mercredi 27 février 2013

Parcours criminel de Jakiyanov

Ces dernières années dans le monde, non seulement le nombre de conflits locaux n'a pas diminué, mais il a augmenté. On assiste à une redistribution totale des richesses. Des pays et des nations entières sont entraînés dans un jeu de survie, dans lequel le trophée est les ressources naturelles. Ce processus est accompagné de révolutions, de guerres civiles et fini habituellement par la mise en place de gouvernements fantoches.
 
Les joueurs de ce jeu d'échec planétaire s'intéressent non seulement au Moyen-Orient mais aussi à l'Asie centrale. Si l'on considère le Kazakhstan, principal pays d'Asie centrale, on constate que ce pays est stable et dynamique. Cependant, cet Etat tombe dans la sphère d'intérêts de certaines forces qui cherchent à déstabiliser la république. Il est vrai que la tâche s'est compliquée par l'absence d'un leader charismatique dans l'opposition. Le coup est parti, mais n'a pas atteint sa cible. A la surprise générale, la population n'a pas suivi ceux qui  se disent des experts de la démocratie.
 
Le problème est que ces dirigeants ont sali leur réputation. L'un des opposants les plus éminents est Mukhtar Ablyazov, ex-ministre, ex-banquier, grand fraudeur et voleur, recherché par la police au Kazakhstan, en Russie et en Grande-Bretagne et qui a quitté la scène par les égouts.
 
Son beau-frère, Victor Khrapunov, millionnaire et ancien fonctionnaire également démocrate, ne peut pas aider Ablyazov, car ce dernier a lui-même suffisamment de problèmes à gérer. Lui et son épouse sont recherchés par Interpol, et leurs comptes bancaires suisses bloqués par le procureur de Genève pour une affaire criminelle.
 
L'équipe d'Ablyazov est tombée. L'un d'entre eux est en prison pour avoir fomenté une révolution, les autres sont en fuite. Ainsi, le camp de l'opposition au Kazakhstan est devenu orphelin. Ainsi, peut être résumé la saison politique.
 
Il est clair que le Kazakhstan, riche de tous les éléments du tableau périodique de Mandeleiev, cachés dans ses entrailles, ne restera pas sans éveiller d'attentions. Il y a déjà une recherche active de nouveaux joueurs. Les «forces démocratiques» recherchent des candidats à un rôle de leader d'opposition, et sortent de vieux personnages de vestiaires emprunts de naphtaline. Et si on surveille attentivement l'espace médiatique on peut en déduire que des forces destructrices seront mises à l'œuvre dans un avenir proche.
 
C'est le cas de Jakiyanov, qui est l'un des compagnons d'Ablyazov. Ces deux amis de l'époque ont créé un parti d'opposition au Kazakhstan, le DVK. Celui-ci ne jouissait pas d'une grande réputation auprès de la population, car il défendait les intérêts oligarchiques de l'élite des affaires. Grosso modo, cette force politique ne poursuit qu'un seul but, celui de défendre les ressources financières et matérielles considérables qui ont été affectées par l'effondrement de l'URSS.
 
Toute tentative de la justice visant à clarifier l'origine des millions volés s'est heurtée à une vive opposition. Une couleur politique a été donnée à cette affaire.
 
Jakiyanov a eu le temps de devenir le dirigeant de deux régions, Semipalatinsk et Pavlodar, et a apporté une contribution inestimable à ces régions, mais également au bien-être de sa famille ... et de ses amis. Ce fut d'abord par le moyen de cadeaux modestes. Par exemple, l'école maternelle "Kuanysh" a été vendue pour une bouchée de pain à une amie de sa femme, Jauresh Battalova.
 
Jakiyanov a créé en 1990 un groupe financier et industriel "Cémeï", qui a rassemblé un groupe d'hommes d'affaires locaux, lesquels allaient former son équipe.
 
Le jeu s'est alors répandu à grande échelle. Ainsi, en 1995, avec l'aide de Jakiyanov, les meuneries de Semipalatinsk ont été privatisées. 71,8 % sont allés à Jakiyanov, personnellement responsable de la société "Shanyrak". Parmi les actionnaires de "Shanyrak" se trouvent des proches collaborateurs de Jakiyanov, parmi lesquels on note Tolen Tokhtasynov.
 
En 1997, il a été créé la Jakiyanov Semipalatinsk City Bank, qui est entrée dans la structure du groupe «Cémeï». Cette structure a ensuite été transférée à Pavlodar et a été appelé « Jakiyanov Irtysh Business Bank ».
 
Parmi les actionnaires de la banque se trouve à nouveau  Tolen Tokhtasynov, ainsi qu'un autre personnage intéressant qui est le propriétaire de la distillerie Baysakov à Semipalatinsk.
 
Ensuite, la banque a été vendue à la société "Astana Holding" appartenant à Ablyazov et finalement pillée par le même processus que celui de la Banque BTA, mais sur une échelle plus petite.
 
En tant que gouverneur de la région de Pavlodar, Jakiyanov a pris la décision arbitraire d'obliger les grandes entreprises à transférer leurs comptes dans sa propre banque.  Plusieurs entreprises de la ville ont ensuite artificiellement fait faillite, après quoi il fut possible d'acheter pour quelques centimes, des installations valant des millions en réalité. Il est clair qu'encore une fois, tout cela était vendu à ses amis de Semipalatinsk.
 
En bref, son équipe lui était profitable. Je ne dirai pas que c'est un groupe financier et industriel, mais une véritable mafia. En outre, une mafia sanguinaire.
 
La redistribution des richesses ne s'est pas faite sans effusion de sang. Un partenaire de Jakiyanov, Esentai Baysakov, a ordonné l'assassinat de l'homme d'affaires de Pavlodar, Boris Kostanov, le roi du chlore dans cette ville.
 
Lorsque l'enquête a trouvé la trace du tueur, les gens de Jakiyanov ont crié au scandale politique.
 
A cette époque là, Tokhtasynov était sénateur et avait bien hébergé un criminel. A sa demande, et à la demande d'un certain nombre d'autres camarades, Baysakov a reçu le statut de réfugié politique en Ukraine. En conséquence, une affaire pénale pour recel de biens sociaux et association de malfaiteurs a été conduite contre Tokhtasynov. Tout cela fut clairement accompagné d'une entreprise des médias hurlant aux droits de l'homme bafoués, et Tokhtasynov a fui vers la Mongolie, pour raison de santé.
 
Il est aisé de comprendre pourquoi cette joyeuse compagnie avait besoin d'un parti. Le DVK était au service d'un mécanisme de protection et de garantie de l'immunité. Mais apparemment, les hommes politiques ont surestimé leur force. Et Ablyazov et Jakiyanov sont  allé en prison pour leur nombreux «éclats». Mais, ils n'ont pas purgé toute leur peine, les autorités les ont épargnées tous les deux. Dommage ...
 
En janvier 2006, Jakiyanov est sorti de la prison de Kushmurun,  Jakiyanov resta silencieux pendant un certain temps et s'est occupé de ses affaires. Il a eu le temps de passer ses actifs à l'étranger. En particulier, aujourd'hui Jakiyanov et Tokhtasynov s'occupent de vendre des métaux entre la Chine et la Mongolie.
 
Des informations précisent que sous leur protection il existe un trafic de métaux non ferreux dans la partie ouest du Kazakhstan. Ils vont même jusqu'à démanteler les chemins de fer et les lignes électriques. Les points de collecte de métaux non ferreux, deviennent  une menace pour la sécurité nationale. En effet, c'est un miracle si jusqu'à présent un accident de train a été évité.
 
Il faut se rappeler de l'épisode suivant  de la vie de Jakiyanov qui montre son attirance pour ce business. En 1996, Jakiyanov a démoli la statue de Lénine à Semipalatinsk. Pour l'amour de l'argent, ce fonctionnaire n'a pas hésité à transporter ces 10 tonnes de bronze en Chine.
 
Aujourd'hui le sale boulot de Jakiyanov est oublié et il est susceptible d'hériter de la bannière de la défunte opposition. Les faiseurs d'images sont compétents pour créer l'image d'un homme d'affaires prospère qui n'est pas insensible et qui à la cinquantaine, continue d'apprendre.
 
Avec son fils, il est entré à l'Institut de Technologie du Massachusetts. Il a diffusé sur internet des photos avantageuses de sa famille. En forme, Jakiyanov critique la situation économique et politique actuelle dans le pays et a déclaré son intention de revenir éventuellement à la politique.
 
Les experts font valoir que Jakiyanov et Tokhtasynov structurent leur base financière et attendent le bon moment. Mais on ne sait pas si le peuple va les suivre. S'agit-il d'une méritocratie dans son état pur? Les Kazakhstanais ne sont pas nouveaux en politique et distinguent facilement les démocrates fantoches qui sont imposés de l'extérieur et les gens qui se battent vraiment pour les intérêts du peuple.
 

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