mercredi 18 juin 2014

Rakhat Aliyev vient d'être arreté

Dans l'Union européenne, il a finalement été compris que chaque oligarque est un démocrate, et non que chaque démocrate doit être un oligarque. Une autre arrestation de grande envergure dans la capitale de l'Autriche a été celle de l'ancien milliardaire et haut fonctionnaire du Kazakhstan Rakhat Aliyev qui a marqué une nouvelle tendance importante, l'Occident a cessé de protéger les criminels de l'Est en fuite.

La démocratie est un élément clé du gouvernance, mais face aux voleurs riches et sans scrupules de la Russie, du Kazakhstan et d'autres pays, elle a trouvé un point faible. Plus précisément, n'importe quel fugitif pourrait se présenter comme le gardien des valeurs démocratiques, avec beaucoup d'argent ce n'est pas difficile, et cela permet de bénéficier soit d'indulgence soit d'un sursis très important. Ce sursis est mis à profit pour brouiller les pistes, les criminels utilisent des campagnes de presse en leur faveur, pour façonner l'opinion publique dans la bonne direction et ainsi mettre la pression sur les autorités.

L'exemple de Rakhat Aliyev, ainsi qu'un autre oligarque kazakh en fuite Mukhtar Ablyazov, montre combien il est difficile de comprendre l'essence de ces questions et combien il est difficile à démêler le nœud gordien imbibé de mensonges et de corruption.

Mais il est important que la société européenne a toujours appris à séparer le bon grain de l'ivraie et l'enquête, bien que menée lentement et même à petits pas, touchera au but.

L'arrestation de Rakhat Aliyev, récemment connu sous le nom Shoraz, symbolise un Rubicon d'une nouvelle étape de l'enquête. En parlant plus simplement, Aliyev est coincé. Sinon, pourquoi se serait-il livré volontairement à la police exprimant un désir actif de coopérer avec l'enquête. Un bref rappel à propos des exploits passés de ce personnage est très intéressant du point de vue de la recherche criminelle. Au Kazakhstan, il a été condamné à environ 40 ans de prison pour enlèvement, assassinat, attaques, raquettes et une tentative de coup d'Etat. Il a fui en Autriche puis à Malte, en se présentant comme un réfugié politique.

L'Europe pour qui la présomption d'innocence est un fondement inébranlable de la justice, a refusé d'extrader Aliyev vers le Kazakhstan, en essayant elle-même de comprendre qui est ce genre d'homme. En entrant plus profondément dans affaires de l'oligarque, on ne peut s'empêcher d'éprouver un grand intérêt, lequel manquait au travail de détective Pinkerton.

En 2011, l'Autriche a commencé une enquête sur l'assassinat de banquiers kazakhs. C'est en fait, pour cette affaire que l'oligarque et a été placé en détention. Mais pourquoi pas plus tôt ?

« L'affaire est très compliquée et problématique », a dit le représentant du bureau du procureur autrichien. Il faut ajouter que cette affaire attire des spécialistes du FBI.

Une enquête parallèle contre Aliyev s'est tenue à Malte. Le 6 juin 2013, le juge maltais Michael Mallia a ouvert contre l'oligarque un dossier criminel. Celui-ci a reconnu les allégations fondées portées contre lui par le procureur général de Malte sur la base de la demande du cabinet d'avocat Berlinois Dankert Spiller Richter Bärlein (DRSB). Nous parlons de blanchiment de millions d'euros. L'enquête porte sur un grand nombre de pays, dont l'Allemagne. En Allemagne, l'affaire contre Aliyev a été lancée par le procureur Krefeld.

On ne peut pas dire qu'Aliyev n'a pas cherché à s'échapper. Le fait est que ce délinquant a paniqué. Cela se comprend par le nombre de fois où il a dernièrement changé d'avocats. En outre, lorsque il y a eu une odeur de "souffre", il a essayé d'obtenir la citoyenneté de Chypre. Mais l'affaire a reçu une large attention internationale et même des milliards de sacs d'argent ne résoudront pas le problème. Au lieu de Chypre, le destin l'amène à Vienne, où il polit aujourd'hui le banc de la prison.

Mukhtar Ablyazov,  un autre oligarque polit le même banc en France. Et apparemment, lui et son affaire sont encore pire. A l'horizon, il a la perspective d'avoir prochainement un voyage à Moscou, qui cherche l'extradition du fugitif.

Tout récemment, la cour d'appel de Lyon a accordé la demande du procureur général de la Russie pour autoriser ses représentants à participer à des audiences pour examiner les demandes d'extradition d'Ablyazov. Cela réduit les chances de l'oligarque, déjà dérisoires, de gagner.

En janvier de cette année, la Cour d'appel d'Aix-en-Provence a déjà tranché la question de son extradition en Russie. Mais plus tard, la décision a été infirmée pour des raisons de forme. Ce n'est pas pour rien qu'Ablyazov paye ses avocats, car ils ont trouvé un vis de forme dans les documents. Néanmoins de fait, la justice française a déjà décidé du sort d'Ablyazov. Il ne reste plus qu'à le mettre en œuvre de plein droit. Le procureur français a par ailleurs s'est déclaré favorable à l'égard de la possibilité de sa sortie du pays.

Les avocats de la défense mettent bien évidemment des bâtons dans les roues. Ablyazov lui-même ne perd pas de temps non plus en poursuivant la guerre de l'information pour obtenir sa liberté, qui si elle ne vient pas, le conduirait alors au moins à une prison confortable sur la Côte d'Azur. Mais comme les gens disent que ceux qui connaissent depuis longtemps les habitudes d'un renard d'une cinquantaine d'années, il n'est pas seulement dans la panique, il est terrifié. Lorsque la queue d'Ablyazov brûle, il commence à mettre la pression pour inciter la pitié, en disant à tout le monde dit qu'on veut le tuer. Dans une récente interview, il a marché sans pitié sur l'image de la France, en clamant que sa vie est en danger. Apparemment, c'est pourquoi il a demandé à être à l'isolement afin qu'il ne se produise pas d'incident pendant sa promenade. C'est un signe certain qu'Ablyazov n'a pas trouvé de terrain d'entente avec les français. En outre, il a également réprimandé et accusé de partialité, la cour d'Angleterre qui l'avait condamné à 22 mois de prison.

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