mercredi 31 décembre 2014

Route de la Soie ou Route de l’Argent?

Il y a quelques années, j'errais dans les rues pavées d'une petite ville Chinoise du nom de Lijang, accrochée à l'extrémité Sud de la chaîne de l'Himalaya et située à l'ombre du Mont du Dragon de Jade, surplombant le paysage du haut de ses 4800 mètres. Au travers de cette cité millénaire serpente le lit du fleuve Jinsha, lequel se divise plus loin en canaux servant à alimenter les viviers de poissons des restaurants pittoresques servant des perches fraîchement péchées, de la viande de yak et de la bière fraîche brassée dans les eaux glaciales du Mont.

 

Les pavés de la ville sont ce qu'il reste aujourd'hui de l'ancienne route de la Soie. Alors que je méditais sur le destin de ce lieu, il m'est venu à l'esprit que la route de la Soie était un nom inapproprié et qu'il aurait été meilleur de surnommer cette route commerciale la route de l'Argent. En considérant la civilisation Occidentale depuis une perspective Asiatique, cette route était bel et bien celle de l'Argent plutôt que celle de la Soie. Tentons de nous représenter cette partie du monde telle que Marco Polo la découvrait en 1280, à l'âge de 20 ans, en arrivant en Chine accompagné de son père et de son oncle, tous deux marchands vénitiens, lors de son second voyage dans l'Empire du Milieu.

 

Lorsque nous pensons à la Chine de l'époque, la soie et au thé nous viennent immédiatement à l'esprit. Les Polo y ont en revanche rencontré un souverain éclairé appelé le Khan, empli de grâce et de curiosité, qui leur a demandé, à leur retour en Europe, de prier le Pape de faire envoyer cent théologiens et érudits à Pékin afin de l'aider à développer ses connaissances sur la culture et la religion Européenne. Les Polo ont également découvert en Chine une matière nettoyante pouvant elle-aussi être nettoyée en étant jetée un instant au feu : l'asbeste. Et ce n'est pas tout. La Chine possédait alors une industrie sidérurgique dont la production n'a pu être égalée en Europe que plus de 5 siècles plus tard, une Poste Impériale offrant des services postaux de seconde, de première classe, ainsi que de classe prioritaire, un système de transports complexe mis en place grâce à des canaux fluviaux, ainsi qu'une industrie salière prodigieuse. Le sel, avant l'invention du système de réfrigération, était une matière première quasiment aussi précieuse que l'or.

 

Pour les Européens, il s'agissait là de concepts totalement nouveaux. Des relations amicales furent établies entre le Pape et le Khan, entre l'Europe et la Chine, les Polo et leurs successeurs faisant office d'émissaires. Rapidement, le commerce entre les deux continents devint vigoureux, et reprit là où la Chine et l'Empire Romain l'avaient laissé.

 

C'est de cette route de l'Argent liant la Chine à l'Europe que nous sont provenus la soie, la poudre à canon, les spaghettis, la céramique et le thé. A l'époque, les technologies majoritairement féodales et agraires de l'Europe n'avaient encore ni la volonté ni la capacité de produire quoi que ce soit. Mais la Chine marchande ne lui offrait pas tous ces produits gratuitement ! Les moyens de paiement qu'elle acceptait ? L'or et l'argent, bien sûr. Et surtout l'argent. L'amour de la Chine pour la monnaie argent remonte à la nuit des temps, et était déjà bien ancré avant la naissance de Jésus Christ. En 475 avant J.-C., l'argent y était déjà monétisé de manière officieuse, et y fut déclaré monnaie officielle par la dynastie Yuan dès 1279, époque à laquelle les routes commerciales entre la Chine et l'Europe rouvrirent. L'argent métal demeura monnaie officielle de la Chine jusque dans les années 1930, lorsque l'Empire du Milieu devint la dernière grande civilisation à succomber à la tentation de la devise fiduciaire.

 

Au cours des quelques siècles qui s'écoulèrent après le premier contact établi par les Polo, le commerce entre l'Orient et l'Occident devint si intense qu'en 1800, la Chine se retrouva avec entre ses mains la moitié de l'argent métal disponible sur la planète – sous forme de pièces Perses, Européennes et même Américaines. La moitié de la monnaie du monde ! Avant 1800, l'Europe, s'efforçant de maintenir ses relations commerciales avec la Chine, était déjà parvenue à coloniser le Nouveau Monde en vue d'y extraire l'argent et l'or. J'ai pu voir de mes propres yeux les vestiges d'une fonderie Espagnole situés à 3600 mètres d'altitude dans les Andes Péruviennes, à Arequipa, où les Espagnols avaient pour habitude de fondre l'argent et l'or qu'ils parvenaient à extraire du sol des Amériques. L'or était ensuite chargé sur des galions en partance pour l'Europe et l'argent étaient directement envoyé vers la Chine pour couvrir le déficit commercial de l'Empire Espagnol. Il existe pour le prouver de splendides pièces de poterie Chinoises tout au long de la côte Ouest de l'Amérique du Sud.

 

Mais l'Europe, malgré tout l'argent et l'or qu'elle parvint à découvrir au Nouveau Monde, ne parvint pas à maintenir ses paiements à jour et, en 1800, la Chine menait le jeu haut la main. Il va sans dire que la fierté Européenne s'en trouva bafouée. Ainsi, à court d'argent, l'Angleterre se lança dans une nouvelle entreprise commerciale : le trafic de drogue. Les célèbres routes commerciales du thé entre l'Angleterre et la Chine, et entre a Chine et les Amériques, ne servaient en réalité pas qu'à transporter du thé. Les navires ne revenaient jamais en Chine les cales vides. Au contraire, les Chinois se virent peu à peu introduire à l'opium par des Anglais avides de récupérer leur argent métal.

 

Au vu de la menace que la nouvelle drogue faisait peser sur son argent et sur sa jeunesse, la Chine, furieuse, rendit l'opium illégal dès le début des années 1800, tout d'abord afin de préserver la santé mentale de son peuple, puis de protéger l'intégrité de ses réserves d'argent métal qui, en 1500, avaient déjà fait de l'Asie l'acteur majeur de la première économie globale. Mais la Chine mercantiliste, habituée à favoriser une commerce pacifique et innovant plutôt que la guerre et les conquêtes, échoua à faire face à la Royal Navy qui transportait par bateaux à voile puis à vapeur les cargaisons de drogue tant redoutées vers les ports Chinois.

 

Voici ce que l'historien Richard Hooker écrit au sujet des années 1830:

 

'Les Anglais devinrent rapidement la plus importante organisation criminelle du monde. Seuls très peu des cartels de drogue du XXe siècle ne peuvent rivaliser, en termes d'étendue et de criminalité, avec l'Angleterre du début du XIXe siècle. La compagnie East India, chargé d'importer de l'opium en Inde, fit envoyer des cargaisons de plusieurs tonnes vers Canton (aujourd'hui Guangzhau) afin de les échanger contre des produits et du thé Chinois. En conséquence de ce nouveau commerce naquit une nation de toxicomanes, dans laquelle les opiumeries commencèrent à proliférer dès le début du XIXe siècle. Le commerce d'opium fut déclaré une activité criminelle dès 1836, mais les marchands Britanniques parvinrent à payer des pots-de-vin aux fonctionnaires de Canton afin qu'ils ferment les yeux sur leurs activités commerciales. L'histoire de la Chine du début du XIXe siècle est l'histoire d'une tragédie humaine.'

 

Vous pouvez si vous le voulez accuser le gouvernement Chinois d'avoir déclenché la guerre de l'opium. Afin de faire respecter l'interdiction du commerce de l'opium (ainsi que sa souveraineté), la Chine dépêcha une flotte de jonques intercepter une cargaison d'opium Britannique à Canton en novembre 1839. Bien que les jonques n'aient pu résister au feu Britannique, la reine d'Angleterre, indignée, envoya sur place la Royal Navy afin d'obtenir vengeance. Deux années durant, la Royal Navy s'en prit à la flotte Chinoise, avant de finalement l'emporter. (Les Chinois, semble-t-il, n'avaient pas adopté la pensée de Klausewitz selon laquelle la guerre n'est autre qu'une extension de la politique. Ils croyaient naïvement que la raison et la technologie pouvaient l'emporter sur tout le reste).

 

Humiliée par cette défaite, la Chine signa d'abord le Traité de Nankin en 1842, suivi un an plus tard du Traité du Bogue. Ces deux traités stipulaient que les ports de Guangzhou, Jinmen, Fuzhou, Ningbo, et Shanghai devaient être ouverts au commerce Britannique de l'opium et à la résidence des marchands Britanniques. Hong Kong fut également cédée aux Anglais. Flairant une bonne affaire, la France, la Russie et les Etats-Unis forcèrent la Chine à signer des traités similaires. C'est ainsi que l'Occident subdivisa l'Empire du Milieu.

 

Le Traité de Nankin, sorte de prototype du traité de Versailles, exigeait également le scalp de Lin Tse-hsü, commissaire impérial de Canton à l'origine de la campagne anti-opium de la Chine. Le pauvre homme fut déshonoré et s'effondra sur son épée. Que Margaret Thatcher ait rendu Hong Kong à la Chine quelques 150 années plus tard n'avait rien à voir avec un acte de reddition. Il s'agissait simplement de rendre à la Chine ce qui lui avait été volé, une décision dont on ne faisait à l'époque que très rarement l'expérience.

 

Il fallut environ un siècle à la Chine pour se sortir de sa stupeur née du commerce de l'opium, avant de subir entre 1930 et 1940 les abominables attaques Japonaises, puis la sauvagerie des révolutions culturelles de Mao Zedong, qui contribuèrent à l'élimination de l'élite culturelle et intellectuelle Chinoise.

 

Et nous voici aujourd'hui, 31 ans seulement après la mort de Mao, confrontés à une nouvelle Chine prospère et vigoureuse enseignant une fois de plus à l'Occident, comme elle l'a déjà fait durant plus de deux millénaires, les règles du jeu du commerce. Une fois encore, il semblerait que nous soyons incapables de retenir la leçon. Il y a quelques semaines, à Vancouver, Anthony Fell, ancien président de la Banque du Canada et actuel président de RBC Securities, fit la déclaration suivante au sujet des déséquilibres commerciaux entre l'Occident - et tout particulièrement les Etats-Unis - et la Chine :

 

'Le déficit commercial annuel des Etats-Unis, s'élevant aujourd'hui à plus de 750 milliards de dollars – soit 6,3% du PIB – soulève d'importantes inquiétudes. Il n'est pas prudent pour les Etats-Unis que de dépendre des acheteurs d'obligations étrangers pour financer sa consommation nationale. Les pays Asiatiques produisent des marchandises à bas prix qui sont envoyées par bateau vers les Etats-Unis et échangés contre des dollars grâce auxquels les Chinois rachètent des obligations Américaines.

 

On pourrait dire qu'il s'agit là d'un système Ponzi de très grande échelle. Je ne pense pas qu'un tel système puisse être viable. Les banques centrales Asiatiques ne voudront jamais accumuler des dollars Américains aux taux actuels. Les cercles vertueux desquels tout le monde semble sortir gagnant ne se terminent généralement pas très bien.

 

La fin de l'histoire pourrait s'avérer malheureuse pour certains, mais pas nécessairement pour tout le monde. A la suite de la défaite de la Chine après la guerre de l'opium, le responsable Chinois Wei Yuan fit publier en 1850 un article dans le journal Illustrated Gazatteer of Maritime Countries, déclarant, pour citer une nouvelle fois Richard Hooker, 'que les Européens ont, dans leur quête de pouvoir, de profit et de biens matériels, développé des technologies et des méthodes de combat toujours plus barbares. La civilisation Chinoise était en danger de tomber entre les mains des puissances Occidentales et de leur supériorité technologique. Selon Wei, la Chine est une nation pacifique et civilisée qui serait capable de renverser l'Ouest si tant est qu'elle apprenait ses technologies et ses techniques'.

 

Depuis mon premier voyage en Chine, des astronautes ont été envoyés dans l'espace et le pays a propulsé l'un de ces propres satellites dans le ciel.

 

Voici un commentaire que l'on entend souvent dans la bouche des gens qui reviennent de leur premier voyage en Chine : 'vous feriez mieux d'apprendre à vos enfants à parler Chinois et à faire la lessive'. Je pense cependant qu'il existe une alternative à cela. Cette alternative, c'est d'apprendre la langue de l'argent métal, de l'ancienne monnaie renaissant aujourd'hui en Chine. Mieux encore, investissez sur une société minière produisant de l'argent, qu'elle se trouve en Chine ou ailleurs.

Voici donc la leçon que j'ai pu apprendre lors de mon errance sur les rues pavées de la route de l'Argent à Lijang. Si vous produisez de l'argent métal, alors vous ne produisez rien de moins que de l'argent réel. Et lorsque vous êtes en possession d'argent réel, c'est-à-dire d'argent métal, alors vous avez compris l'intégralité de la philosophie Chinoise que vous aurez jamais besoin d'apprendre. Merci de m'avoir lu et bon voyage sur la route de l'Argent.

David Bond le 24/12/2014 sur www.24hgold.com

lundi 29 décembre 2014

Échec et Mat : le piège en or de Vladimir Poutine

Très peu de gens comprennent ce que fait Poutine actuellement. Et presque personne ne comprend ce qu’il va faire dans les temps à venir.

Tout aussi étrange que cela puisse paraître, mais d’ores et déjà, Poutine ne vend du pétrole et du gaz naturel russes qu’en échange d’or physique.

Poutine ne le crie pas sur les toits. Et bien sûr, il accepte encore les dollars US comme moyen intermédiaire de paiement. Mais il échange illico tous ces dollars obtenus de la vente de pétrole et de gaz naturel pour de l’or physique!

Afin de le comprendre, il suffit de regarder la dynamique de croissance des réserves en or de la Russie et de comparer ces données aux revenus d’échanges monétaires de la Fédération de Russie provenant de la vente de pétrole et de gaz naturel sur la même période.

En outre, au troisième trimestre les achats par la Russie d’or physique sont au plus haut niveau qu’ils aient jamais atteint. Au troisième trimestre de cette année, la Russie avait acheté une quantité phénoménale d’or, à hauteur de 55 tonnes. C’est plus que toutes les banques centrales de tous les pays du monde au même moment (selon les données officielles)!

Au total, les banques centrales de tous les pays du monde ont acheté 93 tonnes du métal précieux au troisième trimestre de 2014. Cela a été le quinzième trimestre consécutif d’achats nets d’or par des banques centrales. Des 93 tonnes d’achats d’or par des banques centrales autour du monde durant cette période, le montant le plus conséquent d’achats – 55 tonnes – appartient à la Russie.

Il n’y a pas si longtemps, des scientifiques britanniques sont parvenus avec succès à la même conclusion que celle qui fut publiée il y a quelques années dans la Conclusion de l’US Geological Survey. C’est-à-dire: l’Europe ne parviendra pas à survivre sans approvisionnement énergétique provenant de la Russie. Traduit de l’anglais dans n’importe quelle langue cela signifie: « le monde ne parviendra pas à survivre si le pétrole et le gaz naturel russes sont soustraits à la balance globale d’approvisionnement en énergie ».

Ainsi le monde occidental construit sur l’hégémonie du pétrodollar est dans une situation catastrophique, dans laquelle il ne peut survivre sans approvisionnement énergétique venant de Russie. Et la Russie n’est maintenant prête à vendre son pétrole et son gaz naturel à l’Occident qu’en échange d’or physique! Le piège dans le jeu de Poutine, c’est que le mécanisme de vente d’énergie russe à l’Occident uniquement en échange d’or fonctionne déjà, que l’Occident veuille ou non payer pour le pétrole et le gaz naturel russes avec son or artificiellement peu cher.

Puisque la Russie dispose d’un flux constant de dollars de la vente de pétrole et de gaz naturel, elle parviendra à convertir ces dollars pour acheter de l’or au prix actuel, tiré vers le bas de toutes les façons par l’Occident. Ceci équilibre le prix de l’or, qui avait été artificiellement et méticuleusement abaissé par la Fed et l’ESF (Fonds de Stabilisation des Échanges, Exchange Stabilisation Fund, ndlr) à plusieurs reprises… par le pouvoir d’achat artificiellement gonflé du dollar à travers la manipulation des marchés.

Fait intéressant: la manipulation à la baisse des cours de l’or par cette administration spéciale du gouvernement US – l’ESF – en vue de stabiliser la valeur du dollar est devenue une loi aux USA.

Dans le monde financier il est (généralement) considéré que l’or est anti-dollar… c’est-à-dire que le prix de l’or est inversement proportionnel à la valeur du dollar.

  • En 1971, le Président US Richard Nixon avait fermé la « fenêtre de l’or », mettant fin au libre échange de dollars pour de l’or, garanti par les USA en 1944 aux accords de Bretton Woods.
  • En 2014, le Président russe Vladimir Poutine a ré-ouvert la « fenêtre de l’or », sans en demander la permission à Washington.

En ce moment l’Occident dépense une bonne partie de ses forces et de ses ressources à tirer vers le bas les prix de l’or et du pétrole. Ainsi donc, d’une part pour distordre la réalité économique existante en faveur du dollar US… et d’autre part, pour détruire l’économie russe, qui refuse de jouer le rôle de vassal obéissant de l’Occident.

Aujourd’hui des biens tels que l’or et le pétrole semblent proportionnellement affaiblis et excessivement sous-évalués face au dollar US. C’est la conséquence d’un énorme effort économique de la part de l’Occident.

Et désormais Poutine vend les ressources énergétiques russes en échange de ces dollars US, artificiellement soutenus par les efforts de l’Occident. Avec ces dollars produits des ventes Poutine achète immédiatement de l’or, artificiellement dévalué contre le dollar US par les efforts de l’Occident lui-même!

Il y a un autre élément intéressant au jeu de Poutine. C’est l’uranium russe. Une ampoule sur six aux USA dépend de sa fourniture, que la Russie vend aussi aux USA… pour des dollars.

Donc, en échange du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, l’Occident paye la Russie avec des dollars US, dont le pouvoir d’achat est artificiellement gonflé vis-à-vis de l’or et du pétrole par les efforts (manipulations) de l’Occident. Cependant, Poutine ne se sert de ces dollars que pour soustraire de l’or physique à l’Occident en échange d’un prix défini en dollars US, artificiellement abaissé par le même Occident.

Cette combinaison économique véritablement brillante de la part de Poutine met l’Occident, emmené par les États-Unis, dans la position d’un serpent dévorant agressivement et diligemment sa propre queue.

L’idée de ce piège économique en or pour l’Occident n’a probablement pas son origine chez Vladimir Poutine lui-même. C’est plus sûrement l’idée du conseiller en affaires économiques de Poutine – le Dr. Sergey Glazyev. Sinon pourquoi le bureaucrate Glazyev, sensiblement sans implication dans le monde des affaires a-t-il été, avec beaucoup d’hommes d’affaires russes personnellement inclus dans la liste des personnes sanctionnées par Washington? L’idée d’un économiste, le Dr. Glazyev, a été brillamment exécutée par Poutine… mais avec tout l’aval de son collègue chinois, Xi Jinping.

Dans ce contexte, la déclaration en novembre du premier Président Adjoint de la Banque Centrale de Russie (BCR) Ksenia Yudaeva semble particulièrement intéressante. Elle a souligné que le cas échéant, la BCR pouvait se servir de l’or dans ses réserves pour payer ses importations. Il est évident qu’au regard des sanctions du monde occidental, cette déclaration est adressée aux pays des BRICS, en premier desquels la Chine. Pour la Chine, la disposition de la Russie à payer des biens avec de l’or occidental est très commode. Et voici pourquoi:

La Chine a récemment annoncé qu’elle allait cesser d’augmenter ses réserves d’or et de monnaie sous la dénomination de dollars US. Prenant en considération le déficit commercial croissant entre les USA et la Chine (la différence actuelle est d’un facteur de cinq fois en faveur de la Chine), alors cette déclaration traduite depuis le jargon financier signifie: « la Chine arrête de vendre ses marchandises pour des dollars ». Les médias mondiaux ont choisi de ne pas prêter attention à ce plus marquant des événements monétaires historiques récents. Le sujet n’est pas que la Chine refuse littéralement de vendre ses marchandises pour des dollars US. La Chine, bien entendu, continuera à accepter des dollars US comme moyen intermédiaire de paiement pour ses marchandises. Mais, ayant pris les dollars, la Chine s’en débarrassera immédiatement et les remplacera par autre chose, dans la structure de ses réserves en or et en monnaie. Sinon la déclaration faite par les autorités monétaires chinoises perd son sens: « nous arrêtons l’augmentation de nos réserves d’or et de monnaie, sous la dénomination de dollars ». Cela veut dire que la Chine n’achètera plus de bons du Trésor US avec des dollars acquis via le commerce avec n’importe quel pays, comme elle le faisait auparavant.

Ainsi, la Chine remplacera tous les dollars qu’elle recevra dorénavant pour ses marchandises non seulement des USA mais du monde entier par quelque chose d’autre, pour ne pas augmenter ses réserves d’or et de monnaie définies en dollars. Et voici une question intéressante: avec quoi la Chine va-t-elle remplacer tous les dollars issus de son commerce? Avec quelle monnaie ou quel bien? L’analyse de la politique monétaire chinoise actuelle démontre certainement que les dollars venant du commerce, ou une portion substantielle d’entre eux, la Chine va les remplacer discrètement et de facto le fait déjà, par de l’or.

De ce point de vue, la partie de solitaire des relations russo-chinoises est extrêmement profitable à la fois pour Moscou et pour Beijing. La Russie achète des marchandises à la Chine directement pour de l’or à son prix actuel. Tandis que la Chine achète des ressources énergétiques russes pour de l’or à son prix actuel. Dans ce festival de la vie russo-chinoise, il y a de la place pour tout: des marchandises chinoises, des ressources énergétiques russes, de l’or – comme moyen de paiement mutuel. Seul le dollar US n’a aucune place dans ce festival de la vie. Et ce n’est pas surprenant. Parce que le dollar US n’est pas un produit chinois, ou une ressource énergétique russe. Ce n’est qu’un moyen intermédiaire de règlement – et un intermédiaire superflu. Et il est de coutume d’exclure les intermédiaires superflus des interactions entre deux partenaires commerciaux indépendants.

Il importe de noter par ailleurs que le marché global pour l’or physique est extrêmement petit en comparaison du marché mondial des ressources pétrolières physiques. Et surtout le marché global pour l’or physique est microscopique en comparaison de la totalité des marchés mondiaux de livraison de pétrole, de gaz naturel, d’uranium et de marchandises.

L’accent est mis sur les mots « or physique » parce qu’en échange de ses ressources énergétiques physiques, pas « sur le papier », la Russie soustrait aujourd’hui de l’or à l’Occident mais seulement sous son aspect physique, pas « sur le papier ». La Chine accomplit la même chose en recevant de l’Occident de l’or physique artificiellement dévalué comme paiement pour la livraison de marchandises réelles à l’Occident.

Les espérances entretenues par l’Occident que la Russie et la Chine veuillent bien accepter comme paiement pour leurs ressources énergétiques et marchandises  de la… « monnaie de singe » ou « or sur le papier » sous quelque forme que ce soit, n’ont pas prospéré. La Russie et la Chine ne sont intéressées que par de l’or tangible, et seulement le métal physique, comme moyen final de paiement.

Pour référence: le turnover du marché d’or sur le papier, ou uniquement d’options sur l’or, est estimé à $360 milliards par mois. Mais la livraison physique d’or ne représente que $280 millions par mois. Ceci donne un ratio d’échange d’or sur le papier face à l’or physique de 1000 pour 1.

En utilisant le mécanisme de retrait actif du marché d’un bien financier (l’or) artificiellement dévalué par l’Occident en échange d’un autre bien financier (USD) artificiellement surévalué par l’Occident, Poutine a ainsi démarré le compte à rebours qui mène à la fin de l’hégémonie planétaire du pétrodollar. De cette manière, Poutine a placé l’Occident dans un étau, en l’absence de perspectives économiques saines.

L’Occident ne peut dépenser que tant d’efforts et de ressources à augmenter artificiellement le pouvoir d’achat du dollar, abaisser les prix du pétrole et artificiellement dévaluer le pouvoir d’achat de l’or. Le problème de l’Occident est que les stocks d’or physique en sa possession ne sont pas inépuisables. Par conséquent, le plus l’Occident dévalue le pétrole et l’or contre le dollar US, le plus rapidement il perd de l’or dévalué de ses réserves qui ne sont pas infinies.

Dans cette combinaison économique brillamment jouée par Poutine, l’or physique des réserves de l’Occident afflue rapidement vers la Russie, la Chine, le Brésil, le Kazakhstan et l’Inde (c’est-à-dire les pays des BRICS). Au rythme actuel de réduction des réserves d’or physique, l’Occident n’a tout simplement pas le temps de faire quoi que ce soit contre la Russie de Poutine jusqu’à l’effondrement de tout le monde occidental du pétrodollar. Aux échecs la situation dans laquelle Poutine a placé l’Occident, emmené par les USA, est celle du « problème de temps ».

Le monde occidental n’a jamais affronté des événements et phénomènes économiques comme ceux qui se produisent en ce moment. L’ancienne URSS a rapidement vendu de l’or pendant la chute des prix de l’or. Aujourd’hui, la Russie achète rapidement de l’or pendant la chute des prix du pétrole. Ainsi, la Russie pose une réelle menace au modèle états-unien de domination du monde par le pétrodollar.

Le principe essentiel du modèle du monde selon le pétrodollar est de permettre aux pays occidentaux, emmenés par les États-Unis, de vivre aux dépens du labeur et des ressources d’autres pays… sur la base du rôle de la monnaie US, dominante dans le Système Monétaire International (SMI). Le rôle du dollar US dans le SMI est qu’il est le mode ultime de paiement. Ceci signifie que la monnaie nationale des USA dans la structure du SMI est l’ultime accumulateur de biens, en face duquel l’échange de n’importe quel autre bien n’a pas de sens.

Emmenés par la Russie et la Chine, ce que font actuellement les BRICS est en réalité de changer le rôle du dollar US dans le SMI. De l’ultime mode de paiement et d’accumulation de biens, la monnaie nationale des USA, par le biais des actions conjointes de Moscou et de Beijing, ne devient rien de plus qu’un moyen intermédiaire de paiement, dont l’usage n’est entendu que pour l’échange de ce moyen de paiement intermédiaire pour un autre et le bien financier ultime – l’or. Ainsi, le dollar US perd en réalité son rôle comme mode ultime de paiement et d’accumulation de biens, cédant ces deux rôles à un autre bien monétaire reconnu, dénationalisé et dépolitisé – L’OR!

Traditionnellement, l’Occident a utilisé deux méthodes pour éliminer la menace à l’hégémonie du modèle du pétrodollar dans le monde, et aux privilèges excessifs pour l’Occident qui en ont découlé:

L’une de ces méthodes est celle des révolutions colorées. La seconde méthode qui est habituellement employée par l’Occident si la première échoue, c’est l’agression militaire et les bombardements.

Mais dans le cas de la Russie ces deux méthodes sont soit impossibles soit inacceptables pour l’Occident.

Parce que tout d’abord la population russe, contrairement aux populations de beaucoup d’autres pays, ne désire pas échanger sa liberté et l’avenir de ses enfants pour de la kielbasa occidentale (saucisse à la viande). Ceci est évident vu les taux d’approbation records de Poutine, régulièrement publiés par les plus éminentes agences de sondages occidentales. L’amitié personnelle du protégé de Washington Navalny (opposant politique de Vladimir Poutine, ndlr) avec le Sénateur John McCain a joué pour lui un rôle particulièrement néfaste. Ayant appris ce fait des médias, 98% de la population russe ne perçoit désormais Navalny que comme un vassal de Washington et un traître aux intérêts nationaux russes. Donc les professionnels occidentaux, qui n’ont pas encore perdu l’esprit, ne peuvent rêver d’une quelconque révolution colorée en Russie.

Pour ce qui est de la seconde méthode traditionnelle d’agression militaire directe, la Russie n’est sûrement pas la Yougoslavie, l’Irak ou la Libye. Dans toute opération militaire non-nucléaire contre la Russie, sur le territoire de la Russie, l’Occident emmené par les USA est condamné à la défaite. Et les généraux du Pentagone, qui exercent le vrai commandement des forces de l’OTAN, en sont conscients. Tout aussi désespérée est une guerre nucléaire contre la Russie, y compris le concept d’une prétendue « frappe nucléaire préventive ». L’OTAN n’est tout simplement pas techniquement capable de livrer un coup qui désarme le potentiel nucléaire de la Russie dans toutes ses manifestations. Une frappe de représailles nucléaires massives contre l’ennemi ou un éventail d’ennemis serait inévitable. Et sa puissance totale suffira pour que les survivants envient les morts. C’est-à-dire, un échange de frappes nucléaires avec un pays comme la Russie n’est pas une solution pour le problème imminent de l’effondrement du monde du pétrodollar. C’est, dans le meilleur des cas, une dernière note et le dernier point de l’histoire de son existence. Dans le pire des cas – un hiver nucléaire et la ruine de toute vie sur la planète, à l’exception des bactéries qui auront muté à case des radiations.

L’establishment économique occidental peut voir et comprendre l’essence de la situation. Des économistes occidentaux éminents sont certainement conscients de la gravité du problème et du désespoir de l’impasse dans laquelle se trouve le monde occidental, dans le piège doré de Poutine. Après tout, depuis les accords de Bretton Woods, nous connaissons tous la règle d’or en vigueur: « celui qui a plus d’or impose les règles ». Mais tout le monde en Occident reste silencieux là-dessus. Silencieux parce qu’aucun ne sait comment sortir de cette situation.

Si vous expliquez au public occidental tous les détails du désastre économique à venir, le public posera aux promoteurs du monde du pétrodollar les plus horribles questions, qui ressembleront à ceci:

- Combien de temps l’Occident pourra-t-il acheter du pétrole et du gaz naturel à la Russie en échange d’or physique?

- Et qu’arrivera-t-il au pétrodollar US, après que l’Occident aura épuisé tout son or physique pour payer du pétrole, du gaz naturel et de l’uranium russes, ainsi que pour payer pour des marchandises chinoises?

Aujourd’hui, personne en Occident ne peut répondre à ces questions, qui semblent simples.

Et cela, Mesdames et Messieurs, cela s’appelle « Échec et Mat ». La partie est finie.

Par Dmitry Kalinichenko sur www.maondialistation.ca le 26/12/2014

lundi 22 décembre 2014

Ablyazov : aventures amoureuses et perdition

Dans l'affaire trouble de l'oligarque fugitif, Mukhtar Ablyazov, sont apparus de nouveaux détails. Interpol recherche une énième maitresse de ce petit Don Juan, une certaine Botha Djardemali.

Botha, une ancienne membre du conseil d'administration du Conseil de la "BTA Bank" est devenue l'une des partisanes les plus ardentes d'Ablyazov. La plupart des gens essayent de deviner de quel aphrodisiaque a bénéficié l'oligarque, pour être aussi attirant pour de belles femmes de toutes sortes de beauté.

Mme Djardemali est une dame intéressante à tous les égards, car elle partage activement son lit et parfois son bureau avec son patron. Ablyazov a transformé cette femme  en vrai trou noir par lequel ont été aspiré plusieurs milliards de dollars de la banque.

C'est avec elle que l'oligarque fugitif a lancé des programmes de crédits offshore pour des entreprises éphémère, en utilisant de faux contrats de cession de créances qui auraient été conclus par la "BTA Bank" et d'autres astuces similaires, dans le but de transférer de l'argent de la banque dans ses poches.

En 2009, lorsque Ablyazov est tombé en disgrâce, Botha a démissionné et plus tard repris les cordons de la bourse d'Ablyazov.

Personne ne sait ce qu'il s'est passé entre l'oligarque et ces femmes, mais c'est par ces femmes qu'il a été perdu. Mais, il est connu que ce truand a pu trouver grâce aux yeux d'une autre maîtresse, une certaine Elena Tishchenko. Si la première tenait la bourse, la seconde a fournit une protection juridique pour son patron. Et elle a échoué. Banalement, elle a été suivie et a permis à Interpol de déterminer l'emplacement où se trouvait le financier et de mené une opération pour l'arrêter.

Soit dit en passant, Elena et Botha ont beaucoup de choses en commun. L'une et l'autre ont 37 ans. Les deux sont des avocates de haut de gamme parlant couramment l'anglais. Toutes les deux ont un mari Ukrainien. L'ex-mari d'Elena, Sergey Tishchenko, est un homme d'affaires connu en Ukraine. Le mari de Botha est un citoyen canadien d'origine ukrainienne.

Il est loin d'être le premier homme dans la vie de Botha. Elle avait un mari au Kazakhstan, dont on taira le nom car l'homme est peut-être respectable. Elle n'a finalement pas choisi le bonheur conjugal, mais l'aventure. Le canadien d'origine ukrainienne est habilement devenu un gigolo sous l'aile d'une femme riche.

Il a essayé de ne pas faire attention aux affaires amoureuses de sa femme avec Ablyazov. Etant son principal sponsor, qui se séparerait d'une poule aux œufs d'or ? Il est vrai qu'aujourd'hui, il pense déjà au divorce. C'est une chose d'avoir une femme milliardaire, c'en est une autre d'avoir  une criminelle recherchée par Interpol. L'enquête d'Interpol montre que Botha est une des dernières caissières d'Ablyazov.

Contraint à la clandestinité cette femme a cessé de travailler sur les financements des projets d'Ablyazov. En conséquence, Ablyazov a été contraint d'arrêter sa chaîne de télévision"K +". Sans argent, les associés d'hier ont commencé à se détourner de leur employeur. C'est un symptôme tangible de l'effondrement de l'empire souterrain d'Ablyazov. Même un allié loyal tel que Ketebaev, qui a développé la chaîne de télévision d'Ablyazov pendant 8 ans, s'est détourné de son patron. Il a prétexté qu'il n'est pas d'accord avec lui sur les questions de créativité. Selon lui, ils avaient une différence de point de vue : « K+ a été sur le bord, très proche de la  provocation », alors que Ketebaev voulait une chaîne plus positive. Il ment, bien sûr. En fait, c'est une question d'argent. Le financement a cessé et la chaîne a arrêté d'émettre.

Et maintenant Ketebaev s'éloigne d'Ablyazov, "Il est maintenant dans l'isolement, sans activité ni position sociale. Il ne lui reste pas tant de ressources que ça et a besoin d'un résultat. Moi, par exemple, je ne suis pas dans cette situation. Je ne pense pas qu'il soit juste d'accélérer ce procès historique. Les choses doivent suivre leur cours", a délicatement déclaré l'ancien employé qui a envoyé promener son patron, d'ailleurs accusé de complexe de Napoléon. Il a décrit Ablyazov comme une personne inadéquate, qui fait prendre des vessies pour des lanternes.

Mme Djardemali a également envoyé promener son chef. Elle a assez d'argent pour vivre une vie confortable si elle réussi à se cacher dans un pays du tiers-monde. Il y a des informations qui disent qu'elle se trouve avec un dandy africain. N'est-ce pas une bonne option ? Elle a cinq passeports, tous connus d'Interpol. Mais combien en a-t-elle que personne ne connait ? Peut-être a t-elle changé de citoyenneté. Ceci démontre que Botha s'est bien préparée à la vie souterraine. Donc, il ne sera pas facile de la trouver, mais cela est nécessaire, car les milliards d'Ablyazov doivent être retournés aux investisseurs.

De retour à l'ancien oligarque, il est possible de dire que sa chanson est chantée. Les femmes aiment les hommes qui ont réussi, et les prisonniers n'entrent pas dans leurs critères.
Celui qui a vu Ablyazov pendant le procès en France, aura réalisé que ce n'est plus un combattant. Il a les yeux estompés et le visage hagard. Comment ne pas perdre du poids, lorsque ses fidèles compagnons le lâchent. Botha a disparu avec l'argent, les vrais soldats du front idéologique commencent remuer la boue. Les rats quittent le navire en perdition.

Boom du tourisme médical dans une Asie prospère

Le tourisme médical est en plein boom en Asie, où plusieurs pays portés depuis des années par une forte croissance offrent des soins de haute qualité à des prix attractifs, attirant des millions d'étrangers, même d'Europe et des Etats-Unis.

"Le secteur de la santé bénéficie d'un afflux de population vieillissante dans le monde, qui fait augmenter la fréquentation et le choix dans des hôpitaux de qualité", explique le PDG de l'organisation américaine Patients au-delà des frontières.

"C'est particulièrement vrai en Asie, où les disparités dans la qualité des soins incitent les gens à se tourner vers des pays comme la Thaïlande, la Malaisie, la Corée du Sud, Taïwan -- et à venir même du Royaume-Uni et des Etats-Unis", ajoute-t-il, soulignant l'important potentiel de croissance à court terme dans ce secteur.

Des acteurs asiatiques de premier plan tels l'Inde, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande effectuent une promotion active de soins médicaux en promettant aux patients d'économiser jusqu'à 80% de ce qu'ils dépenseraient dans des pays développés, certaines sociétés offrant des forfaits combinant une opération pour se refaire le nez avec un séjour à la plage.

L'Asie du Sud-Est, en particulier, est considérée comme une "zone idéale" pour le tourisme médical, après des décennies de solide croissance économique dont certains pays ont profité pour créer des systèmes de soins de haute qualité à des prix compétitifs.

Les patients viennent à la fois de pays riches et pauvres, les premiers évitant les soins onéreux dans leur patrie, et les seconds recherchant des soins de meilleure qualité que chez eux, à l'image de Nusrat Hussein Kiwan, une femme d'un cadre du Bangladesh, venue subir un pontage coronarien en Malaisie.

Depuis 2010, le marché du tourisme médical en Malaisie a quasi doublé, totalisant 770.000 patients et des recettes de 200 millions de dollars (163 millions d'euros) l'an passé, selon le gouvernement de cet Etat de quelque 28 millions d'habitants.

Soleil et silicone

Autre pays d'Asie du Sud-Est, la Thaïlande (66 millions d'habitants) indique avoir accueilli en 2012 environ 2,53 millions de touristes médicaux, incluant les touristes des stations thermales. En deux ans, le nombre de patients a augmenté d'un tiers et les recettes ont doublé à quelque 4,2 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros).

A Singapour, les touristes médicaux ont dépensé l'an passé 630 millions de dollars (513 millions d'euros), un montant légèrement gonflé par le coût de la vie relativement élevé dans cette ville-Etat moderne de 5,4 millions d'habitants.

Face au boom du tourisme médical, la Malaisie a créé une institution dédiée à cette industrie prospère, dans un pays où l'anglais courant est très répandu et où les soins sont nettement moins chers qu'au Japon, aux Etats-Unis et en Europe, observe l'organisation Patients au delà des frontières.

"Je reviendrais (en Malaisie) et je recommanderais sans aucun doute" ce pays, confie Alexandria Garvie, une Australienne de 61 ans, sur son lit d'hôpital à Kuala Lumpur. Elle a subi une intervention de chirurgie esthétique du ventre et déboursé au total 5.000 dollars (4.000 euros), soit un quart de la somme qu'elle aurait dû payer en Australie pour la même opération, dit la patiente.

La plupart des touristes médicaux venant en Malaisie sont cependant plus fortunés et originaires de pays moins développés, tels l'Indonésie, suivie de l'Inde, du Japon et de la Chine. A l'avenir, la croissance de ce secteur devrait venir d'habitants de pays riches du Proche-Orient.

Pour attirer les patients, Beautiful Holidays, une agence de voyages de Penang, île du nord de la Malaisie, met en contact des clients étrangers avec des chirurgiens esthétiques locaux, organise leur séjour avec bilan pré et post-opératoire, ainsi que des activités touristiques sur l'île connues pour ses plages et sites historiques.

L'idée, explique un responsable de l'agence, "c'est d'avoir des gens qui viennent ici pour des vacances -- soleil et silicone -- des choses comme ça".

 

Sur www.ladepeche.fr le 22/12/2014




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vendredi 19 décembre 2014

Comment Vladimir Poutine a renversé la stratégie de l’Otan

Lors du sommet annuel sur la sécurité, organisé par la Fondation Bertelsmann et l'Otan à Munich, en 2007, le président Vladimir Poutine avait souligné que l'intérêt des Européens de l'Ouest n'était plus uniquement outre-Atlantique, mais aussi et surtout avec la Russie. Depuis cette date, il n'a cessé de tenter de nouer des relations économiques, dont la construction du gazoduc North Stream sous la direction de l'ancien chancelier allemand Gerhard Schröder. De leur côté, les États-Unis ont tout fait pour empêcher ce rapprochement, dont l'organisation du coup d'État de Kiev et le sabotage du gazoduc South Stream.

Selon la presse atlantiste, la Russie aurait été gravement impactée par les « sanctions » unilatérales —en réalité des actes de guerre économique— prises à l'occasion du rattachement de la Crimée à la Fédération ou de la destruction du Boeing de la Malaysia Airlines et par la baisse du prix du pétrole. Le rouble a perdu 40 % de sa valeur, les investissements inutiles dans le gazoduc South Stream ont coûté 4,5 milliards de dollars, et l'embargo alimentaire a coûté 8,7 milliards de dollars. En définitive, assure la presse atlantiste, la Russie est aujourd'hui ruinée et isolée politiquement.

La presse atlantiste fait par contre l'impasse sur les conséquences de cette guerre économique dans l'Union européenne. Outre que l'interdiction des exportations alimentaires est susceptible de détruire des pans entiers de son agriculture, le renoncement à South Stream pèsera très gravement sur l'avenir de l'Union en renchérissant le prix de l'énergie.

Il semble que les « sanctions » unilatérales aient eu comme conséquence imprévue la chute des cours du pétrole. En effet, celle-ci a débuté le 20 juin, mais elle n'est sortie des variations habituelles qu'à la fin juillet, lors des premières « sanctions » économiques. Le prix du pétrole n'ayant aucun rapport avec la loi de l'offre et de la demande, mais comme pour tout marché spéculatif, avec le volume des capitaux qui y spéculent, le déplacement des capitaux russes à l'annonce des sanctions ont accéléré le mouvement. Dans un premier temps, on avait attribué la baisse du prix du pétrole à un effort de l'Arabie saoudite pour plomber les investissements états-uniens dans le gaz de schiste et les pétroles non-conventionnels mais, lors de la réunion de l'Opep, il s'est avéré que les Saoudiens n'y étaient probablement pour rien. Au demeurant, il semblait impossible que l'Arabie saoudite spécule contre son suzerain états-unien.

Quoi qu'il en soit, la Russie a surpris Washington en renversant l'échiquier diplomatique : Vladimir Poutine s'est rendu en Turquie, État membre de l'Otan, juste après le vice-président états-unien Joe Biden, pour y conclure de gigantesques accords économiques. Non seulement ils contournent les sanctions unilatérales de l'Alliance, mais ils la désorganisent profondément.

La Turquie actuelle est un État en passe de redevenir une terrible dictature. Selon le département d'État —pourtant complaisant vis-à-vis d'un membre de l'Otan— l'internet est censuré ; le gouvernement a abusé de son pouvoir pour stopper les enquêtes de corruption conduites contre ses membres et leurs familles ; il a sanctionné les policiers et les magistrats qui ont conduit ces enquêtes ; les minorités n'ont aucun droit, à l'exception des trois minorités désignées dans le Traité de Lausanne en 1923 ; l'administration Erdoğan détient des centaines de prisonniers politiques (principalement des officiers supérieurs coupables d'avoir pris contact avec l'Armée chinoise, des responsables politiques d'opposition, des journalistes et des avocats) ; la torture est généralisée, les détentions arbitraires et les assassinats extra-judiciaires sont légion.

Le président Erdoğan s'est fait construire le plus grand palais du monde. Il l'a fait dans un parc naturel, alors que la Justice le lui avait interdit. Il en a coûté 615 millions de dollars à ses contribuables.

La dérive criminelle de l'administration Erdoğan est devenue un grave sujet de préoccupation au sein de l'Otan. D'autant que la Turquie s'avère devenir aussi un allié récalcitrant. Ainsi, elle persiste à aider les jihadistes dans leur lutte contre le peuple kurde (pourtant très majoritairement sunnite) au lieu de rejoindre activement la coalition états-unienne contre l'Émirat islamique. C'est pourquoi le vice-président Joe Biden s'est rendu le 22 novembre à Ankara, manifestement pour menacer le président Erdoğan s'il ne rentrait pas dans l'ordre états-unien.

Or, le 1er décembre, Vladimir Poutine se rendait également à Ankara. Distinguant les questions économiques des politiques, il présentait une offre longuement préparée : une alliance économique sans précédent entre les deux nations. Comprenant que cette offre inattendue était sa seule issue face à Washington, le président Erdoğan signait tous les documents qui avaient été rédigés par les Russes. Il acceptait le renforcement du gazoduc sous-marin reliant son pays à la Russie via la Mer Noire ; il achetait à bon prix du gaz russe et même des centrales nucléaires civiles pour alimenter son industrie ; il livrait ses produits agricoles à la Russie malgré l'embargo de tous les autres États atlantiques ; etc.

Pour l'Otan, le problème turc vire au cauchemar.

Vladimir Poutine n'a certes pas changé d'avis sur Recep Tayyip Erdoğan. C'est un petit criminel qui a rejoint les Frères musulmans, a été propulsé au pouvoir avec l'aide de la CIA, et qui se comporte aujourd'hui comme un vrai chef mafieux. Mais le président russe a l'habitude de traiter avec des oligarques ou des chefs d'État d'Asie centrale qui ne valent pas mieux. Lui-même est parvenu au Kremlin en s'infiltrant dans le cercle de Boris Elstine et de Boris Berezovski.

De son côté, Recep Tayyip Erdoğan sait qu'il doit son pouvoir à l'Otan, et qu'aujourd'hui elle lui demande des comptes. Il n'a aucune difficulté à faire le grand écart : allié de Washington en politique et de Moscou en économie. Il sait qu'aucun État n'a jamais pu sortir de l'Alliance, mais il imagine se maintenir au pouvoir par ce double jeu.

Maintenant observons la stratégie de Vladimir Poutine.

La puissance des États-Unis réside à la fois dans leur monnaie, qu'ils imposent au reste du monde via le contrôle du marché du pétrole, et dans leur armée.

L'Otan vient de lancer une guerre économique contre la Russie. Pour les besoins de la propagande, elle masque ses attaques sous le vocable de « sanctions ». Pourtant des sanctions supposeraient une mise en examen, un procès et un verdict. Pas dans ce cas. Les « sanctions » les plus importantes ont même été décidées après la destruction d'un avion civil en Ukraine alors que, selon toute probabilité, il a été abattu par les nouvelles autorités de Kiev.

Pour y répondre, Vladimir Poutine a d'abord fait basculer l'avenir de son pays de l'Europe occidentale vers l'Extrême-Orient en signant les plus importants contrats de l'histoire avec ses partenaires chinois. Puis, il a utilisé la Turquie contre l'Otan pour contourner les « sanctions » commerciales occidentales. Que ce soit avec la Chine ou avec la Turquie, la Russie vend son énergie en monnaies locales ou en troc, jamais en dollars.

Les experts russes ont calculé que Washington interviendrait si le cours du pétrole se maintenait plus de six mois à un cours inférieur à 60 dollars le baril. Il y a deux mois, le gouverneur de la Banque centrale russe, Elvira S. Nabiullina, attestait devant la Douma être prête pour ce scénario, son institution détenant suffisamment de réserves.

Par conséquent, si pour le moment la Russie est gravement touchée par l'attaque économique de l'Otan, la situation pourrait s'inverser dans six mois. Pour maintenir sa domination sur le reste du monde, Washington serait alors contraint d'intervenir pour faire remonter les prix du pétrole. Mais entre temps, cette guerre aura plombé l'Union européenne et l'Otan, tandis que la Russie aura muté son économie vers son allié chinois.

En définitive, la Russie agit ici comme elle l'a toujours fait. Jadis, elle pratiquait la « stratégie de la terre brûlée » lorsque la France de Napoléon ou l'Allemagne d'Adolf Hitler l'envahissait. Elle détruisait elle-même ses propres richesses à la place des troupes ennemies et ne cessait de reculer vers l'Extrême-Orient. Puis elle refluait contre les envahisseurs exténués par leur trop longue pénétration.

Par Thierry Meyssan sur www.voltairenet.org le 8/12/2014, source Оdnako (Russie)

mardi 16 décembre 2014

Une nouvelle politique économique pour le Kazakhstan

Dans une récente allocution, le président Kazakhstanais, Nusultan Nazarbaiev a confirmé que le monde n'est toujours pas remis des effets de la crise financière et économique mondiale. Selon lui, la crise géopolitique et la politique de sanctions des grandes puissances créent un obstacle supplémentaire à la reprise de l'économie mondiale. Il a précisé que les prochaines années constitueront probablement une période d'épreuves globales et que toute l'architecture du monde va changer. Pour lui, seuls les États forts et les peuples soudés pourront traverser cette étape difficile. Son pays, le Kazakhstan situé à proximité immédiate de l'épicentre des tensions géopolitiques, éprouve l'influence négative de l'ensemble de ces processus.

 

Les prévisions de développement de l'économie mondiale pour les années 2014 à 2016 ont été révisées à la baisse par le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. De ce fait, le président du Kazakhstan a prévenu qu'il sera nécessaire d'ajuster dès le 1er janvier 2015 la politique du pays pour la période à venir. Le budget national pour l'année 2015 a été révisé, car la diminution des prix des exportations de matières premières entraîne une baisse des recettes budgétaires. Le Kazakhstan a déjà connu une expérience similaire en 2007-2009. Selon lui, les industries qui créent le plus grand effet multiplicateur pour la croissance économique et l'emploi doivent bénéficier d'un soutien.

 

En réponse aux défis auxquels le Kazakhstan est confronté, le président du Kazakhstan a annoncé une Nouvelle Politique Économique pour son pays qu'il a nommé « Nourly Jol » (La Voie vers l'Avenir) qui sera une politique sera de nature contracyclique qui visera à la poursuite des réformes structurelles de l'économie. Au cours des années où la situation sur les marchés était favorable, les revenus provenant des exportations de matières premières ont été orientés vers un Fonds national du Kazakhstan. L'une des principales tâches de ce Fonds national est de renforcer la stabilité de l'économie face aux chocs externes, y compris lors des baisses des prix des ressources naturelles. Dix milliards de dollars de ce fonds ont déjà été consacrés à la lutte contre la crise des années 2007-2009. Les capitaux restants ont été conservés et accrus. Ils seront alloués au développement des infrastructures de transport et d'énergie, des infrastructures industrielle et sociale, ainsi qu'au développement des petites et moyennes entreprises. En février dernier, il a été décidé d'allouer 5.4 milliard de dollars du Fonds national pour soutenir la croissance économique et l'emploi en 2014-2015, répartis en deux tranches de 2.7 milliards. Afin d'achever des projets en cours et répondre aux questions les plus pressantes, le président a donné l'instruction à son Gouvernement d'employer la seconde tranche de ces capitaux du Fonds national d'un montant de 2.7 milliards de dollars, aux fins suivantes :

 

·        550 millions de dollars supplémentaires à l'octroi de crédits à taux préférentiels aux PME, et aux grandes entreprises afin d'assurer la mise en œuvre des projets dans les industries alimentaire et chimique, dans la construction mécanique, ainsi que dans le secteur des services.

·        1.4 milliards de dollars pour l'assainissement du secteur bancaire et le rachat de « mauvais » prêts.

·        440 millions de dollars pour attirer de nouveaux investissements et en particulier pour achever les infrastructure des zones économiques spéciales « Portes de l'Est » à Khorgos et « Technopôle national d'industrie pétrochimique » à Atyraou et Taraz.

·        220 millions de dollars pour continuer la construction du complexe EXPO-2017 en complément des 140 millions de dollars déjà alloués.

·        160 millions de dollars pour augmenter la capacité de l'aéroport d'Astana en construisant un nouveau terminal aéroportuaire et en rénovant de la zone d'atterrissage et de décollage. Cela permettra de doubler sa capacité à plus de 7 millions de passagers par an, avant  l'EXPO-2017.

 

Le plan de développement des infrastructures est conçu pour cinq ans et coïncide avec le deuxième quinquennat de mise en œuvre du Programme de développement industriel et innovant accéléré (PDIIA) auquel plus de 100 sociétés étrangères ont déclaré leur intention d'y participer. Le portefeuille d'investissement global est de 34 milliards de dollars. La part de l'État à celui-ci est de 15 %. Le Kazakhstan possède un grand territoire. Par conséquent, ce plan nécessite d'énormes investissements en capitaux et un travail à grande échelle. Pour développer des relations avec les pays voisins, les routes ont une grande importance car la vie « bouillonne » à proximité. Il est considéré que le développement de l'interconnectivité entre les régions améliorera le potentiel interne et renforcera les liens commerciaux et économiques.


Voici quelques uns des axes de développement du plan « Nourly Jol » présenté par Noursoultan Nazarbaïev

 

I.  Développement des infrastructures de transport et de la logistique. Il sera formé des macro-régions selon le principe de hubs (plate-formes). Celles-ci seront reliées entre elles et avec Astana par des axes autoroutiers, ferroviaires et aériens selon le principe des lignes radiales. Les principaux projets routiers sont : Chine occidentale – Europe de l'Ouest ; Astana – Almaty ; Astana – Oskemen ; Astana – Aktobé – Atyraou ; Almaty – Oskemen ; Karaganda – Jezkazgan – Kyzylorda ; Atyraou – Astrakhan.

Il sera créé un hub logistique à l'est du Kazakhstan et une infrastructure maritime à l'ouest du pays. Le potentiel d'exportation en direction de l'ouest, à travers les ports de la mer Caspienne sera augmenté. La question de la construction ou de la location des installations de terminaux dans les ports maritimes « à sec » de la Chine, de l'Iran, de la Russie et des pays de l'Union européenne sera étudiée.

 

II.  Développement de l'infrastructure industrielle. La mise en œuvre des projets d'infrastructures entraînant une forte demande pour les matériaux de construction, les produits et services pour les secteurs des transports, de communications, d'énergie, de logement et communaux, il est prévu d'achever la construction des infrastructures dans les zones économiques spéciales existantes et de prendre des mesures pour y favoriser la création de projets réels. La question de la construction dans les régions de nouvelles zones industrielles visant à développer des PME industrielles et à attirer des investissements supplémentaires sera étudiée.

 Les infrastructures touristiques constituent un axe à part. Leur principal avantage réside dans la création d'emplois qui par ailleurs, coûte 10 fois moins cher que dans celui de l'industrie.

 

III.    Développement de l'infrastructure énergétique. Des lignes à haute tension seront construites en direction de Ekibastouz–Semey– Oskemen et Semey–Aktogaï–Almaty–Chymkent. L'objectif est d'assurer un approvisionnement énergétique équilibré de toutes les régions du pays par les centrales électriques kazakhstanaises.

 

IV.    Modernisation des réseaux d'infrastructures communales et des systèmes d'approvisionnement en eau et en chaleur. La demande totale d'investissement s'élève à 11 milliards de dollars au minimum, avec une allocation annuelle de 2 milliards de dollars prévue jusqu'en 2020 en provenance de toutes les sources de financement.

Aujourd'hui, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), la Banque asiatique de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID), ainsi que des investisseurs privés montrent leur grand intérêt pour la modernisation des réseaux d'infrastructures communales.

 

V. Renforcement des infrastructures de logement. La construction d'agglomérations s'accompagne de migrations massives de population. Ce phénomène crée une pression sur le marché du travail et sur les infrastructures urbaines, y compris celles du logement. L'État va ainsi construire des logements sociaux locatifs et les louer à la population à long terme, avec une option d'achat. La délivrance directe du logement sans intermédiaires et l'octroi de prêts à taux capés bonifiés, permettra de réduire le coût de leur acquisition. L'absence de versement initial et les faibles taux d'intérêt pour les prêts hypothécaires permettront de rendre le logement plus abordable pour les Kazakhstanais des différentes catégories sociales. Dans ce but, le financement des constructions de logements locatifs sera doté de 1 milliards de dollars supplémentaires en 2015-2016.

 

VI. Développement des infrastructures sociales. Il est prévu de rénover et de moderniser les infrastructures scolaires et de combler le manque d'écoles maternelles.

Dans le cadre du programme d'industrialisation, dix universités ont été  identifiées afin de servir de socle pour assurer l'interconnection entre la recherche scientifique, les différents secteurs de l'économie et la formation des cadres. 50 millions de dollars seront affectés avant 2017 pour la création d'une base matérielle et technique pour ces établissements d'enseignement.

 

VII. Poursuite du soutien des PME et de l'entreprenariat. Le président Nazarbaiev a précisé que le Fonds national a déjà permis la création de 4.500 emplois dans les PME en accordant des prêts aux entreprises avec des taux d'intérêt de seulement 6 % sur 10 ans. La demande pour ces fonds a dépassé l'offre de 23 milliards de tengués. L'objectif qui est fixé est de favoriser le développement des PME pour qu'elles deviennent le moteur de la croissance économique et que leur part dans celle-ci s'élève à hauteur de  50 % du PIB avant 2050. Par conséquent, les lignes de crédit pour les petites et moyennes entreprises accordées par la BAD, la BERD et la Banque mondiale, qui représentent un total de 850 millions de dollars en 2015-2017 seront particulièrement regardées.


L'état de l'économie mondiale est tel qu'il est devenu difficile, en temps de crise, d'atteindre les objectifs fixés sans ressources financières supplémentaires. Le Fonds national du Kazakhstan avait été mis en place afin de garantir un développement socio-économique stable du pays et de réduire la dépendance de l'économie aux facteurs externes défavorables. Le Kazakhstan vient de prendre la décision de l'utiliser pour poursuivre sa croissance économique. Il a été décidé de débloquer du Fonds national des allocations supplémentaires à hauteur de 3 milliards de dollars par an pour la période 2015-2017. Une Commission a été mise en place afin de veiller rigoureusement à l'efficacité des dépenses. Elle rendra compte directement au président du Kazakhstan. Les investissements provenant du Fonds national seront obligatoirement accompagnés par des réformes structurelles. Le fonds sera également utilisé afin de renforcer de projets validés par les institutions financières internationales. A titre d'exemple, la Banque mondiale, la BAD, la BERD et la BID sont d'ores et déjà prêtes à investir près de 9 milliards de dollars dans 90 projets prioritaires. Les fonds alloués seront destinés à soutenir l'activité d'investissement, prévenir la baisse des revenus de la population et stimuler la création de nouveaux emplois. Ils permettront d'assurer la croissance durable de l'économie à court et moyen terme.


La réforme administrative est accomplie. Les doublons et les maillons inutiles de l'administration ont été supprimés. Les régions sont dotées de l'ensemble des ressources nécessaires. La nouvelle politique économique « Nourly Jol » constitue une grande avancée en vue de rejoindre les rangs des 30 pays les plus développés du monde. Cette nouvelle politique économique pourra être un moteur de croissance pour l'économie du Kazakhstan dans les années à venir. Ne serait-ce que pour la construction des routes, 200.000 nouveaux emplois seront créés, impactant positivement la croissance de l'emploi et des revenus de la population. « Nourly Jol » pourrait également produire un effet multiplicateur sur d'autres secteurs de l'économie : la production de ciment, d'acier, de machines, de bitume, d'équipements et de services connexes.


Le président du Kazakhstan a demandé à ce que son pays reste uni, et que la confiance entre tous les Kazakhstanais soit renforcée. Il a appelé à la tolérance en précisant qu'elle est la clé de l'avenir du Kazakhstan. Selon lui, l'harmonie interethnique est aussi vitale que  l'oxygène. Elle doit être jalousement protégée par le peuple.


Le président kazakhstanais martèle que la jeunesse est le pilier de l'avenir de son pays. Selon lui, « Nourly Jol » représente un espace où la jeunesse dynamique et créatrice peut  pour se réaliser. Lors de son allocution, Noursoultan Nazarbaiev a également évoqué son idée du nouveau patriotisme kazakhstanais qu'il a intitulé « Pays éternel » et qui selon lui est la grande valeur de toute la société kazakhstanaise. L'idée de « Pays éternel » prend sa source dans l'histoire. Il y a treize siècles, le sage prénommé Tonykok a laissé comme testament : « Le Pays éternel est l'objectif du peuple turcique ». Le fondement de l'idée nationale est l'unité du peuple. C'est d'ailleurs vraisemblablement grâce à l'unité et à l'harmonie de ce peuple que les Kazakhstanais ont pu atteindre leurs succès d'aujourd'hui. La stabilité a été renforcée tout en veillant à ce que les critères  linguistiques ou ethniques ne soient pas discriminants et en offrant des chances égales à tous les citoyens.


L'année 2015 promet d'être un bon cru pour le Kazakhstan. Elle sera celle des célébrations du 550ème anniversaire de la formation du Khanat kazakh, du 20ème anniversaire de l'Assemblée du peuple du Kazakhstan et de la Constitution, ainsi que du 70ème anniversaire de la Grande Victoire de la seconde guerre mondiale. 2015 a été déclarée Année de l'Assemblée du peuple du Kazakhstan. Le plus important réside dans l'indivisibilité et l'unité du peuple, l'harmonie et la paix du Kazakhstan.

 

Plus que jamais, le Kazakhstan a conscience que  l'unité de son peuple est la clé de tous les succès. C'est à juste titre qu'aujourd'hui, le modèle kazakhstanais sert d'exemple dans le monde entier.

 

Le 11 novembre 2014

Li Ka Shing, le milliardaire qui symbolise Hong Kong

Alors que Jack Ma, le propriétaire d’Alibaba est aujourd’hui la plus grande fortune d’Asie, l’homme qui le suit sur cette liste, Li Ka Shing, réoriente une partie de sa fortune dans le leasing d’avions aux compagnies aériennes.

Méconnu en Europe, Li Ka Shing est pourtant aujourd'hui la deuxième fortune d'Asie, la seconde de Chine et la première de Hong Kong. Sa vie est un roman, à l'image des belles success stories américaines.  Il commence à travailler dans une usine à 14 ans puis réunit, une dizaine d'années plus tard, suffisamment d'économies pour se lancer dans la production de fleurs artificielles.

L'homme le plus puissant de Hong Kong

Malgré des débuts hésitants, cette entreprise est un succès. Ce début de fortune lui permet alors, en 1967, de faire le pari qui changera son destin : tandis que les prix de l'immobilier à Hong Kong sont au plus bas, suite aux mouvements sociaux très durs orchestrés par les ouvriers du port - soutenus en sous-main par Mao -, Li Ka Shing commence à investir dans la pierre, puis dans la promotion immobilière.

Aujourd'hui, Li Ka Shing est sans conteste l'homme le plus puissant de Hong Kong. En plus de ses investissements immobiliers, réunis dans sa société Cheung Kong Holdings, il contrôle en effet depuis 1979 Hutchison Whampoa, un conglomérat diversifié qui réunit des activités portuaires, des supermarchés, des chaînes de grande distribution, un opérateur téléphonique et plusieurs sociétés de production d'énergie.

L'influence de « Mister Li » - comme on l'appelle à Hong Kong - est  telle que la Faculté de médecine de l'Université de Hong Kong a pris son nom suite à un don important. Dans la ville, on dit d'ailleurs que sur chaque dollar dépensé à Hong Kong, cinq cents finissent dans la poche de Li Ka Shing. Une légende urbaine, sans aucun doute, mais qui montre l'aura et l'influence du personnage.

Jack Ma, comme un symbole

Voir aujourd'hui Jack Ma supplanter Li Ka Shing en tête du classement des hommes les plus riches d'Asie est ici, à Hong Kong, perçu comme un symbole. Le symbole d'abord de l'émergence de la Chine continentale ; le symbole ensuite du fait que Hong Kong a peut-être en partie manqué le dernier virage technologique.

En effet, alors que les startups à succès se multiplient un peu partout et que certains pays de taille similaire (Suisse, Israël) ont réussi à développer un écosystème favorable à une nouvelle génération d'entrepreneurs, Hong Kong a dans ce domaine clairement pris du retard.

Le projet Cyberport, à l'ouest de l'île, lancé par le gouvernement à la fin des années 1990, est à ce titre révélateur. Alors qu'il devait accueillir un cluster d'entreprises innovantes, il s'est en effet surtout terminé en une gigantesque opération immobilière, pilotée d'ailleurs par le fils de Li Ka Shing. L'essentiel des bâtiments prévus dans le projet initial accueille donc aujourd'hui plutôt des résidences privées que des startups high-tech.

Dans cette nouvelle course à l'innovation, Hong Kong souffre en outre d'une évident manque d'ingénieurs. Les jeunes diplômés privilégient en effet les formations en finance, en droit ou en immobilier au détriment des études scientifiques. Une évidence soulignée  l'an dernier par Eric Schmidt, le Pdg de Google, invité à s'exprimer devant les étudiants de la Chinese University of Hong Kong : « Il vous faut plus d'ingénieurs pour aspirer à créer des entreprises comme la mienne. »

Les projets de Li Kha Shing

Malgré cela, la ville de Hong Kong dispose d'atouts fantastiques, notamment un système financier attractif et une sécurité juridique qui n'a pas d'équivalent en Chine. C'est d'ailleurs sur ces points forts que Li Ka Shing continue de miser. Après avoir vendu une partie de ses participations dans diverses sociétés, Mister Li a en effet investi dans le leasing d'avions. Il a ainsi acheté en août dernier près de 100 avions au loueur Awas pour une transaction estimée à 5 milliards de dollars.

Dans ce pari, Li Ka Shing mise clairement sur une double tendance de fond : la croissance du marché aérien intérieur chinois et l'envol du marché de la location d'avions, un marché encore confidentiel il y a à peine quinze ans mais qui représente aujourd'hui plus de 40% de la flotte mondiale.

En basant cette activité à Hong Kong, Li Ka Shing profite donc du meilleur des deux mondes : une Chine populaire qui a besoin d'avions et une ville de Hong Kong qui possède le système juridique nécessaire pour obtenir les financements importants que réclame cette nouvelle activité.

Par Jacques Henri Larreur (*) sur www.latribune.fr le 16/12/2014

(*) Charles-Henri Larreur est un banquier d'affaires. Il enseigne la finance à HEC et à la Chinese University of Hong Kong et contribue au "South China Morning Post". Il est l'auteur  de "Financements structurés. Innovations et révolutions financières", paru en octobre dernier aux Editions Ellipses.