jeudi 29 mai 2014

Une erreur de procédure reporte l'extradition d'Ablyazov

A chaque fois que l’on entend parler du fraudeur international Mukhtar Ablyazov, la réalité est déformée. Pour les habitants européens non habitués, découvrir ce personnage peut être un véritable choc. Ce n’est pas tous les jours que l’on peut trouver un loup autoritaire dans la peau d’un « agneau démocratique ». Pendant ce temps, la carte maîtresse de l'oligarque est perdue, le Royaume-Uni l'a privé du statut de réfugié politique.

L'image de cet homme formée sur le net est controversée et a cumulé beaucoup de rumeurs et de supputations. Sous ce tas d’épluchures d'informations, il n’est pas possible, dans l’immédiat, de faire toute la lumière.

L'un des faux masques d’Ablyazov est un démocrate et un combattant pour la vérité. Cette image est exagérée par certains payant les médias et transformant Ablyazov en un quasi-héros populaire, défenseur de tous les orphelins et les nécessiteux. Si vous prenez les thèses orientées, le tableau est le suivant : Ablyazov a dirigé l'une des principales banques du Kazakhstan, et en parallèle a financé l'opposition, mais incapable de résister au système, il s'enfuit à Londres où il a obtenu l'asile politique.

Mais si l’on regarde de façon objective, en s'appuyant uniquement sur les faits, une image très différente émerge. Tout d'abord, parlons de l’affaire politique d’Ablyazov. Le magnat criminel a créé un parti politique exclusivement pour protéger sa propre fraude financière et manipuler les masses. Si c'est une démocratie, c’est une démocratie déformée parce que le principal objectif d’Ablyazov était de se protéger de poursuites. L’homme d'affaires, dès le premier jour, a joué un sale jeu et ensuite, alors devenu banquier, a continué sur un nouveau niveau international.

Ablyazov a essentiellement pillé sa banque, sortant des actifs vers des plateformes offshores, pour un total d'environ 5 milliards de dollars. Cela a été confirmé par la Haute Cour de Londres et le délinquant a été condamné à 22 mois de prison, mais il aurait pu avoir plus, si l' affaire a été plaidée sur le plan pénal. Une procédure civile a été engagée, afin de ne pas faire de « l'ombre au tableau » et de ne pas donner la possibilité à Ablyazov, d’accuser le demandeur d’avoir une motivation politique. Le demandeur est la "BTA Bank", qui a subi les effets d’actes criminels.

Dans cette situation se trouve encore une déformation de la réalité. Certains médias ont commencé à accuser la justice du Royaume-Uni de s’être compromise. Et, profitant de cette affaire, Ablyazov s’est subrepticement enfuit en France. Cependant, quelque temps plus tard, il a été arrêté dans une villa sur la Côte d' Azur sur la base d'un mandat international d'Interpol.

Le bruit qui a été fait par les médias contrôlés par Ablyazov, a généré la troisième vague de guerre de l'information sur les actifs de l’oligarque. Les sujets étaient les mêmes : Ablyazov est un démocrate victime des régimes autoritaires. A ce moment, outre la Russie, l'extradition d’Ablyazov a été demandé par l'Ukraine et le Kazakhstan. Il faut remarquer que les affaires sombres de l’oligarque intéressent également d'autres Etats, en particulier, les activités des filiales d’Ablyazov intéressent les polices de Chypre, de Hongrie, de Lettonie, d’Irlande, de Finlande et d'autres pays.

Cependant, cela n'a pas empêché la pression des média privé dits " démocratique " sur la justice française pour demander une libération d’Ablyazov sous caution. Mais Paris a résisté. En grande partie "grâce" à la jurisprudence de Londres, lorsque le magnat a fui la justice britannique.

En décembre 2013, le procureur général français a fait appel auprès de la cour d'appel d'Aix-en-Provence afin d’accéder à la demande de l'Ukraine et de la Russie pour extrader le criminel. Et au début de janvier 2014, Ablyazov a presque eu un "billet " d’extradition pour Moscou.

Et c’est commencé ! Les médias Pro-Ablyazov ont immédiatement organisé une nouvelle série de contre-propagande. Cette fois, ils ont essayé de tout faire pour empêcher l'extradition de l'oligarque, qui serait « une menace pour sa vie ou sa santé ".

Ils ont rappelé que Ablyazov a encore un statut de réfugié politique en Grande-Bretagne. Bien que cela soit une absurdité totale. Premièrement, Paris c’est Paris, Londres c’est Londres ! Deuxièmement, cet atout d’Ablyazov a été battu en brèche par les Anglais eux-mêmes. En janvier, l'oligarque a été officiellement informé par les autorités d'Albion de leur intention de révoquer ce statut. Cette menace a été accompli tout récemment.

Peter Sahlas, l’avocat du banquier fugitif a immédiatement dit que la décision a été prise illégalement et de façon déraisonnable, et qu’apparemment, le Royaume-Uni a été victime d'une campagne de désinformation. Mais c’est bien sûr ! Après tout, cet oligarque fugitif est une personne "clean". Il a été jugé pour rien. Et le naïf Royaume-Uni n’a pas compris ce qui se passait. Mais bien sûr, 3 ans ne sont pas suffisants pour comprendre.

Généralement, c’est la "signature" d’Ablyazov d’accuser ouvertement un état entier. Le Royaume-Uni a connu une saga judiciaire dans laquelle un escroc financier a été accusé, jugé, condamné, et même alors les avocats de l’oligarque ont eu l’audace de parler de l'innocence de leur client. Ce sont vraiment des avocats du diable !

Cependant, à l'heure actuelle la campagne d’information en faveur d’Ablyazov ressemble bien à un bruit insignifiant, sans poursuivre d’objectifs mondiaux. Sur tous les points stratégiques, Ablyazov a perdu et est maintenant en confrontation tactique pour empêcher son extradition hors de la France. L’oligarque fugitif veut un environnement confortable, et cela se comprend.

Compte tenu des actifs solides d’Ablyazov, il est servi par les meilleurs avocats qui, par tous les moyens, font ralentir les procédures juridiques en recherchant les moindres détails. Ils utilisent toujours les mêmes astuces. En conséquence, début avril, la Cour de cassation de Paris a annulé la décision d'extradition d’Ablyazov et renvoyé l'affaire devant le tribunal d'Aix-en-Provence.

Mais cela ne signifie pas que les français ont décidé de ne pas extrader Ablyazov. Paris est très sensible à toute tentative de pression indue, et a déjà déclaré à l’oligarque que ses « tentatives d'intimidation de la justice française » ne réussiront pas.

La raison principale de la décision du tribunal de reporter l'extradition vient seulement d’une erreur d’organisation. Son essence vient que sur l'un des protocoles officiels, il manque la signature de l'accusé. Mais cette décision n'affecte pas les causes et la nature des décisions prises par le tribunal d'Aix-en-Provence. Bien que les média d’Ablyazov ont essayé d’amplifier au maximum l’impact de cette négligence, ils ont échoué. Il convient de noter que la même chose a été observée dans un tribunal de Londres qui s'est terminée par l’événement déjà cité.

Tout cela n'est rien de plus qu'une autre tentative pour gagner du temps. Le scénario est connu, le résultat est prévisible.

Aucun commentaire: