dimanche 23 décembre 2012

L'épilogue de l'affaire Ablyazov approche

L'histoire de l'oligarque Kazakh Mukhtar Ablyazov touche à sa fin. La quasi-totalité de son équipe a été arrêtée, et ce criminel se cache de la justice anglaise.

Ablyazov est un exemple négatif de la politique moderne. Il est un voleur et un criminel qui s'est présenté comme un politicien de l'opposition, un démocrate. Cet homme a cependant volé l'argent des anglais, alors que la Grande-Bretagne lui a donné l'asile politique et l'a protégé depuis des années. Les fonds volés proviennent en partie des  plus grandes banques britanniques, HSBK et RBS (Banque royale d'Ecosse). Mais, en plus des dépôts ces banques britanniques gèrent également les fonds de pension britanniques ...

 
Ablyazov a volé l'argent de la banque kazakhe  BTA, alors qu'il était à sa tête. Cette  institution financière étant étroitement liée aux institutions britanniques, tous en ont souffert.
 
La banque BTA poursuit activement Ablyazov dans le cadre d'un litige commercial. Elle a assemblé une base de données impressionnante révélant l'origine de la fraude. Six milliards de dollars ont été détournés et expédiés frauduleusement sur des comptes offshores. Ce délit fait  l'objet de poursuites judiciaires non seulement au Kazakhstan, mais aussi en Russie.
 
Se rendant compte qu'une action pénale reviendrait à politiser la situation, la banque BTA a décidé de porter l'affaire au civil, bien que les représentants de la justice britannique et les avocats en soient surpris. Mais les hommes politiques britanniques, affectés de naïveté, ont cru chaque mot de l'oligarque en fuite.
 
Le piquant de la situation vient du fait que le Royaume-Uni s'est très vite convaincu de la fourberie et de la méchanceté de M. Ablyazov. En fait, tous les britanniques sont exposés au ridicule. Non seulement on les a volé et utilisé leur hospitalité à leurs dépends, mais leur justice, réputée la plus efficace au monde, a également été discréditée par une transformation de ses juridictions locales en "mouton sans défense".
 
Le procès a été tant retardé, qu'il s'est transformé en théâtre de l'absurde. Dans le cadre d'un conflit commercial, les "trésoriers" d'Ablyazov ont été reconnus coupables d'outrage à magistrat et condamné à 21 mois de prison pour Kitreotis, à 18 mois pour Cirim Shalabayev et à la peine maximale pour Ablyazov, soit 22 mois. Mais tous les trois se sont échappés, en toute sécurité. En l'apprenant, un juge leva les mains au ciel, en signe d'impuissance.
 
Bien sûr, la Haute Cour de Londres a essayé d'inclure des mécanismes répressifs. Si dans un avenir proche, M. Ablyazov ne se présente pas devant elle et n'a pas divulgué l'ensemble de ses comptes secrets à l'étranger, il sera privé de son droit à la protection judiciaire. Mais le fugitif n'avait pas pensé à revenir en arrière. Ses avocats grassement payés ont déjà envoyé en temps utile à la cour deux appels pour protester contre la détention de leur client et le déni du droit à la protection judiciaire. Cela a permis de retarder le procès de six mois.
 
En conséquence, même l'imperturbable et guindé juge de la Haute Cour s'est permis de très forte remarques sur Ablyazov.
 
«Il est difficile de s'imaginer que lors d'un différend commercial, M. Ablyazov agirait avec cynisme,  opportunisme et ingéniosité contre les ordonnances judiciaires» a dit, en particulier, le vice-président de la Cour d'appel, Maurice Kay.
 
Selon les avocats, les déclarations du tribunal du commerce n'ont pas de sens. Et, bien sûr, le résultat est naturel. La Cour d'appel a statué qu'effectivement Ablyazov s'est mis hors la Loi. Les deux appels de l'oligarque ont été refusés. Cela signifie que d'une part Ablyazov devrait aller en prison et d'autre part, qu'il perd le droit à la protection pour les huit griefs avancés par la banque, sur un montant total de plus de six milliards de dollars.
 
Curieusement, la situation a tellement enragé les membres de la justice, qu'ils ont commencé à parler d'un mécanisme plus efficace pour la mise en œuvre effective des décisions, parce que les fraudeurs du type d'Ablyazov peuvent facilement retarder les procès.
 
En bref, Ablyazov a placé ses anciens alliés, les Britanniques, sur des charbons ardents. Il reste maintenant à attendre la décision du tribunal, et quand cela sera fait et il sera forcé de rembourser ses avoirs. Certains changements sont déjà visibles. L'un des complices du fugitif Ablyazov,  Kitreotis P., a récemment été condamné à des peines de prison à Chypre. De toute la chaîne, cet homme a été l'un des éléments clés pour assurer la dissimulation et le détournement des actifs.
 
Beaucoup d'autres complices de l'oligarque sont déjà en prison au Kazakhstan.
 
Tatiana Paraskevich, associée d'Ablyazov, a été arrêté en République Tchèque. Elle était responsable de l'élaboration des schémas de flux de trésorerie, ainsi que du financement effectif du groupe criminel international.
 
Lors des perquisitions effectuées à son lieu de résidence permanente à Moscou à son lieu de résidence antérieure, les enquêteurs ont saisi un grand nombre de sceaux contrefaits d'organisations commerciales et des autorités fiscales.
 
Quatre complices impliqués dans un vol de 730 millions de dollars, sont déjà en prison, mais à Moscou. Il s'agit d'Alexander Volkov, Denis Vorotyntsev, Artem Bondarenko et Alexei Belov. Tous ont été condamnés à de longues peines de prison et à des amendes.
 
Au Kazakhstan, il ne reste plus de fidèles à Ablyazov. Un groupe de ses amis du parti non enregistré "Alga" a été condamné pour incitation à la haine sociale et provocations d'actions illégales. D'autres sont restés en liberté, mais déçu par le leader qui a perdu le combat sur toutes les positions.
 
Il apparait que l'empire souterrain du magnat Ablyazov est pratiquement détruit, presque toute l'équipe arrêtée ou en fuite, les finances sous contrôle externe et une partie de ces actifs dissimulés pourraient bientôt être saisis.
 
Le but de cette publication n'est pas de se réjouir à ce sujet. Les hommes politiques européens pourront s'en inspirer et les avocats en tirer les conclusions appropriées. La Haute Cour de Londres, à travers l'expérience Ablyazov a maintenant l'intention d'introduire des mécanismes plus efficaces pour l'exécution des décisions judiciaires.
 

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