jeudi 15 novembre 2012

L'oligarque fugitif est devenu un zombie politique

Hors du système, le mouvement d’opposition du Kazakhstan subit un fiasco. Ceci est démontré par l'échec des forces de lobbying de certains occidentaux à soutenir principal leader de l'opposition du pays, Mukhtar Ablyazov.

La situation actuelle indique que la guerre de l’information de Mukhtar Ablyazov est perdue, sa situation financière est plombée et son influence dans le Kazakhstan est devenue minime.
C’est en essayant d'éviter des poursuites pénales du Kazakhstan (M. Ablyazov est accusé d'avoir détourné des milliards de dollars appartenant à la Banque BTA), que l'oligarque est entré dans le jeu dans l'opposition. Il avait réussi à mettre au point un plan pour discréditer le gouvernement du Kazakhstan. Les sources d’information contrôlées par les oligarques ont amplifié les problèmes, lesquels  sont d’ailleurs rencontrés par toutes les sociétés.
 
Les média ont connu l’apogée de leur popularité pendant les événements de Janaozen, car la chaine de télévision K+ appartenant à Ablyazov est devenue l’épicentre de ces événements tragiques.
Dans cette ville, il y a eu une grève des ouvriers du secteur pétrolier, qui a entraîné la destruction de la ville et des affrontements avec la police. La chaîne de télévision, dirigée par Ablyazov, a décrit en détail la rébellion, en parlant de centaines de victimes (ce qui était un mensonge, une falsification des informations sur les causes de la confrontation présentée de façon unilatérale).
 
Les journalistes qui travaillent pour cet oligarque, ont mené une vaste campagne de désinformation, en diabolisant le pouvoir et en élevant les grévistes au rang de combattants héroïques pour un nouvel ordre. Ce n’est pas un hasard si les troubles avec les autorités ont eu lieu le jour où le Kazakhstan célébrait la fête nationale (le Jour de l'Indépendance).
 
Plus tard, en analysant les évènements, les experts sont arrivés à la conclusion qu’il s'agissait d'une action planifiée avec soin, et préparée dans laquelle les gens d’Ablyazov ont pris une part directe.
A Aktau, les jugements des participants aux événements de Janaozen ont conclu que ce conflit a été délibérément politisé et s’est transformé en une démonstration de force. Les ouvriers du pétrole étaient les figurants de ce théâtre de l'absurde.
 
Mais les émeutes dans l'ouest du Kazakhstan n’ont pas aidé Ablyazov à gagner la guerre de l'information. Le masque héroïque des faux révolutionnaires est tombé quand il est devenu clair que les émeutes ont été initiées par une équipe de criminels spécialement formée. Il est incongru de parler d’action pacifique quand des hommes se saisissent d’armes blanches, d’armes à feu, pillent et incendient des boutiques, des supermarchés, des distributeurs automatiques de billets.
 
Dans cette guerre de l'information, Ablyazov a joué son rôle, celui d’une personne à l’honnêteté douteuse. Derrière lui, s'étend un tel sentier de crimes et de mensonges, que toute tentative de discréditation des autorités du Kazakhstan nous fait plonger dans la perplexité.
 
Seuls les députés radicaux et socialistes de l'Union européenne croient probablement en Ablyazov, car pour eux, idéologiquement la protestation est le seul moyen politique de réalisation de soi, ainsi qu'une bonne excuse pour faire pression sur les Etats souverains.
 
Ablyazov est recherché par les services de police du Kazakhstan, de Russie, d'Ukraine, du Kirghizistan, du Royaume-Uni. Il a image d’un arnaqueur chanceux, un voleur, un menteur, dont l'activité politique est une sorte de refuge le protégeant de la justice. Aujourd'hui même l'Angleterre le comprend. Elle l’a longtemps couvert par un maquillage cynique des faits et la complication des procédures de justice, durant des années.
 
Et le fait que son procès aboutisse enfin cette année en dit long. Tout d'abord, le kazakh Ablyazov n’intéresse plus les observateurs externes. En outre, Ablyazov a ignoré la décision du gel de ses avoirs internationaux et a effectivement menti à la cour sur un certain nombre d'autres points importants. La justice britannique l’a condamné à 22 mois de prison pour outrage au tribunal. Il a dû fuir à toutes jambes les côtes d'Albion.
 
Quant à la situation actuelle d’Ablyazov, c’est le début de la fin. Il a perdu une part importante de ses actifs. Il a perdu ses assistants. Récemment, le citoyen britannique Paul Kitreotis complice d’Ablyazov, a été condamné à une peine de prison par un tribunal à Chypre. Le motif est le même, manque de respect pour le tribunal, et faux témoignage. Son arrestation permettra d'éviter le détournement d'actifs de la banque BTA, que le Kazakhstan cherche à se faire rembourser dans le cadre d’un procès. Aujourd'hui, les actifs du fraudeur, évalués à 5 milliards de dollars par la Haute Cour de Londres, ont été placés sous séquestre.
 
Ayant perdu une grande partie de la base de son financement, lequel était important pour Londres, Ablyazov est devenu un zombie politique. Il est maintenant plus qu’un fugitif. Au Kazakhstan, il n’a plus de fidèles. Un groupe d'amis de son parti non enregistré "Alga", qui a en grande partie déclenché les événements de Janaozen, a été condamné pour incitation à la haine sociale.
 
Ceux  qui ont été libérés, ont été déçus par leur leader qui a perdu le combat sur tous les fronts.Aujourd'hui, les analystes politiques ne se demandent plus qu'une chose : quand Ablyazov sera-t-il arrêté par la police? Compte tenu de ses antécédents criminels, son expérience des endroits sombres, ses contacts avec le milieu du crime, on peut supposer que ce délinquant restera longtemps en liberté.
Mais comme opposant politique, il est déjà rayé de la carte, ne serait-ce que pour adopter un profil bas.
 

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