lundi 27 mai 2013

Avancées sur l'affaire d'Ablyazov

Proposons une question pour un nouveau sondage : Êtes-vous prêt à pardonner un criminel, à partir du moment où il est sincèrement attaché aux idéaux de la démocratie? Il est idiot de poser cette question me direz-vous. Et bien non ! L'Ironie c'est que la situation ayant évolué en Europe au cours des dernières années, cette question est devenue d'actualité.


Quelqu'un a t-il compté combien de criminels en Europe ont bénéficié d'une immunité juste parce qu'ils partagent les valeurs de la démocratie ? Il est temps de dresser une telle liste. A coup sûr, cette fiction obtiendra la plus grande popularité parmi les romans policiers. Quels seront les chanceux, escrocs, meurtriers et fonctionnaires voleurs qui intègreront ce classement ? Ce seront ceux qui combineront deux critères clés : le premier sera la possession de millions de dollars d'actifs, et le second une dévotion fanatique à la cause de la démocratie.


A quoi cela servira-il ? C'est pour comparer cette liste avec la liste d'Interpol afin de ne pouvoir se poser la question, pourquoi d'une part les criminels se trouvent sur une « liste de personnes recherchées » du site internet de l'organisation internationale de police, et d'autre part ne cessent de passer dans les actualités au titre de pourfendeurs de la corruption et de l'autoritarisme. Pourquoi sont t-ils des faiseurs d'actualités  faisant autorité par leurs prises de positions politiques au lieu d'être dans une cellule de prison ?


La réponse est évidente, c'est parce que ces messieurs sont originaires des pays de l'ancienne Union soviétique. Cela fait écho à un principe fondamental de la guerre froide, selon lequel : votre ennemi est mon ami.


Faut-il des exemples ? Ils sont nombreux. En particulier, un grand nombre de criminels se réfugie dans un havre de paix en Europe. Ils proviennent des pays les plus riches de l'ancienne Union soviétique, la Russie et le Kazakhstan. En outre, étant donné la nature transnationale de ces criminels, on ne comprend pas tout de suite ce qu'ils représente car ils sont recherchés par les forces de l'ordre de ces deux pays. Un des exemples les plus clairs est Mukhtar Ablyazov, ex-fonctionnaire et ex-banquier du Kazakhstan, ex-homme d'affaires de Russie, et maintenant un milliardaire qui se cache sans doute en Suisse.


L'histoire de cet homme est une bonne leçon pour nous tous. Elle est un exemple de la façon dont il est possible de facilement manipuler l'opinion publique, si vous avez les moyens d'avoir les meilleurs avocats, s'il y a des ressources pour de nombreuses publications dans les médias et si vous avez l'audace de vous présenter comme une figure démocrate de premier plan.


L'Europe, parfois naïve, a le désir aveugle d'apprendre à l'Asie de vivre comme elle, comme une jeune fille mineure lors d'une première rencontre avec son Don Juan.


Est-ce possible que l'Albion ne savait pas à qui ils étaient confrontés lorsqu'Ablyazov leur a demandé l'asile politique ? Oui, il a financé l'opposition au Kazakhstan, et auparavant a créé son parti. Oui, il était en prison pour ses erreurs et comme il aime à le dire, pour sa dissidence.


Mais il est poursuivi pour des délits concrets. En plus du Kazakhstan, la police russe le poursuit pour fraude immobilière à Moscou. En fin de compte, peut-il être exact que le chef de l'opposition était un voleur ? Est-il une personne qui cherche le pouvoir tout en s'appelant lui-même un démocrate, a priori classé parmi les saints ?


Dans ces cas difficiles, il est nécessaire de comprendre avec qui on traite. Surtout parce que dans ce cas, l'évènement concernait environ six milliards de dollars que l'ancien chef de la "Bank Turan Alem" a sorti du pays par le biais de sociétés offshore et a donc mis au bord de la faillite la principale institution financière du pays. Ajoutons à tout cela une situation piquante : parmi les partenaires de la banque qui ont subi des pertes énormes, il y avait financiers britanniques.


La banque Kazakhe, qui a été sauvée de la faillite par l'Etat, a porté plainte contre Ablyazov à la Haute Cour de Londres. Le processus a duré plusieurs années. Pendant tout ce temps Ablyazov se défendait en accusant la justice de partialité, en mentant et en dissimulant des actifs. En conséquence il a été condamné à 22 mois de prison pour outrage au tribunal. Mais cette sentence, comme toutes les autres, a été ignorée par l'oligarque. Il a tout simplement fui le pays.


La Haute Cour a été sérieusement en colère et a essayé de faire plier l'oligarque par les mécanismes légaux disponibles. Mais les avocats d'Ablyazov ont commencé des manœuvres juridiques multiples pour essayer de gagner du temps. Il a fait appel de toutes les décisions de la Cour d'Appel. Cependant récemment, la Cour suprême du Royaume-Uni a rejeté l'appel final d'Ablyazov.


Il est clair que la Cour suprême a refusé à Ablyazov l'autorisation d'interjeter appel de la décision de la Cour d'appel, où sa plainte contre la décision précédente du juge Nigel Tire avait été rejetée. Nous parlons de la suppression du droit de la défense relative à l'affaire de la Banque BTA.


En d'autres termes, les manœuvres sont terminées. Une nouvelle étape commence pour l'exécution d'un jugement en faveur de la banque BTA. Les criminels devront rembourser les milliards de dollars de fonds volés. Le verdict est sans équivoque. Il est coupable !


Cependant, l'oligarque revigoré, menace d'aller à la Cour de Strasbourg. Mais il est clair que les Britanniques n'étaient plus en mesure de gagner du temps. La justice britannique est menacée de devenir un objet de risée.


La prochaine étape est de faire en sorte qu'Interpol, qui ne peut toujours pas arrêter l'oligarque officiellement recherché, ne se ridiculise plus. Peut-être qu'il est aussi difficile à trouver qu'un autre réfugié kazakh, Victor Khrapunov, qui comme la famille Ablyazov vit à Genève et qui ne disparait pas de la couverture des tabloïds, et apparaît également dans la liste des personnes les plus riches de Suisse. Peut-être faudrait-il donner l'adresse à Interpol ? Il est dans l'annuaire téléphonique du canton ! Par conséquent, il est comme dans les histoires drôles à propos de Cowboy Joe, qui a été surnommé l'«insaisissable». Pourquoi est-il insaisissable ? Parce que, personne ne le cherche. Il est possible que cette affaire entre dans le jeu de la grande politique, où même la police ne monte pas les dents. Une autre option est possible : que les oligarques se soient rachetés.. Alors, quel est le deal? Même les sceptiques invétérés n'ont plus aucun doute sur la culpabilité d'Ablyazov. Mais il est continuellement et obstinément couvert ... Quelqu'un peut-il expliquer ce qui se passe ?

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