vendredi 28 décembre 2012

Conséquences des évènements de janaozen au Kazakhstan

Le 16 décembre 2011 est la date anniversaire des événements tristement célèbres intervenus dans la ville kazakhe de Janaozen, havre de paix et de sécurité qui est devenu connu à cause d’un précédent indésirable.
 
Au sens large, l'image du Kazakhstan, qui s’est améliorée en un temps record aux yeux du monde, grâce à une politique internationale cohérente, une position claire sur la paix, les armes nucléaires et dans le domaine économique, s’était en quelque sorte altérée. Le plus désagréable dans cette situation est qu’il sera difficile de laver rapidement et complètement cette tâche que sont les évènements de "Janaozen".
 
Certaines organisations et personnalités d'aujourd'hui, oubliant qu’en général la démocratie a été gagnée au fil des siècles, n'ont pas manqué l'occasion de pointer du doigt les événements de Janaozen et de les rapprocher à la situation des pays du tiers monde.
 
En principe, il s'agit d'un phénomène normal dans la politique internationale : tout le monde devrait avoir autour de la poitrine un outil de dissuasion ou une arme pour se défendre ou attaquer. Malheureusement, les évènements de Janaozen pourraient être un instrument de négociation défavorable au Kazakhstan, pays riche en minéraux pourtant pacifique, qui a par ailleurs refusé de conserver son important et puissant arsenal nucléaire.
 
Bien sûr, le Kazakhstan aurait pu de fermer les yeux sur les observations de certaines organisations internationales relatives aux événements de Janaozen, et acquiescer.  Cependant l’ambiguïté de la situation de «l'affaire Janaozen », couplée à une volonté de ne pas prendre au sérieux les points de vue officiels des autorités kazakhes pourraient ne pas rendre service à ces organisations.
 
L’Occident civilisé ne prend malheureusement pas le temps de comprendre toutes les subtilités de l'Orient. En tant que défenseurs jaloux de la démocratie, il est cependant important de savoir faire la part des choses. Des individus ont été tués par la police, ce qui aurait du faire débat. Le public a cependant succombé à ses émotions, s’est rassemblé derrière une opinion unique et accusé les autorités kazakhes.
 
Que savons-nous au sujet des événements Janaozen? Selon des communautés et  organisations qui ont accès aux sources d’informations à propos de la tragédie du 16 décembre, et ont eu libre accès aux procès des participants aux événements de Janaozen (Amnesty International, Human Rights Watch et d'autres) :
 
  1. les autorités kazakhes ont brutalement réprimé les travailleurs du secteur pétrolier, qui ont présenté des revendications salariales justes;
  2. le tribunal aurait été trop dur à l’égard des participants des manifestations pacifiques;
  3. le tribunal est devenu un outil pour réprimer les opposants politiques du gouvernement;
  4. la peine pour les instigateurs des émeutes de Janaozen, était politisée.
Mais, dans le même temps, elles ne révèlent pas la face cachée des évènements. Donc, pour une raison ou une autre, nous ne savons pas ou oublions que les manifestants ont agi avec des méthodes criminelles: ils ont cassé et brûlé la propriété d'autrui (voitures, magasins, cafés, banques, bureaux, hôtel de ville), même si le Kazakhstan est un pays civilisé. Il faut savoir qu’au Kazakhstan, la loi protège la propriété privée, ce qui en fait le pays le plus attractif de l'ex-Union soviétique pour les investisseurs.
 
Les manifestants ont agi de façon coordonnée et soudaine. Ils étaient armés de bâtons et de cocktails Molotov, ce qui est considéré par le droit local comme un "crime prémédité en réunion» et sévèrement puni par la loi. Tous ont été reconnus coupable de trouble à l’ordre public.
 
L'enquête et le procès public auxquels étaient présentes des organisations internationales accréditées au Kazakhstan, ont permis d’établir que des militants du parti d'opposition non enregistré au Kazakhstan "Alga" étaient à l'origine des émeutes. Le parti Alga est financé à partir de l'étranger par le fugitif oligarque Ablyazov, qui est en conflit avec les lois du Kazakhstan.
 
Par ailleurs, cet homme est connu pour avoir utilisé des documents confidentiels du gouvernement du Royaume-Uni et être en fuite après que la Haute Cour de Londres l’a condamné à 22 mois de prison pour outrage au tribunal.
 
Alors, sous la direction d’Ablyazov , les cadres du parti "Alga" ont persuadé les travailleurs licenciés de manifester en masse et de s’opposer durement au pouvoir. Ensuite, cette confrontation a provoqué des émeutes, des pillages, et semé la mort. Selon l'enquête, les gens d’Ablyazov ont pris une part directe à la forte politisation du mouvement des ouvriers du pétrole et fourni le 16 décembre des vêtements chauds, de l'argent pour leurs familles, et de la vodka.
 
Selon des correspondants qui ont assisté au procès, il est devenu clair au cours du procès que des fausses informations sur le grand nombre de morts à Janaozen à été diffusé par les médias contrôlés par Ablyazov afin de provoquer une réaction parmi la population.

Selon le procureur, le parti "Alga" fait seulement semblant d’agir au nom du peuple, mais en vérité, il a incité à la haine sociale, fomenté un coup d'Etat et dépensé beaucoup d'argent pour créer un groupe criminel.
 
En Russie, une affaire pénale a jugé Ablyazov par contumace et le Kazakhstan demande son extradition sur des accusations de fraude à grande échelle et de transferts bancaires par le biais de sociétés écrans. Le montant total des fonds détournés par Ablyazov est estimé à 5 milliards de dollars. Pour cette affaire, il a été déposé neuf actions en justice.

M. Ablyazov est étroitement lié par des affaires avec Rakhat Aliyev, fameux en Europe, ayant fui à Malte, la justice kazakhstanaise et autrichienne (soupçonné et accusé de vols et de meurtre). Il est également apparenté à un autre oligarque fugitif kazakh recherché par Interpol et se cachant en Suisse, Victor Khrapunov.

Les événements de Janaozen sont liés à Ablyazov, lequel est un personnage vraiment ambigu.

Dans cette histoire, il est clair que les ouvriers du secteur pétrolier se sont rassemblés à juste titre pendant 7 mois afin de demander des augmentations de salaire. Ils n’ont pas été entendus, et ont été apparemment été instrumentalisés par des criminels.

Selon le Procureur général du Kazakhstan, les troubles sociaux ont également donné lieu à des actes illégaux des fonctionnaires des organes exécutifs locaux et des responsables des compagnies pétrolières. C'est pourquoi, à la fin du procès, le président de la région de Manguistaou et son adjoint ont été arrêtés et condamnés à des peines de prison. Un certain nombre de hauts fonctionnaires au Kazakhstan ont été licencié. Parallèlement, les meneurs qui avaient déclenché les émeutes et la police qui avait outrepassé son autorité et abattu des manifestants, ont été accusés.

Le gouvernement du Kazakhstan a tiré des leçons et des conclusions de ces évènements. Il a adopté un plan global pour s'attaquer aux problèmes de Janaozen, et consacré des ressources importantes. Seulement pour cette année il s'élève à 100 millions de dollars. La plus grande partie a été consacrée à la modernisation de l'infrastructure sociale de la ville et de la banlieue comprenant la construction d’écoles, de jardins d'enfants, d’établissements de soins, de maisons de la culture et de nouveaux logements. Ce plan se consacre également à la réparation des égouts de la ville et des systèmes de chauffage. Afin d'affirmer le soutien de l'entreprise privée, un plan spécial a été conçu pour son développement.

Enfin, il est nécessaire de faire une mise en garde : le Kazakhstan a assuré la présidence de l’OSCE et n'est pas l'Afrique. Certaines organisations internationales doivent être conscientes que l'intervention d'une décision judiciaire dans un Etat de droit est inacceptable et appeler à influencer la décision d’un tribunal sape les principes fondamentaux du droit. La Cour du Kazakhstan, comme tous les autres Etats, n’accepte pas de prendre en compte  pour base de ses prises de décisions les commentaires de certains pays ou les opinions politiques des accusés.
 

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