dimanche 9 février 2014

L'Europe est une zone de danger pour les oligarques !

Comme vous le savez, la justice française a décidé d'extrader l'ancien chef de la Banque BTA Mukhtar Ablyazov. En outre, le tribunal a accordé la requête déposée par deux pays (Ukraine et Russie), donnant la priorité à la Russie "étant donné la gravité plus élevée des infractions".

M. Ablyazov a été arrêté en juillet 2013 sur la Côte d'Azur à la demande de l'Ukraine. La partie russe a déposé une demande d'extradition un peu plus tard. Cependant, pour prendre sa décision, le juge n’a pas regardé qui a déposé sa demande le premier, mais qui a subit le plus de perte à cause d’Ablyazov.

Le Kazakhstan, pays le plus touché par les actions de l'ex- banquier n'a pas demandé son extradition car entre Astana et Paris il n’y a aucun accord d'extradition. La décision de condamner Ablyazov dépendra de la justice de la Russie. Cependant, il est possible que le banquier aille en prison dans chacun de ces pays, l’un après l’autre, d'abord en Russie, puis au Kazakhstan.

Il convient de noter que depuis 2009, la Russie, le Kazakhstan et l'Ukraine exigent l'extradition du fugitif banquier kazakh Ablyazov, l'accusant de fraude contre les plus grandes banques de ces pays et de malversations financières totalisant plus de 10 milliards de dollars. En février 2012, la Haute Cour de Londres a condamné l'ex- banquier à 22 mois de prison, par ordonnance de la Cour, pour outrage à magistrat. Cependant Ablyazov a choisi de prendre la fuite. Le 9 janvier de cette année, la justice française a pris la décision de l’extrader de la France vers la Russie, où ont été ouverts une douzaine de dossiers criminels relevant de la catégorie des crimes économiques graves.

Notons qu’il n’y a pas qu’Ablyazov dans ce cas. Ce cas est un exemple unique et donne à réfléchir sur ce qui a changé et est en train de changer dans l'Union européenne dans ce domaine. Une chose est claire : les Européens se détournent progressivement des mécanismes simples et éprouvées au fil des ans, permettant à des pseudo «dissidents», des gens normaux, des voleurs et des escrocs d’envergure universelle, de trouver refuge dans les pays européens.

Par exemple, en 2001, les autorités françaises ont refusé d'extrader Michael Jivilo, l'ancien propriétaire de l’aluminerie de Novokuznetsk en Russie. Son cas a été associée à l'une des principales accusations pour fraude financière, détournement de fonds entre lui et Oleg Deripaska. La politique n'était pas le problème. Néanmoins, en 2005, Jivilo a réussi à obtenir de la France, le statut d’asile politique.

"Pourquoi cela ne se passe plus comme ça maintenant ?" se demandent de nombreux membres de l'opposition dans la CEI". Pourquoi la France, qui a jusqu'à récemment été guidé dans sa politique envers les réfugiés politiques selon la devise « Qui est venu à nous, reste chez nous », a tout à coup renoncé à celle-ci ?

En effet , pourquoi sont-ils devenu plus souple dans les questions d'extradition des oligarques en fuite ? Pour tout et n'importe quoi, sauf la " perspicacité et la connaissance " ... Parce qu’en toute franchise, avant les pays européens voyait un avantage économique à recevoir des voleurs en fuite qui ont fait entrer des capitaux et ainsi contribué au bien-être de l’Europe. Très probablement, la tendance actuelle dans l'UE est de mettre en balance les questions stratégiques les plus importantes avec les questions politiquement moins " glissantes " avec la CEI. Naturellement , dans certains cas, la pression économique est présente. Comme on dit, il n’y a rien de personnel, c'est une politique qui pendant des siècles a été fondée sur le pragmatisme.

Naturellement, cette approche fait peur aux «oligarques» et les obligent à faire appel activement à la conscience civique, et à se présenter comme membre de l'opposition, bien entendu pour préparer la voie à une retraite.

Par exemple, les Français sont actuellement sous une pression politique et médiatique. Les média font pression afin de rallier l'opinion publique à l’idée qu’Ablyazov représente la « démocratie ».

Dans les pages des journaux européens, les partisans d’Ablyazov crient « crachez dans les yeux de ceux qui crient qu’Ablyazov est un escroc. Il est un homme d'affaires de Dieu, qui a réussi à faire de sa banque, l'une des meilleures de l’espace postsoviétique ».

Pour une raison quelconque, les auteurs de ces déclarations n’ont pas mentionné qu’Ablyazov « a également eu l'imprudence d'organiser des attaques terroristes à Alma-Ata (la plus grande ville du Kazakhstan) et des émeutes faisant de nombreuses victimes parmi la population civile à Janaozen et dans village Shetpe dans l’Ouest du Kazakhstan en 2011. Par ailleurs, il a laissé tombé de nombreux investisseurs de ses filiales au Kazakhstan, en Russie et en Ukraine en volant tout leur argent, sans rien laisser sur leurs comptes et s’est enfuit à Londres ».

Il y a beaucoup d'opinions et d’explications sur la situation autour d’Ablyazov et de son entourage. Cependant, la meilleure opinion sur ses actes a été  donnée par l’un de ses «pairs», M. Akejan Kajegeldin vivant à ce moment à Londres.

Dans une interview à une chaîne de télévision occidentale, il a dit : « Ablyazov a eu l'occasion de faire du système judiciaire du Royaume-Uni, une forteresse pour lui-même. Mais après que la Haute Cour de Londres a condamné Ablyazov à 22 mois de prison pour outrage au tribunal, il a été constamment en fuite. Malgré le fait que son passeport a été remis à la cour de Londres, il a fui le pays, profitant d’un passeport "de rechange". Si Ablyazov ne se comportait pas comme un criminel international particulièrement dangereux, les choses pourraient être complètement différente ... "

Les avocats d’Ablyazov et le banquier fugitif lui-même essaient de tourner sa fuite comme une persécution politique. Ni les français, ni le bureau du procureur britannique, ni la cour elle-même, n'ont considéré que cette affirmation est fondée, estimant que Ablyazov essaye juste d’échapper à la prison.

Aucun commentaire: