mercredi 11 septembre 2013

Ablyazov : en attente de la décision de son extradition

Dans la cinquième République française, la presse parle depuis plusieurs jours du fugitif oligarque asiatique, Mukhtar Ablyazov, accusé de plusieurs crimes retentissants.

La population locale a eu de la chance que ce fugitif ait été arrêté en France. Les hommes politiques français, les représentants de la justice et les citoyens ordinaires ont eu la chance unique de découvrir la pièce de théâtre appelée Ablyazov Show, avec les acteurs itinérants les plus médiocres.


Dans le rôle principal, Mukhtar Ablyazov, le méchant héros ainsi que l'héros amant, qui se masque dans un personnage à l'image positive. Le second rôle est tenu par son avocat, Bruno Rebstock. Dans l'histoire, la communauté démocratique est séduite ou trompée par l'oligarque. Sa caractéristique principale est d'être un sujet interactif qui maintien l'intérêt. Après tout, le personnage principal pouvait ne pas monter sur scène dans le deuxième acte. L'avocat a demandé de le laisser partir libre avec une caution importante.

 

La défense a même accepté qu'un bracelet électronique soit porté. Cependant, le tribunal français a rejeté la demande de mise en liberté, préférant voir la représentation jusqu'à la fin. Cette décision a été prise par la Chambre d'Aix-en-Provence qui a mené l'enquête.


Bruno Rebstock, l'avocat de l'homme d'affaires a bien sûr essayé de maintenir la dignité de son client, et de traiter les événements en sa faveur. Selon l'avocat, « la Cour n'est pas convaincue que la sécurité d'Ablyazov sera mieux assurée s'il était libéré ».


On peut imaginer que le personnage principal ne voulait pas retrouver la liberté mais insister pour qu'il soit gardé jour et nuit dans le meilleur endroit pour cela, la prison locale évidemment.


Mais il y a une autre explication à cela, à savoir que le tribunal a jugé insuffisante l'assurance que M. Ablyazov, s'il est libéré, ne quittera pas le territoire de la France. Et cette version est plus proche de la vérité.


On sait qu'il n'y a pas longtemps, l'oligarque fugitif avait ouvertement menti et trahi la confiance de la justice britannique. Au Royaume-Uni, dans les procédures civiles engagées par des créanciers réclamant à Ablyazov le remboursement de cinq milliards de dollars volés, il a été condamné à 22 mois de prison pour outrage au tribunal. Le passeport de l'oligarque a été confisqué et, tout était en place pour qu'il purge sa peine, mais le défenseur a considéré qu'il serait en danger de mort dans une prison anglaise, et a décidé de s'enfuir.


En conséquence, toutes ses demandes ont été rejetées par la justice française laquelle aujourd'hui se rapproche de la saisie de ses biens. Ce processus est entravé par le fait qu'à la tête de ses nombreuses entreprises se trouvent des hommes de paille.


Ce criminel, dont le visage orne le site d'Interpol dont les limiers l'ont si activement recherché et creusé la terre avec tant de zèle que l'oligarque fugitif s'est blotti dans le coin le plus éloigné de la planète et a fait le mort. Il se cachait, se promenait sur la Côte d'Azur, près de Cannes, au milieu des nombreuses forces de l'ordre, comme si de rien n'était. Il a fait le mort dans une immense villa qui rappelle une forteresse dans une petite ville. Auparavant, Ablyazov aurait même pris le temps de voyager à travers l'Europe, bien sûr par les routes les plus isolées afin d'éviter d'attirer l'attention d'Interpol. Il se serait même collé une moustache, un front proéminent et une mèche épaisse.


Enfin le bonhomme a été rattrapé, ni le déguisement, ni les faux passeports ne l'ont aidé. Ablyazov a fini sur la paillasse d'une prison grâce à la traque dont faisait l'objet sa maîtresse, laquelle représentait les intérêts de l'oligarque devant la Cour d'Angleterre.


Et que s'est-il passé ensuite ? La presse française a répandu son venin et sa colère contre les autorités officielles. Le problème est qu'Ablyazov est considéré comme un objecteur de conscience. Et puis ça a commencé. De même, un puissant lobby conçu pour façonner l'opinion publique affirme d'une part qu'Ablyazov est poursuivi pour des raisons politiques, et que d'autre part, on ne peut pas le livrer à l'Ukraine, la Russie et le Kazakhstan, Etats qui exigent son extradition.


Nous avons essayé de comprendre pourquoi il y a tant d'histoires à propos d'Ablyazov disant qu'il est poursuivi pour des raisons politiques, malgré le fait qu'il y ait un acte criminel. Et d'un point de vue politique, quelle relation entretiendrait-il avec  l'Ukraine et la Russie, dans la mesure où nous savons qu'il est un citoyen de la République du Kazakhstan ?


Il s'avère que dans la République du Kazakhstan, il était un homme d'affaires et l'un des organisateurs du parti politique DVK. C'était le parti des hommes d'affaires, une sorte de refuge contre les attaques du bureau du procureur et d'autres organismes d'inspection. Pour cet homme d'affaires dont les mains n'étaient pas propres, haut fonctionnaire dans des postes gouvernementaux ayant laissé la trace de ses mauvais pas, ce parti servait de protection. Mais ce refuge politique ne l'a pas toujours sauvé. En 2002, il a été condamné à 6 ans d'emprisonnement sur des accusations de constitution d'un groupe criminel, d'abus de pouvoir et d'activités commerciales illégales. Cependant, il est très vite sorti par amnistie et pardon du président. Les autorités kazakhstanaises ne cherchaient pas à garder la terrible opposition en prison.


Quand il est sorti de prison, Ablyazov a continué sa carrière dans les affaires, en prenant la tête de l'une des principales banques du Kazakhstan, la BTA Bank. Les fonds de l'institution financière ont permis de lancer des activités intenses en Russie et en Ukraine, en faisant transiter l'argent via des comptes bancaires offshore et en participant à de nombreuses escroqueries. Après avoir mis la banque au bord de la faillite, l'Etat fut contraint d'intervenir.


C'est pour cela qu'il est recherché aujourd'hui. Non pas parce qu'il est un membre éminent de l'opposition, mais parce qu'il est le plus grand voleur de tous les voleurs. De plus, la Russie et l'Ukraine ne s'inquiète pas de savoir qui il est. Car pour eux, il est avant tout un criminel.


Toutefois, la «Société démocratique» insiste pour qu'en aucun cas, l'extradition d'Ablyazov ne soit autorisée dans ces pays, car ils sont liés au Kazakhstan. Est-ce que dans le sillage des pseudo-démocrates, les autorités françaises qui ont à cœur le principe de l'inévitabilité de la punition, montreront le deuxième acte, prévu au début de septembre ? Mais aujourd'hui, nous pouvons dire que par le refus de la mise en liberté d'Ablyazov, en France, la Cour a exprimé sa méfiance à son égard, ce qui est déjà lourd de conséquences pour lui.

 

 

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