samedi 30 mars 2013

La Corée du Nord annonce qu'elle est en état de guerre avec le Sud

La Corée du Nord a annoncé samedi qu'elle était en "état de guerre" avec le Sud et qu'elle négocierait toute question intercoréenne sur cette base.
 
"A partir de maintenant, les relations inter-coréennes sont en état de guerre et toutes les questions entre les deux Corées seront traitées selon un protocole adapté à la guerre", a déclaré la Corée du Nord dans un communiqué commun attribué à tous les corps du gouvernement et les institutions.
 

Avancées significatives sur le dossier du nucléaire iranien à Almaty

Les négociations sur le programme nucléaire iranien, qui ont eu lieu sur le territoire neutre du Kazakhstan, ont donné des premiers résultats. Pour la première fois dans l'historique de cette question, Téhéran n'a pas tardé à définir la date du prochain round de négociations. Il est important que l'initiative de se rencontrer rapidement vienne d'Iran. Et cette étape est calée, en dépit du fait qu'en juin, Téhéran attende ses élections présidentielles, ce qui aurait pu servir de couverture pour une certaine réticence à conclure des accords dans un avenir proche. Tous ces faits prouvent que l'Iran cherche à obtenir la levée des sanctions et est prête à répondre aux exigences des «six».

La présence d'uranium en Iran et des conditions associées pour son développement, ne donne pas de repos à la communauté internationale. Récemment, un groupe de scientifiques américains a publié un rapport indiquant que d'ici la mi-2014 l'Iran aura assez d'uranium enrichi pour produire une ou plusieurs bombes nucléaires.

De l'huile a également été versée sur le feu par la déclaration de l'Iran prononcée en février de cette année sur la découverte de nouveaux gisements d'uranium, qui triplent les réserves d'uranium prouvées du pays. En outre, à la mi-février, l'Iran a annoncé l'installation de centrifugeuses de nouvelle génération. Elles sont capables d'enrichir de l'uranium trois fois plus vite à un niveau approprié pour la production de bombes nucléaires.
 
À l'heure actuelle, l'Iran a déjà entièrement équipés les installations de Fordou avec de nouvelles centrifugeuses. Leur nombre devrait atteindre 2700. Jusqu'à présent, seuls 700 d'entre elles sont en activité, cependant, quand elles travailleront, l'Iran va considérablement augmenter les performances de ses installations nucléaires.
Afin de créer une arme nucléaire puissante, il est nécessaire d'enrichir l'uranium jusqu'à 93,5%. Les experts estiment qu'avec l'utilisation de centrifugeuses avancées, l'Iran peut obtenir de l'uranium enrichi à 60 pour cent pour les réacteurs nucléaires marins, et la prochaine étape sera l'uranium hautement enrichi de qualité militaire.

En réponse aux accusations de l'AIEA et de la communauté internationale, l'Iran souligne qu'il enrichit l'uranium à des fins pacifiques.
Rappelons que les trois précédents cycles de négociations des «six» avec la Russie, les Etats-Unis, la Chine, la France, le Royaume-Uni (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU), et l'Allemagne a eu lieu en 2012 à Istanbul, Bagdad et Moscou. Mais aucun grands changements ne s'était produit. L'avis des experts du monde entier est divisé en deux camps sur cette question. Si certains supposent que chaque round est complété par de petites concessions de Téhéran, d'autres sont convaincus que dans ce jeu, l'Iran achète du temps pour l'enrichissement de son uranium.

La première question a été soulevée dans le quatrième round de pourparlers à Almaty le 26 février 2013. Pourquoi ont-ils eu lieu sur le territoire du Kazakhstan , un pays qui n'est ni une partie, ni un médiateur dans cette affaire? Il existe plusieurs réponses à cette question. Il suffit de souligner que cet état a une politique assez paisible et s'engage à régler toutes les questions par des moyens pacifiques, il a la confiance de l'Iran et est géographiquement situé à proximité de ce pays.
Deuxièmement, le Kazakhstan promeut les principes de l'utilisation de l'énergie nucléaire pacifique et est activement impliqué dans divers projets internationaux sur le sujet. Le 29 août 1991 à Almaty, il a été signé un décret historique du Président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev  pour la fermeture du site d'essais nucléaires de Semipalatinsk. En outre, ce pays a non seulement refusé de conserver le quatrième arsenal nucléaire du monde, mais en même temps reconnu le droit de chaque pays à l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, mais strictement en conformité avec les dispositions et les principes de l'AIEA.
En outre, le Kazakhstan demande à être un membre non-permanent du Conseil de sécurité de l'ONU. Dans le même temps, ce pays d'Asie centrale s'est fait remarqué lors du Sommet sur la sécurité nucléaire mondiale aux États-Unis en avril 2010, avec l'idée de la création de la Banque internationale de combustible nucléaire (INFM). Il est important de noter que le Kazakhstan n'est en conflit avec aucun pays dans le monde, a une politique de paix et une doctrine militaire pacifique.
Il n'est donc pas surprenant qu'après février 2013, lorsque la Corée du Nord a mené une troisième explosion nucléaire souterraine, les autorités du Kazakhstan ont condamné cette action nord-coréenne.
Il y a neuf mois à Moscou, la partie iranienne a proposé cinq suggestions de coopération. L'objectif des négociations des "six" à Almaty était d'examiner ces propositions. Lors de la conférence de presse, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Saeed Jalili a noté avec satisfaction que les «six» sont venu discuter des propositions, en tenant compte des remarques qui ont été formalisées par l'Iran au cours des trois derniers rounds.
À leur tour, les «six» ont offert de retirer un certain nombre de sanctions contre l'Iran, en échange d'une réduction de l'enrichissement de l'uranium ayant lieu à l'usine souterraine de Fordou à un niveau de 20%. Ici, les «six» ont fait quelques concessions, alors que précédemment ils avaient  insisté sur la cessation complète de l'activité d'enrichissement dans la région. De son côté, Téhéran démontré son besoin de 20% de carburant enrichi dans le cadre de son utilisation à des fins médicales.
L'assouplissement des sanctions couvrira le commerce de l'or et autres métaux précieux. Rappelons que plus tôt, les pays de l'Union européenne ont mis en place un embargo sur les importations de pétrole iranien, qui est entré en vigueur le 1er juillet 2012. Ces actions de l'UE ont été expliquées par le fait qu'ils voulaient forcer Téhéran à abandonner ses ambitions nucléaires. Le même paquet de mesures contre l'Iran a été mené précédemment par Washington au début de la même année, avec l'introduction de sanctions visant à réduire le revenu de la république des ventes de pétrole.
Certains experts ont tendance à croire que si ces mesures devaient entraîner l'arrêt de l'économie de l'Iran, ce pays pourrait lancer une action militaire dans le détroit d'Ormuz, qui, en fait, est une artère commerciale pour les pays du Golfe et en général pour le Moyen-Orient . Il y passe près de 40% du trafic pétrolier mondial.
 
Il est important que tout de suite après l'achèvement des négociations à Almaty, Saeed Jalili ait déclaré qu'il a été convenu que les prochains rounds de négociations des parties se tiendront à Istanbul les 18 et 19 mars, puis à nouveau à Almaty les 5 et 6 avril 2013. En outre, l'initiative d'une reprise rapide des pourparlers venait d'Iran. Rappelons que les intervalles entre les négociations antérieures étaient beaucoup plus longs. Les parties n'avaient jamais programmé des réunions si rapprochées. Ceci suggère que l'Iran cherche à obtenir la levée des sanctions, et est prêt à répondre aux exigences des «six».
Selon le secrétaire d'État américain, John Kerry, la réunion au Kazakhstan était «productive». Répondant aux journalistes à Paris, il a dit que si l'Iran s'oriente vers des négociations sérieuses, elle peut conduire à une solution durable au différend sur son programme nucléaire.
Le directeur exécutif de l'Association sur le contrôle des armes Kimball Daryl est surpris que l'Iran soit prête à poursuivre les négociations malgré le fait que les élections présidentielles en Iran se tiendront en juin. "Beaucoup d'entre nous ont été surpris de constater qu'ils ont convenu d'un nouveau cycle de négociations, car il y a beaucoup de bonnes raisons politiques pour lesquelles ils pourraient tout simplement refuser de conclure un accord dans un avenir proche", a t-il dit.

Pour sa part, l'adjoint du ministre des Affaires étrangères de Chine Ma Djaosiouiv a également déclaré dans une interview avec les médias chinois, qu'après les entretiens d'Almaty, il a été fait le premier pas vers le début de véritables négociations sur le dossier nucléaire iranien, ce qui profitera à la solution de ce problème par le dialogue et les négociations.

mardi 26 mars 2013

Le Kazakhstan reçoit les négociations sur le nucléaire iranien

 

Pour la première fois depuis juin 2012, les représentants de l'Iran et les six médiateurs internationaux sur le programme nucléaire iranien (Russie, USA, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne) ont décidé d'organiser prochainement un round de négociations. Le Kazakhstan, connu pour être actif dans l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire, a été choisi pour en être la plateforme. Comme indiqué par les diplomates occidentaux, la prochaine réunion des «six» est une chance qui doit être saisie par Téhéran, afin de ne pas perdre l'opportunité pendant ces pourparlers de paix, de résoudre la question nucléaire.

Il a été convenu d'organiser un nouveau cycle de négociations lors de la 49e Conférence de sécurité de Munich, qui a été dénommé le « Davos de la Défense ». Ce surnom flatteur donné à ce forum était alors justifié. L'annonce a été faite le dernier jour de la conférence de Munich, lorsque le ministre Iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a déclaré que le prochain round de négociations des « six » sur le programme nucléaire iranien se tiendra au Kazakhstan.


Après avoir été annoncée au 4 février 2013, les «six» ont fixé la date exacte des négociations au 26 février 2013 et le lieu à Almaty.


Après une longue pause du coté iranien (avant 2012, aucune négociation n'a été menée pendant plus d'une année). L'an dernier, le nombre de réunions de négociations tenues par les «six» a été un important. Les diplomates ont tenu en 2012, trois rounds de négociations : à Istanbul (14 avril), Bagdad (23-24 mai) et Moscou (18-19 juin). Mais malheureusement, la qualité de ces conversations était médiocre et aucune réunion n'a pas permis d'avancer. Par ailleurs, après de nouvelles sanctions de l'ONU, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a gelé les négociations avec les six pays, lesquels sont préoccupés par l'utilisation pacifique de l'atome iranien et par l'Iran qui ne laisse pas travailler les inspecteurs de l'AIEA.


Même parmis les « six » il n'y a toujours pas de position commune. En règle générale, dans le processus de négociation, le point de vue de la Chine et la Russie est différent des quatre autres pays.


Rappelons qu'un certain nombre de pays européens, les Etats-Unis et Israël soupçonnent l'Iran de développer des armes nucléaires sous couvert d'un programme nucléaire pacifique. Pour leur part, les diplomates iraniens rejettent toutes ces accusations, soulignant que leur programme atomique est destiné à répondre aux besoins en électricité du pays. Un certain nombre d'États et d'organisations internationales, dont l'ONU, ont pris des sanctions contre l'Iran, appelant à la République islamique à assurer une totale transparence sur son programme nucléaire et de prouver les fins exclusivement pacifiques de celui-ci. Mais la plupart du temps, Téhéran fait obstacle au travail des représentants de l'AIEA et au processus de négociation des « six ».


Les Iraniens ont toujours une raison pour suspendre les processus relatifs au programme nucléaire iranien. « La République islamique d'Iran est bien placé pour travailler aujourd'hui dans le domaine du désarmement et de la lutte contre la prolifération des armes nucléaires, et les questions relatives à la coopération dans le domaine du désarmement et de la non-prolifération doivent être abordées. Nous nous attendons à ce que soit officiellement reconnu le droit de l'Iran à la technologie nucléaire, y compris à l'enrichissement de l'uranium, et ce droit doit être respecté », a déclaré dans une interview à RT, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Saeed Jalili, après une réunion des « six » à Moscou au mois juin dernier.


« Nous avons toujours ouvertement dit que nous sommes prêt à négocier dans un cadre stratégique établi et de continuer à coopérer et discuter de nos problèmes avec différents pays sur un éventail de questions, y compris la coopération dans le domaine nucléaire », a t-il dit, soulignant que ces négociations doivent être menées au plus haut niveau. « Les négociations devraient aller dans ce sens afin que tous les jours il y ait quelques progrès dans le domaine de la coopération que nous souhaitons mettre en œuvre dans différents domaines », a dit le représentant du Conseil suprême de la sécurité nationale d'Iran. Il a ajouté qu'au lendemain des entretiens à Bagdad, la partie iranienne a déclaré que durant le processus de négociation il est nécessaire de commencer par tenir des réunions entre les députés et les experts qui seraient chargés de formuler des questions pour les discussions du prochain round de négociations.


« Malheureusement, depuis les premiers jours de négociations, il s'est écoulé plus de deux semaines et l'autre partie n'a pas encore déclaré sa volonté de négocier entre experts et d'organiser une réunion entre députés pour préparer l'ordre du jour des négociations à Moscou », s'est plaint M. Saeed Jalili.


Tenir une assemblée des représentants des « six » dans un pays qui ne fait pas partie du processus de négociation, une fois de plus, donne un petit espoir pour infléchir le jeu complexe et dangereux de l'Iran avec la communauté internationale, qui à plusieurs reprises aurait pu conduire ce pays sur la voie de la guerre.


Par ailleurs, l'élite politique du Kazakhstan, qui est une fervente partisane du processus de désarmement nucléaire, s'est dite heureuse de fournir une plateforme et créer les meilleures conditions pour les participants de cette réunion, si importante pour la communauté mondiale. « Le fait que les participants au nouveau cycle de négociations internationales sur le programme nucléaire de l'Iran tiennent une réunion au Kazakhstan est une preuve supplémentaire de la reconnaissance des initiatives de notre pays dans le domaine de la non-prolifération et de la réduction de la menace nucléaire » a dit le président du Comité sur la non-prolifération des armes de destruction massive travaillant pour le Président du Kazakhstan, et directeur du « Centre Nazarbaïev », Mr Kanat Saudabayev.


« L'exemple du Kazakhstan, qui, grâce à sa politique de désarmement nucléaire a créé les conditions favorables d'un développement sociopolitique et socio-économique, est un autre argument en faveur de la tenue des pourparlers dans notre pays », a t-il ajouté.


S'exprimant à l'issue de la 49e Conférence de sécurité de Munich, le ministre des Affaires étrangères de l'Allemagne Gido Vestervelle, a déclaré que l'Iran pourrait perdre la possibilité de pourparlers de paix pour résoudre la question nucléaire. "L'Iran ne doit pas perdre de temps. La proposition de pourparlers a été annoncé. Toutefois, la fenêtre est en train de se fermer » dit-il, ajoutant que l'information de l'accroissement de la capacité à enrichir l'uranium sur les installations iraniennes est un « signal négatif ».


Pour ne citer que quelques exemples :


En février 2012, l'AIEA a la preuve que l'année précédente, l'Iran a triplé sa production d'uranium enrichi pouvant être utilisé pour fabriquer des armes nucléaires. Le chef de l'organisation iranienne de l'énergie Fereydun Abbasi a confirmé que les scientifiques nucléaires iraniens ont enrichi à l'usine de Natanz, de 90 à 100 kilogrammes d'uranium à un niveau de 20%.


En juin, le chef de l'AIEA, Yukio Amano, se référant à des images satellites, a exprimé le soupçon que l'installation nucléaire de Parchin a déplacé des objets destinés à «couvrir» des essais nucléaires. Officiellement, l'Occident dit qu'il est probable qu'une dizaine d'années auparavant, l'Iran ait mené des essais nucléaires à Parchin dans le but de fabriquer une bombe nucléaire. De son côté, le gouvernement iranien a rejeté toutes les allégations à cet égard, soulignant que Parchin est un complexe militaire normal.


Et le 30 août, les inspecteurs de l'ONU ont publié des informations précisant que l'Iran a doublé le nombre de centrifugeuses pour enrichir l'uranium. Les documents soumis à l'Agence internationale d'énergie atomique (AIEA) fournissent des informations sur le nombre d'équipements d'enrichissement d'uranium, qui sont situés dans le centre nucléaire iranien souterrain. Au cours de juin, juillet et août, le nombre de centrifugeuses se trouvant dans les profondeurs de la montagne, a augmenté de 1064 à 2140 unités. Les nouvelles centrifugeuses ne fonctionnent donc pas encore et à l'heure actuelle on en compte environ 700 en état de marche. Dans l'ensemble, le plan du centre est d'installer 2.800 de ces appareils.

 

Le nouveau visage de l'opposition

L’opposition kazakhe se dirige pas à pas vers une phase de confrontation d’ordre financier avec les autorités. La plupart des opposants au gouvernement actuel sont actuellement à l'étranger, préférant financer à distance les manifestations qui ont lieu dans le pays. Presque tous les leaders de l'opposition connus ont été reconnus coupables de crimes graves par la justice kazakhe (par contumace), ou font actuellement l’objet d’une enquête.

Ces dernières années, le Kazakhstan a mis en lumière un ensemble de scandales de corruption de grande envergure. Souvent, les personnes impliquées sont connues aujourd'hui comme des adversaires déclarés du gouvernement actuel. Plus précisément, la plupart du temps afin d'éviter la justice ils se considèrent comme des combattants zélés pour la démocratie au Kazakhstan. Parmi eux, certains sont condamnés à de nombreuses années d’emprisonnement pour fraude, corruption, assassinats. Ils sont d’anciens hauts fonctionnaires, des hommes d'affaires et des politiciens de toutes allégeances.

L'un des plus célèbres dans cette liste est Mukhtar Ablyazov qui est l’un des escrocs à succès les plus connus dans le monde. Il est le seul au Kazakhstan à avoir réussi à sortir de la BTA Bank, environ 6 milliards d’USD. Aujourd'hui, il est poursuivi par la justice de plusieurs pays de la CEI (BTA Bank opère en Russie, Ukraine, Géorgie…) et de la Grande-Bretagne, et se cache dans l'un des pays d'Europe.

Aujourd'hui, comme la plupart de ceux qui se cachent hors du Kazakhstan, Ablyazov se positionne comme un ardent opposant au pouvoir actuel de la République du Kazakhstan. Il ne se contente pas de donner des interviews à propos de sa propre position démocratique, il finance également la protestation sociale dans le pays. En décembre 2011, des affrontements entre des travailleurs de l’ouest du Kazakhstan et la police, ont fait des dizaines de morts parmi les civils. Cet événement a été précédé par une grève de 7 mois de plusieurs centaines de travailleurs de l'une des plus grandes compagnies pétrolières du pays, pour réclamer des augmentations de salaires et ... le changement du pouvoir.

Les négociations avec les travailleurs n’ont pas abouties. Il s'est avéré que les travailleurs ont été «alimentés» par le  « mouvement d'opposition » qui n’existait que grâce aux financements d’Ablyazov.

Après que les voies de financement des émeutes aient été découvertes (il en est de même pour les conflits de travail et les revendications politiques) aujourd'hui Ablyazov cherche de nouvelles voies de financement pour ses actions au Kazakhstan.

Apparemment, dans un avenir proche une nouvelle personnalité sera mise en avant. Il s'agit d'un associé de longue date d’Ablyazov sur la scène politique, ancien député du parlement kazakh, Tholen Tokhtasynov.

Tokhtasynov est connu au Kazakhstan comme l'un des fondateurs du mouvement "Choix Démocratique du Kazakhstan". Fondé en 2001, le CDK est devenu une sorte de "forge" des cadres de l’opposition dans le pays. Cependant, la plupart d'entre eux ont été, d'une manière ou d'une autre, impliqués dans des scandales de corruption qui ont fait grand bruit. En fait, presque tous les dirigeants de la CDK proviennent de la haute fonction publique, ou sont des représentants de grandes entreprises.

Il est intéressant de constater que pendant une phase de tumulte dans l’ « opposition », Tokhtasynov a changer le «leader». Il était d'abord connu comme un proche collaborateur d'un autre fameux opposant du pays, Galymjan Jakiyanov (condamné en 2002 à sept ans de prison pour abus de pouvoir en tant que gouverneur de l'une des régions Kazakhstan, en 2006, il jouit d’une libération conditionnelle, en 2012 il part du Kazakhstan et emménage aux États-Unis. Après sa libération, il ne s’est plus occupé de politique). Mais après l’arrestation de celui-ci, Tokhtasynov s’est placé sous l’aile du leader du CDK, Ablyazov.

En fait, Tokhtasynov est très lié à Ablyazov. Toutefois, ils s’affirment de façons très différentes dans les affaires dès le début des années 90. Élèves du même âge, leur caractère est très semblable : le principe fondamental de leur état d’esprit est que peu importe ce qu'il faut faire, l'essentiel est de contourner les lois. Dans les années 90 et au début des années 2000, il a fait des affaires avec l’alcool (un partenaire dans les affaires avec Jakiyanov), l'or, l'industrie du cuir ... Ainsi, Tokhtasynov est une personnalité très charismatique, populiste, devenu utile à Ablyazov : il l'a représenté au Parlement du Kazakhstan et exprimé ses idées dans les médias. Et bientôt, on l’a fait entré au Comité central du Parti communiste du Kazakhstan (dans le milieu des années 90, parti financé par Ablyazov), ce qui a été perçu négativement par les membres du parti. Ce changement a conduit à une scission au sein du parti en deux camps distincts, ce qui a grandement miné la crédibilité des communistes et les investissements d’Ablyazov au sein du PCC ont perdu leur valeur ainsi que leur force politique.

Cependant, Tokhtasynov n’a pas réussi à garder longtemps une image d’ « homme d'affaires honnête se souciant de la démocratie ». En 2008, le Kazakhstan a ouvert une enquête criminelle sur les "frères Baysakov" accusés du meurtre d'un homme d’affaires. La version du jugement est que l'ex-député s’était chargé de couvrir le crime. Après un tel ensemble de circonstances Tokhtasynov, sans trop réfléchir a suivi le chemin de tous les autres membres de l’opposition kazakhe et a fuit le pays. Contrairement à ses collègues, il n'est pas parti en Europe, mais en Mongolie.

Comme il l'a déclaré dans une interview six mois après sa fuite, il est allé en Mongolie "pour des raisons purement personnelles, afin d’améliorer sa santé ... et être traité par une médecine traditionnelle. Mais, apparemment, la santé de l’ancien parlementaire fugitif est vraiment triste car cinq ans plus tard, Tokhtasynov n’est pas pressé de rentrer chez lui.

Mais, en même temps et jusqu'à récemment, il était en contacts étroit avec le reste des partisans d’Ablyazov, dont le leader récemment condamné du mouvement d'opposition "Alga", Vladimir Kozlov (il a été accusé d'implication dans fomentation de la discorde sociale de Décembre 2011 dans l'ouest du Kazakhstan). Il est resté dans l’ombre, ce qui toutefois, n'exclut pas la possibilité de son retour sur la scène politique. Il est possible qu'il soit dans un avenir très proche, l'acteur principal du transfert de l'argent d’Ablyazov au Kazakhstan.

Par ailleurs, ces dernières années, Tokhtasynov a soutenu (quoique de façon non officielle) l’un des immigrants kazakhs les plus célèbres, l'ancien Premier ministre du Kazakhstan Akejan Kajegeldin. En son temps, il fut le principal bailleur de l'opposition kazakhe. Aujourd'hui il est connu pour ses tentatives (infructueuses) visant à combiner l'opposition au pouvoir actuel. Cependant, il faut tenir compte de la quantité de hauts fonctionnaires kazakhstanais qui s’accumule en Europe, accusés de corruption ou de fraude qui se déclare dans l’«opposition». La plupart d'entre eux sont disposés à allouer une partie des fonds provenant du Kazakhstan pour contrer la campagne présidentielle de clôturer leurs dossiers relatifs à leurs affaires criminelles. Dans ces circonstances, le projet de Kajegeldin d’initier une « opposition kazakhe unique » peut réussir. Tokhtasynov pourrait bien être de retour au Kazakhstan, pour être un émissaire de la nouvelle force d’opposition. Heureusement, l’année dernière, il ne s'est pas montré avec les célèbres escrocs kazakhs, de sorte qu'il peut devenir le "nouveau visage de l'opposition" pour la conscience publique.

 

lundi 25 mars 2013

Israël et la Turquie poussés à se réconcilier à cause de la Syrie

La crise syrienne a poussé Israël et la Turquie à mettre fin à leur dispute, avec un coup de pouce du président américain Barack Obama, mais le retour à une pleine confiance entre les deux anciens alliés régionaux prendra du temps, estiment les commentateurs.

Dans un geste spectaculaire, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté vendredi ses excuses à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour la mort de neuf Turcs dans l'arraisonnement d'une flottille pour Gaza en 2010, alors que M. Obama s'apprêtait de quitter Israël pour Amman.

Le raid des commandos israéliens contre le ferry turc Mavi Marmara avait provoqué une quasi-rupture des relations turco-israéliennes.

Le fait qu'en Syrie la situation empire d'une minute à l'autre a été un facteur crucial pour moi", confesse dimanche Benjamin Netanyahu sur sa page Facebook, qui craint que l'arsenal d'armes chimiques du régime de Bachar al-Assad ne tombe entre les mains des extrémistes.

Il est important que la Turquie et Israël, des pays limitrophes de la Syrie, puissent se parler. Cela est aussi souhaitable pour d'autres défis régionaux", a-t-il ajouté en référence au programme nucléaire iranien.

Lors d'une visite en Jordanie, le nouveau secrétaire d'Etat américain John Kerry a insisté samedi sur l'importance de la réconciliation israélo-turque dans une région secouée par des révolutions, car elle "contribuera aux progrès de la paix et de la stabilité dans la région".

Selon le quotidien populaire israélien Yédiot Aharonot, c'est surtout la guerre civile en Syrie qui a motivé M. Erdogan à régler le contentieux avec Israël. "Erdogan a assoupli ses positions, pas à cause de Kerry mais à cause d'Assad", estime son éditorialiste Nahum Barnea.

Les trois pays (Israël, Turquie, Etats-Unis) sont très inquiets de la possibilité que des armes syriennes sophistiquées --surtout des armes chimiques-- ne tombent aux mains du (mouvement chiite libanais) Hezbollah et de groupes jihadistes", ajoute-t-il.

Une crainte partagée par les dirigeants israéliens.

Entre nous et la Turquie se trouve un pays en pleine désintégration, disposant d'armes chimiques, qui ont déjà été utilisées et qui pourraient être disséminées dans toute la région", a dit le conseiller pour la Sécurité nationale, Yaakov Amidror, interrogé à la télévision.

Meilleure sera la coordination entre les Turcs et nous, plus facile il sera de faire face au problème qui risque de nous exploser à la figure à tout instant", a-t-il argué.

M. Amidror a nié que la réconciliation ait été le résultat de la pression américaine, assurant qu'il s'agissait d'une idée israélienne et que les discussions avec la Turquie étaient engagées "depuis longtemps".

Mais la plupart des commentateurs soulignent qu'après le retour des ambassadeurs des deux pays dans leurs représentations respectives et le paiement par Israël des indemnités aux familles des victimes turques, le rétablissement de la confiance prendra du temps.

L'arrière-goût amer de cette affaire ne va pas disparaître du jour au lendemain", estime le quotidien Haaretz (gauche).

Ce n'est pas une histoire d'amour maintenant entre la Turquie et Israël", renchérit l'expert diplomatique du Yédiot Aharonot, Alex Fishman: "Ce sont les intérêts qui parleront. Si un dialogue stratégique commence entre la Turquie et Israël et que les positions des deux pays sont coordonnées cela suffira".

En attendant, M. Erdogan a annoncé samedi qu'il envisageait d'ici fin avril une visite à Gaza et en Cisjordanie. A Gaza, le mouvement radical palestinien Jihad islamique, très proche de l'Iran, a déploré "une victoire imaginaire pour Turquie" et dénoncé les excuses "empoisonnées" d'Israël.

Le 24/03/2013 sur www.lepoint.fr

jeudi 21 mars 2013

La Corée du Nord en état de guerre


Des navires de guerre américains ont pris place au large des cotes sud-coréennes. Photo : SIPA

Après avoir proféré de nouvelles menaces de frappes nucléaires à l'encontre des Etats-Unis, la Corée du Nord a placé sa population et son armée en alerte ce jeudi. Entre Pyongyang et Washington, la tension est à son comble.

"Si l'ennemi nous menace avec des armes nucléaires, nous répondrons par des attaques nucléaires plus puissantes encore". L'escalade de la menace n'en finit pas entre les Etats-Unis et la Corée du Nord. Jeudi, la tension est encore montée d'un cran, lorsque Pyongyang a menacé de frapper les bases militaires américaines au Japon et à Guam, dans le Pacifique. Une riposte aux vols d'entraînement des bombardiers américains B-52 au-dessus de la Corée du Sud, qui ont débuté en début de semaine. Ces vols d'entraînement ne sont pas nouveaux. Mais cette fois, le Pentagone s'est bien évertué à préciser que le B52 était capable d'emporter des bombes guidées de précision, conventionnelles ou nucléaires.

Pyongyang a immédiatement prévenu : la riposte sera "vigoureuse" si ces vols se poursuivent. Ce jeudi, la menace se fait plus précise : "Les Etats-Unis ne devraient pas oublier que la base Anderson Airbase à Guam, d'où décollent les B-52, de même que les bases navales sur l'île principale du Japon et sur Okinawa, sont toutes à portée" de nos frappes, a déclaré le commandement suprême de l'armée nord-coréenne.

Des troupes mobilisées

Des deux côtés du Pacifique, les troupes sont mobilisées : 10.000 soldats Sud-Coréens et 3.500 Américains participent aux manœuvres. Mais en Corée du Nord, où l'on considère qu'il s'agit d'une répétition générale pour envahir son territoire, c'est tout le pays qui a été placé sous alerte jeudi, selon le ministère de l'Unification. L'alerte a été transmise à la population via la radio.

La tension maximale est atteinte depuis le tir réussi, en décembre 2012, d'une fusée nord-coréenne, considérée par Séoul et ses alliés comme un missile balistique, suivi d'un troisième essai nucléaire en février. De nouvelles sanctions, votées par le Conseil de sécurité de l'ONU à l'encontre de Pyongyang, n'y ont rien changé.

Bien au contraire. La Corée du Nord a depuis, à plusieurs reprises, brandi la menace d'une "guerre thermonucléaire" et de "frappes nucléaires préventives". Des avertissements qui, pour de nombreux experts, pourraient néanmoins ne jamais être mis à exécution. Toujours est-il que le conflit prend des allures de guerre froide. Face aux tentatives d'intimidation de Pyongyang, Washington a annoncé un renforcement de sa défense antimissile en déployant 14 intercepteurs supplémentaires sur la côte Ouest.

Sur www.metrofrance.com le 21/03/2013

Solaire : la crise fait vaciller les industriels chinois

 
Tout un symbole. Suntech, ex-star de l'industrie solaire chinoise, s'est déclarée ce mercredi en dépôt de bilan partiel. Alors que la société est plombée par une dette de 2 milliards de dollars, huit banques ont demandé le placement en redressement judiciaire de sa principale filiale de production en Chine, Wuxi Suntech. Le tribunal se prononcera dans les jours qui viennent. Le groupe, qui employait 17.700 personnes fin 2011, n'échappera sans doute pas à une profonde restructuration.
 
Le coup est rude pour la société fondée en 2001 par le charismatique Shi Zhengrong, devenu l'un des hommes les plus riches de Chine après l'introduction en Bourse de la société à New York en 2005. Premier producteur de panneaux solaire de la planète, Suntech a affiché des pertes de 1 milliard de dollars en 2011, pour un chiffre d'affaires de 3,1 milliards. Et Shi Zhengrong a fini par être remercié.
 
La fin d'une époque
 
C'est vraiment la fin d'une époque », a commenté Jenny Chase, analyste chez Bloomberg Energy Finance. Comme tous les acteurs du solaire dans le monde, Suntech a souffert des surcapacités de production du secteur, qui ont provoqué un effondrement des prix des panneaux photovoltaïques : ils ont fondu des trois quarts depuis 2008. L'industrie allemande, autrefois en pointe, a été touchée de plein fouet. Le fleuron Q-Cells a été racheté par le coréen Hanwha en août dernier. Solon et Sovello ont aussi déposé leur bilan.
 
Les industriels chinois n'ont pas été épargnés. Mais pour le moment, la consolidation du secteur n'avait touché que des acteurs de petite taille. Les autres ont bénéficié d'un large soutien public, par le biais de prêts bancaires. Au point qu'en quelques année, les Suntech, Trina Solar et autres Yingli ont acquis une position dominante dans le secteur. Selon Bloomerg New Energy Finance, quatre des six premiers producteurs mondiaux sont chinois. GTM Research estime que les firmes du pays assurent 65 % de la production mondiale.
 
A cet égard, la défaillance de Suntech pourrait marquer un point de rupture. « Elle montre que le gouvernement central ne veut plus soutenir n'importe quel producteur dans n'importe quelles conditions », souligne Stefan de Haan, analyste chez IHS. « La consolidation pourrait donc continuer à frapper le marché chinois, où les fournisseurs sont encore des centaines. » Le gouvernement avait clairement donné dès décembre des indications en ce sens .
 
L'analyste souligne que les gouvernements locaux, soucieux de maintenir l'emploi, auront probablement des intérêts divergents. « Dans le cas de Suntech, le gouvernement de Wuxi pourrait soutenir la société », dit-il. Mais l'industrie chinoise va aussi souffrir de la guerre commerciale menée par les occidentaux. Washington a mis en place des droits de douane sur les panneaux chinois. Et l'Europe, qui a ouvert des enquêtes sur un possible dumping chinois, vient d'instaurer un décompte des panneaux importés de Chine.
 
Par Anne Feltz sur www.lesechos.fr le 20/03/2013

jeudi 14 mars 2013

CORÉE DU NORD • S’ils veulent la guerre, ils l’auront

 
Un quotidien officiel nord-coréen s'insurge contre les sanctions votées par l'ONU et dénonce les manigances américaines. Pour lui, pas d'ambiguité, la guerre est déclarée.
 
Il y a quelques jours, les Etats-Unis, dénonçant notre essai nucléaire d'autodéfense [du 12 février dernier] ont concocté une nouvelle résolution portant sur des sanctions au Conseil de Sécurité des Nations unies (voir l'encadré ci-dessous). Manipulant ce dernier comme leur marionnette, les Etats-Unis ont inventé la deuxième résolution de ce type cette année, la cinquième en huit ans. La nouvelle résolution du Conseil de sécurité, sous la férule de Washington, trahit sa nature scélérate en présentant la mise en œuvre de sanctions contre la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comme un devoir, internationalisant cette mesure plus que jamais encore auparavant.

Cette sanction collective constitue très exactement une déclaration et un acte de guerre contre la RPDC. Sous le couvert du Conseil de sécurité, les Etats-Unis cherchent à atteindre leurs objectifs agressifs contre la RPDC en menaçant son droit à l'existence ainsi que sa souveraineté. C'est un acte criminel, anti-éthique, pour ne pas dire un acte de guerre. Plus grave encore, les Etats-Unis ont conçu la résolution sur les sanctions pour qu'elle coïncide avec les manœuvres militaires conjointes [menées chaque année de concert par Washington et Séoul] "Key Resolve" et "Foal Eagle".

Ce tapage collectif sur les sanctions orchestré par les Etats-Unis a pour but de provoquer la guerre afin d'étouffer la RPDC. Par le biais de telles sanctions, les Etats-Unis complotent pour envahir la RPDC comme ils l'ont fait avec l'Irak. D'après un communiqué d'un porte-parole du Commandement suprême de l'Armée populaire de Corée, l'accord d'armistice coréen [signé en 1953 ; il avait mis fin à la guerre de Corée] est considéré comme nul et non avenu à partir du lundi 11 mars. L'armée et le peuple de la RPDC se dressent à l'unisson pour lutter contre les sanctions collectives pilotées par les Etats-Unis et leurs manœuvres destinées à provoquer une guerre d'agression. Si les Etats-Unis s'imaginent qu'ils peuvent transformer la RPDC en Irak, c'est une fatale erreur de calcul. Le monde verra alors comment notre armée et notre peuple font voler en éclats les sanctions collectives manigancées par les Etats-Unis et l'agitation guerrière, et défendent leur dignité, et leur statut de puissance nucléaire lanceuse de satellites. Ce ne sont pas de vaines paroles.
 
Par Rodong Sinmun, le 11/03/2013 sur www.courrierinternational.com

Paris et Londres veulent livrer des armes aux rebelles syriens

Après le Britannique David Cameron, Laurent Fabius a marqué la volonté de la France d'enfreindre, s'il le faut, l'embargo de l'Union européenne sur la livraison d'armes à destination de l'opposition syrienne.

En lever de rideau du sommet européen, la France tord le bras à ses partenaires. Paris s'est aligné jeudi matin sur Londres pour demander la livraison rapide d'armes de guerre aux rebelles syriens, en passant outre l'embargo maintenu par l'Union européenne et malgré l'opposition résolue de l'Allemagne.

 

C'est Laurent Fabius qui a consacré le changement de cap, prenant le soin d'ajouter que c'est désormais la position du chef de l'État: Paris «demande aux Européens de lever maintenant l'embargo» sur les armes à destination de la Syrie. Si ce n'est pas possible la France, «nation souveraine», pourrait enfreindre l'interdit, ajoute-t-il. Dès mardi, le premier ministre britannique David Cameron avait annoncé fait qu'il entend agir «comme bon (lui) semble» pour livrer des armes à la révolte syrienne.

L'objectif des deux pays pourrait être de livrer des missiles sol-air aux rebelles syriens, désarmés face aux bombardiers et aux hélicoptères d'attaque de Bachar el-Assad. Dans une récente interview au Figaro , le général Salim Idriss, nouveau chef de l'Armée syrienne libre, réclamait aussi des armes antichars ainsi que des munitions pour les pièces d'artillerie prises à l'ennemi.

«Il faut aller extrêmement vite»

La France et le Royaume-Uni s'agacent de l'inertie européenne face à l'aggravation du conflit syrien et de l'entêtement du régime el-Assad, soutenu par Moscou et Téhéran, à refuser toute solution politique. À l'échelon européen, l'embargo ne peut être levé qu'à l'unanimité, à moins d'attendre qu'il ne s'éteigne de lui-même à la fin mai. Paris et Londres semblent bien plus pressés.

Faisant monter la pression, Laurent Fabius dit attendre une réponse de ses partenaires avant la fin mars. «Il faut aller extrêmement vite (…) On ne peut pas accepter ce déséquilibre actuel avec d'un côté l'Iran et la Russie qui livrent des armes à Bachar et de l'autre, des résistants qui ne peuvent pas se défendre.». Livrer des armes, explique-t-il sur France Info, c'est aussi «l'un des seuls moyens qui reste pour faire bouger politiquement» le régime de Damas.

Entre Européens, la discussion pourrait atteindre son moment de vérité à la fin de la semaine prochaine, lors d'un rendez-vous informel des chefs de la diplomatie à Dublin. L'alternative offerte par Paris et Londres est simple: soit lever l'embargo, peut-être à contrecœur, soit le voir ouvertement torpillé par les deux pays de l'UE qui pèsent le plus lourd en politique étrangère.

Berlin en situation inconfortable

Dans un geste sans doute calculé, Paris place aussi Berlin en situation inconfortable à quelques heures d'un sommet européen en principe voué à l'économie: sur la Syrie, le rendez-vous de Bruxelles pourrait se jouer à front renversé, une alliance inédite entre François Hollande et David Cameron, face à Angela Merkel.

L'Allemagne défend à tout crin les vertus de l'embargo. Sentant peut-être le coup venir, le chef de la diplomatie, Guido Westerwelle, ne cesse de mettre en garde contre les risques d'une «course à l'armement» en Syrie qui, dit-il, pourrait déboucher sur un conflit embrasant «toute la région». À Bruxelles, les dirigeants européens pourront difficilement échapper à une franche explication sur le sujet, d'autant que les relations «stratégiques» avec la Russie sont officiellement le deuxième chapitre du sommet.

Par Jean-Jacques Mevel le 14/03/2013 sur www.lefigaro.fr

mercredi 13 mars 2013

Tout l'or part en Chine...

"L'or des banques centrales n'existe vraisemblablement plus et les bullion banks (les banques détentrices de lingots) qui l'ont vendu n'ont raisonnablement aucune chance de le récupérer", observe Eric Sprott.

Il ajoute que ces banques intermédiaires sont probablement en train de vendre leur or à la Chine.

Nos spécialistes parlent depuis longtemps de la mainmise actuelle de la Chine sur l'or -- qui remonte au 24 avril 2009, lorsque la Banque populaire de Chine a annoncé que ses réserves d'or s'élevaient à 1 054 tonnes -- elles étaient de 600 en 2003. C'est le dernier communiqué officiel.

Il faut aussi tenir compte de la demande du secteur privé en Chine. Le gouvernement est tout aussi opaque à ce sujet. Mais nous obtenons régulièrement des chiffres sur les importations chinoises via Hong Kong. L'année dernière, elles se sont élevées au chiffre ahurissant de 834,5 tonnes. Ceci, ne l'oublions pas, dans un marché qui ne produit que 3 700 tonnes par an !

Si l'on additionne ce chiffre des importations avec la production minière chinoise, la somme totale d'or que l'on sait se trouver en Chine a doublé en seulement trois ans.

Et puis il y a les nombreuses déclarations du gouvernement chinois qu'il vaut mieux prendre pour argent comptant...

Les réserves d'or chinoises sont "trop faibles", selon le service des affaires économiques mondiales du Ministère.

"Aucun actif n'est sûr aujourd'hui", affirme le directeur du Bureau des études de la Banque populaire de Chine. "Le seul moyen de se protéger contre le risque est de détenir de l'or".

Et peut-être le plus révélateur : "les Etats-Unis et l'Europe ont toujours réprimé la hausse du prix de l'or", selon un commentaire publié dans le journal Shijie Xinwenbao, et dont certains diplomates américains ont pris bonne note selon des sources révélées par WikiLeaks.

Faisant écho à un sujet que nous avions déjà abordé il y a quelques années dans notre ouvrage Le déclin du dollar, l'article continue : "réprimer le prix de l'or est très bénéfique pour les Etats-Unis pour maintenir le rôle de monnaie de réserve internationale du dollar américain. L'augmentation des réserves d'or de la Chine agiront donc comme un modèle et conduiront les autres pays à augmenter leurs réserves d'or. De grandes réserves d'or sont également bénéfiques pour promouvoir l'internationalisation du renminbi".

L'affaire se corse : "en 2009", observe Byron King, rédacteur de la lettre Outstanding Investments, "un haut conseiller d'Etat a laissé échapper qu'un groupe d'étude gouvernemental spécial a conseillé d'augmenter les réserves en or de la Chine pour atteindre le volume exorbitant de 10 000 tonnes". En outre, "il apparaît déjà dans les journaux chinois que le gouvernement a l'intention de rendre le renminbi 'entièrement convertible' d'ici 2015" -- c'est-à-dire qu'il puisse être librement échangé contre d'autres devises.

Si l'on réunit tous ces éléments, l'évidence saute aux yeux : la Chine a pour objectif de multiplier ses réserves d'or par 10 pour soutenir la crédibilité du renminbi d'ici seulement deux ans.

Par Addison Wiggins le 13/03/2013 sur www.agorafinancial.com

Pyongyang rompt l'armistice avec Séoul

La Corée du Nord a déclaré nul et non avenu l'armistice signé en 1953, qui a mis fin à trois années de guerre avec la Corée du Sud, rapporte mercredi l'agence sud-coréenne Yonhap, se référant à une déclaration du ministère nord-coréen des Forces armées.

Le ministère a confirmé les informations précédentes sur le retrait de Pyongyang de l'accord de non-agression avec Séoul et a recommandé aux "fauteurs de guerre" sud-coréens et américains de tenir compte du fait qu'après avoir dénoncé l'armistice conclu à l'issue de la guerre de Corée (1950-1953), la Corée du Nord "n'avait plus aucun engagement". 

Pyongyang souligne qu'il se propose de développer ses armements nucléaires, qui lui permettront de résister à la pression de la part des Etats-Unis et d'autres puissances mondiales.

Sur http://fr.rian.ru le 13/03/2013

Les racines et les pièges du virage américain vers l'Asie

Le président Obama a décidé un mouvement de bascule vers l'Asie-Pacifique. Mais ce « pivot » se heurte aujourd'hui à de complexes considérations budgétaires et géostratégiques.

Le constat a l'apparence de la simplicité : le centre de gravité de la politique étrangère des Etats-Unis, de leur sécurité nationale et de leurs intérêts économiques bascule vers l'Asie. Un mouvement «  pivot », selon la terminologie officielle, qui devait, aux yeux du président Barack Obama, s'accompagner d'une modification de la stratégie de l'Amérique, laquelle se considère depuis longtemps comme une puissance du Pacifique tournée vers l'Asie.

 

Le virage vers l'Asie se justifie d'autant plus que l'Amérique perçoit une montée de la puissance militaire et de l'agressivité de Pékin à l'égard de ses alliés traditionnels en mer de Chine méridionale et orientale. Une Chine qui, en augmentant régulièrement son budget militaire de plus de 10 % par an depuis deux décennies (10,7 % prévu pour 2013), peut un jour devenir un inquiétant rival. Sans oublier la menace que fait peser la Corée du Nord sur la Corée du Sud.

Le « pivot » est aujourd'hui facilité par deux éléments de nature différente, qui doivent permettre aux Etats-Unis d'alléger leur présence dans ce que George W. Bush avait appelé le « Grand Moyen-Orient », cette zone allant du Maghreb jusqu'à l'Afghanistan-Pakistan. Tout d'abord, l'armée américaine a pu effectuer son retrait d'Irak en décembre 2011 et se prépare à faire de même, d'ici à la fin de 2014, en Afghanistan. De plus, l'Amérique entrevoit la perspective d'une réduction de sa dépendance énergétique à l'égard des importations pétrolières du Moyen-Orient grâce au gaz de schiste. La fin de la guerre froide a permis en outre un désengagement progressif en Europe. Un mouvement qui devrait se poursuivre avec une diminution supplémentaire des troupes basées en Allemagne.

Le « pivot » s'appuie ainsi sur deux grands axes. D'une part, l'Amérique d'Obama souhaite parvenir à une meilleure intégration économique et commerciale avec l'Asie en participant notamment pour la première fois aux « sommets de l'Asie orientale » et en proclamant sa volonté de négocier un accord de libre-échange au sein du Partenariat économique transpacifique (TPP).

D'autre part, cet engagement vers l'Asie-Pacifique s'accompagne d'un mouvement de repositionnement militaire. Comme en témoigne l'annonce de l'envoi progressif depuis avril 2012 de 2.500 Marines en Australie sur la nouvelle base de Darwin. L'Amérique a également resserré ses liens avec Singapour grâce au stationnement de navires de combat en zone littorale, et avec les Philippines en y positionnant des avions de surveillance et en effectuant des rotations de troupes plus fréquentes. L'objectif est ainsi de parvenir à une plus grande flexibilité des rotations militaires dans la région en se reposant moins sur les bases militaires américaines permanentes au Japon et en Corée du Sud. D'après le Service de recherche du Congrès (CRS), quelque 4.500 soldats américains du Japon pourraient être ainsi envoyés à Guam, qui en accueille déjà autant.

Autre élément : en dépit des coupes prévues dans son budget militaire, l'Amérique souhaite maintenir les crédits pour sa marine de guerre, au détriment des autres corps de l'armée.

Pourtant, aussi simple qu'il paraît, cet ajustement stratégique pourrait aller contre l'objectif recherché : celui de mieux stabiliser et intégrer la région Asie-Pacifique avec l'Amérique, et de rassurer ses alliés asiatiques, en premier lieu le Japon. Car la Chine se considère toujours inférieure et pourrait prendre ombrage du renforcement de la présence américaine. Face aux 11 porte-avions américains, la Chine a lancé en 2011 son premier porte-avions, un bâtiment relativement petit acheté à la Russie et rénové. Plutôt que de contribuer à une détente, d'après des analystes, le pivot risque au contraire de pousser les autorités militaires chinoises à durcir le ton. Pékin parle désormais d'un retour à une « mentalité de guerre froide ».

Dans un article intitulé « Le problème avec le pivot » et publié dans « Foreign Affairs », Robert Ross, professeur à Harvard, souligne que « la nouvelle politique américaine a inutilement aggravé le sentiment d'insécurité et ne peut que nourrir l'agressivité de la Chine. Elle risque de saper la stabilité régionale et ne peut que réduire les possibilités de coopération entre Washington et Pékin ». Cette politique est fondée « sur une erreur de jugement » : le durcissement diplomatique de Pékin ne vient pas d'une trop grande confiance mais plutôt d'un sentiment d'insécurité après plusieurs années de crise financière et de troubles sociaux.

La question est aussi de savoir si l'Amérique a aujourd'hui les moyens budgétaires de ses ambitions asiatiques. D'après la firme de renseignement Stratfor, les coupes automatiques, appliquées depuis la semaine dernière, réduiront le budget militaire d'au moins 8 %, soit 500 milliards de dollars sur dix ans, répartis sur tous les corps de l'armée. De plus, l'indépendance énergétique à l'égard du Moyen-Orient est encore une perspective lointaine. En outre, à la différence d'Hillary Clinton, son successeur, John F. Kerry, a effectué sa première tournée officielle de secrétaire d'Etat en Europe et au Moyen-Orient, et non pas en Asie. Signe que Washington n'a pas encore tourné le dos à ses « vieux » alliés. Certes, il n'y aura pas de marche en arrière tant le mouvement vers l'Asie est enclenché depuis longtemps. Mais le balancier ouest-est des Etats-Unis est loin de s'être stabilisé.

Par Jacques Hubert-Rodier le 13/03/2013 sur www.lesechos.fr

Corée du Nord : de nombreuses sorties d'avions de chasse, tension très vive

Que va-t-il se passer en Corée ? Va-t-on vers une guerre entre le Nord et le Sud ? S'il y a conflit, peut-il dégénérer et prendre une dimension internationale ? Toutes ces questions se posent. L'inquiétude grandit dans cette partie du globe. Car les signes avant-coureurs d'une guerre sont bel et bien perceptibles. La preuve. Des avions de chasse de Corée du Nord ont effectué ces derniers jours un nombre "sans précédent" de sorties, en réponse probable aux manoeuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes dans le sud de la péninsule.

Les vols effectués au Nord par des avions de combat et des hélicoptères militaires ont totalisé 700 lundi, premier jour des manoeuvres conjointes au Sud. Le ministère sud-coréen de la Défense a refusé de confirmer ces informations mais a répété que Pyongyang effectuait des exercices importants sur l'ensemble du territoire nord-coréen. Les manoeuvres Séoul-Washington sont en grande partie virtuelles mais n'en mobilisent pas moins des milliers de soldats, 10 000 Sud-Coréens et 3 500 Américains.

Les Etats-Unis, alliés de Séoul, comptent 28 500 soldats stationnés dans le sud de la péninsule. Séoul a par ailleurs indiqué mercredi que le téléphone rouge entre les forces armées des deux frères ennemis continuait de fonctionner. La ligne d'urgence entre les deux gouvernements a, elle, été coupée lundi, Pyongyang ne prenant plus les appels de Séoul.

Sur www.atlantico.fr le 13/03/2013

Les Etats-Unis menacent le Pakistan de sanctions s'il ne renonce pas à son projet de gazoduc avec l'Iran

 

Le département d'état des Etats-Unis a menacé Islamabad de sanctions si le pays persiste à construire un gazoduc de plusieurs milliers de milliards de dollars en collaboration avec l'Iran.

"Il y a fort à craindre que, si le projet suit son cours, nous soyons obligés de faire jouer le Iran Sanctions Act," a annoncé la porte-parole du département de la secrétaire d'état, Victoria Nuland, lundi.

"Nous avons clairement fait part de nos inquiétudes aux Pakistanais," a ajouté Nuland.

Le Iran Sanctions Act de 1996 permet aux Etats-Unis de bloquer les importations de n'importe quelle firme non étasunienne qui investirait plus de 20 millions par an dans le secteur du pétrole et du gaz iranien.

Nuland a dit que les Etats-Unis "soutenaient au Pakistan des projets énergétiques d'envergure qui permettraient d'augmenter de 900 megawatts la puissance du réseau électrique avant la fin de 2013."

Les menaces ont été formulées le jour de l'inauguration de la dernière étape de la construction du pipeline Iran-Pakistan d'une valeur de plusieurs milliers de milliards de dollars qui doit transporter du gaz naturel d'Iran vers son voisin oriental.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue pakistanais Asif Ali Zardari participaient lundi à la cérémonie qui s'est déroulée à la frontière irano-pakistanaise.

Le gazoduc a pour but d'aider le Pakistan à répondre à des besoins croissants d'énergie dans un moment où ce pays de 180 millions d'habitants doit faire face à de sérieux problèmes de manque d'énergie.

Par ailleurs le ministre du pétrole iranien Javad Owji a dit lundi que le Pakistan avait demandé à l'Iran de lui vendre davantage de gaz naturel, c'est à dire 30 millions de mètres cubes par jour au lieu des 21,5 millions précédents.

Owji a ajouté que l'Iran avait déjà dépensé 2000 milliards de dollars pour construire la partie du gazoduc qui se trouve du côté iranien de la frontière et que la section pakistanaise coûterait 3000 milliards de dollars.

Le 2 mars, Zardari a dit que Islamabad ne renoncerait au projet de pipeline à aucun prix.

Le président pakistanais a souligné que son gouvernement poursuivrait la construction du pipeline de gaz en dépit des menaces et des pressions étasuniennes.

Sur cette photo des techniciens sont en train de souder l'extrémité iranienne du pipeline de gaz Iran-Pakistan à la partie pakistanaise au cours de la cérémonie d'inauguration de la dernière étape du projet, le 11 mars 2013.

Sur www.mondialisation.ca le 12/03/2013, traduit par Dominique Muselet

Article original: suivre ce lien.

 

mardi 12 mars 2013

Pyongyang n'utilisera l'arme nucléaire que s'il sent sa survie menacée

Le régime nord-coréen n'utilisera l'arme nucléaire que s'il sent que sa survie est menacée, mais les Etats-Unis restent incertains sur ce qui pourrait déclencher une telle réaction de Pyongyang, a indiqué mardi le directeur du renseignement national américain.

Nous estimons, avec un degré de confiance assez faible, que le Nord n'essaierait d'utiliser des armes nucléaires contre les forces américaines ou ses alliés que pour préserver le régime de Kim Jong-Un, a déclaré James Clapper, dans un rapport annuel au Congrès sur les menaces à la sécurité.

Mais nous ne savons pas ce qui constituerait, pour le régime nord-coréen, le franchissement de cette ligne, a-t-il ajouté.

Le renseignement a depuis longtemps déterminé que, du point de vue de Pyongyang, ses capacités nucléaires sont destinées à la dissuasion, au prestige international et à la diplomatie par la force, souligne le rapport.

Mais les Etats-Unis continuent à avoir des difficultés à discerner les calculs du régime nord-coréen concernant son armement nucléaire. Nous ne connaissons pas la doctrine nucléaire de Pyongyang ni dans quelles conditions il compte employer l'arme nucléaire, reconnaît le document.

Mardi, la presse officielle nord-coréenne a rapporté que le dirigeant Kim Jong-Un avait désigné une petite île sud-coréenne, proche de la frontière maritime entre le Sud et le Nord, comme première cible en cas de conflit, alors que la tension reste très vive sur la péninsule.

Washington avait cherché à accentuer la pression lundi sur Pyongyang avec de nouvelles sanctions économiques, au moment où la tension était à son comble dans la péninsule coréenne sur fond de manoeuvres militaires au Sud.

Ces manoeuvres interviennent après plusieurs jours de très fortes tensions: Pyongyang a menacé la semaine dernière de dénoncer l'accord d'armistice mettant fin à la guerre de Corée en 1953, brandi la menace d'une guerre thermonucléaire et averti les Etats-Unis qu'ils s'exposaient à une frappe nucléaire préventive.

Sur www.romandie.com le 12/03/2013

Un général s'amuse à faire de la voltige aérienne: l'avion s'écrase

Un général russe qui effectuait de la voltige aérienne sans autorisation avec un avion de chasse dans la région de Carélie, dans le nord-ouest de la Russie, a provoqué le crash de l'appareil, un Sukhoï 27. Il risque jusqu'à dix ans de prison.

Le général Botachev est accusé de violation des règles de pilotage et d'abus de pouvoir pour cet incident qui s'est produit le 28 juin 2012, a indiqué mardi le comité local d'enquête militaire.

"Lors du vol, M. Botachev a pris les commandes de l'avion et a commencé à effectuer des exercices de voltige aérienne non-prévus", a-t-il expliqué. L'officier a alors perdu le contrôle de l'appareil et l'équipage a dû s'éjecter alors que l'appareil était en pleine chute.

Le crash a provoqué des pertes d'environ 100 millions de roubles (trois millions de francs), a conclu le comité.

Sur www.romandie.com le 12/03/2013

lundi 11 mars 2013

Kazakhstan : l'opposition en embuscade

 

L'opposition kazakhe serre les rangs. Les analystes s'attendent à ce que prochainement, plusieurs personnalités politiques populaires dans un passé récent, mais à présent en sommeil, soient mises en avant. Parmi eux se trouve l'une des figures emblématiques du mouvement d'opposition au Kazakhstan, Galimjan Jakiyanov.

Comme la plupart des personnalités publiques au Kazakhstan, Jakiyanov est issu des rangs de l'élite politique soviétique. Dans le milieu des années 80, il a dirigé la section régionale de la Ligue des jeunes communistes qui représente la jeunesse du Parti communiste soviétique. Ensuite, en utilisant ses contacts qu'il y a établi, il prit une part active à la privatisation qui a eu lieu à l'époque de la toute nouvelle indépendance du Kazakhstan.


Sur une période extrêmement courte, Jakiyanov est passé de leader Komsomol au statut d’associé dans une des plus grande société minière, puis d'un groupe financier et industriel qui possédait un certain nombre de gisements miniers au Kazakhstan. Aujourd'hui, il affirme que sa société "a été créée à partir de zéro", même si en fait, cette société est le résultat de la fusion d'un certain nombre d'entreprises minières, privatisées pour presque rien.


Une aide considérable a bénéficié à un autre personnage célèbre au Kazakhstan, Akejan Kajegeldin qui fut premier ministre du Kazakhstan d'octobre 1994 à octobre 1997, reconnu coupable de corruption, de blanchiment d'argent, d'abus de pouvoir, il est recherché mais vit actuellement aux États-Unis. En fait, Jakiyanov est devenu l’héritier de Kajegeldin en tout point, sur le plan des affaires. Avec le soutien du premier ministre qui a privatisé massivement (et comme prouvé par la suite au tribunal, vendu presque tous les champs, les usines, et même toute l'industrie du Kazakhstan pour une bouchée de pain), Jakiyanov a fait de son entreprise, la plus grande entreprise de l'Est.


Un peu plus tard, Jakiyanov fut nommé gouverneur dans une région économiquement intéressante du Kazakhstan, où sont concentrées les usines de transformation minière et chimique. Cela lui a permis également de déplacer son patrimoine dans un environnement très favorable pour les nouveaux propriétaires. La stratégie d'achat fut la suivante : les unités de production ont été placées en faillite artificielle, pour ensuite être vendues à la «valeur résiduelle», soit au mieux à 10% de la valeur réelle des actifs. Fait intéressant, la plupart des entreprises ont été vendues à une société ou à des filiales appartenant à Jakiyanov. Une part importante des entreprises, ainsi que de nombreux équipements publics (tels que des immeubles de bureaux) ont été vendus pour une bouchée de pain aux amis de la famille du gouverneur.


A titre d'exemple, la vente illégale des actions d'État de "Sandy RMZ" (Pavlodar), à OJSC "Tort-Kuduk" a causé à l'Etat des dommages de plusieurs millions de $. Si une entreprise ne tombe pas entre ses mains, il obtient par «glissement» une part très importante du produit de cessions des activités.


Officiellement, Jakiyanov est «pauvre» car il aurait vécu exclusivement sur son salaire de fonctionnaire (gouverneur régional) qui à l'époque était inférieur à 100 $. Toutefois, les dépenses du gouverneur étaient beaucoup plus élevés que son revenu. Son fils aîné a été envoyé étudier dans un pensionnat couteux en Suisse et le gouverneur et sa famille allaient souvent se reposer dans les stations les plus chères au monde.


Entre deux gouvernorats, Jakiyanov a eu le temps de devenir le président de l'agence pour le contrôle des ressources stratégiques de la République du Kazakhstan. Celle-ci contrôlait de toutes les ressources naturelles du Kazakhstan.


Jeune politicien de carrière, il a radicalement changé en 2001 quand il s'est lui-même déclaré militant pour la démocratie et membre de l'association républicaine Choix Démocratique du Kazakhstan (CDK).

En fait, la CDK est devenu le lieu de rassemblement de ceux contre qui la police financière du Kazakhstan a commencé à trouver des cas de fraudes, de corruption et d'abus de pouvoir (les premières enquêtes sont datées des années 1997-1998). A mesure que les casiers judiciaires de chaque membre de l'organisation se remplissaient, la prétendue opposition gardienne des intérêts du peuple, s'est dite « persécutée pour des raisons politiques ».


Ainsi faisait Jakiyanov. Il s'est avéré être un membre très actif de l'opposition, indiquant une ambition de pouvoir. Il souhaitait faire mieux que son mentor et maître Akejan Kajegeldin en affichant une ambition présidentielle, mais n’est pas allé jusque là, en particulier parce qu’il s'est retrouvé en prison sur des accusations d'abus de pouvoir, de corruption etc... Par ailleurs, malgré une peine de 7 ans, Jakiyanov a été mis en liberté conditionnelle en janvier 2006, soit après 3,5 années d'emprisonnement. Il est alors devenu un symbole du martyre de l'opposition. Son nom a couvert tous les rassemblements et toutes les marches. Pendant quelques années, le slogan "Free Galymjan Jakiyanov" est devenu le slogan le plus populaire du pays. Même déclaré coupable, il entra dans le Conseil de coordination des forces démocratiques du Kazakhstan, dont il est devenu président du conseil politique.


Toutefois, une fois libre, il n’a exprimé aucune gratitude. Immédiatement après sa libération, il a pris le poste de président du Conseil d'administration de la Fondation "la société civile". Et en 2008, immédiatement après la fin légale de sa peine, il a quitté le pays.


En outre, Jakiyanov a effectivement jeté tous ceux qui « sont allés aux barricades » en son nom. Il n'est plus aussi actif sur la scène politique, ne parle plus avec des slogans ou des appels, ne fait aucun commentaire sur les événements dans le pays. Il s'est mis en retrait. Mais entre temps, il a développé des affaires avec un autre collègue de l'opposition, ancien membre du Parlement du Kazakhstan, Tholen Tokhtasynov (qui a aussi été impliqué dans des affaires criminelles sur des accusations de corruption). Jakiyanov s'est lancé dans le secteur minier en Mongolie, puis dans les mines de charbon en Chine.


Aux États-Unis, où il a déménagé avec sa famille en 2008, Jakiyanov est resté tranquille. Seulement, au cours des six derniers mois, il est devenu plus actif. Après son admission au programme du MBA de l'Institut de Technologie du Massachusetts, il a dit que ses ambitions politiques ne sont pas éteintes. "Je n'exclus pas un retour à la politique. Maintenant j'étudie, j'apprends, des matières qui sont d'une façon ou d'une autre liées à l'économie et à la politique",  a t-il dit dans une interview.

Cependant, au cours des douze derniers mois, on note une montée de l'activité de l'opposition au Kazakhstan. Ceci est dû en partie aux scandales de corruption en cours, très médiatisées car liés aux noms des hauts fonctionnaires (dont la plupart vient de l'équipe de l'ex-premier ministre Akejan Kajegeldin), et à l'augmentation des troubles sociaux dans le pays. D'une part, il existe un ressentiment causé par un certain nombre de processus économiques qui se déroulent dans l'ex-Union soviétique (y compris la création de l'union douanière). D'autre part, c'est le résultat d'un scénario abondamment financé par Mukhtar Ablyazov, un autre fugitif du Kazakhstan.


Dans tous les cas, l'affaiblissement général du contrôle de la situation par le gouvernement actuel devrait prochainement faire émerger plusieurs personnalités oubliées de l'opposition sur la scène politique. Jakiyanov pourrait devenir une personnalité de la «renaissance» des «forces démocratiques» du pays. Il pourrait même tenir un rôle de chef de file d'une nouvelle «révolution».

Chine : Quand le vent détrône l'atome !

 
Dans un article édifiant, l'équipe du Earth Policy Institute de Lester Brown, souligne les avantages comparatifs de l'éolien qui est en train de supplanter la production électronucléaire chinoise, autant pour la production actuelle que pour ses perspectives à terme. Une nouvelle preuve, s'il en fallait encore, du fait que l'avenir est bien aux énergies renouvelables. Puisse l'exemple chinois inspirer nos autorités et nos industriels et que la France sorte enfin de son "exception nucléaire".
Voilà une leçon chinoise qui pourrait inspirer le débat national sur la transition énergétique.
 
En Chine, le vent a dépassé l'atome. En 2012, les fermes éoliennes chinoises auront produit 2% de plus d'électricité que les centrales nucléaires. Et cet écart devrait se creuser significativement dans les prochaines années du fait des différences considérables de rythme de développement de ces deux options : le nucléaire progresse de 10% chaque année, quand les capacités éoliennes augmente de 80 % par an.

Avant la catastrophe de Fukushima en mars 2011 la Chine avait 10 Gigawatt de capacité nucléaire. Aujourd'hui encore 29 réacteurs sont en construction pour une capacité additionnelle de 28 Gigawatt. On notera au passage que la plupart de ces réacteurs sont en chantier depuis 2009. Les autorités chinoises continuent à annoncer que le parc nucléaire atteindra environ 40 Gigawatt en 2015, même si, en réaction à l'accident japonais, l'approbation de nouvelle construction de centrale a été suspendu en attente des revues de sécurité approfondies des unités nucléaires, que celles ci soient en fonctionnement, en construction ou en projet. Ce moratoire a été finalement levé en octobre 2012 en soulignant que seules les unités de la « Génération 3 » seraient approuvées, ces modèles étant considérés comme les seuls suffisamment sûrs. Pourtant la Chine n'a aucune expérience de la conduite de ce type de centrales, les seuls réacteurs de la « Génération 3 » étant encore en construction et confrontés à des retards importants du fait de la mise en œuvre de nouvelles recommandations de conception ou de construction imposées après Fukushima.
 
En 2011 et 2012, quatre réacteurs affichant une puissance combinée de 2,6 Gigawatt ont été connectés portant la capacité globale à 12,8 Gigawatt. En dépit des annonces gouvernementales, il est peu probable que la Chine atteigne ses objectifs quand on observe le rythme des constructions et des connexions des unités nucléaires au réseau. Les autorités ont d'ailleurs déjà réduit de 30% leur prévision concernant la production électronucléaire en 2020.
 
 
Les perspectives en matière d'éolien apparaissent beaucoup plus prometteuses. Les développeurs de projet ont connecté19 Gigawatt de capacité éolienne en 2011 et 2012. Il prévoit d'ajouter au réseau l'équivalent en 2013. On pointe souvent le retard du réseau électrique chinois, qui serait inadapté pour absorber ces nouvelles capacités dont la production est moins régulière du fait de l'instabilité des régimes de vent. Il apparaît cependant que les autorités ont produit les efforts nécessaires sur le réseau pour que 80% des capacités éoliennes – estimées à 75,6 Gigawatt soient effectivement connectées sur un réseau suffisamment performant. Ainsi, le pays devrait facilement atteindre son objectif de 100 Gigawatt de puissance éolienne connectée en 2015. La CREIA - Chinese Renewable Energy Industry Association – envisage sereinement d'atteindre 200 Gigawatt en 2020. Avec sept « méga bases éoliennes » en construction dans six province pour une puissance programmée de 138 Gigawatt, les projections de la CREIA semble plus que réalistes. Dans ces conditions, les chercheurs de Harvard

L'éolien affirme ici clairement ses avantages. Les ressources de vent sont sans limite. Les fermes éoliennes peuvent être construites rapidement, leurs émissions de gaz à effet de serre sont négligeables, et leur production réduit d'autant les besoins d'importation d'uranium dont la Chine est dépendante. Enfin, l'éolien est particulièrement intéressant dans ce pays exposé au manque régulier d'eau qui est indispensable au fonctionnement des centrales nucléaires ou thermiques. Avec l'attention croissante portée aux questions de changement climatique et de manque d'eau, la production éolienne est de plus en plus attractive.

Pour plus d'information, voir Earth Policy Institute's Wind Indicator
et la mise à jour du Plan B "Fukushima Meltdown Hastens Decline of Nuclear Power

Par Bruno REBELLE sur www.brunorebelle.fr le 28/02/2013