence de la concierge de la filiale "Exploration-Production" de KazMunaiGas pour augmenter son salaire jusqu'à deux mille dollars (le salaire moyen au Kazakhstan est d'environ 500 dollars américains). Une autre condition, évidemment inapplicable, que les travailleurs mirent en avant à l'aide de leurs instigateurs, était la remise en liberté de l'un des travailleurs reconnus coupables de trafic de drogue. Grâce à l'appui des représentants des travailleurs, "Alga" a également dicté une condition obligatoire de s'auto-attribuer le top management de l'entreprise qui les emploie.

Ces faits ont été relatés pendant le procès, ainsi que la façon dont les militants d' "Alga" ont politisé les revendications des travailleurs. C'étaient des incitations actives à l'émeute. Ils ont promu la sédition dans des rencontres personnelles avec les travailleurs, ainsi que par la distribution de dépliants ayant un contenu séparatiste.

Il est intéressant de noter que les travailleurs du pétrole s'opposèrent fortement à la politisation de leurs revendications. Dès lors, ils ont été rejoints par un grand groupe de mercenaires payés pour montrer leur «insatisfaction de la politique des autorités » et a appelé à « aller à l'assaut ». "Alga" a distribué des tracts pour dénoncer le gouvernement et commencer les mesures nécessaires pour modifier l'ordre constitutionnel parmi les militants syndicaux. Par ailleurs, les militants disaient qu'avec le début du conflit actif, les grévistes seront rejoints par d'autres régions.

Un bureau spécial a été ouvert pour la coordination de toutes les activités liées à la collecte d'informations sur les événements de Janaozen. Ensuite, tous les dossiers ont été renvoyé aux organisations internationales des droits de l'Homme. Et en juillet 2011 (un mois après le début du conflit), le leader officiel d'"Alga" Vladimir Kozlov, a organisé à Aktau et Janaozen, la visite de l'odieux député européen Paul Murphy.

Toutefois, il convient de noter que les dirigeants d'«Alga» ne pouvaient plus rien faire par eux-mêmes. Au cours de l'enquête, il est clairement apparu par quel moyen venant de l'étranger «Alga» a mis en œuvre sa politique (dans ce cas, par la préparation du matériel promotionnel pour les travailleurs de Janaozen, l'achat de vêtements chauds et de tentes et le paiement des familles des grévistes).

On parle d'une source de financement, l'homme d'affaires Mukhtar Ablyazov. Comme on le sait, au Kazakhstan, Ablyazov a été accusé d'avoir détourné environ six milliards de dollars des comptes de la plus grande banque du pays, BTA, par le biais de sociétés écrans.

Ablyazov a quitté le Kazakhstan en 2009, peu de temps après une enquête criminelle à son encontre a été ouverte, et la banque placée sous contrôle de l'Etat. Des dossiers similaires ont été engagés contre Ablyazov et ses complices en Russie, à Chypre et au Royaume-Uni.

Par la décision de la cour d'Angleterre, Mukhtar Ablyazov a été condamné à 22 mois de prison. Toutefois, la décision n'est que sur du papier, car le lieu de résidence du banquier est encore inconnu. On peut supposer qu'Ablyazov a quitté le Royaume-Uni et se cache dans un des pays européens.

C'était lui qui était considéré comme le «parrain» et principal client des événements de Janaozen en décembre 2011.

Ainsi, selon l'enquête, en avril 2010 lors d'une conférence à Londres sur Skype, Mukhtar Ablyazov a ordonné au chef de file du mouvement "Alga" Vladimir Kozlov et aux militants de l'opposition Akjanat Aminov et Serik Sapargali de provoquer une révolte sociale dans le pays. «Au plus tard à la fin de l'année prochaine, le gouvernement doit tomber" selon les mots d'Ablyazov. Par ailleurs, durant la même période, Ablyazov commence à travailler activement sur internet, en s'adressant par un message vidéo au peuple du Kazakhstan et de la communauté internationale. Il a exhorté le monde à ne pas "être" un soutien au régime d'occupation. En outre, il a appelé les citoyens du Kazakhstan à  se prononcer contre le gouvernement actuel.

En fait, les événements tragiques de Janaozen se sont développés selon un scénario préétabli. Le but d'Ablyazov était le renversement du gouvernement actuel au Kazakhstan, dont le modérateur principal de l'événement était l'homme accusé de corruption et de fraude dans sa patrie.

Soit dit en passant, ce n'est pas la première fois qu'Ablyazov est accusé d'avoir tenté de manipuler les slogans politiques afin d'éviter des poursuites pour crimes économiques. En 2001, il fut l'un des fondateurs du mouvement d'opposition "Choix démocratique du Kazakhstan" (DCK), qui visait à renverser le pouvoir. Juste à ce moment Ablyazov, est sous les projecteurs d'une enquête sur des accusations d'abus de pouvoir, de fraude financière et d'association de malfaiteurs. (Le dossier a été ouvert en 1999) En fait, il était soumis aux mêmes charges qu'aujourd'hui.

Comme maintenant, à ce moment-là le cas d'Ablyazov a été présenté par la communauté internationale comme un cas «politique» et le jugement (six ans d'emprisonnement, dont il n'a accompli que 22 mois puis gracié) a été déclaré comme «fabriqué» un par les observateurs internationaux.

Peu de temps après l'arrestation des principaux accusés des événements Janaozen (trio mentionné ci-dessus) la communauté internationale a considérer que s'exerçait «une pression politique sur l'enquête» afin de tenter de « museler l'opposition ». (Extrait de la déclaration de l'ambassade américaine au Kazakhstan : «Nous sommes préoccupés par la poursuite de Vladimir Kozlov et l'utilisation évidente du système judicaire pénal pour bâillonner l'opposition»).

Cependant, cette fois-ci on ne parle que des exécutants. La plupart des observateurs préfèrent ignorer Ablyazov. Aujourd'hui, aussi bien à Londres que dans d'autres Etats où il existe un litige dans l'affaire de détournement de milliards de dollars de la Banque BTA, sa culpabilité n'est pas contestée (En août, un tribunal Chypriote a condamné à la prison un citoyen britannique Paul Kitreotis, complice de l'ancien président de la Banque BTA Mukhtar Ablyazov, qui est l'un des accusés dans un autre procès d'un montant de 295 millions de dollars, initié par la Banque BTA).

Les organisations des droits de l'Homme ont exprimé leur soutien à Ablyazov. Et, de retour à la liberté en raison de la pression de l'extérieur sur le Kazakhstan, il a volé des milliards de dollars de citoyens de nombreux pays où sa banque travaille. Malgré les accusations portées à l'encontre du Kazakhstan sur sa polarisation contre les participants aux événements de Janaozen les observateurs ont indiqué que le degré d'ouverture de la cour était sans précédent. Ces accusations sont infondées, car les instigateurs des émeutes, les représentants des autorités locales et des policiers, auteurs directs de la mort d'émeutiers étaient également en procès. «Tout le monde a été reconnu coupable d'un crime particulier, et ce n'est pas pour rien. Ont été également condamné ceux qui ont outrepassé leur mandat et ont tiré sur les gens, et aussi ceux qui ont provoqué l'événement." a déclaré en personne, le président Noursoultan Nazarbaïev au Kazakhstan.

 

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