mardi 25 novembre 2014

Ablyazov sera extradé en Russie

La Cour d'appel de Lyon a approuvé l'extradition du français Mukhtar Ablyazov vers la Russie.

Beaucoup ont entendu parler de l'affaire à forte résonance médiatique de la disgrâce de l’oligarque kazakh qui pendant cinq ans, a conduit par le bout du nez l'opinion publique européenne. Comme un morceau de savon, il a jusqu'à présent glissé entre les mains de la justice. Mais il semble que la chance ait tourné ...

Les premières années de fuite de l’oligarque, il n’a connu la misère et ne s’est rien refusé. Il se présentait dans les soirées mondaines des maisons respectables de Londres, et animé les conversations de la société sur la politique. Il a même obtenu le statut de réfugié politique en Grande-Bretagne.
 
« Je me bats au nom des valeurs démocratiques » disait-il au public européen qui lui faisait confiance, et pour preuve il montrait sa carte du parti d'opposition « Alga ». Même quand il rentrait dans sa propriété de 28 millions de dollars nommé Oakland’s Park, il « pensait » exclusivement à ses compatriotes. Et même quand il plongeait dans sa piscine de luxe, il pensait toujours à la façon de fournir de l’eau potable aux villages reculés du Kazakhstan, en faisant un sandwich au caviar rouge il pensait aux pauvres et aux nécessiteux, et bien sûr il faisait tout pour les aider financièrement. Sur les six milliards de dollars que l’oligarque Ablyazov a volé à la banque kazakhstanaise BTA, l’oligarque à allouer des tranches conséquentes de financement au parti cité ci-dessus.
 
Bien évidemment le Kazakhstan n’a pas aimé cette situation. Non seulement il a volé une des plus grandes banques du Kazakhstan, mais en plus il fait des affaires louches avec l’argent volé et porte atteinte à la stabilité du pays.
 
La « BTA Bank » a décidé de récupérer cet argent. Dans cette situation unique, les avocats ont choisi la seule stratégie possible pour cette institution financière qui est de déposer une plainte contre Ablyazov, devant la Haute Cour de Londres. Et ils l'ont fait dans le cadre de procédures civiles, car toute autre tentative de poursuites, serait inévitablement interprétée comme une persécution politique.
 
La justice anglaise n’avait sans doute pas, voire jamais, connu de processus judiciaire aussi complexe. Ablyazov a engagé les meilleurs avocats, lesquels ont mené la vie dure aux juges. L'oligarque a menti et a cherché à s’en sortir avec des pirouettes. Il a essayé de prouver que le dessous du procès est politique. Mais la vérité a toujours triomphé. La Cour a prouvé que la fraude d’Ablyazov a rapporté plusieurs milliards de fonds via des sociétés offshores et a ordonné la restitution de l'argent. Et en plus de cela, elle a prévu 22 mois de prison pour l’oligarque. Ce qui par conséquent lui apprendra à mentir ...
 
Ablyazov n’a pas perdu pied et a pris la fuite. Cependant, comment ce délinquant a-t-il pu se promener tranquillement à travers l'Europe alors que son passeport était resté au tribunal ? Pendant longtemps, il n’a pas pu être rattrapé. Pas même avec l’aide d’un mandat d’Interpol.
 
Par exemple, l'année dernière en Italie, la police a gaffé. Ils avaient des informations fiables sur l'endroit où se cachait Ablyazov, mais au lieu d'arrêter le criminel, ils ont arrêté sa femme Alma Shalabayeva avec sa fille. Dans cette histoire scandaleuse, l’oligarque a cherché à en tirer tous les bénéfices possibles. Les autorités italiennes ont extradé la famille en dehors du pays, parce qu’Alma Shalabayeva et sa fille étaient entrées illégalement sur le territoire italien. « Bravo » Les Carabinieri italiens. Ils ont laissé le criminel s’échapper et fait n’importe quoi à sa famille.
 
Qui sait, cela a peut-être été fait exprès. Ablyazov est capable de corrompre ses adversaires pour des informations et même de donner sa famille à la justice pour augmenter le battage médiatique et gagner des points politiques supplémentaires. D'ailleurs, la femme et la fille d’Ablyazov ont été renvoyées avec succès en Italie par le Kazakhstan.

Cette combine était tout à fait dans l'esprit d’Ablyazov. Il a ainsi légalisé sa famille et l’a rendu intouchable, et en prime a organisé une nouvelle campagne d'information contre le Kazakhstan.
 
Pourtant, le vent a tourné contre Ablyazov. La police française est restée incorruptible, et à la différence des professionnels Italiens, l’oligarque a été arrêté sur la Côte d'Azur dans une opération spéciale.
Depuis, il est incarcéré dans une prison française. Des avocats ont déjà tenté à trois reprises de le faire sortir sous caution, mais les français, se rappelant la triste expérience de la Grande Bretagne, ne l’a pas accepté.
Ainsi en France, a lieu le procès pour l’extradition d’Ablyazov à la demande de la Russie et de l'Ukraine, où le délinquant a également laissé des traces. Kiev demande à Ablyazov une indemnité d’un demi-milliard de dollars, et la Russie un milliard.
 
Des audiences interminables ont eu lieu. Dans le meilleur des cas, les avocats d’Ablyazov ont permis de ralentir le processus. Néanmoins, l'affaire suit son cours. Ces jours-ci, la Cour d'appel de Lyon en France a approuvé l'extradition d’Ablyazov vers la Russie. Les accusations de la défense selon lesquelles les poursuites sont politiquement motivées n’ont trouvé aucun écho, d’autant que plus tôt, l'ex-banquier avait fui la Grande-Bretagne qui lui avait accordée l'asile politique. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, l'Angleterre a retiré à Ablyazov, ce statut de réfugié.
 
Donc, toutes les tentatives pour protéger Ablyazov en faisant le parallèle avec son implication dans le processus politique ont lamentablement échouées. Initialement, le juge Fontaine avait refusé d'accorder une audience à un témoin de la défense, l'ancien champion du monde d'échecs et maintenant leader de l'opposition politique russe, Garry Kasparov. Il avait prévu de convaincre la justice qu’en Russie, Ablyazov ne pouvait pas s'attendre à un procès impartial.

Le juge a également ignoré la volonté du défenseur de demander l'asile politique en France, car celui-ci ayant trouvé refuge au Royaume-Uni, s’est enfui de ce pays, et commis un crime contre sa justice.
 
Bien sûr, le verdict  de la Cour de Lyon n’est pas définitif. Les avocats de la défense veulent faire appel de la décision d'extradition.

Néanmoins, nous pouvons dire que l'attitude française est évidente, elle ne tombe pas sous le charme des dollars d’Ablyazov, ne croit pas dans les contes de fées d’ordre politique. Elle ne voit que les faits. Et ces faits sont en rupture avec tous les arguments des partisans de l'oligarque, toutes leurs critiques n’ont aucun rapport avec la science juridique.

lundi 24 novembre 2014

Turquie - Pour Erdogan, l'égalité homme femme est "contre nature"

"Une place pour les femmes dans notre société : la maternité". C'est en ces termes que le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan a défini, lundi 24 novembre à Istanbul, le rôle des femmes dans son pays, lors d'un sommet sur la justice et les femmes.
  
Devant un parterre très largement féminin, il a affirmé sans détour que les femmes ne pouvaient pas être naturellement égales aux hommes, et a vertement critiqué les féministes, les accusant d'être opposées à la maternité :

« Certaines personnes peuvent le comprendre, d'autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu'elles n'acceptent pas l'idée-même de la maternité ».
 

La femme : une "nature délicate"

 
Sur sa lancée, le chef de l'Etat a assuré qu'hommes et femmes ne pouvaient pas être traités de la même façon "parce que c'est contre la nature humaine". Il a insisté : 

« Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents. Vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme ».
 
"Vous ne pouvez pas demander à une femme de faire tous les types de travaux qu'un homme fait, comme c'était le cas dans les régimes communistes", a également estimé le président Erdogan, « vous ne pouvez pas leur demander de sortir et de creuser le sol, c'est contraire à leur nature délicate ».

Sollicitant l'histoire turque à l'appui de sa démonstration, l'homme fort du pays a rappelé la condition des femmes dans l'Anatolie des dernières décennies : « Nos pauvres mères ont énormément souffert et ont fini bossues pendant que les hommes jouaient aux cartes ou aux dés dans les maisons de thé ».

"Un crime d'incitation à la haine"

 
Le parti de Recep Tayyip Erdogan, qui dirige sans partage la Turquie depuis 2002, est régulièrement accusé par ses détracteurs de dérive autoritaire et de vouloir islamiser la société turque, notamment en limitant les droits des femmes. Sans surprise, sa nouvelle sortie a suscité de violentes réactions, à commencer par celles du principal parti d'opposition.

« Erdogan a publiquement commis un crime d'incitation à la haine », a jugé Aylin Nazliaka, une députée du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), l'accusant d'avoir "ostracisé" les femmes. "Je vais continuer à combattre cet homme qui ne fait aucune différence entre les terroristes et les féministes", a ajouté la parlementaire.

Sule Zeybek, présentatrice de la chaîne de télévision Kanal D a profité d'un bulletin d'information pour riposter en direct aux propos présidentiels:

« Je suis féministe mais, Dieu merci, je suis aussi une maman »
 

Incitation aux violences conjugales

 
L'actuel président, qui a dirigé le gouvernement pendant onze ans avant son élection à la tête de l'Etat en août, a suscité à de multiples reprises la colère des mouvements féministes turcs, en tentant de limiter, sans succès, le droit à l'avortement et en recommandant aux femmes d'avoir au moins trois enfants.

Le vice-Premier ministre Bülent Arinç s'est récemment illustré sur ce front. D'abord en recommandant aux femmes de ne pas rire à gorge déployée, au nom de la « décence », puis en critiquant celles qui dansent autour d'une barre verticale.

Les associations de défense des femmes dénoncent systématiquement les sorties jugées sexistes du gouvernement, qu'elles accusent d'encourager les violences conjugales. Selon elles, plus de 200 femmes ont été tuées en Turquie par leur mari ou leur compagnon depuis le début de l'année.

Comble de l'ironie, les déclarations de Recep Tayyip Erdogan interviennent alors que son pays s'apprête à prendre la présidence du G20 : lors de son récent sommet à Brisbane (Australie), le club des pays les plus riches du monde s'est accordé sur une « réduction de 25% d'ici 2025 du fossé qui existe entre homme et femme sur l'accès à l'emploi ».  
 
Sur nouvelobs.com le 24/11/2014

mercredi 19 novembre 2014

En Indonésie, des tests de virginité pour entrer dans la police

Pour devenir policière en Indonésie, les femmes ne doivent pas faire preuve de courage ou d'abnégation. Non, les candidates doivent se soumettre à un test bien particulier qui fait des émules. Selon un rapport de l'organisation Human Rights Watch (HRW), elles doivent être célibataires, et de surcroît, vierge pour pouvoir porter l'uniforme. Il serait donc obligatoire pour elles de se plier à des tests de virginité, ordonnés par la hiérarchie policière qui parle selon elle "d'examen de santé complet".

Une demande sans conteste discriminatoire que dénonce l'organisation internationale de défense des droits de l'homme.  Il s'agit de "pratiques qui font du mal aux femmes et les humilient", a déclaré Nisha Varia, directrice adjointe chargée des droits des femmes chez HRW. Plusieurs témoignages de jeune femme recueillis par l'ONG font état de souvenirs douloureux : elles sont contraintes de se mettre nues devant des femmes médecins qui les soumettent au "test des deux doigts, une pratique archaïque et largement discréditée".

"Ce n'est pas nécessaire"

"Je ne veux pas me rappeler de ces mauvaises expériences. C'était humiliant", relate une femme de 19 ans qui a subi cette pratique à Pekanbaru, dans l'île occidentale de Sumatra. "Pourquoi devrait-on se déshabiller devant des inconnus ? Ce n'est pas nécessaire. Ça doit arrêter".  L'organisation appelle les responsables de la police indonésienne à abolir ces tests, qui remettent en cause les directives même de la police en matière de recrutement, sans parler des droits des êtres humains à l'égalité.

Ces derniers se sont pour l'instant refusé à tout commentaire. L'Indonésie est, par sa population, le plus grand pays musulman au monde. Certaines régions sont profondément conservatrices, notamment en ce qui concerne la virginité féminine, considérée comme une valeur primordiale.  Ce n'est pas la première fois que ces fameux tests de virginité sont évoqués : le sujet avait fait les gros titres récemment lorsqu'un ponte de l'éducation d'une localité indonésienne avait suggéré que les lycéennes soient soumises à de tels tests.
 
Sur lci.tf1.fr le 19/11/2014

Le nombre de multimillionnaires atteint un nouveau record

Le nombre de multimillionnaires a atteint un nouveau record au cours de l'année 2014, avec 211275 individus recensés dans le monde à fin juin, dont 6635 en Suisse. La fortune globale cumulée se chiffre à près de 30000 milliards de dollars (29'000 milliards de francs).

En comparaison annuelle, la communauté des ultra-riches (plus de 30 millions de francs) s'est étoffée de 6% et leur patrimoine de 7%, a indiqué mercredi la société Wealth-X, basée à Singapour, dans une étude publiée en partenariat avec UBS. Au cours des cinq prochaines années, ce groupe devrait augmenter jusqu'à 250000 personnes.

L'Europe ne domine plus le classement mais connaît elle aussi un pic. Entre juillet 2013 et juin 2014, le Vieux-Continent dénombre 3755 multimillionnaires supplémentaires, soit au total 61820 individus. Leur richesse cumulée s'est hissée de 8,9% en douze mois à 8355 milliards de dollars.

L'Amérique du Nord a retrouvé la tête du palmarès en 2014, avec 74'865 très grosses fortunes et plus de 10000 milliards d'avoirs. Les Etats-Unis demeurent le pays avec le plus de Crésus, soit plus de 69560. La Chine, en comparaison, arrive au 5e rang, avec 11070 ultra-riches, sur un total de plus de 46600 en Asie.

La Suisse troisième en Europe

La Suisse est le troisième pays européen abritant la plus grosse population de multimillionnaires, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni. Sur le sol helvétique, plus de 6600 personnes détenaient 30 millions de dollars d'actifs ou plus, selon la définition de l'enquête. L'Allemagne en comptait quelque 19'000, le Royaume-Uni 11'500.

Les autres continents ou régions progressent eux aussi. L'Amérique latine et les Caraïbes ont connu une reprise en 2014, avec un gain de 4,6% d'ultra-riches et de 5,5% d'avoirs. C'est cependant au Moyen-Orient (+12,7% individus) et en Afrique (+8,3%) que la croissance a été la plus forte, malgré les crises géopolitiques.

Le 19/11/2014 sur www.romandie.com  

mardi 18 novembre 2014

La Constitution birmane barrant la voie de la présidence à Suu Kyi inchangée

 
Le président du Parlement de Birmanie a exclu mardi tout changement avant les législatives de 2015 de la Constitution qui barre la voie de la présidence à la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.
 
Il est «impossible de changer» la Constitution dans les temps, a déclaré Shwe Mann devant la presse.
Un référendum sur la question sera bien organisé en mai 2015, mais les changements éventuels entreront en vigueur après les législatives, a-t-il insisté.

Cette annonce très attendue douche les espoirs de la prix Nobel de devenir présidente en cas de victoire de son parti aux législatives.

Elle intervient quelques jours après une visite de Barack Obama en Birmanie. Le président américain avait appelé vendredi à Rangoun, au côté de l'opposante, à des élections «libres et équitables».

Suu Kyi avait eu devant lui des mots très forts contre la Constitution «injuste et antidémocratique».

Aung San Suu Kyi fait campagne pour la levée de la clause 59f de la Constitution, qui dit que quiconque a épousé un étranger ou a des enfants de nationalité étrangère ne peut briguer la présidence.

Elle a en effet épousé un Britannique et ses enfants sont britanniques. L'article en question de la Constitution, héritée de la junte militaire, est considéré par certains comme ayant été taillé sur mesure pour faire barrage à la prix Nobel de la paix.

Suu Kyi, 69 ans, mène une campagne depuis des années pour changer cette Constitution, allant jusqu'à organiser une grande pétition ayant réuni des millions de signatures à travers la Birmanie pour demander son amendement.

Un espoir était né après l'organisation fin octobre d'un sommet politique inédit avec toutes les forces politiques, dont Aung San Suu Kyi, qui s'était conclu sur la promesse d'un examen prochain par le Parlement d'une révision de la Constitution.

Mais les signaux défavorables s'étaient multipliés, émanant notamment des militaires.

Opposition des militaires

Dernier exemple en date: la prise de position lundi par l'armée birmane, puissante composante parlementaire, contre ce changement.

«J'aimerais que vous vous souveniez tous que la Constitution n'est pas écrite pour une personne, mais pour l'avenir de chacun», a ainsi déclaré lundi le colonel Htay Naing, député militaire influent, lors d'une session parlementaire retransmise mardi à la télévision.

Ce serait «inquiétant si les enfants du président de notre pays étaient étrangers», a-t-il insisté.
Les militaires, qui se voient réserver 25% des sièges, ont de facto un droit de veto sur tout changement de la Constitution, qui requiert l'approbation d'au moins 75% des députés.

Le président Obama avait appelé lors de sa visite en Birmanie la semaine dernière son homologue birman, l'ex-général Thein Sein, à ne pas abandonner les réformes démocratiques engagées en 2011 après des décennies d'isolement sous la junte militaire.

La Ligue nationale pour la démocratie (LND) de Suu Kyi n'était pas joignable mardi soir pour un commentaire.

La LND a de bonnes chances de remporter les législatives de fin 2015, mais va devoir s'adapter à ce changement de donne politique, étant désormais privée de la perspective de l'accession de sa figure de proue à la présidence.

Quelques jours avant l'arrivée du président américain, la célèbre opposante confinée des années en résidence surveillée avait décoché une rare pique à l'encontre des États-Unis, jugeant qu'ils faisaient preuve d'un optimisme excessif sur le processus de réformes en cours.

«Le processus n'est pas achevé», avait déclaré Barack Obama à l'issue de sa rencontre avec Thein Sein, citant les règles encadrant les élections.

Avec cette défaite face à des institutions encore largement dominées par les militaires, Suu Kyi se retrouve face aux limites d'une démocratie naissante.

Les instances de pouvoir restent néanmoins dominées par des anciennes figures du régime militaire, dont le président réformateur Thein Sein. 
 
Sur www.lapresse.ca le 18/11/2014

lundi 17 novembre 2014

Le Japon en récession, un coup dur pour Shinzo Abe

 
Le Japon entre en récession, et sa bourse dégringole, conséquence de la publication des chiffres de la croissance, ce lundi. Pour le deuxième trimestre consécutif, entre juillet et septembre, la croissance a chuté de 0,4 %. Pour le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, c'est un revers. Sa politique économique était encensée dans le monde entier mais aussi dans son propre pays. Il devrait annoncer dès demain la dissolution de la chambre basse du Parlement et des élections anticipées en décembre.
  
 «La hausse de la TVA de 5 à 8 % le 1er avril a totalement détruit l’économie du Japon», s’exclame Yoshiki Shinke, économiste à Tokyo.

Les Japonais étaient habitués depuis quinze ans à voir les prix baisser. Ils baissent toujours un peu. Mais la dévaluation de plus de 20 % du yen renchérit tout ce qui est importé : le gaz naturel nécessaire aux centrales électriques, l’huile de cuisine. Cette mauvaise inflation couplée à la hausse de la TVA, dépasse les premières hausses de salaire encore trop modestes.

Les Japonais se sont remis à faire la grève de la consommation, les entreprises réduisent fortement les stocks au lieu d’investir. Et elles réclament des réformes structurelles parmi lesquelles la déréglementation du marché du travail pour favoriser la mobilité de l’emploi. Les chefs d'entreprise veulent que le marché du travail devienne moins rigide et sexiste pour encourager le retour des femmes dans les entreprises alors que le déclin de la population japonaise s’accélère et que le Japon refuse toujours de s’ouvrir à l’immigration

Par Frédéric Charles, correspondant à Tokyo, le 17/11/2014

Les dangers de "Dialogue Ouvert" pour le monde

Ces derniers temps, les médias ont de plus en plus mentionné une organisation portant le nom de Fondation "Dialogue ouvert" provenant de Pologne. La preuve a été fournie que cette organisation destructrice tente d'enfoncer un coin entre les pays de l'Est et de l'Ouest.

Que cela veut-il dire ? Une grande partie de ce qui est dit semble être vrai. À première vue, la fondation "dialogue ouvert" est une des nombreuses organisations des droits de l'homme, représentant un «troisième secteur» actif. A seconde vue, elle est une provocatrice, soutenant un nouveau cycle de confrontation entre ceux qu'elle considère comme des pays démocratiques et le reste du monde.
 
On dit que le mensonge est pire qu'un pistolet. Si nous appliquons cette formule à cette fondation, il vient à l'esprit qu'elle n'est pas une arme à feu, ni une arme automatique, ni même un lance-roquettes. En fait, cette organisation peut être comparée à une arme de destruction massive dont l'arsenal est constitué de médicaments psychotropes agissant sur les masses pour atteindre des objectifs politiques bien définis. Nous avons affaire à une sorte d'armée privée analogique qui existent dans certains Etats. Ces mercenaires loin d'être des idéologues, interviennent activement dans les affaires intérieures de différents pays, pour faire ce qui est officiellement condamné par la communauté internationale. « Dialogue ouvert » est une nouvelle arme pour un nouveau siècle, appliquant le principe «diviser pour régner» qui est aussi vieux que le monde.
 
Mais qui essaie-t-elle d'influencer ? Ses objectifs sont la Russie, l'Ukraine, le Kazakhstan et d'autres pays qui ne correspondent pas à des valeurs démocratiques imaginaires, des militants de cette fondation perverse des droits de l'homme.

Par exemple, peut-on imaginer qu'il soit possible qu'en Europe, un voleur qui a volé des milliards de dollars puisse éviter de faire face à sa responsabilité tout simplement parce qu'il finance un parti d'opposition ? Cela est impossible, parce que le principe de l'inévitabilité de la peine n'a pas été annulé.

Mais pour une raison quelconque, tout tourne à l'envers, dès qu'il devient clair que le voleur vient de l'Est ? D'une certaine manière, il devient automatiquement un dissident, un réfugié politique et un homme juste et respecté ?
 
Par exemple, dès les premiers jours de la fuite de l'oligarque fugitif de la République du Kazakhstan, Mukhtar Ablyazov, il a été pris sous la protection de l'organisation des droits de l'homme.

"Dialogue ouvert" défend jalousement l'oligarque arguant devant les tribunaux que ce qui se passe dans le cas d'Ablyazov n'est rien d'autre qu'un acte d'ordre politique, une tentative d'éliminer un concurrent par la Russie et le Kazakhstan.

Il est vraisemblable de dire que ce discours est plein de haine. En fait, des États souverains sont privés de leur droit d'administrer la justice juste parce que leur démocratie semble sous-développée. Certes, ils ne sont depuis pas si longtemps sur la voie du développement démocratique. Mais est-ce ainsi que l'on amorce un dialogue?
 
Nos voisins d'Eurasie essaient de prouver qu'Ablyazov est un voleur et qu'il est nécessaire d'en parler. Si le voleur est coupable, il doit être puni. S'il n'a pas volé, il n'y a rien à dire. Poser la question de cette façon serait logique. Mais au lieu de cela, "Dialogue ouvert" joue avec ses propres règles déroutantes et détourne les discussions.

«Les accusations d'Ablyazov de crimes économiques ne peuvent pas être considérées hors du contexte de sa persécution politique» est la position officielle de la Fondation. Mais pourquoi la question a été placée sur ce plan ?
 
Cela s'explique simplement par le fait que la défense de l'oligarque n'est pas possible autrement. Après tout, Ablyazov est vraiment un voleur. Cela est indiqué dans les conclusions de la Haute Cour de Londres relatives à la plainte de la banque kazakhstanaise "BTA Bank", victime de la fraude.
 
Par ailleurs, la réponse de la justice est très claire et dans cette situation, elle distingue l'accusation du contexte politique. En mai 2011, le tribunal britannique a statué que l'affaire Ablyazov ne peut pas être considérée comme politiquement motivée. "Dialogue ouvert" est alors entrée dans le mutisme. Elle est également devenue silencieuse sur la procédure judiciaire au Royaume-Uni qui a condamné Ablyazov à la prison pour avoir dissimuler à la cour ses actifs, et sur sa fuite. Par la suite, Ablyazov a été privé du droit de défendre ses intérêts dans son affaire, et le tribunal, l'accusant de « cynisme, opportunisme et roublardise » a ordonné de saisir ses actifs afin de payer une compensation à la banque BTA. Dans le cadre d'autres procédures, la justice a conclu qu'Ablyazov a organisé ou autorisé l'émission de faux prêts qu'il a détourné en les répertoriant sur des sociétés écrans à l'étranger.

Ce sont les faits. Et "Dialogue ouvert" les ignore délibérément, car ce n'est pas pour la vérité qu'elle se bat. Dans le cadre de l'affaire Ablyazov, son objectif principal est l'impact sur la société et les autorités afin de le libérer de sa responsabilité pénale. Naturellement tous les coups lui sont permis, du mensonge à la déformation des faits.
 
Autre exemple, « Dialogue ouvert » écrit qu'Ablyazov a un statut d'immunité, car la Grande-Bretagne l'a reconnu comme réfugié politique. La Perfide Albion a effectivement fait cette erreur car elle ne savait pas à qui elle avait affaire. Mais ce statut a été révoqué depuis longtemps. "Dialogue ouvert" a essayé à nouveau de l'omettre.

Tout cela suggère quelques réflexions sur le lien étroit entre le «Dialogue ouvert» et l'oligarque. C'est à travers sa vaste structure ténébreuse qu'Ablyazov peut financer l'organisation. En outre, celle-ci a été créé en 2009, juste au moment où l'oligarque en avait personnellement besoin et lorsqu'il s'est enfui vers la Grande-Bretagne.
 
En général, une structure qui se respecte ne va pas gâcher son image en se liant à une personne odieuse, en particulier si l'autorité judiciaire a démontré le coté ténébreux de cette personne. Mais la fondation «Dialogue ouvert» continue à aller sur le sentier de la guerre, en décrivant Ablyazov comme un nouveau chevalier médiéval qui pénètre dans le stade pour la dame de son cœur. A notre époque, la bataille d'Ablyazov semble se faire derrière les barreaux d'une prison française où il s'est trouvé en résultat d'une opération spéciale menée par Interpol.

Soit dit en passant, la nouvelle aversion de "Dialogue ouvert" contre Interpol peut se comprendre. Les militants des droits de l'homme, au sens figuré, appellent à casser les "dents pointues" d'Interpol, et de les remplacer par des implants d'herbivores avec lesquelles il est impossible de mordre les criminels.
 
Un des représentants de la Fondation "Dialogue ouvert", Angi Tcherep, parlant récemment lors d'une conférence de l'OSCE, a déclaré que les pays tels que la Russie, l'Ukraine et le Kazakhstan abusent de l'organisation Interpol. Tcherep a parlé de la nécessité de la réformer. L'organisation doit changer les règles relatives aux mandats d'arrêt, de manière à permettre à l'accusé de présenter des preuves de son innocence. Comment comprendre cela ? Avant l'arrestation, que doit faire le tribunal ? Comme le démontre l'affaire Ablyazov, il ne faut pas croire ce que disent les criminels. Il n'y a qu'à regarder comment il s'est habilement échappé de la Grande Bretagne ...
 
"Dialogue ouvert" a probablement besoin de cela. Il défend tous ceux qui sape l'Etat, menace la stabilité du pays, qui, prétendument, va conduire à la civilisation. Au lieu de pousser la société vers une démocratie qui évolue, la fondation transforme tous les dissidents en ennemis, sans même essayer de les convaincre qu'ils ont raison. Il n'y a pas de dialogue. Il font seulement de la fausse propagande et du mal à leurs adversaires.

En Ukraine aussi, tout a commencé avec de belles déclarations sur l'inviolabilité des droits de l'homme. En fin de compte, nous avons vu la dévastation et le chaos. «Dialogue ouvert» y a démarré ses activités avec la mission EuroMaydan et équipe aujourd'hui les bandes de mercenaires de « Aydar ».
 
Même les autorités polonaises ont essayé de résister aux soi-disant fournitures humanitaires de la fondation, qui étaient en réalité des casques et gilets pare-balles. Elles ne pouvaient rien faire. C'est dire la puissance de la fondation. Il est temps de crier, de retrouver vos sens ! C'est de la sauvagerie. Il faut se rappeler l'horreur des bandes de mercenaires sur cette terre. Avons-nous oublié le «massacre de Volhynie»? Pendant la Seconde Guerre mondiale les bandes de mercenaires ont tué 850 000 Juifs, 220 000 Polonais, et environ 500 000 civils Ukrainiens.
 
En fait, en maintenant "Dialogue ouvert" on soutien l'avènement d'une nouvelle guerre. C'est une organisation de malades en  phase terminale de nationalisme. Des organisations telles que la fondation mentionnée ci-dessus, abusent de la confiance du public, font la promotion de l'idée de l'exclusivité de certains Etats sur les autres, ce qui peut être une des manifestations du fascisme.

En conclusion, la démocratie, comme toute autre forme de gouvernement, doit se définir des limites, sinon elle risque de se  réincarner en un despote qui parle la langue de la haine et de l'hostilité. Il ne faut pas oublier que les droits des uns se terminent là où les droits des autres commencent.

samedi 15 novembre 2014

Indonésie : un séisme de magnitude 7,3 signalé, alerte au tsunami lancée

Un séisme de magnitude 7,3 a ébranlé, samedi, les îles Moluques, dans l'est de l'Indonésie. Ni victime ni dégâts matériels n’ont été signalés mais un risque de tsunami existe dans un rayon de 300 km autour de l'épicentre. 

  

Un séisme de magnitude 7,3 a secoué, samedi 15 novembre, les îles Moluques, dans l'est de l'Indonésie, a annoncé l'Institut américain de géophysique USGS. Ni victime ni dégâts matériels n'ont été signalés. La secousse a été localisée à 46 km de profondeur et à 154 km au nord-ouest de l'île de Ternate, à 10h31 locales (02H31 GMT), selon l'USGS qui redoute un tsunami.
 
"Un tsunami est envisageable sur les côtes situées jusqu'à 300 km de distance" du séisme, a précisé le Centre d'alerte des tsunamis dans le Pacifique. Des vagues de 30 cm à un mètre de hauteur pourraient atteindre des parties de l'Indonésie, ainsi que des Philippines, du Japon, de Taiwan et d'autres îles dans le Pacifique Sud.

Julius Galgiano, sismologue du gouvernement philippin, a affirmé que les Philippines avaient également lancé une alerte au tsunami. "Nous avons demandé aux autorités locales de surveiller les effets d'un [éventuel] tsunami le long des côtes", a-t-il poursuivi, ajoutant cependant qu'aucun ordre d'évacuation n'avait été émis et que l'on n'attendait pas des vagues très hautes.

L'Indonésie se trouve sur "la ceinture de feu du Pacifique", une zone où des plaques tectoniques se heurtent, ce qui provoque une activité sismique et volcanique fréquente. En 2004, un très puissant tremblement de terre sous-marin avait provoqué un gigantesque tsunami qui avait entraîné la mort de 170 000 personnes dans la province d'Aceh, sur l'île de Sumatra, en Indonésie, ainsi que des dizaines de milliers d'autres victimes dans d'autres pays ayant des côtes bordant l'océan Indien.

Un séisme de magnitude 6,1 avait frappé cette même île d'Aceh en juillet 2013, provoquant la mort de 30 personnes et des milliers de sans-abri. 
 
Le 15/11/2014 sur www.france24.com

vendredi 14 novembre 2014

La fin d’une époque : le pétrodollar est-il menacé ?

Les récents accords commerciaux passés entre la Russie et la Chine ont déclenché des signaux d'alarme en Occident, où les législateurs et les professionnels du pétrole et du gaz observent avec la plus grande attention le déplacement des marchés de l'énergie vers l'Orient.

Les raisons derrière le rapprochement des deux grandes puissances sont évidemment liées à la crise en Ukraine et aux sanctions imposées à la Russie par l'Occident, ainsi qu'au besoin de la Chine d'assurer ses réserves d'énergie sur le long terme. En revanche, l'une des conséquences de ce rapprochement économique de la Russie et de la Chine pourrait aussi être le début de la fin de l'hégémonie du dollar, ce qui pourrait avoir un impact profond sur les marchés de l'énergie.

Le règne du dollar

Avant le XXe siècle, la valeur de la monnaie était liée à l'or. Les banques qui prêtaient de l'argent étaient limitées par les réserves d'or à leur disposition. Les accords de Bretton Woods de 1944 ont établi un système de taux de change qui permettait aux gouvernements de vendre leur or au Trésor des Etats-Unis. Mais en 1971, le président américain Richard Nixon a pris la décision d'abandonner l'étalon or et de briser le dernier lien entre l'or et les devises du monde.

Le dollar a ensuite traversé une dévaluation importante, et c'est le pétrole qui lui a permis de grimper à nouveau. Nixon a négocié des accords avec l'Arabie Saoudite selon lesquels, en échange d'armements et de la protection des Etats-Unis, les Saoudiens effectueraient toutes leurs ventes futures de pétrole en dollars. Les autres membres de l'OPEP ont signé des accords similaires, et assuré ainsi une demande perpétuelle en billets verts. La domination du pétrodollar se poursuit encore aujourd'hui.

La Russie et la Chine se rapprochent

Les plus récentes informations qui ont émané de la Russie suggèrent en revanche que la domination du dollar puisse toucher à sa fin, en raison de la compétition des Etats-Unis avec la deuxième économie du monde et plus gros consommateur mondial de ressources, la Chine.

La Chine et la Russie ont signé des accords énergétiques qui laissent supposer leurs intérêts énergétiques mutuels. Le plus évident est l'accord sur le gaz de 456 milliards de dollars signé par le géant russe Gazprom avec la Chine en mai dernier. Mais il ne s'agissait alors que du plus gros maillon d'une chaine d'accords qui remonte à 2009. Cette année-là, le géant pétrolier russe Rosneft signait un accord de 25 milliards de dollars avec Pékin. Et l'année dernière, Rosneft a doublé ses exportations vers la Chine suite à un accord évalué à 270 milliards de dollars.

Suite aux sanctions imposées à la Russie par l'Occident qui ont eu pour effet déclencheur l'annexe de la Crimée par la Russie et l'abattage d'un avion commercial, Moscou s'est intéressé à son ancien rival de la Guerre froide en tant qu'acheteur clé de pétrole russe – source d'exportation majeure du pays. Liam Halligan, chroniqueur pour The Telegraph, est d'avis que le « vrai danger » de ce rapprochement entre la Russie et la Chine n'est pas l'éclatement des relations entre la Chine et les Etats-Unis, qui menacerait les routes commerciales de charbon et de GLN vers la Chine, mais son impact sur le dollar.

« Si la Russie se tourne vers l'Asie et que Moscou et Pékin commençaient à s'échanger mutuellement de l'énergie dans une devise autre que le dollar, le mode opératoire de l'économie globale s'en trouverait changé, et les Etats-Unis et leurs alliés verraient leur puissance diminuée, écrivait Halligan en mai dernier. Puisque la Chine est aujourd'hui le plus gros importateur de pétrole du monde et que la production domestique des Etats-Unis subit des pressions accrues, les jours du dollar en tant que moyen de paiement pour l'énergie, et donc de la dominance du dollar, sont comptés ».

Bien que personne ne sous-entende aujourd'hui que cela puisse se passer très bientôt, dans la mesure où le dollar est encore la devise de choix des banques, la proposition d'Halligan commence à gagner du terrain. En juin, la Chine a signé un accord de 29 milliards de dollars avec le Brésil dans un effort de promouvoir le yuan chinois en tant que devise de réserve, et un peu plus tôt ce mois-ci, les banques centrales russe et chinoise signaient un accord de swaps roubles-yuans. Selon les analystes, cet accord de 150 milliards de dollar, qui s'inscrit dans une série de 38 accords rédigés à Moscou, est un moyen pour la Russie de s'éloigner des accords commerciaux en dollars.

« Ces accords ne signifient pas à eux-seuls la fin du dollar en tant que devise de référence internationale, a expliqué Jim Rickards, gestionnaire de portefeuille chez West Shore Group et partenaire de Tangent Capital Partners à la CNBC. Mais lorsqu'observés aux côtés d'autres évènements comme la frustration ressentie par l'Arabie Saoudite face aux politiques étrangères des Etats-Unis à l'égard de l'Iran et l'appétit vorace de la Chine pour l'or, ils représentent un grand pas de plus dans la direction opposée au dollar ».

La montée en puissance du yuan

Il n'est un secret pour personne que Pékin tente depuis un certain temps déjà de promouvoir le yuan en tant que devise internationale alternative. Ce statut pourrait permettre à la Chine d'accéder aux marchés de capitaux du monde et de profiter de moindres frais de transaction dans le cadre des échanges internationaux, et verrait la puissance économique de la Chine se décupler en parallèle à la part croissante du yuan dans les échanges internationaux.

Les Chinois ont toutefois un problème. Le gouvernement n'a pour l'instant pas aboli les contrôles de capitaux qui permettraient l'établissement d'une convertibilité totale, de peur de déchainer des flux spéculatifs qui pourraient endommager l'économie chinoise.

« Il est pourtant clair que la Chine coule actuellement les fondations de l'internationalisation du yuan, a déclaré Karl Schamotta, stratégiste chez Western Union Business Solutions. Selon IBT, plus de 10.000 institutions financières effectuent des échanges commerciaux en yuans chinois, contre 900 en juin 2011. La quantité de yuans off-shore, qui était insignifiante il y a encore trois ans, s'élève aujourd'hui à près de 900 milliards de yuans (143 milliards de dollars). Et la proportion des exportations et importations chinoises réglées en yuans a été multipliée par six en trois ans pour passer à près de 12% ».

Théorie de la conspiration

Pour ajouter de la couleur à cette affaire, Martin Katusa, analyste spécialiste du secteur de l'énergie chez Casey Research, expliquait dans une récente chronique que la mort du PDG de Total, Christophe de Margerie, dont le jet privé est entré en collision avec un chasse-neige à Moscou, n'a peut-être pas été un accident. Selon Katusa, les mystérieuses circonstances autour de sa mort et la très faible probabilité d'entrer en collision avec un chasse-neige sur une piste d'aéroport pourraient avoir plus en commun avec les intérêts commerciaux de de Margerie en Russie qu'avec le simple fait de s'être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment.

Selon Katusa, Total prévoyait de construire une usine de GNL dans la péninsule de Yamal, en partenariat avec Novatek. La société cherchait également à lever des fonds pour le développement d'un projet en Russie malgré les sanctions imposées par l'Occident.

« Total prévoyait de financer sa part du projet de 27 milliards de dollars en euros, en yuans, en roubles et en toutes autres devises sauf en dollars, écrit Katusa, avant de poursuivre : Cette menace directe pour le pétrodollar a-t-elle fait de cet « ami de la Russie » - comme l'appelait Poutine – l'un des ennemis des pouvoirs en place, qu'ils soient français, anglais ou américains ? »

Ce pourrait être tiré par les cheveux, mais les références de Katusa au dollar montrent qu'aucune décision qui contribuerait à un éloignement du dollar en tant que devise de référence internationale ne pourrait passer inaperçu.

Par www.oilprice.com le 11/11/2014