jeudi 29 août 2013

SYRIE: Un autre crime de guerre occidental en préparation

Les criminels de guerre de Washington et d'autres capitales occidentales sont déterminés à maintenir leur mensonge selon lequel le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. Ayant échoué dans les efforts visant à intimider les inspecteurs d'armes chimiques de l'ONU en Syrie, Washington a exigé que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon retire ces inspecteurs avant qu'ils puissent évaluer la preuve et faire leur rapport. Le Secrétaire général de l'ONU s'est élevé contre les criminels de guerre de Washington et a rejeté leur demande. Cependant, comme avec l'Irak, la décision de Washington de commettre une agression contre la Syrie ne se fonde pas sur des faits.http://rt.com/op-edge/syria-un-war-investigation-006/

Les gouvernements américain et britannique n'ont révélé aucune des «preuves concluantes» qu'ils prétendent avoir démontrant que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. En écoutant leurs voix, en observant leur langage corporel, et en les regardant dans les yeux, il est tout à fait évident que John Kerry et ses marionnettes britanniques et allemandes mentent de manière éhontée. C'est une situation bien plus honteuse que les énormes mensonges que l'ancien Secrétaire d'Etat Colin Powell a commis à l'ONU sur les armes irakiennes de destruction massive. Colin Powell affirme qu'il a été trompé par la Maison Blanche et ne savait pas qu'il mentait. Kerry et les marionnettes britanniques, françaises et allemandes savent très bien qu'ils mentent.

Le visage que l'Occident présente au monde est celui d'un menteur impudent. 

Washington et ses gouvernements fantoches britanniques et français sont prêts à encore une fois révéler leur criminalité. L'image de l'Occident en tant que criminel de guerre n'est pas une image de propagande créée par les ennemis de l'Occident, mais le portrait que l'Occident a peint de lui-même.

Le journal britannique The Independant a rapporté qu'au cours du dernier week-end, Obama, Cameron et Hollande ont convenu de lancer des attaques de missiles de croisière contre le gouvernement syrien dans les deux semaines à venir, malgré l'absence de toute autorisation de l'ONU et malgré l'absence de tout élément de preuve en faveur des allégations de Washington selon lesquelles le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre « ses rebelles » largement soutenus par les forces extérieures américaines, cherchant à renverser le gouvernement syrien.

En effet, une des raisons de la course à la guerre est d'empêcher l'inspection de l'ONU dont Washington sait qu'elle pourrait réfuter ses allégations et éventuellement l'impliquer dans l'attaque sous faux drapeau effectuée par les «rebelles», qui ont réuni un grand nombre d'enfants dans un endroit pour y être assassinés chimiquement pour ensuite en coller la responsabilité au gouvernement syrien.

Une autre raison de la course à la guerre, c'est que Cameron, le Premier ministre britannique, veut précipiter la guerre avant que le Parlement britannique ne puisse le bloquer et l'empêcher de fournir une couverture pour les crimes de guerre d'Obama, de la même manière que Tony Blair avait assuré la couverture de George W. Bush, ce dont il a été dûment récompensé. Qu'est-ce qu'il en a à faire, Cameron, de la vie des syriens quand il peut quitter ses fonctions avec une fortune de 50 millions $ qui l'attendent à bras ouverts ?

http://www.independent.co.uk/news/world/middle-east/syria-un-weapons-inspectors-attacked-as-they-try-to-enter-poison-gas-attack-site-8784435.html

Le gouvernement syrien, sachant qu'il n'est pas responsable de l'incident des armes chimiques, a accepté que l'ONU envoie des inspecteurs d'armes chimiques pour déterminer la substance et le vecteur utilisés. Cependant, Washington a déclaré qu'il était «trop tard» pour les inspecteurs de l'ONU et accepte la déclaration intéressée des "rebelles" affiliés à Al-Qaïda accusant le gouvernement syrien d'avoir attaqué des civils avec des produits chimiques.http://news.antiwar.com/2013/08/25/obama-administration-accepts-rebels-account-on-syria-prepares-for-war/ . Voir aussihttp://news.antiwar.com/2013/08/25/syria-accepts-un-inspectors-us-spurns-call-as-too-late/

Dans une tentative pour empêcher les inspecteurs de produits chimiques des Nations Unies qui sont arrivés sur place de faire leur travail, ces derniers ont essuyé des tirs de snipers sur le territoire détenu par les  "rebelles" et ont été forcés de quitter le site ; mais un rapport ultérieur de RT affirme qu'ils sont retournés sur le site pour effectuer leur inspection. http://rt.com/news/un-chemical-oservers-shot-000/

Le gouvernement britannique corrompu a déclaré que la Syrie peut être attaquée sans autorisation de l'ONU, tout comme la Serbie et la Libye ont été attaqués militairement sans autorisation de l'ONU. En d'autres termes, les démocraties occidentales ont déjà établi des précédents pour violer le droit international. « Le droit international? Nous n'avons pas besoin de droit international puant » L'Occident ne connaît qu'une seule règle: la Force prime le Droit. Tant que l'Occident a la Force, l'Occident a le Droit.

Dans une réponse à l'information que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se préparent à attaquer la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré qu'une telle action unilatérale est une «violation grave du droit international», et que la violation n'était pas seulement d'ordre juridique, mais aussi une violation de l'éthique et de morale. Lavrov a évoqué les mensonges et la tromperie utilisés par l'Occident pour justifier ses violations graves du droit international dans les attaques militaires contre la Serbie, l'Irak et la Libye et la façon dont le gouvernement américain a utilisé d'actions préventives pour saper tout espoir pour un règlement pacifique en Irak, en Libye et en Syrie.

Une fois de plus, Washington a anticipé pour saper tout espoir de règlement pacifique. En annonçant la prochaine attaque, les Etats-Unis ont détruit toute incitation pour les «rebelles» à participer aux pourparlers de paix avec le gouvernement syrien. Au moment où ces pourparlers allaient avoir lieu, les «rebelles» n'ont désormais plus aucune incitation à y participer, puisque les militaires de l'Occident viennent à leur secours.

Dans sa conférence de presse, M. Lavrov a parlé de la façon dont les partis au pouvoir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France attisent les émotions chez les gens mal informés qui, une fois chauffés, trouveraient satisfaction dans la guerre. Ceci, bien sûr, est le moyen par lequel les Etats-Unis ont manipulé le public pour attaquer l'Afghanistan et l'Irak. Mais le public américain est fatigué de la guerre, dont le but n'est jamais établi clairement, et sa suspicion augmente de jour en jour au sujet des justifications du gouvernement pour encore plus de guerres.

Un sondage Reuters / Ipsos révèle que « les Américains s'opposent fermement à l'intervention américaine dans la guerre civile en Syrie et croient que Washington devrait rester en dehors du conflit, même si les rapports selon lesquels le gouvernement de la Syrie a utilisé des produits chimiques mortels pour attaquer les civils sont confirmés ». http://news.yahoo.com/syria-war-escalates-americans-cool-u-intervention-reuters-003146054.html Pourtant Obama se moque que seulement 9 pour cent de la population soutienne son bellicisme. Comme l'a récemment déclaré l'ancien président Jimmy Carter : « L'Amérique n'a pas de démocratie qui fonctionne ». http://rt.com/usa/carter-comment-nsa-snowden-261/ Il y a un Etat policier dans lequel le pouvoir exécutif s'est placé lui-même au-dessus de toutes les lois et au-dessus de la Constitution.

Cet état policier va maintenant commettre encore un autre crime de guerre d'agression non provoquée de style nazi. A Nuremberg, les nazis ont été condamnés à mort précisément pour les actions identiques à celles commises par Obama, Cameron et Hollande. L'Occident mise sur la force, non sur le droit, pour se garder hors du box des criminels.

Les gouvernements américain, britannique français n'ont pas expliqué pourquoi il vaut mieux que les gens, dans les guerres initiées par l'Occident, soient tués par des explosifs en uranium appauvri plutôt qu'avec des agents chimiques ou de toute autre arme. Il était évident dès le début que Obama était en train de préparer l'attaque contre le gouvernement syrien. Obama a diabolisé les armes chimiques mais pas les "anti-bunkers" nucléaire que les Etats-Unis pourraient utiliser contre l'Iran. Ensuite, Obama a tracé une ligne rouge, en disant que l'utilisation d'armes chimiques par les Syriens était un si grand crime que l'Occident serait obligé d'attaquer la Syrie. Les marionnettes britanniques de Washington, William Hague et Cameron, ont juste répété cette affirmation absurde. http://rt.com/news/uk-response-without-un-backing-979/ La dernière étape dans la machination était d'orchestrer un incident chimique et d'en accuser le gouvernement syrien.

Quel est le véritable agenda de l'Occident? Telle est la question non posée et sans réponse. De toute évidence, les gouvernements américains, britanniques et français, qui ont affiché en permanence leur soutien à des régimes dictatoriaux qui répondent à leurs attentes, ne sont pas le moins du monde perturbés par les dictatures. Ils désignent Assad comme dictateur pour le diaboliser aux yeux des masses occidentales mal informés. Mais Washington, le Royaume-Uni, et la France soutiennent un certain nombre de régimes dictatoriaux, comme ceux de Bahreïn, de l'Arabie Saoudite, et maintenant la dictature militaire en Egypte qui tue impitoyablement des Egyptiens sans qu'aucun gouvernement occidental ne parle d'envahir l'Égypte parce qu'il «tue son propre peuple ».

Il est clair aussi, que la prochaine attaque occidentale sur la Syrie n'a rien à voir avec la volonté d'apporter «la liberté et la démocratie» en Syrie, pas plus que la liberté et la démocratie n'étaient les raisons des attaques contre l'Irak et la Libye, dont aucun n'a gagné la "liberté et la démocratie."

L'attaque occidentale sur la Syrie n'est pas liée aux droits de l'homme, la justice ou l'une des causes ronflants dont l'Occident couvre sa criminalité.

Les médias occidentaux, et encore moins les presstitués américains, ne demandent jamais à Obama, Cameron, ou Hollande quel est le vrai agenda. Il est difficile de croire qu'il y ait un seul journaliste qui soit suffisamment stupide ou naïf pour croire que l'agenda est d'apporter «la liberté et la démocratie" à la Syrie ou de punir Assad pour avoir utilisé des armes chimiques contre des voyous meurtriers qui tentent de renverser le gouvernement syrien.

Bien sûr, la question n'aurait pas de réponse si elle était posée. Mais le fait de poser la question contribuerait à rendre le public conscient que les choses sont tout autres. A l'origine, le prétexte de Washington pour les guerres était d'assurer la sécurité des Américains contre les terroristes. Maintenant, Washington s'efforce de livrer la Syrie à des terroristes djihadistes en les aidant à renverser le gouvernement laïc et non-terroriste d'Assad. Quel est l'agenda derrière le soutien de Washington au terrorisme?

Peut-être que le but des guerres est de radicaliser les musulmans et, ainsi, déstabiliser la Russie et même la Chine. La Russie a une importante population musulmane et est bordé par les pays musulmans. Même la Chine a une certaine population musulmane. Comme la radicalisation se propage en conflits dans les deux seuls pays capables d'être un obstacle à l'hégémonie mondiale américaine, la propagande des médias occidentaux et le grand nombre d'ONG financées par les États-Unis, se présentant comme des organisations de «droits de l'Homme», peuvent être utilisés par Washington pour diaboliser les gouvernements russe et chinois pour les mesures sévères que ceux-ci prennent contre les «rebelles».

Un autre avantage de la radicalisation des musulmans est qu'elle laisse les anciens pays musulmans dans la tourmente ou des guerres civiles pour une longue durée, comme c'est actuellement le cas en Irak et en Libye, éliminant ainsi toute capacité à faire obstruction à Israël par un état organisé.

Le Secrétaire d'Etat John Kerry est en train de travailler au  téléphone utilisant les pots de vin et les menaces pour faire accepter, sinon appuyer, le crime-de-guerre-en-préparation de Washington contre la Syrie.

Washington est en train de conduire le monde plus près que jamais de la guerre nucléaire, même plus que dans les périodes les plus dangereuses de la guerre froide. Quand Washington en terminera avec la Syrie, la prochaine cible sera l'Iran. La Russie et la Chine ne seront plus en mesure de se leurrer eux-mêmes sur l'existence  d'un quelconque système de droit international ou de contrainte qui puisse agir sur la criminalité de l'Occident. L'agression occidentale contraint déjà les deux pays à développer leurs forces nucléaires stratégiques et à circonscrire les ONG financées par l'Occident qui se présentent comme des «organisations des droits de l'homme», mais en réalité constituent une cinquième colonne que Washington peut utiliser pour détruire la légitimité de leurs gouvernements.

La Russie et la Chine ont été extrêmement imprudentes dans leurs relations avec les Etats-Unis. Essentiellement, l'opposition politique russe est financée par Washington. Même le gouvernement chinois est miné. Quand une société américaine ouvre une entreprise en Chine, il crée un conseil d'administration chinois dans lequel sont placés des proches des autorités politiques locales. Ces conseils créent un circuit pour les paiements qui influencent les décisions et la loyauté des membres du parti local et régional. Les États-Unis ont pénétré les universités chinoises et les milieux intellectuels. L'Université Rockefeller est active en Chine dans le cadre philanthropique des Rockefeller. Les voix dissidentes sont créées et sont déployées contre le gouvernement chinois. Les demandes de «libéralisation» peuvent ressusciter des différences régionales et ethniques et saper la cohésion du gouvernement national.

Quand la Russie et la Chine se rendront compte qu'ils sont la proie de cinquièmes colonnes américaines, qu'elles sont isolées diplomatiquement et militairement inférieures en armes,  les armes nucléaires deviendront le seul garant de leur souveraineté. Cela donne à penser que la guerre nucléaire est susceptible de mettre fin à l'humanité bien avant que les hommes ne succombent au réchauffement climatique ou à la hausse des dettes nationales.

Par Paul craig Roberts sur www.mondialisation.ca le 27/08/2013
Traduction : Avic

http://www.paulcraigroberts.org/

Le Dr Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor US de la politique économique dans l'administration Reagan. Il a été rédacteur en chef adjoint et éditorialiste du Wall Street Journal, chroniqueur pour Business Week et du Scripps Howard News Service. Il a occupé de nombreux postes universitaires. Son dernier livreThe Failure of Laissez Faire Capitalism and Economic Dissolution of the West est disponible ici: http://www.amazon.com/Failure-Capitalism-Economic-Dissolution-ebook/dp/B00BLPJNWE/

Syrie : la France et la Russie pourraient renforcer leurs flottes en Méditerranée

 
La possible intervention armée occidentale en Syrie semble bloquer aux Etats-Unis et en Grande Bretagne, alors que les deux pays avaient commencé à se préparer techniquement à cette éventualité. Washington a renforcé ses capacités navales en Méditerranée alors que la base britannique d'Akrotiri à Chypre connaissait du mouvement.

Jeudi 29 août, c'est au tour de la Russie de laisser entendre qu'elle pourrait renforcer sa flotte dans la région "dans les prochains jours". Selon des sources militaires citées par à l'agence Interfax, un navire anti-sous-marins et un croiseur équipé de missiles actuellement en mer Noire devraient quitter leur port d'attache pour se rendre en Méditerranée orientale.

"La situation qui se complique dans l'est de la Méditerranée exige de notre part une certaine adaptation des forces navales", indiquent ces sources. Moscou, qui possède une base navale à Tartous, en Syrie, n'a fait aucune déclaration officielle à ce sujet.

Une frégate française en route « vers une zone non spécifiée ».

Le ministère de la défense français n'a pas non plus confirmé le déploiement du Chevalier-Paul, une frégate antiaérienne qui a quitté Toulon dans la matinée. Selon Le Point, le navire se dirigerait vers le large de la Syrie. La préfecture de Méditerranée a confirmé à l'agence Reuters le départ de la frégate "vers une zone non spécifiée" en Méditerranée, précisant qu'il s'agissait d'une sortie programmée, sans lien avec le conflit syrien. Le ministère de la défense parle "d'activités habituelles" de sa flotte.

Si le Chevalier-Paul ralliait les côtes syriennes, il y rejoindrait une partie de la flotte américaine consolidée depuis le week-end dernier. Les Américains disposent déjà de quatre navires lance-missiles dans la région, où circulent également plusieurs sous-marins français, américains et britanniques.

Sur www.lemonde.fr le 29/08/2013

mercredi 28 août 2013

Inutile de rêver d'une Syrie jouet de l'Occident, ce rêve ne se réalisera pas !

1. Monsieur le Président, aujourd'hui la question essentielle concerne la situation sur le terrain. Quelles sont les régions du pays toujours contrôlées par les rebelles ?

En ce qui nous concerne, la question ne se résume pas à dire quelles sont les régions contrôlées par les rebelles et quelles sont celles contrôlées par l'Armée nationale, car nous n'avons pas à faire à une occupation territoriale traditionnelle par un ennemi précis pour réfléchir de cette manière.

Nous faisons face à des terroristes qui se sont infiltrés dans des villages et des zones périphériques de villes où ils sèment ravages et destructions… Ils tuent des civils innocents qui les rejettent et condamnent leurs actions… Ils démolissent les infrastructures… La police, les forces de sécurité et l'Armée se mobilisent pour les repousser et les éliminer… Ceux qui en échappent gagnent d'autres régions et ainsi de suite… Par conséquent, l'essence même de notre action est d'éradiquer le terrorisme.

Le problème que nous rencontrons et qui fait que la situation perdure est l'afflux d'un grand nombre de terroristes venus de l'étranger… des dizaines de milliers et plus… Leur soutien financier et militaire se poursuit… nos frappes se poursuivent aussi, et je vous assure qu'il n'y a pas un endroit où l'Armée nationale syrienne est intervenue sans réussir à les éliminer.

La majorité d'entre eux sont des Takfiristes ayant adopté la doctrine d'Al-Qaïda, le reste consiste en un petit nombre de hors-la-loi. C'est pourquoi nous ne pouvons parler de qui contrôle quoi… Partout où le terrorisme frappera, nous frapperons !

2. Pourtant, les grands médias occidentaux affirment que les terroristes contrôlent 40% à 70% du territoire syrien. Que contrôle vraiment l'État syrien ?

Pas un seul état au monde n'est capable de déployer son armée, toute équipée, sur tout son territoire. Les terroristes exploitent cette situation et tentent de pénétrer dans toutes les zones où l'armée est absente. Ils se déplacent d'une région à l'autre et à chaque fois que nous avons décidé de pénétrer une région où ils s'étaient installés nous les avons éradiqués. Je le répète, le problème n'est pas la superficie des territoires contrôlés par les terroristes, laquelle varie d'heure en heure et de jour en jour. Le problème est le grand nombre de terroristes venant de l'étranger.

Le critère qui compte est la réponse à la question : « Est-ce que l'Armée arabe syrienne a pu éliminer les terroristes dans toutes les régions où elle est entrée en action ? ». Je réponds : très certainement oui, et elle continue ! Mais leur éradication totale demande du temps, car ce type de guerre ne peut se terminer d'un coup. C'est ce qui fait que nous payons et que nous payerons un lourd tribut avant de réussir à tous les éliminer.

3. Monsieur le Président, vous avez parlé de combattants islamistes extrémistes et takfiristes qui envahissent la Syrie… Sont-ils des groupes indépendants les uns des autres qui se battent ici ou là, ou bien font-ils partie d'une grande puissance qui cherche à mettre fin à la sécurité et à la stabilité dans tout le Moyen-Orient, y compris en Syrie ?

Ils sont les deux à la fois, dans le sens où ce qui les rassemble est la doctrine et la source de financement, leur pensée étant extrémiste et takfiriste puisée chez des individus tels Al-Zawahiri et leur financement étant souvent puisé à des sources pratiquement similaires et parfois identiques. Ce qui les distingue est leur travail sur le terrain, car ce sont des groupements divisés et incohérents, chacun d'entre eux obéissant à une direction indépendante et à des ordres différents.

Ceci dit, il est évident que c'est celui qui finance qui tient le gouvernail. Autrement dit, les pays qui les soutiennent idéologiquement et financièrement comme l'Arabie saoudite, par exemple, peuvent très facilement les influencer et guider leurs actions directement ou indirectement. Ainsi lorsque ce pays déclare que le devoir de tout musulman est de mener le Jihad en Syrie, des milliers de combattants arrivent chez nous pour ce faire. Celui qui arme et finance fait en sorte qu'ils exécutent ses ordres : terroriser et détruire !

Oui, ils sont souvent les deux à la fois. Je vous ai donné l'exemple de l'Arabie saoudite qui les dirige par son idéologie wahhabite et les soutient avec son argent.

4. Le gouvernement syrien parle d'une relation étroite entre Israël et les terroristes. Nous aimerions comprendre en quoi consiste cette relation, alors que le simple nom d'Israël les pousse aux déclarations hystériques et fortement haineuses !

Si tel était le cas, comment se fait-il que lorsque nous les frappons à notre frontière commune, les forces israéliennes interviennent contre les nôtres pour desserrer l'étau ? Comment se fait-il que lorsque nous les assiégeons, Israël leur ouvre des brèches pour qu'ils puissent revenir attaquer d'ailleurs ? Pour quelles raisons Israël a-t-il attaqué l'Armée nationale syrienne à plusieurs reprises ces derniers mois ?

Ce n'est pas le gouvernement syrien qui parle de l'étroite relation entre Israël et les terroristes. C'est Israël qui en parle. Ne s'est-il pas vanté, plus d'une fois, de prodiguer ses soins à des dizaines de terroristes dans ses hôpitaux ? Cette affirmation de votre part manque donc de précision ; d'autant plus que si ces groupes terroristes étaient si hostiles à Israël au point de devenir hystériques devant la simple prononciation de son nom, pourquoi ont-ils combattu l'Union soviétique hier ? Pourquoi s'en prennent-ils à la Syrie et à l'Egypte aujourd'hui ? Et comment se fait-il que depuis trois décades, ils n'aient jamais lancé la moindre opération contre Israël ? Et pour en revenir à l'essentiel, qui donc a créé ces groupes terroristes ?

Ces groupes ont été créés au début des années 1980 par les États-Unis pour combattre l'Union soviétique en Afghanistan [*]. Ils sont soutenus par l'Occident en général et sont financés par les Saoudiens. Par conséquent, comment se pourrait-il que ces groupes fabriqués par les États-Unis et l'Occident s'en prennent à Israël ?

5. Monsieur le Président, notre entrevue sera probablement traduite en plusieurs langues. Les dirigeants du monde, dont ceux qui travaillent contre vous, vous liront. Que leur diriez-vous ?

Nous avons certes affaire avec de très nombreux hommes politiques occidentaux, mais très peu sont des hommes d'État. Certains ne lisent pas l'Histoire ou n'en tirent aucun enseignement. D'autres n'ont même pas été capables de garder en mémoire les événements plutôt récents de leur propre Histoire. Ont-ils seulement retenu les leçons de ces 50 dernières années ? Ont-ils enregistré que depuis le Vietnam, les politiciens qui les ont précédés ont perdu toutes les guerres qu'ils ont déclenchées ? Ont-ils retenu que toutes leurs guerres n'ont pas répondu à leurs espérances, mis à part les destructions des pays visés et l'effet déstabilisateur sur le Moyen-Orient et d'autres régions du monde ? Ont-ils compris que toutes ces guerres n'ont pas réussi à convaincre les peuples de la région de la justesse de leur politique ni à susciter leur sympathie ?

Un deuxième point sur lequel j'aimerais attirer leur attention. Il se résume à dire que le terrorisme n'est pas un atout qu'on garde dans sa poche pour le rejouer quand et où bon nous semble… Le terrorisme est comme un scorpion, il peut vous piquer à tout moment. Dès lors, vous ne pouvez pas soutenir le terrorisme en Syrie et le combattre au Mali, par exemple… Vous ne pouvez pas soutenir le terrorisme en Tchétchénie et le combattre en Afghanistan…

M'adressant aux dirigeants occidentaux en particulier, je dirais à certains d'entre eux que s'ils cherchent à garantir « leurs intérêts » ils feraient mieux de prêter l'oreille aux peuples de la région et à leurs peuples, au lieu de travailler à installer aux commandes des « marionnettes » censées leur permettre d'atteindre leurs objectifs. Ce n'est qu'ainsi que leur politique pourrait devenir plus réaliste.

Et puisque vous insistez pour que la Syrie délivre son message au monde, je dirais qu'il est inutile que qui que ce soit continue à rêver d'une Syrie qui serait le jouet de l'Occident, car ce rêve ne se réalisera pas ! Nous sommes un pays indépendant, nous combattrons le terrorisme et nous construirons, en toute liberté, nos relations avec les pays que nous choisirons pour servir au mieux les intérêts du peuple syrien.

6. Le mercredi [21 Août 2013], le gouvernement syrien a été accusé par les rebelles d'avoir utilisé des armes chimiques… Certains dirigeants occidentaux ont adopté ces accusations. Que leur répondriez-vous ? Et allez-vous permettre aux inspecteurs de l'ONU d'enquêter sur l'incident ?

À vrai dire, les déclarations de l'Administration étatsunienne et de certains pays occidentaux, à ce sujet, traduisent leur mépris de l'intelligence d'autrui et leur irrespect à l'égard de leur propre opinion publique.

Aucun État au monde et a fortiori aucune superpuissance ne lancerait une accusation pour ensuite se mettre à en collecter les preuves. Or, il se trouve que l'Administration américaine a lancé son accusation mercredi pour annoncer deux jours plus tard qu'elle allait commencer à recueillir les éléments de preuve !

La zone concernée par cette attaque, qui est donc sous le contrôle des rebelles, est contigüe aux positions de l'Armée nationale syrienne. Comment est-il possible qu'un État utilise des armes chimiques ou de destruction massive contre ses propres forces ? C'est absurde ! Ces accusations sont complètement politisées et sont motivées par les avancées de l'Armée arabe syrienne dans son combat contre les terroristes.

Quant à la Commission d'enquête de l'ONU, nous avons été les premiers à la réclamer lorsque des terroristes ont procédé à des tirs de roquettes chargées de gaz toxique dans la banlieue d'Alep. Il est important de rappeler que plusieurs mois avant cette attaque, les États-Unis et l'Occident préparaient déjà l'opinion publique à l'éventualité de l'utilisation d'armes chimiques par l'État syrien… C'est cela qui nous a poussé à les soupçonner d'être au courant des intentions des terroristes quant à l'utilisation de ces armes pour s'en servir dans leurs actes d'accusation contre le gouvernement syrien. Dès la première attaque chimique et après concertation avec la Russie, nous avons décidé de solliciter une commission d'enquête sur le terrain. Mais alors que nous attendions une enquête basée sur les faits, les États-Unis, la France et la Grande Bretagne ont tenté d'exploiter la situation en se fondant sur des rumeurs et des allégations… et ils continuent !

Ces dernières semaines, nous avons travaillé avec la Commission d'enquête pour définir les bases de notre coopération. La première est une ligne rouge indépassable et concerne notre souveraineté nationale exigeant l'organisation de tout le processus en collaboration avec nous. La deuxième est d'admettre que le problème ne se restreint pas à savoir comment sera menée l'enquête, mais aussi la façon dont les résultats seront interprétés devant les Nations-Unis. Nous attendons donc une interprétation objective des données de l'enquête et certes, nous attendons aussi que la Russie bloque toute mésinterprétation visant à servir les agendas et intérêts des politiques étatsuniennes et occidentales. Il est crucial pour nous que l'on puisse distinguer entre les accusations occidentales fondées sur des allégations et des rumeurs, et les résultats d'une enquête que nous avons demandée et qui doit se fonder sur des preuves et des faits concrets.

7. Étant donné les récentes déclarations de l'Administration étatsunienne et d'autres gouvernements occidentaux, pensez-vous que les États-Unis qui n'ont pas exclu la possibilité d'une intervention militaire en Syrie puissent se comporter de la même façon qu'en Irak ? En d'autres termes, pensez-vous qu'ils useront une fois de plus de prétextes fallacieux pour intervenir militairement en Syrie ?

Ce n'est pas la première fois qu'est soulevée l'option d'une intervention militaire. Dès le début, les États-Unis, avec la France et la Grande-Bretagne ont tenté de la mettre en pratique. Malheureusement pour eux, les événements ont pris un cours différent et l'équilibre au sein du Conseil de sécurité s'est établi contre leurs seuls intérêts. Ils ont tenté beaucoup de marchandages avec la Russie et la Chine, mais en vain !

Les conséquences négatives de leurs ingérences en Libye et en Egypte n'étaient pas en leur faveur. L'ensemble a fait qu'il leur est devenu impossible de convaincre leurs peuples et le monde de la justesse et de la sagesse de leurs politiques.

Il en est ressorti que la situation en Libye diffère de celle de l'Egypte, laquelle est différente de celle de la Tunisie, alors que la situation syrienne est différente de toutes les autres… Chaque pays a ses particularités, ce qui fait qu'ils ne peuvent plus jouer à appliquer le même scénario à chaque fois et à tous les États. Ils peuvent tout au plus initier des guerres, mais ils ne peuvent prédire jusqu'où elles les mèneront et comment elles finiront ; ce qui les conduit à réaliser que tous les scénarios qu'ils ont concoctés échappent à leur contrôle.

Désormais, il est clair pour tout le monde que ce qui se passe en Syrie n'est ni une révolution populaire, ni un appel aux réformes. Ce qui se passe en Syrie vise à détruire l'État syrien au moyen du terrorisme. Que diront-ils à leurs populations : « Nous intervenons en Syrie pour soutenir le terrorisme contre l'Etat syrien » !?

8. À quoi se heurteront les États-Unis s'ils décidaient d'intervenir militairement ou de déclarer la guerre à la Syrie ?

Ils se heurteront au même obstacle auquel ils se sont toujours heurtés depuis le Vietnam : l'échec ! Les États-Unis ont mené de nombreuses guerres, mais n'ont jamais été en mesure d'atteindre les objectifs politiques qu'ils s'étaient fixés par la guerre, comme ils n'ont jamais réussi à convaincre le peuple américain du bien fondé de ce type de politique. Oui, les grandes puissances peuvent déclencher les guerres, mais peuvent-elles les gagner ?

9. Monsieur le Président, êtes-vous en contact avec le Président Vladimir Poutine? Vous entretenez-vous par téléphone? Si oui, de quoi discutez-vous ?

Notre relation est solide et remonte à de nombreuses années avant la crise. Nous nous contactons de temps à autre, mais il est évident que la complexité des événements en Syrie ne peut se discuter au téléphone. Nous sommes en relation au travers des responsables russes qui nous rendent visite et des responsables syriens qui se rendent à Moscou ; autant de contacts menés loin des projecteurs et des médias.

10. Monsieur le Président, prévoyez-vous une visite en Russie ou une invitation du Président Poutine en Syrie?

C'est certainement possible, mais les priorités actuelles sont de travailler à alléger l'impact de la violence en Syrie. Chaque jour nous amène son lot de victimes. Mais, il est évident que lorsque les circonstances iront vers le mieux, ces visites dans un sens ou l'autre devront avoir lieu. Actuellement, nos responsables respectifs gèrent bien cette relation.

11. Monsieur le Président, la Russie s'oppose à la politique étatsunienne et européenne, en particulier en ce qui concerne le dossier syrien. Que se passerait-il si jamais la Russie acceptait des compromis en votre défaveur ? Pensez-vous qu'un tel scénario est possible?

Aujourd'hui, il est important de ne pas examiner les relations russo-américaines à travers la seule crise syrienne qui ne représente qu'un des aspects, mais de se placer dans un contexte plus large et plus global. Les États-Unis ont pensé qu'après l'effondrement de l'Union soviétique, la Russie était à jamais achevée. Mais à partir de la prise de fonction du Président Poutine, fin des années 1990, la Russie a commencé à se redresser progressivement pour retrouver sa position parmi les nations. Du même coup, la guerre froide entre ces deux puissances a repris, mais d'une manière différente et plus subtile.

Les États-Unis ont joué sur plusieurs fronts en s'efforçant de contenir les intérêts russes dans le monde, et en tentant de modifier la mentalité même du citoyen russe censée se rapprocher de la mentalité occidentale en termes de culture et de besoins ; le but étant de mettre fin au rôle important et puissant de la Russie dans plusieurs domaines, dont celui de la Syrie.

Comme tout citoyen russe, vous pourriez vous poser la question de savoir : « Pourquoi la Russie continue-t-elle à soutenir la Syrie ? ». En effet, il est important d'expliquer à tout un chacun que la Russie ne défend pas le Président Bachar al-Assad ou le gouvernement syrien, car le peuple syrien peut choisir n'importe quel autre Président et n'importe quel autre système politique, le problème n'est pas là !

La Russie défend avant tout des principes fondamentaux auxquels elle a adhéré depuis bientôt plus de cent ans et auxquels elle croit, à commencer par la souveraineté des États et la non ingérence dans leurs Affaires intérieures, et ce d'autant plus qu'elle a eu elle-même à en souffrir et que cela continue ! Par ailleurs, la Russie défend ses intérêts dans notre région et  c'est son droit. Ces intérêts sont beaucoup plus importants qu'un port sur la Méditerranée à Tartous, comme le prétendent certains analystes superficiels.

Ainsi, d'un point de vue politique, lorsque le terrorisme frappe la Syrie, un pays clé dans la région, il peut affecter la stabilité de tout le Moyen-Orient avant de porter atteinte à la stabilité de la Russie. Les dirigeants russes en sont évidemment parfaitement conscients, contrairement à ceux de nombreux pays occidentaux. Et d'un point de vue social, nous ne devons pas oublier les dizaines de milliers de familles syro-russes, qui créent un pont humain et culturel entre nos deux pays.

Ceci pour dire que si la Russie devait accepter des compromis, comme vous venez de le stipuler, ce serait déjà fait depuis un ou deux ans lorsque l'image était encore floue, même pour certains responsables russes. Aujourd'hui, la situation est très claire. Qui n'a pas fait dans le compromis à l'époque, ne le fera pas aujourd'hui.

12. Monsieur le Président, existent-ils des négociations portant sur la fourniture de carburant ou de matériel militaire par la Russie ? Et concernant votre contrat de défense, avez-vous pris livraison de missiles anti-aériens russes S-300 ?

Aucun pays n'annonce publiquement le type d'armement en sa possession ou le contenu des contrats passés à cet effet. Ce sont là des informations classées « Secret Défense » et « Secret d'État ». En revanche ce que je veux bien vous dire est que tous les contrats dûment signés avec la Russie sont maintenant en cours d'application. Ni la crise, ni les pressions des États-Unis, de l'Europe ou des pays du Golfe n'ont pu l'empêcher. La Russie fournit à la Syrie ce dont elle a besoin pour sa défense et la défense de son peuple.

13. Monsieur le Président, quelle est l'aide dont la Syrie pourrait actuellement attendre de la Russie ? S'agit-il d'une aide financière, d'équipements militaires, ou même d'un simple crédit ?

Sans le retour de la sécurité, il est impossible d'espérer redresser une véritable économie. Néanmoins, ce que la Russie offre actuellement à la Syrie et à son peuple pour sa défense, dans le cadre de contrats militaires passés, pourra faciliter la reprise économique.

De plus et du point de vue strictement politique, le soutien de la Russie à notre droit à l'indépendance dans nos choix et à la souveraineté de notre État a déjà joué un rôle important en faveur notre économie. De nombreux pays ont traduit leur position politique à notre égard par des sanctions dont la plus importante est le blocus économique que nous endurons péniblement, alors que la Russie a fait tout le contraire.

Par conséquent et pour répondre à votre question, les prises de position politiques de la Russie et le respect de ses engagements militaires malgré les pressions étatsuniennes ont considérablement aidé notre économie, abstraction faite de l'impact négatif du blocus sur la vie quotidienne du citoyen syrien.

Par ailleurs, il existe plusieurs accords entre la Syrie et la Russie pour diverses marchandises et matières premières. Dans ces conditions, n'importe quel crédit venant de Russie est à considérer comme bénéfique pour les deux parties. Pour la Russie, cela offre de nouvelles opportunités à ses entreprises et industries nationales et lui permet de conquérir de nouveaux marchés. Pour la Syrie, c'est là une occasion qui nous permet de reconstruire notre infrastructure et de rétablir et stimuler notre économie.

Je répète que le soutien de la Russie a joué un rôle essentiel dans beaucoup de domaines importants concernant la sécurité et les besoins élémentaires du citoyen syrien.

14. Monsieur le Président, pouvez-vous préciser l'objet de ces contrats ? Concernent-ils des carburants ou des produits alimentaires de première nécessité ?

Le citoyen syrien subit un siège qui le prive de nourritures, de médicaments et de carburants, autant de produits essentiels à sa vie. Ce que le gouvernement syrien recherche à travers ses contrats avec la Russie, et d'autres pays amis, c'est de les remettre à sa disposition.

15. Nous savons que vous avez décrété de nombreuses amnisties. Ont-elles concerné des rebelles ? Si oui, certains de ces rebelles ont-ils vraiment rejoint les Forces armées?

Oui, c'est vrai. Et ceci a amené de grands changements, surtout depuis que la situation est devenue plus claire pour beaucoup de gens qui ont compris que la vérité de ce qui se passe en Syrie est tout simplement le résultat du terrorisme. Nombreux sont ceux qui ont choisi de déposer les armes, de revenir vers l'État et de reprendre le cours de leur vie civile. Plus remarquables encore sont ces groupes qui sont passés du combat contre l'Armée nationale au combat à ses côtés. Ceux-là appartiennent à deux catégories. Ils ont été induits en erreur par les médias ou ont été enrôlés de force sous la menace des terroristes. C'est pour cette raison que dès le début de la crise, le gouvernement syrien a adopté une politique de « porte ouverte » à tous ceux qui voulaient faire demi-tour, malgré le fait que beaucoup de gens en Syrie se sont opposés à cette décision qui s'est finalement révélée efficace et a contribué à atténuer la tension de la crise.

16. Monsieur le Président, quels sont les États que vous pouvez qualifier de véritables amis, et quels sont les États ennemis ? Les relations de la Syrie avec plusieurs États ne cessent de se dégrader tels le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie. À qui la faute ?

Les pays qui nous soutiennent sont connus de tous avec la Russie et la Chine sur le plan international, et l'Iran sur le plan régional. Toutefois, je peux dire que nous commençons à voir un changement positif sur la scène internationale. Certains pays qui étaient fortement contre nous ont commencé à modifier leur position, d'autres ont commencé à rétablir leurs relations avec nous. Néanmoins, il est certain que nous ne pouvons ranger ces pays parmi ceux qui nous soutiennent directement.

En face, il y a les pays qui ont directement mobilisé et soutenu le terrorisme en Syrie, principalement le Qatar et la Turquie dans les deux premières années de la crise. Le Qatar finançait les terroristes, tandis la Turquie leur assurait la formation et les couloirs de passage vers la Syrie. Récemment, l'Arabie saoudite a remplacé le Qatar pour le rôle de financier. Pour être tout à fait clair et transparent, l'Arabie saoudite est un État qui n'a rien d'autre que la finance et par conséquent ne peut ni construire une civilisation ni la nourrir, bien au contraire ! La Turquie est un cas différent. Il est désolant qu'un grand pays comme la Turquie se laisse diriger par l'étranger pour quelques dollars. Il est désolant qu'un pays qui a une situation aussi stratégique et une société aussi ouverte se laisse manipuler par un pays du Golfe à la mentalité rétrograde. Toute la responsabilité en incombe évidemment au premier ministre turc, non au peuple turc avec lequel nous partageons patrimoine et traditions.

17. Monsieur le Président, qu'est-ce qui rend les relations russo-syriennes si fortes ? S'agit-il d'intérêts géopolitiques, ou bien est-ce parce que les deux peuples ont eu à souffrir du terrorisme et ont dû le combattre ?

Il ya plusieurs facteurs qui forgent si fortement les relations syro-russes. Le premier vient du fait que la Russie a souffert de l'occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale et que la Syrie a été occupée plus d'une fois. Le deuxième vient du fait que depuis l'ère soviétique, la Russie a été l'objet de tentatives continues et répétées d'ingérences étrangères, ce qui est également le cas pour la Syrie. Le troisième, non moins important, vient en effet du terrorisme !

En Syrie, nous comprenons fort bien ce que signifie l'assassinat de civils par des extrémistes tchétchènes, la prise en otage d'enfants comme ce fut le cas à Beslan, ou la détention de gens innocents rendus au théâtre comme à Moscou… En retour, le citoyen russe nous comprend alors que nous goûtons à cette même amère désolation et, comme nous, il ne peut que rejeter les propos d'un Occidental qui vient lui raconter qu'existent « des bons terroristes et des mauvais terroristes » !

Un autre facteur renforce nos liens. Ce sont toutes les familles mixtes russo-syriennes que j'ai déjà évoquées. Elles n'auraient jamais pu autant se multiplier si nous n'avions pas partagé certaines valeurs culturelles, sociales et intellectuelles.

À tout cela s'ajoutent les intérêts géopolitiques que j'ai aussi évoqués. La déstabilisation de la Syrie et de la région concerne la Russie qui est parfaitement consciente du danger de la propagation du terrorisme qui ne connait pas de frontières, contrairement aux Européens et à l'Occident. Il est donc faux de dire que les prises de position d'une grande puissance telle que la Russie ne reposent que sur quelques éléments de circonstance, alors qu'elles se fondent sur un cumul historique de principes culturels et intellectuels.

18. Monsieur le Président, qu'attendez-vous de la Conférence de Genève 2 ?

L'objectif de la conférence de Genève 2 est de soutenir le processus en faveur d'une solution politique à la crise. Toutefois, il est impossible de démarrer le processus politique avant l'arrêt du soutien étranger aux terroristes. Nous attendons donc que cette Conférence commence par exercer des pressions sur les États qui soutiennent le terrorisme en Syrie, pour qu'ils cessent la contrebande d'armes et l'envoi massif de terroristes étrangers dans notre pays.

Lorsque ce premier pas sera franchi, il sera facile de franchir les pas suivants à commencer par le dialogue entre les différentes parties syriennes qui auront à discuter de leur système politique à venir, de leur constitution, de leurs lois et de tout le reste.

 

Texte original : Sana / Syrie
http://sana.sy/ara/2/2013/08/26/499188.htm

Texte traduit de l'arabe par Mouna Alno-Nakhal pour Mondialisation.ca

Note : [*] Vidéo / Hillary Clinton : nous avons créé AL-Qaïda !
http://www.youtube.com/watch?v=rOzCMGK6eEc

En Inde, la dégringolade sans fin de la roupie

 
La roupie indienne, qui ne cesse de perdre de sa valeur depuis plusieurs semaines, accélérait sa baisse, mercredi 29 août, lâchant plus de 3 % face au dollar américain. La devise indienne valait alors 68,60 roupies pour 1 dollar (91,17 pour 1 euro), contre 66,24 mardi soir à la clôture.

Depuis le 1er janvier 2013, la roupie a perdu près d'un quart de sa valeur : elle valait 55 roupies pour 1 dollar à la fin de 2012.

Problèmes intérieurs et pressions extérieures

Mardi, la roupie avait déjà dévissé après l'adoption par le Parlement d'un gigantesque plan d'aide alimentaire à deux tiers de la population alors que l'Inde affiche déjà un fort déficit. Ce programme portera à 19 milliards de dollars américains (14,2 milliards d'euros) le coût annuel de l'aide alimentaire.

Le ministre des finances, Palaniappan Chidambaram, avait assuré que le pays pouvait assumer le coût de ce programme. "Nous avons fait nos comptes, il y a assez d'argent pour ce plan d'aide alimentaire" sans qu'il soit nécessaire d'abandonner l'objectif de déficit budgétaire, qui est de 4,8 % du PIB.

Les critiques de ce plan en soulignent le coût et prévoient que ces subsides se perdront dans le réseau de distribution public d'aide alimentaire, notoirement corrompu. Ils y voient par ailleurs une mesure populiste, quelques mois avant les élections générales de mai 2014.

Outre ses problèmes intérieurs (déficit public élevé, croissance en berne, manque de confiance des investisseurs...), la roupie pâtit de l'annonce par la Réserve fédérale américaine d'un prochain ralentissement de ses achats d'actifs, qui alimente des mouvements de sortie de capitaux hors des pays émergents. Les investisseurs, souhaitant bénéficier de la remontée des taux d'intérêts aux États-Unis, rapatrient en effet massivement les sommes investies dans les pays émergents qui leur semblent présenter des fragilités structurelles.

Sur www.lemonde.fr le 28/08/2013

Questionnement sur l'extradition d'Ablyazov par la France

Le cas de l'ancien chef de la banque BTA, Mukhtar Ablyazov prend une nouvelle tournure. La Cour d'appel de la ville d'Aix-en-Provence a refusé de répondre à sa demande de mise en liberté. Pendant ce temps, certains membres de l'opposition kazakhe ont demandé aux autorités françaises de mener en Europe, le procès du banquier fraudeur. Le sort des 5 milliards de dollars volés au Kazakhstan ne semblait pas les intéresser.

Récemment, il a été signalé qu'un tribunal français a rejeté la requête de remise en liberté de Mukhtar Ablyazov. Concernant la décision de la Cour relative à la demande d'extradition, il devra l’attendre en détention. Selon l'avocat de l'ex-banquier, Bruno Rebstock, le tribunal a jugé qu’il n’y avait pas assez de garantie que l'ancien chef de la banque BTA ne quitte pas le territoire de la France s'il est libéré. En outre, le tribunal «n'est pas sûr que la sécurité d’Ablyazov sera mieux assurée s'il est libéré".

Au Kazakhstan, Mukhtar Ablyazov n'est pas seulement l'un des hommes les plus riches du pays, mais aussi un membre actif de l'opposition. Plus précisément, il est l'un des sponsors de la révolte sociale dans le pays. C'est lui qui a financé le long mois de troubles dans la ville kazakhe de Janaozen, de juin à décembre 2011. A cette époque, Ablyazov était à l'étranger pendant qu’au Kazakhstan ses intérêts étaient représentés par le pays parti non enregistré "Alga". Vladimir Kozlov (plus tard condamné pour incitation à la discorde sociale) le reconnaît. "Je représente Ablyazov ..." a t-il déclaré plus d'une fois aux grévistes de Janaozen. Il a dit aussi à plusieurs reprises aux résidents que les fonds pour la "révolution orange" dans le pays seraient "un cadeau d’Ablyazov". Cependant, Kozlov et d'autres participants actifs dans le mouvement de grève ont abandonné leurs « relations avec l'Occident ». Ils étaient bien conscients que le financement de ces actions par l'étranger au Kazakhstan pouvait être punie.

Le rapport entre l'opposition kazakhe et Ablyazov est intéressant. Après s’être échappé à l'étranger, Ablyazov a commencé à se positionner comme un critique influent. Cependant, il n'a pas trouvé de soutien dans son pays natal. En effet les forces d'opposition du pays ont préféré la voie du développement démocratique progressif du pays, mais pas celle d'une révolution, appelée et financée par Ablyazov.

En outre, presque tous les partis d'opposition appuient le gouvernement dans sa poursuite contre les fraudes du banquier. 5 milliards de dollars ont été détournés du Kazakhstan, menaçant non seulement la stabilité économique de ce pays, mais plus grave encore, la stabilité sociale. Par ailleurs, la BTA, plus grande banque de la CEI, a été conduite au bord de la faillite.

Il est précisé qu'au Kazakhstan, l'opposition est le refuge de pratiquement tous les hommes d’Etat et hommes d'affaires en fuite. L'étendue de leur opposition et le volume de la critique contre les autorités du Kazakhstan sont directement liés au nombre des crimes qui leur sont reprochés. Par exemple, l'ancien maire d'Almaty, la plus grande ville du Kazakhstan, Victor Khrapunov est soupçonné de détournement de millions de dollars et de corruption. Ayant fui vers la Suisse, la famille Khrapunov critique activement les autorités kazakhstanaises.

Un autre exemple est celui de l'ancien ambassadeur du Kazakhstan en Autriche, Rakhat Aliev. Lui aussi a profité de sa situation au service du gouvernement pour se trouver actuellement à la tête d'une immense fortune. Et ceci pas seulement en volant des entreprises, mais aussi en pratiquant l'extorsion de fonds, en assassinant, en faisant du chantage, et par une foule d'autres moyens illégaux. Il est également devenu un membre de l'opposition dès qu'ils a franchi la frontière du Kazakhstan.

Quant à Ablyazov, Astana, Moscou et Kiev, l'accusent de fraude à grande échelle. Les justice de Chypre, la Hongrie, la Lettonie et la Grande-Bretagne ont également fait connaître leurs réclamation. Par ailleurs, aux allégations de fraude au Kazakhstan (mais aussi en Europe), ont été ajoutées des accusations de blanchiment d'argent.

Naturellement, face à de telles accusations, Ablyazov a jouer sa dernière carte, obligatoirement gagnante. Il se déclara dans l’opposition du pouvoir.

Ceci est d'autant plus vrai que l'Europe est réputée très souple envers tous les ressortissants de la CEI, surtout quand il s'agit d’anciens hauts fonctionnaires ou d’oligarques. Et elle est encore plus souple si en plus de leurs revendications politiques, ces personnes en exil apportent leurs capitaux avec elles. Dans une telle situation, les autorités européennes portent peu d'intérêt à la provenance et à la «couleur» de l'argent.

Donc, l'arrestation en France d'Ablyazov sur la demande de la partie ukrainienne n'est pas un précédent que pour le Kazakhstan. Il s'agit de l'un des rares cas où l'opposition n'est plus l'écran qui aide à se cacher.

Toutefois, dans le cas d'Ablyazov sont entrés dans le jeu certains de ses associés au Kazakhstan. Leurs noms figurent sur la liste de ceux qui ont été rémunérés par Ablyazov au cours des dernières années. Ils ont annoncé Ablyazov comme étant la « principale force d'opposition » et ont déclaré que son arrestation cause des « dommages irréparables à l'ensemble de l'opposition kazakhe » ainsi qu'un « coup très grave pour les forces démocratiques du Kazakhstan ». Ceci a en particulier été déclaré par Sergueï Duvanov, journaliste indépendant.

Le membre de l'opposition politique, Jasaral Kuanyshalin, a exprimé sa déception devant les actions des pays européens « contre l'opposition au Kazakhstan ». « Cette situation n'est pas bonne. En particulier, l'Europe qui a récemment joué un rôle actif pour la démocratie, prend des mesures contre des membres de l'opposition kazakhe. Il est particulièrement dommage que cette action ait été menée contre Ablyazov ».

En fait, l'opposition kazakhe accuse les autorités européennes d’avoir comme les autorités kazakhes, des  revendications économiques contre Ablyazov.

Mais, néanmoins, l’opposition demande à la justice française de ne pas extrader Ablyazov, ni en Ukraine, ni en Russie, et surtout pas au Kazakhstan (La Russie a également envoyé au ministère français de la Justice une demande d'extradition pour Ablyazov).

On peut comprendre ses complices. D’une part, leur rétribution provenant de l’Ouest les y oblige. D'autre part, ils craignent que si Ablyazov est extradé dans l'un des pays de la CEI, il puisse ouvertement mentionner les noms de ceux qui ont reçu de l'argent de sa part, au Kazakhstan. Compte tenu des appels d'Ablyazov à renverser l'ordre constitutionnel, ses complices pourrait entraîner dans un jugement sur des accusations de tentative de fomentation d’une «révolution orange» au Kazakhstan.

Dans tous les cas, aujourd'hui, la décision relative au pays où sera jugé Ablyazov reste à la France. Très probablement, compte tenu des allégations presque identiques d'un certain nombre de pays contre l'ancien banquier, les autorités françaises ne s'opposeront pas à son extradition dont la destination sera certainement l'Ukraine.

mardi 27 août 2013

Les affirmations disant que la Syrie mène une guerre chimique ont pour objectif de provoquer une intervention occidentale

Les accusations non fondées selon lesquelles le régime syrien du président Bachar al-Assad a perpétré une attaque aux armes chimiques près de Damas et qui a tué un grand nombre de civils présentent toutes les caractéristiques d'une provocation montée de toutes pièces visant à déclencher une intervention occidentale.
Des adversaires du régime d'Assad soutenus par l'occident ont fait état de l'attaque, mercredi matin de bonne heure, au moment même où une équipe d'inspecteurs de l'ONU chargés d'examiner l'utilisation d'armes chimiques allaient commencer leur travail. Ils avaient été autorisés, 72 heures plus tôt, par le gouvernement à se rendre en Syrie,.
 
En effet, selon les sources de l'opposition qui ont signalé les attaques chimiques, celles-ci ont eu lieu à l'est de Ghouta, dans la banlieue est de Damas, à quelques kilomètres à peine du lieu où se trouve le siège de l'équipe des inspecteurs de l'ONU.
 
Les rapports contradictoires initiaux concernant cette attaque supposée venir du gouvernement établissaient le nombre de victimes entre une vingtaine et 1.300.
 
Aucune des vastes couvertures médiatiques de ces allégations non vérifiées n'a expliqué pourquoi le régime d'Assad aurait choisi un tel moment pour déclencher des attaques chimiques à grande échelle – sous le nez des inspecteurs de l'ONU – ni quel motif il aurait eu pour le faire dans une situation où son armée a infligé une série de défaites aux « rebelles » qui sont soutenus par les Etats-Unis.
 
Néanmoins, les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN, principaux partisans de la guerre sanglante en faveur d'un changement de régime en Syrie, n'ont pas perdu de temps pour publier des condamnations et exiger une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui s'est tenue mercredi après-midi à huis clos à New York.
La Maison Blanche a publié un communiqué où elle déclarait être « profondément préoccupée par les informations que des centaines de civils syriens ont été tués dans une attaque des forces gouvernementales syriennes perpétrée en recourant à des armes chimiques. » Avec ses alliés à Londres et Paris, elle a demandé à ce que la séance du Conseil de sécurité et l'équipe de l'ONU se trouvant sur le terrain en Syrie ouvrent tous deux immédiatement une enquête sur ces informations.
 
Les partisans d'une intervention américaine directe dans la guerre civile syrienne sont allés plus loin. Le Washington Post s'est empressé de publier un éditorial sur son site web disant : « Si les allégations d'une nouvelle attaque massive sont confirmées, la faible mesure adoptée par le président Obama en juin, à savoir la livraison de petites armes aux forces rebelles, s'est avérée totalement inadaptée. »
 
Le journal conclut qu'Obama doit réagir aux attaques chimiques présumées en « ordonnant des représailles directes des Etats-Unis contre les forces militaires syriennes responsables et en adoptant un plan visant à protéger les civils du sud de la Syrie par une zone d'exclusion aérienne. »
 
Le gouvernement syrien et son armée, qui ont répété à maintes reprises qu'ils n'utiliseraient pas d'armes chimiques contre la population, ont démenti les accusations faites par des organisations soutenues par les Etats-Unis, tel que le Centre d'opposition syrien.
 
Le ministère des Affaires étrangères syrien a publié un communiqué soutenant que la coopération entre Damas et l'équipe d'inspecteurs de l'ONU « n'avait pas plu aux terroristes et aux pays les soutenant ce qui explique pourquoi ils ont avancé de nouvelles fausses allégations selon lesquelles les forces armées ont utilisé du gaz toxique dans l'arrière-pays de Damas. »
 
L'ambassadeur syrien à Moscou, Riyad Haddad, a dit à l'agence d'information russe ITAR-TASS que les accusations étaient fausses et visaient à reproduire le « scénario irakien, » c'est-à-dire une intervention militaire directe des Etats-Unis en Syrie.
 
« Nos forces armées n'ont jamais utilisé d'armes chimiques et toutes les concoctions montées de toutes pièces à cet égard visent à désorienter les observateurs internationaux et à faire dévier leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés, » a dit Haddad.
 
« Ce n'est un secret pour personne que toutes ces falsifications qui surgissent de temps en temps au sujet du recours aux armes chimiques ne sont rien d'autre qu'une tentative de réitérer le scénario utilisé par le passé concernant les armes de destruction massive en Irak, » a ajouté l'ambassadeur.
 
Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié les accusations d'une attaque gouvernementale aux armes chimiques de « provocation préméditée. »
 
Citant des sources anonymes en Syrie, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Aleksander Lukashevich, a affirmé que l'attaque aux armes chimiques à l'est de Damas était l'œuvre des « rebelles » eux-mêmes qui sont soutenus par les Etats-Unis.
 
« Une fusée de fabrication artisanale avec une substance toxique qui n'a pas encore été identifiée, et qui ressemble aux roquettes utilisées par les terroristes le 19 mars à Kahn al-Assal, a été tirée tôt le matin du 21 août à partir d'une position occupée par les insurgés, » a-t-il dit.
 
L'attaque de mars dernier à Khan al-Assal, près d'Alep, est l'un des incidents sur lesquels l'équipe d'inspecteurs de l'ONU est venu enquêter en Syrie. Le gouvernement a affirmé que cette attaque, qui avait tué 26 personnes dont 16 soldats du gouvernement, était l'œuvre de milices armées soutenues par l'Occident et combattant pour un changement de régime.
 
Ces forces se sont publiquement vantées d'avoir accès à des armes chimiques et d'être prêtes à en faire usage. A la fin de mai dernier, les médias turcs avaient rapporté que des membres du Front Al Nusra, milice affiliée à al Qaïda et qui est le fer de lance de l'attaque contre le gouvernement, avait été interpellés et qu'ils étaient possession d'une certaine quantité de gaz sarin.
 
Si l'on se demande à qui profite un tel crime, il est clair que ce n'est pas au régime d'Assad mais aux forces dirigées par les islamistes et qui combattent pour le renverser. Ces accusations de crimes de guerre perpétrés par le gouvernement syrien sont faites au moment où ces forces sont confrontées à une crise croissante et à une série de défaites militaires.
 
Le coup d'Etat en Egypte a contraint le Conseil national syrien à fuir ce pays pour aller se réfugier en Turquie au moment où la junte militaire égyptienne retirait l'aide qui lui avait été précédemment fournie par le président islamiste déchu Mohamed Morsi.
 
Les forces d'Al Nusra, force combattante dominante particulièrement dans le nord de la Syrie, se sont retrouvées elles-mêmes impliquées dans un violent conflit armé contre les milices kurdes qui s'opposent à l'empiètement des combattants islamistes syriens sur leurs villages. L'émergence des Kurdes en tant qu'importante force combattante dans la guerre civile syrienne et leur revendication d'autonomie ainsi que le flux de dizaines de milliers de réfugiés kurdes fuyant les combats dans l'Irak voisin, fait aussi réfléchir le gouvernement en Turquie qui redoute les retombées sur sa propre population kurde.
 
La dernière vague d'indignation internationale au sujet des armes chimiques syriennes avait eu lieu en juin dernier, après la défaite des forces soutenues par l'Occident, dans la ville stratégique de Qusayr, près de la frontière libanaise, et qui avait coupé une ligne d'approvisionnement clé des milices anti-régime. C'est en réponse directe à ces revers que le gouvernement Obama avait publié ses conclusions infondées selon lesquelles le gouvernement Assad avait utilisé des armes chimiques. Après avoir précédemment déclaré que le recours à de telles armes était « une ligne rouge » qui conduirait à un changement de la politique américaine en Syrie, le gouvernement Obama avait annoncé que son intention est de commencer à armer directement les « rebelles ».
 
Alors que les récentes allégations ont, comme on pouvait s'y attendre, entraîné des appels à une intervention militaire américaine directe, le commandement du Pentagone ne semble guère enthousiaste quant à une telle perspective.
 
L'Associated Press a fait état mercredi d'un courrier adressé par le président du Conseil des chefs d'état-major interarmées américain, le général Marin Dempsey, à un représentant démocrate du Congrès qui préconise une telle intervention, mettant en garde que ce serait contre-productif vu que les soi-disant rebelles ne serviraient pas les intérêts américains s'ils réussissaient à renverser Assad.
 
« J'estime que le côté que nous choisissons doit être prêt à promouvoir ses intérêts et les nôtres lorsque la balance penchera en sa faveur. Actuellement, ce n'est pas le cas, » a écrit Dempsey au membre du Congrès Eliot Engel de New York.
 
« Nous pouvons détruire la force aérienne syrienne, » a dit le général. « La perte de la force aérienne d'Assad anéantirait sa capacité à attaquer les forces d'opposition dans l'air mais elle intensifierait aussi et engagerait potentiellement davantage les Etats-Unis dans ce conflit. En d'autres termes, ce ne serait pas décisif sur le plan militaire mais cela nous engagerait de façon décisive dans le conflit. »
 
Le commandant américain conclut en disant: « Le recours à la force militaire américaine peut modifier l'équilibre militaire mais il ne peut pas résoudre les questions historiques ethniques, religieuses et tribales sous-jacentes qui sont en train d'attiser ce conflit. »
 
Sur ce point le général n'est pas honnête ; l'amer conflit sectaire en Syrie n'est pas simplement le résultat de questions « historiques sous-jacentes », mais bien plutôt la conséquence directe du conflit armé fomenté par l'impérialisme américain et ses alliés régionaux et de l'acheminement par leurs soins de dizaines de milliers de combattants islamistes étrangers dans le pays. La crise à laquelle ces forces sont actuellement confrontées n'a rien à voir avec des armements inadéquats mais plutôt avec l'hostilité grandissante de la population à l'égard du bain de sang sectaire qui est déchaîné en Syrie.
 
Par Bill Van Auken sur www.mondialisation.ca le 26/08/2013

Le CNNIC, qui gère le domaine .cn des sites internet chinois, a été la cible dimanche d'une attaque DDOS d'ampleur inédite, qui a paralysé ou ralenti une partie du web en Chine. L'origine de l'attaque et ses motivations restent inconnues.

 
Le CNNIC, qui gère le domaine .cn des sites internet chinois, a été la cible dimanche d'une attaque DDOS d'ampleur inédite, qui a paralysé ou ralenti une partie du web en Chine. L'origine de l'attaque et ses motivations restent inconnues.

Bien que largement inefficaces, les attaques DDOS sur les serveurs DNS restent une méthode courtisée par ceux qui se promettent naïvement de "casser Internet", en s'attaquant au système qui permet d'indiquer aux navigateurs comment contacter les sites web que l'internaute souhaite visiter. En Chine, le gestionnaire du nom de domaine de premier niveau .cn, qui gère les noms de domaine chinois, a ainsi dû subir dimanche une attaque de grande ampleur sur ses serveurs, ralentissant ou bloquant l'accès à des sites importants comme Weibo (le Twitter chinois), Amazon.cn ou la Banque de Chine.

Le CNNIC, l'organisme chinois responsable du .cn, a expliqué qu'il s'agissait d'une attaque de déni de service distribuée (DDOS), et assuré que l'accès au service avait pu être rétabli. Ce type d'attaques est généralement réalisée à partir d'une source très difficile à identifier, qui exploite des milliers voire des millions d'ordinateurs dits "zombies", infectés par un virus qui permet d'en prendre le contrôle à distance pour participer à une attaque coordonnée. Certains hackers louent ainsi des réseaux d'ordinateurs zombies (des botnets), en permettant au client de désigner la victime à la manière des tuages à gage.

Selon Tech In Asia, l'offensive aurait paralysé le registre pendant 13 heures, entre minuit et demi et 2 heures de l'après-midi. Dès 16 heures, une autre attaque débutait.

Si elles sont toujours spectaculaires lorsqu'elles réussissent, les attaques DDOS sur les serveurs DNS n'ont qu'un effet très limité. Localement, chaque fournisseur d'accès à internet conserve en effet sur ses propres serveurs une copie en cache des informations envoyées par les serveurs des gestionnaires de domaines de premier niveau. Par exemple lorsque vous visitez Numerama.com, c'est très certainement le serveur DNS de votre FAI qui indique au navigateur l'adresse IP de notre serveur principal. C'est uniquement lorsque le domaine demandé n'est pas connu, ou au moment de mettre à jour les registres, que les serveurs des gestionnaires sont sollicités.

Par guillaume Champeau sur www.numerama.com le 26/08/2013

 

Discussions autour d'une possible intervention en Syrie

Après avoir essuyé des tirs, les enquêteurs de l'ONU sont finalement parvenus à se rendre à Moadamiyat al-Cham, une localité au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles et cible mercredi, selon l'opposition, d'une attaque à l'arme chimique par le régime.

«Ils ont visité le centre du Croissant-Rouge où ils se sont entretenus avec des médecins» et avec «des personnes atteintes des effets des armes chimiques et des proches de martyrs», a déclaré Abou Nadim, un militant de la province de Damas.

Les experts de l'ONU ont pu recueillir dans deux hôpitaux des témoignages de victimes de l'attaque chimique, a indiqué le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon. Le conseiller fédéral Didier Burkhalter a rappelé que la Suisse était disposée à mettre les compétences en matière d'analyse du laboratoire de Spiez (BE) au service de cette mission.

Un peu plus tôt dans la journée, les experts de l'ONU avaient dû rebrousser chemin, le premier véhicule de l'équipe ayant «été délibérément touché à plusieurs reprises par des tirs de snipers non identifiés», avait indiqué un porte-parole de l'ONU dans un communiqué, en ne faisant état d'aucun blessé. Régime et rebelles se sont accusés mutuellement de ces tirs.

Sans l'aval du Conseil de sécurité

Répondant aux accusations sur un recours aux armes chimiques, le président Assad a estimé qu'il était «contraire au bon sens» de pointer du doigt son régime avant l'enquête. Il a aussi prévenu qu'en cas d'intervention militaire, «les Etats-Unis essuieraient un échec».

«Les menaces occidentales de frappe contre la Syrie entrent dans le cadre des pressions psychologiques et politiques (...), mais nous sommes prêts à faire face à tous les scénarios», a par ailleurs affirmé un haut responsable au sein des services de sécurité syriens. Ces déclarations sont intervenues en pleines tractations sur une possible action militaire étrangère.

Le chef de la diplomatie britannique William Hague a estimé qu'il était «possible» de répondre à l'usage d'armes chimiques sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, tout en refusant de «détailler les options militaires» envisagées par les Occidentaux.

Redisant sa conviction que le régime avait utilisé des armes chimiques le 21 août, il a jugé qu'une intervention serait possible pour des motifs de «détresse humanitaire».

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a déclaré pour sa part que les forces américaines étaient prêtes à agir si nécessaire. «Il y a des signes forts en direction de l'utilisation d'armes chimiques» par le régime syrien.

Pour le chef de la diplomatie française Laurent Fabius, les pays occidentaux décideront d'une réaction «arbitrée dans les jours qui viennent», tandis que la Turquie s'est dite prête à rejoindre une coalition contre la Syrie, même sans consensus à l'ONU.

Mise en garde

Selon des experts, les pays occidentaux pourraient mener des frappes chirurgicales contre des intérêts stratégiques, sans pour autant s'engager dans une intervention de longue durée.

Mais la Russie, puissante et fidèle alliée du régime, a mis en garde contre une intervention militaire sans aval du Conseil de sécurité de l'ONU, estimant qu'elle serait «dangereuse». Son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, a souligné que les Occidentaux étaient incapables de fournir des «preuves» concernant l'utilisation présumée d'armes chimiques.

Autre allié du régime syrien, l'Iran a mis en garde les Etats-Unis contre de «dures conséquences» en cas d'intervention, alors qu'un groupe palestinien proche du régime syrien, le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général, a menacé de représailles.

De son côté, l'Irak est opposé à l'utilisation de son espace aérien ou de son territoire pour toute opération contre la Syrie, a indiqué un porte-parole du gouvernement.

Lundi, de hauts responsables militaires de pays occidentaux et musulmans doivent entamer une réunion de deux jours en Jordanie pour discuter «des scénarios» possibles après les «dangereux développements» en Syrie, selon Amman. Cette réunion rassemblera entre autres le chef d'état-major inter-armées américain, le général Martin Dempsey.

Route d'approvisionnement coupée

Sur le terrain, les rebelles ont marqué un point en coupant la seule route d'approvisionnement de l'armée vers la province septentrionale d'Alep, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des bombardements du régime sur la Ghouta orientale ont par ailleurs fait six morts dont deux enfants, selon cette ONG qui s'appuie sur un réseau de militants et sources médicales. 

Sur www.tdg.ch le 26/08/2013

vendredi 23 août 2013

Ablyazov sera extradé ... mais où ?

L'enquête autour des manigances de l'ancien banquier kazakh Mukhtar Ablyazov continue. Il a été arrêté en France à la demande de la partie ukrainienne. Toutefois, se pose la question de sa recherche par un certain nombre de pays, dont le Kazakhstan et la Russie. Les réclamations contre l'ancien chef de la Banque BTA viennent également d’investisseurs internationaux, dont plusieurs grandes banques en France.

La liste des victimes de Mukhtar Ablyazov s’étale sur plusieurs pages. Parmi les grandes institutions financières qui ont perdu des millions de fonds se trouvent les banques françaises «BNP Paribas», «Société Générale», «BRED Banque Populaire» et «Crédit Agricole». Au total, selon les estimations d'un certain nombre de chercheurs, le montant total des dégâts infligés aux prêteurs du monde entier serait de plus de 6 milliards de dollars.


Aujourd'hui Mukhtar Ablyazov peut être considéré comme l’un des plus grands manipulateurs financiers du monde. A titre de comparaison, Bernard Madoff a pu détourner à travers les hedge funds 65 milliards. Mais il l'a fait en plus de 25 ans. Ablyazov en a détourné moins mais dans une période de cinq ans.


Actuellement, la Cour française se prononce sur la possibilité d’extrader Ablyazov. Très probablement, cela n'arrivera pas avant le printemps prochain, et il pourrait être extradé vers l'Ukraine car la France a reçu une demande de Kiev. Cependant, l'ex-banquier intéresse aussi la Russie, le Kazakhstan et le Royaume-Uni, où Ablyazov a été condamné à 22 mois de prison.


Soit dit en passant, c'est le jugement britannique qui a forcé Paris à prendre la décision d'arrêter l'ex-banquier. « Ablyazov a non seulement refusé d'appliquer les arrêts de la Haute Cour de Londres, mais il a fui le pays et donc prouvé qu'il est une personne qu’il n'est pas recommandé de laisser en liberté étant donné la forte probabilité qu'il cherchera à échapper à la justice », a déclaré récemment Paul Prosyankin, un membre du conseil d'administration de BTA Bank.


Compte tenu du nombre de personnes prêtes à mettre en prison l'ex-banquier, l’organisation internationale relative aux droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités françaises à ne pas extrader Ablyazov à Astana, en déclarant que le banquier est « reconnu comme un réfugié ».


En effet, deux ans auparavant, la Grande-Bretagne a accordé l'asile politique à Ablyazov. Cependant, cet asile lui a été accordé longtemps avant que les procédures pour fraudes soient ouvertes à Londres. Au cours de l'année écoulée, les tribunaux britanniques ont adopté un certain nombre de décisions pour un remboursement d'environ 3,7 milliards de dollars à la BTA au Kazakhstan. En fait, tous les avoirs d’Ablyazov au Royaume-Uni ont été bloqués.


Compte tenu des récents événements et la décision de la Haute Cour de Londres d’arrêter Ablyazov, la Grande-Bretagne pourrait bien demander l'extradition du banquier vers elle. Mais il faudrait revoir le statut de réfugié politique.


Il y a encore une nuance. Le statut de réfugié politique a été accordé à Ablyazov après ses déclarations relatives à sa motivation politique et son opposition directe et personnelle aux autorités kazakhes. Cependant le tribunal anglais a rejeté les arguments d’Ablyazov selon lesquels les exigences de la banque contre lui sont politiquement motivées ( les accusations formulées par le Kazakhstan à Ablyazov, proviennent des exigences de la Banque BTA).


Cependant, Ablyazov n’est pas le premier à réaliser des opérations politiques afin de couvrir une fraude financière. Une position similaire est maintenant partagée par un certain nombre d'autres anciens hauts fonctionnaires ou chefs d'entreprise qui ont fui le pays par crainte d'être arrêtés pour corruption ou fraude.


Ainsi, le plus célèbre d'entre eux est maintenant l'ex-ambassadeur du Kazakhstan en Autriche Rakhat Aliev. Des enquêtes sont en cours contre lui (et sa famille) non seulement au Kazakhstan, mais aussi dans un certain nombre d'autres pays (y compris européens). L’objet de ces enquêtes est le même, des milliards de dollars de fonds blanchis, sortis illégalement du Kazakhstan et déposés en Europe. Immédiatement après son départ du pays, Aliev lui aussi a été « un adversaire implacable du régime » et peut-être le chef en exil de l'opposition kazakhe. Cependant l’opposition kazkhstanaise ne l’a pas acceptée dans ses rangs car Aliev est soupçonné de blanchiment d'argent, de fraude, de corruption, ainsi que d’assassinat.


Un autre « ennemi du Kazakhstan » est Viktor Krapunov, l'ancien maire de la plus grande ville du pays, Almaty. Bénéficiant d'une haute position dans la fonction publique, il a littéralement donné à ses proches pour pas grand-chose des terrains publics avec des permis de construire. En conséquence aujourd'hui, la famille Khrapunov qui vit en Suisse, est sur la liste des personnes les plus riches de ce pays.


Et comme Ablyazov et Aliev, en fuyant à l'étranger, Krapunov a déclaré que les désaccords avec les autorités kazakhes sont fondées uniquement par des raisons politiques. Cependant aujourd'hui, les comptes de Khrapunov ont été gelés, ainsi que ceux des messieurs ci-dessus. En Suisse il est sous le coup d’une enquête pour blanchiment d'argent.


Pour revenir sur le cas d’Ablyazov, il faut dire qu’apparemment en Europe, le banquier fugitif encoure une peine beaucoup importante en Europe que dans son pays natal. Ainsi, selon les charges dictées par le Kazakhstan, Ablyazov peut avoir une peine maximale de 13 ans avec confiscation des biens. Ainsi, il a été inculpé pour la création et d'administration d’un groupe criminel, détournement de fonds, blanchiment d'argent, utilisation illégale de fonds de la banque, et ainsi de suite.


Actuellement, cependant, sur les faits de détournement de fonds de la BTA Bank, 8 affaires criminelles ont été ouvertes. Des enquêtes ont été ouvertes contre Ablyazov et d'autres anciens dirigeants de la banque soupçonnés d’avoir participé au complot et aux gang des banquiers. Le montant total des dommages-intérêts (y compris l'octroi de crédits irrévocables à ses entreprises offshore) est de plus de 317 millions de dollars.


On estime que les dégâts infligés à la BTA Bank, s’élèvent à plus de 6 milliards de dollars. Le montant des «dommages collatéraux» reste inconnu (bénéfices des entreprises dévastées par Ablyazov, déficit de taxes versées à l'Etat, etc.).

Quatre roquettes ont été tirées du Liban vers Israël

Quatre roquettes ont été tirées jeudi 22 août de la région de Tyr, dans le sud du Liban, vers Israël, a-t-on appris auprès de sources israélienne et libanaise. Selon l'armée de l'Etat hébreu, Israël aurait intercepté un des engins grâce à son système de défense antimissile "Dôme de fer". Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a menacé : "Nous frapperons quiconque tente de nous faire du mal".

L'attaque a été revendiquée sur Twitter par un responsable des brigades Abdallah Azzam, un groupe lié à Al-Qaida qui avait déjà revendiqué des attaques similaires contre l'Etat hébreu en 2009 puis 2011.

Selon le quotidien israélien Haaretz, les trois autres roquettes n'auraient pas atteint le sol israélien mais seraient tombées dans la mer ou en territoire libanais. Aucun mort ni blessé n'ont été recensés. L'armée libanaise a découvert après l'attaque quatre plateformes en bois ayant été utilisées pour les lance-roquettes dans la région d'Al-Haouch à environ 20 km de la frontière avec Israël.

L'explosion a été entendue jusque dans le nord de l'Etat hébreu, près de la ville côtière de Naharia, après que les sirènes eurent retenti dans la région, ont indiqué des témoins. L'armée israélienne continue de mener l'enquête pour connaître les circonstances exactes de l'explosion.

Il y a deux semaines, quatre soldats israéliens avaient été blessés suite à une explosion proche de la frontière libanaise.

Toujours officiellement en guerre, Israël et le Liban ne partagent pas de frontière. Une zone est délimitée par la "Ligne bleue" tracée en 2000 par l'Organisation des Nations unies après le retrait des troupes israéliennes, un secteur entièrement miné depuis qu'il est le terrain d'affrontements entre l'Etat hébreu et le mouvement chiite libanais, le Hezbollah.

Sur www.lemonde.fr le 22/08/2013