jeudi 31 décembre 2015

L'Asie du Sud-Est sur les traces de l'Union européenne


Dix pays d'Asie du Sud-Est ont lancé jeudi une communauté économique de l'Asean (AEC) très attendue, censée aboutir à terme à un marché unique s'approchant du modèle européen, face à la puissance chinoise. Les analystes prédisent cependant un long chemin à parcourir avant d'arriver à un marché unique. La création formelle de ce nouveau bloc économique était un serpent de mer de la politique régionale, qui aboutit enfin. Ce bloc "contribuera significativement à la croissance régionale et créera des opportunités de développement pour tous", a insisté Vivian Balakrishnan, ministre des Affaires étrangères de Singapour, un des membres moteurs de l'Asean.

L'Asean représente en effet un immense marché de près de 600 millions d'habitants, souvent occulté par la Chine et l'Inde, qui regroupe des pays aussi divers que Brunei, Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam, la Birmanie, le Laos et le Cambodge. Mais de facto, pour l'heure, la communauté économique officiellement créée reste une coquille creuse. Les pays de l'Asean, critiqués pour leurs difficultés à s'entendre sur des avancées concrètes, ne voulaient pas rater l'échéance de 2015 qu'ils s'étaient fixée il y a sept ans pour créer ce bloc économique.

"Lents progrès"

Réduction des barrières non tarifaires, amélioration des infrastructures de transports entre pays membres, mise en place d'une politique plus audacieuse et coercitive pour les pays membres ne respectant pas les engagements pris sont autant d'obstacles à surmonter dans les prochaines années, selon les analystes. "L'AEC ne va pas apporter soudain de changement radical", estime John Pang (Rajaratnam School of International Studies de Singapour), prédisant "de lents progès".

L'Asie du Sud-Est (Asean) rêve de constituer un marché unique, mais son intégration économique patine depuis des années. Un peu sur le modèle de l'Union européenne, l'intégration que veulent les dix membres du bloc va au-delà d'une zone de libre-échange. Elle passerait aussi par des réseaux ferrés, aériens mieux interconnectés et une libre circulation des personnes et des capitaux. Mais cette intégration peine à prendre forme.

Sur www.lepoint.fr le 31/12/2015

Le Kazakhstan attire les investisseurs

Aujourd'hui, avec la tendance volatile de l'économie mondiale, de nombreux représentants d'entreprises européennes parient de plus en plus sur l'Asie centrale et son leader régional, la République du Kazakhstan.

Les observateurs notent que le Kazakhstan a une économie flexible et un potentiel de production important et attrayant pour les investissements étrangers. Si dans les années 1990, le PIB par habitant était de seulement 700 $, il est aujourd'hui de 13.600 $. Au cours des dernières années, la République a attiré plus de 150 milliards $ d'investissements.

Aujourd'hui, une tâche majeure a été confiée au programme de diversification économique et de développement industriel innovant et au programme "Nurly Jol". La crise mondiale s'aggravant, au début de 2015 il a été adopté un plan national en 100 étapes pour la mise en œuvre de 5 réformes institutionnelles.

Concrètement, ces programmes fournissent un résultat positif. Par exemple, en 2015 le pays avait lancé 120 projets d'une valeur de 2,6 milliards de $, créé environ 10.000 emplois permanents et initié la construction de plus de 10 milles mètres carrés de logements.

Les conditions ont été créée pour que les investissements soient dirigés non seulement dans l'exploitation du pétrole et du gaz et dans le secteur extractif, mais aussi dans l'industrie de transformation. Ainsi, de nombreuses opportunités s'ouvrent devant les investisseurs.

En 2014-2015, l'instabilité du système financier mondial et le pessimisme grandissant ont forcé un certain nombre de pays exportateurs à ajuster leur politique monétaire. En Août 2015, au Kazakhstan, la monnaie nationale, le tenge, a été transférée vers un taux de change flottant. Cette étape a assuré la mise en œuvre des engagements sociaux de l'Etat, le maintien de l'emploi, la croissance de la production industrielle et le maintien au niveau actuel de l'investissement étranger.

Les attentes les plus optimistes en termes de développement du commerce bilatéral et des relations économiques avec le Kazakhstan sont liées à l'entrée de ce pays dans l'OMC. Le milieu des affaires estime que cet événement permettra des arrangements plus souples dans les contrats conjoints existants, ainsi que l'élargissement de la portée des investissements mutuels. Dans un contexte de turbulence continue des marchés financiers mondiaux, le Kazakhstan crée toutes les conditions nécessaire à cela. Aujourd'hui, ce pays est déterminé à développer des relations commerciales fortes avec les pays voisins, en particulier avec la Chine, la Russie, l'Iran, la Mongolie, l'Inde, le Pakistan, l'Asie centrale et le Caucase. Il convient de noter qu'Astana va soutenir cette idée auprès de ses partenaires de l'Union économique eurasienne et conclure des accords de libre-échange avec les marchés étrangers.

Un des avantages concurrentiels du Kazakhstan est sa capacité à créer des mécanismes efficaces pour répondre en temps opportun aux nouveaux problèmes économiques mondiaux. Lors de l'assemblée générale du 70e anniversaire de l'ONU, le Kazakhstan a proposé l'idée de créer un organisme de régulation économique puissant, le Conseil pour le développement mondial, qui devrait combiner les missions du Conseil économique et social des Nations Unies au développement de réponses appropriées aux défis d'aujourd'hui.

Aujourd'hui, le Kazakhstan est le 77ème pays sur 189, dans le classement «Facilité de réalisation des affaires en 2015» de la Banque mondiale, avant Pékin qui est à la 90ème place.

Le Kazakhstan est également attrayant pour les entreprises étrangères grâce à sa situation géographique. En effet, le territoire de ce pays dispose de cinq corridors de transport internationaux : la voie Nord du Chemin de fer transasiatique (TARM), la voie Sud du TARM, la voie centrale (Asie centrale), la voie Nord-Sud et le TRACECA. Actuellement, un projet d'autoroute "Chine occidentale - Europe de l'Ouest", dont une partie importante traverse le Kazakhstan, est en cours de réalisation.

Chaque année les actions du Kazakhstan contribuent au renforcement de la stabilité mondiale, en acquérant de nouvelles dimension et portée, et en élargissant leur contenu et ses initiatives géographiques. La Stratégie du Kazakhstan dans l'arène internationale inspire de plus en plus confiance, ce qui est notamment lié à l'augmentation du volume d'activités commerciales et du nombre de structures commerciales du pays.

Le 16 décembre est le jour d'une fête nationale majeure au Kazakhstan : le Jour de l'Indépendance. En ce jour de 1991, le Kazakhstan a adopté une loi constitutionnelle d'indépendance. Dans une période relativement courte pour la construction d'une nation, le Kazakhstan a arboré les principaux attributs d'un Etat moderne, démocratique et dynamique.

Les observateurs internationaux ont confirmé qu'à son 25e anniversaire, le pays répondra avec confiance aux termes pour un avenir de stabilité politique et économique. Le saut exponentiel de développement de l'Etat qui a été fait dans une période relativement courte, indique que le Kazakhstan utilise un système de planification stratégique qui donne des résultats et peut servir d'exemple pour d'autres pays.

mardi 29 décembre 2015

National Interest : trois voies pour déclencher une guerre en Asie

L'Asie du Nord-est se trouve sur une pointe d'épingle car la situation dans cette région, actuellement assez stable, peut changer à tout moment, estime Alex Ward, éditorialiste de la revue américaine National Interest.M.Ward estime que le calme est menacé par trois facteurs dans les pays de l'Asie du Nord-est, qui comprend la Chine, le Japon, les deux Corées et des parties de la Russie. Les relations sino-japonaises, la situation dans la mer de Chine méridionale et dans la Corée du nord sont les trois facteurs cités.
Les relations sino-japonaises

Pékin et Tokyo n'ont pas l'air de devenir amis pour les jours à venir pour des raisons historiques mais aussi compte tenu du contexte actuel. Le Japon a considérablement changé sa politique de pacifisme qu'il avait menée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'adoption du projet de loi sur le droit du Japon à l'autodéfense collective a permis à Tokyo de joindre les Etats-Unis et leurs alliés dans le domaine de maintenance de la sécurité régionale.
Dans le même temps, la Chine poursuit à étendre son autorité en Asie de l'Est. Les points de vue américains, japonais et chinois sur ce en quoi consiste la sécurité de la région ne coïncident pas. Il faut à tout prix éviter des erreurs cherchant à réduire au même dénominateur les intérêts des trois pays dans la région car une moindre erreur pourrait provoquer un affrontement, croit M.Ward. Les relations sino-japonaises ainsi que les relations sino-américaines sont parmi les plus importantes relations pour la stabilité globale, souligne l'éditorialiste.

La mer de Chine méridionale

C'est peut-être l'un des endroits les plus contestés qui puissent "ouvrir la porte" à l'instabilité dans la région. Des prétentions sur les îles et les eaux ont déjà conduit à quelques démonstrations de force importantes. Washington se voit en tant qu'une puissance du Pacifique et garant de stabilité dans la région. C'est pour cela que Washington pense qu'il est capable de faire abandonner à la Chine ses prétentions dans la mer de Chine. Alors le bras-de-fer entre Washington et Pékin pourrait mener à une compétition dangereuse entre les forces militaires des deux pays". Dans le même temps, on pourrait s'attendre à une guerre par procuration entre des puissances régionales.

La Corée du Nord

L'avenir de la Corée du Nord pose beaucoup de questions. La possibilité de la chute du régime de Kim Jong-un fait le plus peur aux observateurs de la région et aux dirigeants de la Corée du Sud car cela pourrait provoquer une grande crise. Suite à une éventuelle chute du régime, la Chine pourrait activement s'entremettre dans les affaires dans la péninsule. Selon M.Ward, une guerre comme en Syrie pourrait commencer en Corée et outrer les Etats-Unis contre la Chine. La Corée du Sud fait tout son possible pour éviter la chute de la Corée du Nord mais seulement cette dernière est responsable de son sort.
Alex Ward est persuadé que pour assurer la stabilité dans la région, la Chine, le Japon et la Corée du Sud ainsi que d'autres pays doivent chercher à se comprendre. L'éditorialiste estime également que les Etats-Unis doivent reconnaitre la Chine comme une puissance mondiale et cela pourrait réduire les chances de méconduite.

Sur fr.sputniknews.com le 25/12/2015

Les cours du pétrole demeurent très bas en Asie

Les cours du pétrole demeuraient très bas mardi, en raison de mauvais chiffres japonais et de la présentation d'un budget saoudien ne laissant entrevoir aucune mesure de soutien pour le marché.

Les cours de l'or noir ont de nouveau chuté lundi, après une courte reprise qui avait suivi une plongée, la semaine passée, à des plus bas de 11 ans.

Mardi matin, le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en février gagnait un cent à 36,82 dollars dans les échanges électroniques en Asie.

Le baril de Brent, référence européenne du brut, également pour livraison en février, prenait deux cents à 36,64 dollars.

Daniel Ang, analyste chez Phillip Futures à Singapour, a estimé que la faiblesse des prix pouvait s'expliquer par les chiffres de la production industrielle au Japon, annoncés lundi, et qui a chuté de 1% en novembre sur un mois.

"Il est rare que les chiffres japonais aient un tel effet sur les prix du pétrole, mais en l'absence d'informations majeures, notamment des Etats-Unis, même une petite information peut ébranler le marché", a expliqué M. Ang à l'AFP.

Du côté de l'offre, dont la surabondance plombe les cours depuis un an, les investisseurs n'ont trouvé aucun réconfort dans les annonces du gouvernement saoudien, qui a adopté lundi son budget 2016 avec des mesures d'austérité incluant des augmentations d'au moins 50% des prix du carburant.

Pour Bloomberg News, le budget 2016 de Ryad est probablement calculé sur la base d'un baril à 29 dollars, ce qui contribue à l'inquiétude des investisseurs qui peinent à voir un rebond durable des prix.

Sur www.romandie.com le 29/12/2015

lundi 28 décembre 2015

Amnistie pour le retour au pays des capitaux kazakhstanais

Le Kazakhstan mène une action sans précédent pour le retour des capitaux sortis illégalement du pays. Le Président de la République Noursoultan Nazarbaïev a personnellement promis la rémission de tous en échange d'un retour dans le pays de l'argent caché à l'étranger.

Le Kazakhstan est l'un des plus grands Etats de l'ancienne Union soviétique et du monde. Dans la dernière décennie et demie, l'économie de la République s'est développée à un rythme record de 8 à 10% par an. Le pays est devenu un chef de file en matière de réformes économiques, dans la région et au sein de l'ensemble de la CEI. Aujourd'hui, le Kazakhstan est un des pays de l'Eurasie les plus attractifs pour les investissements.

Au milieu de la crise économique mondiale, le Kazakhstan comme beaucoup d'autres pays en développement, a un besoin aigu d'investissements. Malgré l'existence d'énormes réserves de pétrole (sur le territoire du Kazakhstan se trouve le plus grand champs pétrolier découvert récemment : Kashagan) les autorités de l'Etat cherchent à développer les secteurs non pétroliers et l'implication des sociétés transnationales dans le pays. Leur action se porte tout d'abord sur la possibilité de transfert de technologie et sur l'émergence de nouvelles industries.

Toutefois, ces projets nécessitent l'investissement des réserves internes. L'Etat a l'intention d'impliquer le secteur privé et plus précisément, l'économie «souterraine». Aujourd'hui le Kazakhstan donne la possibilité sous conditions, de « blanchir » légalement l'argent qui a été sorti illégalement du pays (selon diverses estimations, leur volume peut atteindre 130 à 150 milliards de dollars).

Récemment, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev a annoncé une amnistie dans le cadre de la légalisation des capitaux. L'idée principale de l'action est de faire revenir des fonds provenant du pays et de les affecter à des projets d'investissement importants pour le pays.

Il était initialement prévu que l'amnistie ne concerne que l'exemption de peine pour évasion fiscale. Cette condition sera remplie après restitution physique de l'argent conservé à l'étranger dans les banques kazakhstanaises. Sans taxation, les fonds doivent être légalisés par des investissements dans un certain nombre d'instruments proposés : des actions de sociétés kazakhstanaises (y compris dans le secteur semi-publique), à investir dans un certain nombre de projets, etc. Si la population concernée devait préférer retirer immédiatement ses fonds légalisés, il était prévu qu'elle paye un impôt de 10% du montant à légaliser.

Ceci est un niveau relativement faible de taxation. Dans différents pays, celle-ci va de 1,5 à 70%. Par exemple, lors d'une amnistie sur un retour de capitaux pratiquée en Belgique en 2004, la taxe de légalisation a été de 6%, ceci à la seule condition que le capital soit investi dans des actions de sociétés belges. En Allemagne, le taux d'imposition sur le retour de capital dans la première année était de 25% et dans les trois derniers mois de 35%.

Six mois après la mise en œuvre de cette action, le président du Kazakhstan Noursoultan Nazarbaïev a proposé une initiative sans précédent, en annulant l'impôt de légalisation sur les retours de capitaux de l'étranger. L'annulation portait également sur la condition obligatoire d'investir dans certains instruments financiers. En outre à présent, il a permis la forme dite «déclarative» de la légalisation où tout le monde peut simplement informer les autorités fiscales au sujet de la présence d'une certaine quantité d'argent dans des comptes étrangers. Dans ce cas, toutefois, 10% d'impôt sont à payer.

Mais le plus important est que le Président du Kazakhstan garantit personnellement la sécurité des actions de légalisation. Les citoyens peuvent être assurés que tous seront protégés contre les poursuites par les autorités étatiques. Légalisée, la propriété ne peut pas être confisquée. Le fait de la légalisation ne peut pas être utilisé comme preuve dans les affaires pénales et les informations sur la légalisation de la propriété resteront confidentielles.

Ces garanties de sécurité ont été entièrement approuvé par le Groupe d'action financière sur le blanchiment d'argent (GAFI). Cela signifie que la décision de légaliser (à savoir la loi) de l'argent sera reconnue au Kazakhstan et par les autres pays du GAFI.

Une telle amnistie sur les capitaux, semble être la dernière avant le contrôle strict de l'évasion fiscale au Kazakhstan qui comprend le contrôle des biens kazakhstanais à l'étranger. Ce pays a déjà pris des mesures pour adhérer à l'accord sur l'échange automatique de données sur les comptes des non-résidents qui se tiendra pour la première fois à l'automne 2017 pour les données de 2016. En outre, le Kazakhstan a ratifié la Convention sur l'assistance administrative mutuelle en matière fiscale, laquelle permet également l'échange mutuel de tous les types d'impôts et de toute information relative à des contribuables des pays participants.

Enfin, l'amnistie est subordonnée à l'introduction au Kazakhstan d'une déclaration universelle des dépenses et des revenus. Et les autorités ont renforcé sévèrement les lois relatives aux sanctions pour fraude fiscale.

"Je demande à tous ceux qui réfléchissent encore pour participer à la légalisation de la propriété à profiter de cette occasion.... Par la suite, des dispositions seront prises pour divulguer comptes et avoirs, où qu'ils se trouvent afin de déterminer leur origine et la fiscalité correspondante, y compris avec l'aide de l'OCDE "- a déclaré le Président du Kazakhstan.

Il a fait appel à tous ceux qui réfléchissent encore à bénéficier ou non de cette action unique en son genre : « Je ne m'adresse à vous parce que nous avons désespérément besoin de votre argent. Nous ne souhaitons pas porter des affaires criminelles contre nos compatriotes qui se cachent comme des réfugiés. Durant ces années, toutes sortes de choses ont été possibles. Oui, les premiers bénéfices ne sont pas toujours honnêtes. Nous sommes un pays jeune qui donnons la possibilité de placer vos actifs au Kazakhstan et de participer à la privatisation. Tout ce qui a été fait par le pays au cours des dernières années, permettra de vivre en paix, et de dormir tranquille ».

Bien sûr, une telle amnistie sur les capitaux n'est pas l'idée du Kazakhstan. Elle a été retenue (et à plusieurs reprises) par de nombreux pays. Mais ces conditions favorables, soutenues par une garantie personnelle de sécurité du président, apparaît pour la première fois dans le monde et avec la pleine conformité à toutes les normes internationales et le soutien absolu de toutes les institutions internationales impliquées dans la lutte contre le blanchiment d'argent.

lundi 21 décembre 2015

"La Turquie hors de contrôle, le Pentagone retire ses chasseurs"

Le Pentagone a décidé de retirer 12 chasseurs de type F-15 de sa base aérienne en Turquie, la situation politique dans le pays étant en passe de devenir "incontrôlable", a relevé l’ancien employé de la CIA Larry Johnson dans une interview exclusive accordée à la chaîne RT.

"A mon sens, la situation actuelle dans la région est hors de contrôle, c'est pourquoi certains pays sont prêts à rappeler la Turquie à l'ordre", a déclaré M. Johnson.

Le malaise persiste entre Washington et Ankara au sujet du modus operandi pour faire face au groupe terroriste Daech. Les positions kurdes dans la région, poursuit Larry Johnson, sont toujours dans le viseur d'Ankara en dépit de l'appel des États-Unis à " laisser les Kurdes en paix".

"Ils (le gouvernement turc) ne défendent que leurs propres intérêts sans tenir compte de l'avis de Washington", a fait remarquer M. Johnson.

Les démarches entreprises par la Turquie, a-t-il souligné, ont pour conséquence l'essor de l'Etat islamique (EI), "les chasseurs américains, susceptible d'accorder un soutien aérien aux troupes locales déployées sur le terrain, étant forcés de se retirer".

"Le président Erdogan fait basculer le pays dans le camp sunnite. Les intérêts des classes dirigeantes de la Turquie et de l'Arabie saoudite convergent dans leurs tentatives de contenir l'Iran. Les deux pays sont vivement préoccupés par l'expansion de l'influence iranienne dans la région, l'Iran étant un pays de croyance chiite bien ancrée au Proche-Orient", a expliqué M. Johnson.

Celui-ci d'ajouter: "Ankara n'a pas de comptes à rendre aux États-Unis (…), l'administration de Barack Obama étant considérée comme impuissante par plusieurs pays, et notamment la Turquie".

Enfin, d'après l'ancien agent, la décision prise par Washington de retirer ses chasseurs de Turquie est sans doute liée au récent incident ayant impliqué la perte d'un appareil russe de type Su-24 à la frontière turco-syrienne. Cet incident constitue, pour M. Johnson, "un acte de provocation contre le peuple russe". 
 
Sur fr.sputniknews.com le 20/12/2015
 

dimanche 20 décembre 2015

Les premiers chiens seraient originaires d'Asie du Sud-Est


Nouveau rebondissement dans l'histoire de l'origine du chien : après de récents travaux ayant affirmé que les chiens viendraient du continent européen, puis de l'Asie centrale, une dernière étude, publiée dans Cell Research le 15 décembre 2015, situe le berceau de notre meilleur ami en Asie du Sud-Est. C'est donc peu dire que la question de l'origine et de l'évolution du chien domestique (Canis lupus familiaris) reste controversée au sein de la communauté scientifique.

Mais cette fois, les chercheurs de l'Institut royal de technologie de Stockholm espèrent bien la régler définitivement. D'abord, parce que leur étude a plus de poids : les chercheurs suédois entendent apporter une nouvelle preuve à leurs propres résultats antérieurs qui avaient conclu à une différenciation loup/chien il y a environ 33.000 ans en Asie du Sud-Est. À l'époque, leurs travaux portaient uniquement sur l'analyse de l'ADN mitochondrial (transmis par la mère). Mais cette fois, les scientifiques ont utilisé les séquences du génome entier de 58 canidés : 12 loups gris (Canis lupus), 27 chiens primitifs d'Asie et d'Afrique, et une collection de 19 chiens de races provenant de divers endroits du monde entier. 


Par ailleurs, selon ces scientifiques suédois, si les résultats des autres chercheurs sont faux, c'est que leurs travaux n'incluaient pas des échantillons provenant de l'Asie du Sud-Est : il leur a été donc impossible de détecter une origine provenant de cette région du monde.

Naissance et migration du chien


"Nous constatons que les chiens de l'Asie du Sud-Est présentent une diversité génétique significativement plus élevée comparée à d'autres populations, et sont génétiquement plus proches des loups gris, ce qui indique une origine ancienne des chiens domestiques en Asie du Sud-Est il y a 33.000 ans", expliquent les chercheurs.

Que s'est-il passé après l'émergence des premiers Canis lupus familiaris ? "Il y a environ 15.000 ans, un sous-ensemble des chiens ancestraux a commencé une migration vers le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Europe, arrivant en Europe il y a environ 10.000 ans. Une de ces lignées de l'Asie a également émigré en prenant le chemin du retour, à l'est, créant une série de populations mélangées avec les lignées asiatiques endémiques dans le nord de la Chine, avant de migrer vers le Nouveau Monde". L'histoire du chien semble donc avoir commencé il y a 33.000 ans en Asie du Sud-Est, mais le parcours exact des premiers chiens entièrement domestiqués, côtoyant l'homme et se propageant dans le monde entier il y a 15.000 ans, reste à découvrir.

Par Morgane Kergoat sur www.scienceetavenir.fr le 20/12/2015

vendredi 11 décembre 2015

L'opposition syrienne prête à négocier avec Bachar al-Assad

Les principaux groupes de l'opposition syrienne ont annoncé ce jeudi être prêts à négocier avec le régime de Bachar al-Assad, au terme de deux jours de réunion à Ryad, en Arabie Saoudite.
Ahrar al-Cham, un groupe rebelle islamiste, a participé à cette conférence puis dit s'être retiré des discussions. D'après d'autres rebelles, le groupe serait ensuite revenu à la conférence.
Bachar al-Assad doit quitter le pouvoir
Quoi qu'il en soit, l'opposition syrienne est donc revenue sur son refus de négocier avec le régime. Elle exige cependant que Bachar al-Assad quitte le pouvoir dès que la période de transition politique entrera en vigueur.
Retrait des rebelles de Homs
Mercredi, les rebelles syriens avaient déjà accepté mercredi de se retirer d'Homs, et de laisser le dernier quartier sous leur contrôle aux mains des troupes de Bachar al-Assad.
Cet accord est 'une étape-clé pour pouvoir débuter des négociations politiques début janvier avec le régime. Il était très important de passer ce premier cap', a estimé John Kirby, le porte-parole du département d'Etat américain.
Les Kurdes absents à Ryad
Deux autres réunions d'opposants ont eu lieu cette semaine en Syrie, notamment entre les groupes Kurdes qui n'étaient pas conviés à la réunion de Ryad.
Pendant ce temps-là sur le terrain, les bombardements continuent. D'après les auteurs de vidéos amateurs publiées sur internet, les dégâts à Alep auraient été causés par l'aviation russe.
Depuis quatre ans, plus de 250 000 personnes sont mortes en Syrie.
Sur video.planet.fr le 11/12/2015

jeudi 10 décembre 2015

Des revenus du pétrole aux investissements

La semaine politique au Kazakhstan a commencé par un discours prononcé par le président de la République, M. Nazarbaïev, qui a fait un appel à son peuple.

Le message était largement traditionnel, en ce qu'il a décrit les objectifs et les tâches politiques et économiques que connaît le pays. Toutefois, il convient de noter un certain nombre de points qui caractérisent la situation actuelle au Kazakhstan et dans le monde.

L'une des caractéristiques du discours du leader Kazakhstanais est l'absence d'optimisme excessif et une vision réaliste des choses.

« En ce moment, le monde évolue rapidement » a déclaré M. Nazarbayev. « Devant nos yeux, se trouve une nouvelle réalité avec différentes possibilités et des risques.

Le président du Kazakhstan a cité la crise économique mondiale, qui est devenue une source d'instabilité sur tous les marchés financiers mondiaux d'hydrocarbure, des métaux, de la nourriture, etc…, qui en conséquence engendre une diminution des exportations du Kazakhstan et un ralentissement de la croissance économique.

La manne pétrolière du pétrole n'existe plus aujourd'hui, résume le leader du Kazakhstan. Selon lui, l'économie mondiale est sous la pression de facteurs politiques. Le monde est devenu instable. Les grandes puissances ont imposé des sanctions les unes contre les autres. Entre eux, la confiance a chuté. L'instabilité et les conflits dans les régions du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et centrale ont conduit à des flux massifs de réfugiés. Une grave menace pour le monde d'aujourd'hui est le terrorisme international. Ceci est le résultat de la destruction de l'Etat par l'interférence des forces extérieures dans les affaires intérieures des Etats souverains.

Le Kazakhstan a l'expérience de la survie depuis l'époque de l'indépendance. L'effondrement de l'URSS, la vie "sans pétrole", les crises de la fin des années 90 a forcé les autorités à développer une stratégie dure mais efficace. Il a permis au pays de tenir jusqu'à la fin des années 2000.

Le gouvernement du Kazakhstan a développé et constamment mis en œuvre deux plans anti-crises. Avec la production de pétrole, le pays a réorienté le développement de l'industrie et de l'innovation, la législation a subi des changements importants, et il a été pensé des tactiques en cas de chute du prix du pétrole au prix de 20-30 dollars par barils. Mais il y avait aussi des facteurs négatifs, en particulier le passage obligé à un taux de change flottant du tenge.

Tout d'abord, pour cela, le Kazakhstan a besoin de stabiliser son propre système financier et de renforcer le taux de change de tenge, car son soutien par la Banque nationale ne peut pas être éternel.
                                                                                                                                                                                          
Le leader Kazakh voit la croissance et le développement de l'économie par les investissements. Les autorités ont l'intention de lever les restrictions sur la privatisation d'un certain nombre d'établissements du secteur public et de créer des conditions optimales pour les investisseurs locaux et étrangers. En particulier, il est prévu de supprimer le droit préférentiel de souscription des actionnaires à acquérir tous les actifs cédés, d'élaborer des propositions concrètes pour renforcer les activités anti-monopole, et d'éliminer les distorsions dues aux incitations du marché sous forme de contrôle artificiel des prix.

« L'économie de marché, c'est une concurrence forte » a dit Nazarbaïev. « Les perdants devraient être en mesure de se retirer du marché ou de recommencer à zéro ». Supposons qu'en lieu et place des gestionnaires inefficaces, se trouvent de nouveaux propriétaires.

Le chef de file kazakhstanais a distingué : le pays a besoin d'investissements privés avec un accent sur les sociétés transnationales. Les premiers pas vers cela ont déjà été fait. Par exemple, il a récemment été décidé de créer un centre financier international "Astana". Il va devenir un hub régional dans le domaine de la finance islamique, de la banque privée et de la réassurance.

Le Kazakhstan a également l'intention de diversifier ses sources de financement. Ainsi, lors de la visite du dirigeant kazakhstanais à la Chine, il a été conclu un accord avec "Eximbank" pour un emprunt d'un montant de 2,6 milliards $.

Pour une main-d'œuvre compétitive, le Kazakhstan propose de créer des centres de formation en coopération avec d'autres pays : l'Allemagne, le Canada, l'Australie et Singapour.

Pour augmenter le potentiel d'innovation de l'économie du Kazakhstan, selon Nazarbaïev, il est nécessaire de développer des compétences dans le domaine de la technologie des puces électroniques, de l'intelligence artificielle, système cybernétique  d'intégration, dans l'avenir énergétique, la conception et l'ingénierie. Cela ne peut être fait que par la construction d'un système de recherche et d'innovation efficace. Sa fondation sera des universités de recherche solides et des grappes d'innovation formées sur la base du parc high-tech "Astana entreprise campus" Université Nazarbaïev et Technopark "Alataou" à Almaty.

« La tenue à Astana de l'exposition internationale EXPO-2017 nous donne une bonne occasion de développer vigoureusement une nouvelle énergie sur la base de «technologies vertes» a déclaré le leader du Kazakhstan.

Les premiers résultats de la stratégie d'innovation sont déjà visibles. Il a été établi avec la Chine un accord sur la coopération de 23 milliards de dollars dans le secteur non primaire (constitution de plus de 40 nouvelles entreprises). La visite du président à Londres et Paris a permis de conclure des contrats pour un montant de 11,5 milliards de dollars. La visite de la délégation japonaise au Kazakhstan, a permis de faire du Kazakhstan une cible de marché pour Toyota et de créer un nouveau cycle de développement de l'industrie automobile au Kazakhstan.

Noursoultan Nazarbaïev a souligné que « l'un des principaux résultats est le niveau élevé de confiance à nos institutions financières internationales. En ces temps difficiles, le soutien de nos réformes nous ont ouvert l'accès à des ressources financières d'un montant de 9 milliards de $. Nous avons signé un accord avec l'Union européenne pour approfondir le partenariat et la coopération.

Son message du 30 Novembre a annoncé « une journée historique pour le Kazakhstan aussi parce qu'à partir de ce jour la république est devenu un membre à part entière de l'Organisation mondiale du commerce. L'adhésion du Kazakhstan à l'OMC ouvre de nouvelles possibilités économiques pour les investisseurs étrangers, et pour les producteurs du Kazakhstan ».

Comme indiqué dans le rapport 2015 du Directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, le principal enseignement tiré de l'adhésion à l'OMC, est le rôle inestimable de la forte volonté politique qui a été démontrée par le chef de l'Etat, et de sa participation directe à l'achèvement du processus de négociation.

Le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte qui a récemment effectué une visite officielle au Kazakhstan, a également déclaré dans une interview que par son développement, le pays devenu attrayant pour les entreprises néerlandaises, non seulement pour le secteur de l'énergie, mais aussi pour les opportunités de commerce et d'investissement. Les entreprises néerlandaises sont actives dans l'industrie alimentaire, les infrastructures et les opérations de dragage maritimes, ainsi que la fourniture de services professionnels de consultation. Il y a eu une augmentation significative du nombre de projets agricoles, en particulier dans le domaine de la production laitière et l'aviculture.

Le dernier rapport Doing Business, publié par la Banque mondiale montre que ces dernières années la cote du Kazakhstan a augmenté de 12 points et a pris la 41ème place dans le classement des pays qui créent les conditions les plus favorables pour les entreprises. En outre, selon l'indice de compétitivité mondiale du Forum économique de Davos, le Kazakhstan est classé 42ème dans le monde.

mercredi 9 décembre 2015

les « Spice Girls » nord-coréennes enfin en tournée « mondiale »


Le plus populaire « girls band » de Corée du Nord, composé d'une dizaine de jeunes femmes, va donner à partir de ce jeudi une série de concerts en Chine.
Fondé en 2012 à l'initiative de Pyongyang, la formation « Moranbong », le plus populaire « girls band » de Corée du Nord entame, pour la première fois de sa courte histoire, une tournée à l'international pour présenter ses meilleurs « tubes » stalinistes. Selon le KCNA, l'agence de presse du régime communiste, le groupe d'une dizaine de jeunes femmes, dont les jupes courtes et les musiques électroniques ont révolutionné l'offre artistique du pays va donner à partir de ce jeudi une série de concerts en Chine. L'agence n'évoque toutefois ni les dates, ni les lieux de représentation de Moranbong, que Kim Jong-un utilise depuis sa création pour consolider l'autorité du Parti du travail auprès des masses et notamment des citoyens les plus jeunes.
Le « girls band » tranche avec les groupes musicaux traditionnels, souvent issus de l'armée et qui occupent les shows de la télévision d'Etat, mais il ne dispose d'aucune réelle liberté artistique. Supervisé, selon les experts, par Ri Sol-ju, l'épouse de Kim Jong-un, Moranbong s'autorise quelques reprises de tubes internationaux – notamment la musique du film Rocky. Mais il interprète surtout, à son rythme et avec des synthétiseurs, les chansons patriotiques glorifiant le Parti du Travail, qui tient la dictature depuis 1949, et célébrant la fidélité absolue au clan des Kim. « Mère patrie remplie d'espoir », « Notre père » ou « Nous pensons au Marechal nuit et jour » seraient particulièrement populaires à Pyongyang et dans les campagnes du Nord.
Surpris par cette soudaine excursion du groupe en Chine, les analystes sud-coréens et japonais voyait ce jeudi matin dans ce nouvel échange culturel une confirmation du réchauffement entre Pékin et Pyongyang. Dépitées par les provocations militaires et nucléaires de Kim Jong-un, le pouvoir chinois, dernier soutien au régime staliniste, avait semblé éviter, depuis 2014, les échanges et les contacts avec les dirigeants nord-coréens.
Mais en octobre dernier, Liu Yunshan, l'un des cadres les plus puissants de l'organigramme communiste chinois, s'est rendu à Pyongyang pour célébrer le 70ème anniversaire du Parti du Travail. Il a officiellement remis à Kim Jong-un une lettre du président chinois, Xi Jinping, appelant à un renforcement des relations bilatérales entre les deux nations.
Par Yann Rousseau et Alain Ruello sur www.lesechos.fr le 09/12/2015

vendredi 4 décembre 2015

La Russie expose les preuves du trafic de pétrole de Daesh via la Turquie


Répondant aux provocations du président turc, Recep Tayyip Erdoğan, selon qui il ne convient pas d'accuser à la légère, le gouvernement russe a organisé une conférence de presse du ministre adjoint de la Défense. Ce dernier a présenté les preuves de ce que nous affirmons dans nos colonnes depuis plus d'un an : la Turquie, en tant qu'État, est responsable de l'exportation du pétrole volé par Daesh en Irak et en Syrie, offrant ainsi entre un et deux milliard de dollars de revenus annuels à l'organisation terroriste. Ce trafic s'effectue en violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies.

Une conférence de presse s'est tenue au ministère de la Défense de la Fédération de Russie le 2 décembre 2015, à laquelle ont assisté le ministre adjoint de la Défense Anatoly Antonov, le chef des opérations, le lieutenant-général Sergueï Rudskoy et le responsable de la gestion opérationnelle de l'état-major le lieutenant-général Mikhail Mizintsev.

Selon les dirigeants de l'armée russe, la principale source de financement des terroristes de l'ÉI est la vente illégale de produits pétroliers. Le bénéficiaire unique de cette contrebande de pétrole est la Turquie. Selon les généraux russes, la direction politique du pays, par le biais de la famille du président Recep Tayyip Erdoğan serait impliquée dans la contrebande de l'ÉI

Tous les jours, plus de 8 500 camions citernes sont impliqués dans le trafic de pétrole de L'EI en une longue colonne transportant plus de 200 000 tonnes de pétrole vers la Turquie. Les généraux russes ont présenté une carte avec trois routes principales de la contrebande de pétrole de l'ÉI à partir de la Syrie et l'Irak vers la Turquie.

La première route, au départ des champs pétrolifères de Raqqa (nord-est de la Syrie), passe soit par l'ouest de la Syrie (où le Su-24 russe a été abattu) où le satellite du 25 novembre 2015 a capturé 395 camions citernes attendant pour décharger du pétrole syrien dans le port de Dortyol et 60 autres dans le port d'Iskenderun. Les estimations des généraux russes montrent que toutes les 24 heures, un pétrolier chargé de pétrole de contrebande part des ports turcs.
Le deuxième itinéraire commence à partir des champs pétrolifères autour de la ville de Deir ez-Zor dans l'Est de la Syrie, et se dirige vers le nord, sur les rives de l'Euphrate, pour atteindre la raffinerie turque de Batman. Une image satellite datée du 18 octobre 2015 a capturé 1 722 camions citernes, aux alentours de la ville de Deir ez-Zor, en attente d'être rempli de pétrole. Une troisième voie va du nord de l'Irak, franchit la frontière turque par le point de passage de Zakho et atteint la station de pompage turque de Cizre. Une image satellite datée du 14 novembre 2015, montre la présence de 3 220 camions citernes qui traversent la frontière vers la Turquie par le point de Zakho.
Les généraux russes ont présenté deux images satellite sur la portion de route allant de la ville syrienne d'Azaz au point de passage de la frontière turco-syrienne. La première est datée du 13 novembre 2015, et montre une colonne de 240 camions citernes du côté turc de la frontière, et 80 citernes dans la partie syrienne. La deuxième image satellite est datée du 16 novembre 2015 et capture une colonne de 360 ​​camions citernes près de la même frontière turco-syrienne.
Malgré les combats au nord de la province d'Alep, la circulation dans les deux sens (aller-retour) des camions citernes entre la Syrie et la Turquie continue sans interruption. On peut observer qu'il n'y a aucun contrôle des gardes-frontières turcs pour ces camions citernes de l'ÉI venant de Syrie.

Malgré les bombardements de la coalition menée par les USA, les recettes l'an dernier de l'organisation terroriste étaient d'environ 3 millions de dollars par jour. Pendant deux mois, l'aviation russe a effectué des frappes aériennes sur 32 complexes pétroliers, 11 raffineries, 23 stations de pompage et 1. 080 camions citernes transportant des produits pétroliers. Le résultat se traduit, pour l'ÉI, par une baisse de revenu de 1,5 million de dollars par jour.
Cependant, les organisations terroristes opérant en Syrie reçoivent encore des sommes importantes d'argent, des armes et des munitions de l'extérieur. La Turquie, ainsi que d'autres États, soutiennent largement les terroristes de l'ÉI. Peut-être qu'une partie du paiement pour le pétrole livré à la Turquie au cours de la dernière semaine a servi a envoyer 2 000 combattants, 120 tonnes de munitions et 250 véhicules de combat à l'ÉI et au Front al-Nousra. Ces livraisons régulières vers la Turquie durent depuis 3-4 ans et il n'y a aucune indication que la Turquie souhaiterait les faire cesser.
Lien direct sur l'article pour consulter notes, photos et vidéo : http://www.voltairenet.org/article189512.html
Par Valentin Vasilescu sur www.voltairenet.org le 03/12/2015

dimanche 29 novembre 2015

La longue marche de la « monnaie du peuple »

C'est aujourd'hui que le FMI intègre la monnaie chinoise dans son panier de devises de référence. Un pas de plus vers la reconnaissance internationale pour le yuan, et une étape stratégique pour Pékin qui cherche à se soustraire à l'influence du dollar.

Des « Renminbi » disponibles n'importe où et n'importe quand, comme c'est le cas du dollar ou de l'euro ? Des taux de changes fixés par l'offre et la demande, avec juste ce qu'il faut d'intervention de la banque centrale chinoise à l'image de ce que font avec doigté la Fed ou la BCE ? Des capitaux qui vont et viennent librement dans le pays, quitte pour le parti communiste à abandonner une partie de sa souveraineté aux investisseurs étrangers ? Même si la monnaie du peuple s'apprête à rejoindre la première division des devises mondiales, tout cela va encore demander du temps.

Sauf surprise de dernière minute, le Fonds monétaire international va intégrer aujourd'hui le Yuan (l'autre nom du Renminbi) dans son panier de référence – les « droits de tirage spéciaux » ou DTS dans le jargon de l'organisation. Ce faisant, la Chine va surtout gagner un surcroît de reconnaissance internationale : quand on est la deuxième puissance économique mondiale, on se doit disposer d'une monnaie de référence, même si l'inclusion dans les DTS ne va pas provoquer un afflux de demande en yuans.

Peu importe, car pour Pékin il s'agit d'une étape symbolique qui s'inscrit dans un dessein bien plus large et de long terme : sortir de la dépendance au dollar et, un jour, créer une zone renminbi, comme il y a une zone dollar. La devise chinoise a déjà fait une partie du chemin vers son internationalisation depuis qu'elle a vu le jour, confinée dans le pays par Mao et ses compagnons durant des décennies. Sa longue marche vers le monde extérieur peut être tracée en 2005 avec la fin de la parité fixe par rapport au billet vert. Quatre ans plus tard, alors que la planète essaye d'éteindre l'incendie des « subprimes » américains, Zhou Xiaochuan, le gouverneur de la banque centrale chinoise (la « PBOC » en anglais) émet l'idée que la planète se dote d'une « super »-devise de référence internationale. Sans succès, et la monnaie américaine a conservé depuis sa suprématie.

La patience étant une vertu cardinale en Chine, Pékin a alors fait de l'inclusion du yuan dans le panier de référence du FMI une priorité nationale, poursuivant toute une série de réformes de son système financier pour accroître l'usage international de sa devise et, ainsi, se donner le maximum de chances de réussir l'examen. Royaume-Uni, Allemagne, France, Suisse… On ne compte pas les accords de « swaps » de la PBOC avec ses homologues occidentales. Ces dernières, ainsi que les fonds souverains, ont désormais accès au marché interbancaire chinois des obligations.

Lors de sa visite en grande pompe à Londres en octobre dernier, Xi Jinping a annoncé que le pays allait émettre de la dette en yuans depuis la City. L'idée d'une connexion directe entre les Bourses des deux pays a aussi été lancée. La liaison Hong Kong-Shanghai, elle, vient de souffler sa première bougie sur un bilan mitigé mais qui n'injurie en rien l'avenir, en attendant celle qui reliera l'ex-colonie britannique et Shenzhen (« Les Echos » du 17 novembre). Autre mesure phare, les taux de prêts ou de dépôts ont perdu leurs dernières contraintes, même si les banques ne sont pas encore totalement libres de faire ce qu'elles veulent.

Et puis il y a eu le changement surprise, le 11 août dernier, du mécanisme de fixation du yuan, qui a eu l'effet d'une bombe sur le marché actions. Considérée par la planète entière comme une dévaluation compétitive destinée à relancer les exportations, la mesure était plus probablement destinée à plaire au FMI. Message reçu par les équipes de Christine Lagarde, qui ont fait tomber leurs dernières réserves doctrinales sur le caractère convertible de la devise chinoise. Depuis, la banque centrale intervient quasiment tous les jours pour maintenir proches les taux du yuan « onshore » (contrôlé à Shanghai) et « offshore » (librement à Hong Kong) par rapport au dollar. Le mot d'ordre ? Stabilité. Ne manquait plus que les Etats-Unis lèvent leur critique récurrente sur la sous-évaluation du yuan, et le blanc-seing du FMI était acquis.

Pour quel bilan, in fine ? Le yuan est de plus en plus utilisé dans les transactions commerciales mondiales, au point d'avoir supplanté le yen japonais. Mais il ne pèse que 3 % du total. Qui plus est, l'essentiel se fait entre le Continent et… Hong Kong. Les flux de capitaux restent contrôlés et la banque centrale dégaine plus souvent que ses pairs l'arme monétaire. Les interventions politiques pour mettre fin au krach boursier de cet été ont atteint leurs objectifs, mais au prix d'une grande défiance des investisseurs étrangers, qui n'apprécient que très peu les interventions étatiques d'une manière générale, et chinoises encore moins. Pékin paie là le manque d'indépendance de ces organes de contrôle.

Tout cela fragilise le discours officiel censé laisser les « forces du marché » jouer un rôle accru dans la marche des affaires. D'autant que, avec le ralentissement économique en cours, les réformes du système financier pourraient perdre de leur priorité devant les mesures de relance. Les quelques mois à venir seront donc cruciaux pour vérifier si, à Pékin, le vrai changement, c'est maintenant ou non. En attendant, la Chine peut se targuer d'une victoire symbolique : sa « monnaie du peuple » est la première devise émergente à intégrer le FMI.

Alain Ruello sur www.lesechos.fr le 29/11/2015

Thaïlande: le goût de cauchemar

Plages interminables de sable blanc, soleil et eaux turquoises du lagon qui disparaissent au-delà de l'horizon. Cela semble comme une image de la publicité populaire avec son slogan « goût de paradis ». Mais malheureusement, c'est juste l'une des facette de la Thaïlande. Communément appelé le pays du sourire, ce pays est devenu l'une des destinations touristiques les plus dangereuses sur Terre.

Explosion dans le centre de Bangkok. Cette année. En août. Vingt morts, dont quatre étrangers. À l'époque, je me trouvais dans la capitale thaïlandaise. Assez loin du lieu de l'explosion. Mais j'ai ressenti à pleine bouffée, le sentiment de peur qui était palpable dans l'air. Pour la Thaïlande, un tel accident est quelque chose de commun, pas une urgence. La Thaïlande a vu plusieurs accidents de la route, meurtres, y compris ceux d'étrangers, vols et de nombreux autres incidents qui vont souvent de pair avec le « goût de paradis » promis.

Une telle situation en Thaïlande n'est pas une surprise. Il y a une armée de raisons à cela : l'économie glisse vers la récession sous le poids d'une mauvaise gouvernance, de la corruption dans toutes les sphères de la vie et par dessus de tout de l'instabilité politique permanente. Le pays semble être le foyer de désordre et de troubles dans la région de l'Asie du Sud-Est. Le rappel de quelques faits est nécessaire. En particulier depuis 1932, lorsque la monarchie absolue a été aboli, la Thaïlande a connu dix-neuf coups d'Etat. Douze d'entre eux ont réussi.

Le dernier coup d'Etat militaire en Thaïlande a eu lieu le 22 mai 2014. Après des mois de protestations antigouvernementales les militaires de la Thaïlande ont pris le contrôle du gouvernement, dissous le Sénat et ont suspendu la Сonstitution. Il est utile de préciser que pendant les quatre-vingts dernières années la Constitution du pays avait été changé dix-huit fois.

L'armée a établi une junte appelée le Conseil national pour la paix et l'ordre, qui a élu à l'unanimité le général Prayut Chan-o-Cha comme nouveau Premier ministre du pays. Peu de temps après, le roi l'a nommé pour diriger le pays. En Thaïlande, cela signifie la légitimation de la prise de contrôle. Il doit être noté qu' à chaque fois depuis 1946, le Roi Bhumibol Adulyadej a soutenu sans aucune hésitation le nouveau gouvernement, indépendamment de la façon dont il a été formé, que ce soit après des élections démocratiques légales ou juste après un coup d'état. En Thaïlande, l'armée est très puissante et possède les compétences pour diriger le pays dans les cas d'instabilité. Et les généraux de l'armée ne tardèrent pas à en profiter. Après le coup d'Etat de 2014 les militaires thaïlandais ont placé en détention des membres de la classe politique, certains scientifiques et journalistes, a déclaré le couvre-feu et ont fermé les médias. Le couvre-feu a été levé seulement un an après le coup d'état.

Outre le manque de stabilité dans le pays, la Thaïlande a des problèmes à ses frontières extérieures. Le différend frontalier de  long terme entre le Cambodge et la Thaïlande place les pays voisins au bord d'une guerre à grande échelle. Jusqu'à présent, il n'y avait que des escarmouches à la frontière avec en résultat, des morts et des blessés. Au cours de l'une d'elles, le Cambodge a accusé les militaires thaïlandais d'avoir utilisé du gaz et des bombes à fragmentation neuroparalytiques, interdites par le droit international. La Thaïlande a nié ces accusations.

Tous ces facteurs sapent évidemment la réputation de la Thaïlande au yeux non seulement de ses voisins, mais aussi de l'Occident. Encore et encore, les coups d'Etat en Thaïlande ont été condamné par un certain nombre de pays, dont les officiels disaient qu'il n'y avait aucune justification à ceux-ci et qu'ils devaient mettre fin à des accords politiques et économiques vitaux avec Bangkok.

Donc, ce n'est pas une surprise si la Thaïlande a porté atteinte à sa propre réputation et a obtenu le titre de partenaires parmi les moins fiables et de l'un des pays les plus dangereux au monde. Ce qui est surprenant dans cette situation est que même en étant conscient de toutes les menaces et des risques, certains touristes vont encore à la Thaïlande pour se reposer. Bien que parfois ils obtiennent à la place des problèmes. Et ce qui est plus surprenant est qu'avec une telle réputation inadmissible, la Thaïlande espère prendre un siège à l'endroit où l'avenir du monde entier prend forme. La Thaïlande s'est portée candidate au poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour 2017-2018. Ce pays qui n'est pas en mesure de donner un bon exemple à suivre veut décider de la destinée des autres. Les politiciens qui ne sont pas en mesure de mettre de l'ordre dans leur propre pays vont mettre de l'ordre à une échelle mondiale.

Il est évident que les pays avec une telle biographie placés à l'endroit où la destinée du monde est dans la balance, au cœur même de l'organisation internationale de premier plan ne contribueront pas au renforcement du leadership de celle-ci, alors même qu'en ce moment, le leadership est ce qui est le plus important pour les Nations Unies, laquelle est essentielle pour le règlement des conflits et ceux qui n'ont pas encore atteints leur apogée.

Seuls ceux qui démontrent par leur propre exemple la voie de la réussite à ceux qui sont précisément à sa recherche, sont en mesure d'apporter un tel leadership à l'ONU. Seuls les pays qui montrent stabilité politique et économique, respect des valeurs démocratiques et des responsabilités mondiales, en dépit de tous les changements dans l'environnement extérieur peuvent être un exemple ouvrant droit à une candidature à l'Organisation. Ces Etats pourraient regagner la confiance du monde et le respect de l'Organisation des Nations Unies. Il est évident que la Thaïlande est un candidat inadéquat pour une telle mission.

jeudi 26 novembre 2015

La conversion d’Apple aux écrans OLED fait paniquer les Japonais


Les deux plus gros producteurs japonais d'écrans LCD pour smartphones et tablettes chutent en Bourse ce jeudi. Un coup de froid déclenché par un article du « Nikkei» annonçant la conversion d'Apple aux écrans OLED.


Les deux plus grands producteurs japonais d'écrans LCD pour smartphones et tablettes encaissent depuis ce jeudi matin une très lourde chute de leurs titres sur la place de Tokyo. A la mi-journée, Japan Display plongeait de plus de 7,5% quand Sharp, qui avait rebondi ces derniers jours, perdait, lui, 4,6%. Le coup de froid sur les valeurs des deux sociétés a été enclenché par la publication, dans le « Nikkei », d'un article annonçant la conversion de l'américain Apple aux écrans organiques électroluminescents dits OLED.

La firme aurait décidé d'équiper, à partir de 2018, une large partie de ses iPhone de cette nouvelle génération d'écrans qui offre une image plus contrastée, une structure plus fine tout en réduisant la consommation d'énergie de la dalle. Or, soulignent les analystes, les deux géants japonais, qui ont surtout parié ces dernières années sur une amélioration des écrans LCD conventionnels, sont actuellement mal armés pour emporter de larges commandes d'Apple. S'ils maîtrisent la technologie OLED, ils ne disposent pas actuellement de capacités industrielles suffisantes pour répondre au gigantisme des commandes habituelles d'Apple.

Selon les analystes, les grands gagnants d'un passage d'Apple à l'OLED seraient, dès lors, les sud-coréens Samsung Display, l'actuel leader sur ce marché, et LG Display. Le numéro deux coréen de l'électronique avait annoncé l'été dernier de nouveaux investissements massifs dans l'OLED et notamment la construction d'une nouvelle usine de dixième génération. Il est toutefois pour l'instant concentré sur les dalles OLED de grande taille pour téléviseurs et ne s'est pas spécialisé, comme Samsung Display, dans les écrans organiques pour smartphones et tablettes.

Contaminés par l'inquiétude touchant Sharp et Japan Display, plusieurs équipementiers nippons ont aussi vu, ce matin, leurs titres reculer sur la place de Tokyo. Minebea, qui fournit les systèmes de rétro-éclairage des écrans d'iPhone, a encaissé un plongeon de près de 9%. Il y a quelques semaines, le groupe avait assuré aux investisseurs qu'il ne croyait pas à une conversion imminente d'Apple à l'OLED.

Si les informations du « Nikkei » étaient confirmées dans les prochaines semaines, elles compliqueraient grandement les efforts de redressement de Sharp. En grande difficulté financière depuis quatre ans, le groupe misait sur une cession partielle ou totale mais à bon prix de son activité LCD pour organiser la renaissance de ses autres divisions. Si les perspectives de ce pôle apparaissent soudain plus sombres encore, le plan sauvetage de la société risque d'être plus difficile à définir.

Overdose d'acier, de zinc et de nickel pour la Chine

Ralentissement économique et baisse des exportations obligent, le problème des surcapacités industrielles en Chine est de plus en plus criant. Dernier exemple en date, le secteur des métaux non ferreux - aluminium, zinc, nickel… -, qui pousse les producteurs chinois à en appeler à l'Etat pour qu'il leur rachète les excédents. Si la requête de la « China Nonferrous Metals Industry Association » est acceptée, ce serait le premier effort en ce sens depuis 2009 pour redresser des prix en chute libre, selon Reuters.

Les producteurs de zinc ont déjà proposé de réduire de 500.000 tonnes leur production en 2016, soit l'équivalent d'un mois de production, et leurs confrères de nickel vont débattre entre eux vendredi de l'opportunité d'une démarche similaire.

Dans l'acier, un sérieux bras de fer oppose les industriels chinois à leurs concurrents étrangers qui les accusent d'écouler leurs excès à prix cassés. Pékin a par ailleurs autorisé les petites raffineries à exporter ce qui est également perçu comme un moyen de maintenir ces entreprises, souvent privées, en vie, sans mener de véritable restructuration, de peur du coût social induit, décrypte un bon connaisseur du secteur.

Avec une progression de son PIB annoncée autour de 7% cette année , la Chine s'achemine vers sa plus faible croissance en plus de 20 ans et cherche à confirmer une transition de son modèle économique davantage tournée vers la consommation et les services.

Par Yann Rousseau le 26/11 sur www.lesechos.fr

dimanche 22 novembre 2015

Les attentats terroristes à Paris

La violence des terroristes a été brutale et cynique. Elle s'est déroulée à notre époque, dans le cœur du cœur de l'Europe. Cela pourrait être le nouveau point de départ de l'histoire. Le point, après quoi le monde devra changer radicalement les règles de comportement global, effacer tous les différends et les conflits frontaliers par une union éclatante contre la menace commune la plus importante, le terrorisme.

Il ne faut pas seulement des mots mais de l'action. Un plan clair a déjà été exprimé dans le monde. A la tribune des Nations Unies, le Kazakhstan a pris l'initiative de ce qui pourrait mettre un terme au terrorisme sévissant dans le monde et qui aujourd'hui prend une échelle véritablement mondiale, peu importe si à première vue, elle peut sembler impossible à mettre en œuvre. Le Kazakhstan propose de créer un réseau mondial unifié pour contrer le terrorisme international et l'extrémisme. Le dirigeant kazakh propose l'approbation par l'Organisation des Nations Unies, d'un document exhaustif qui confirmerait la volonté de tous les pays à faire face à l'ennemi principal, le terrorisme. L'ennemi n'est pas une personne et n'a pas de méthode spécifique et cette guerre qui n'a pas de lignes de front claires. Tout cela est particulièrement dangereux.

Par un autre élément de ce plan, ce dont peu de gens parlent, ce devrait être une solution aux problèmes économiques mondiaux. Le président kazakh estime à juste titre que les problèmes économiques sont en grande partie provoqués par des phénomènes négatifs dans le monde, y compris le terrorisme. Et cette question nécessite également une réponse, une approche commune. Selon le Président du Kazakhstan, l'idée d'un plan anticrise mondiale est devenu l'objet d'une attention particulière de la communauté internationale. Les crises des dernières années démontrent la futilité des politiques isolationnistes. Le monde a besoin de nouvelles règles de vie.

A l'échelle mondiale, le Kazakhstan lui-même pourrait servir de modèle à tous les changements souhaités par les dirigeants des différents pays. Il est le pays le plus stable d'Asie Centrale. Tout d'abord, dans le sens politique et  ceci en dépit de la proximité géographique de l'une des principales sources d'instabilité sur le continent, l'Afghanistan, dont il n'est pas toujours possible de freiner l'impact destructeur pour ses voisins.

Le Kazakhstan est comme notre monde en miniature, ou tel qu'il devrait être à l'avenir, c'est-à-dire déjà au minimum,  sans armes nucléaires. Notre avenir lointain est si proche. Le Kazakhstan est le premier pays dans l'histoire qui par sa propre décision, a fermé son site d'essais nucléaires et a volontairement renoncé au quatrième arsenal nucléaire mondial, et créé une zone franche en Asie centrale. Aujourd'hui, le président du Kazakhstan propose de renouveler cette expérience au Moyen-Orient, d'où vient maintenant le principal danger pour la sécurité de la planète et d'où les interminables guerres génèrent les migrations incontrôlées, le terrorisme et le chaos. Une telle mesure est plus que nécessaire.

Quant à l'économie, le Kazakhstan est maintenant un exemple concret pour beaucoup de théoriciens. Au plus grave de la crise mondiale de 2008-2009 ce pays s'en est sorti avec des pertes minimales. Dans la crise actuelle, plus ambitieux, le Kazakhstan a élaboré et commencé à mettre en œuvre un plan radical de redressement. A Astana, on reconstruit complètement le système de sorte qu'il ne conduise plus à des échecs. Le programme « 100 mesures concrètes » du Président du Kazakhstan et son approche révolutionnaire de problèmes séculaires a fait écho dans différents pays, mais aussi dans le monde entier. Les experts de diverses parties du monde, ont même parler de la nécessité de le prendre en compte. Ainsi German Gref, ancien ministre du Développement économique de la Russie, et économiste de renommée mondiale maintenant à la tête de l'une des plus grandes banques, a appelé le plan "l'un des meilleurs documents qu'il avait jamais vu", notant que, après la mise en œuvre de seulement 50 étapes, le Kazakhstan est déjà devenu un Etat fondamentalement différent.

Il faut admettre que le Kazakhstan est en fait aujourd'hui, un état très différent. Pas du fait qu'il n'ait qu'un quart de siècle ou qu'il soit au tout début de sa trajectoire indépendante. Le Kazakhstan vit déjà dans un nouvel avenir, selon les paroles de son président. C'est dans ce nouvel avenir, que le monde doit entrer. Le projet «nouvel avenir», qui consiste à assurer la sécurité nucléaire, de l'énergie, de l'eau et de l'approvisionnement alimentaire, tout cela étant est déjà mis en place dans le grand territoire du Kazakhstan qui espère maintenant les efforts conjoints de collègues d'autres pays afin de l'étendre à l'échelle de la planète, ce qui montre le Kazakhstan comme un exemple de la mise en œuvre réussie de ces réformes. Ce pays se développe à un rythme record, même dans les périodes où l'environnement extérieur n'est pas propice à cela. Aujourd'hui parmi les pays de la CEI, cette république est en tête au niveau de la prospérité de la compétitivité et de l'environnement des affaires. Cela peut être jugé par la manière dont Astana, année après année, monte plus haut dans les classements mondiaux.

Ayant atteint ces résultats, les autorités kazakhstanaises ne prévoient pas de se reposer sur ses lauriers et s'efforcera d'atteindre de nouveaux sommets. Le Kazakhstan a l'objectif ambitieux d'entrer dans les trente pays les plus développés dans le monde d'ici 2050. Et en regardant comment le Kazakhstan se développe aujourd'hui, sous la direction éclairée et très clairvoyante de son leader, il ne fait aucun doute que le pays s'est donné les moyens atteindre son objectif.

lundi 16 novembre 2015

Daech, l'Asie et nous

Alors que le sang a séché sur les trottoirs de Paris, et que la France toujours groggy s’est recueillie en une longue minute de silence, c’est le moment de prendre un peu de hauteur. Pas d’apporter des réponses, car c’est à la justice et au gouvernement français de le faire.

Si avec Asialyst, nous avons choisi de parler de l’Asie, ce vaste espace que nous jugeons « oublié » des médias, c’est que ce continent est aux prises avec les mêmes démons que nous. Les mêmes peurs et les mêmes espoirs. Sitôt connues les premières attaques de vendredi, nombre de voix pleines de sommeil en Asie nous ont immédiatement contactés, s’enquérant de notre sécurité à Paris, de notre santé, de la situation de nos proches.

Oui, le monde est un village interconnecté. Alors – et c’était recherché par Daech -, la terreur qui a frappé la capitale française a eu un retentissement mondial. La vague de soutien qui a accompagné l’onde de choc ne s’est pas seulement traduite dans les échanges officiels entre Etats. Des rassemblements citoyens ont eu lieu à travers le monde entier : de Pékin à Tokyo, de Montréal à New York, de Beyrouth à Sydney, en passant par la station spatiale internationale… Rarement la Marseillaise aura été ainsi chantée et les couleurs du drapeau français autant exposées.

Alors oui, parler de l’Asie après les attentats de ce vendredi est important. Important car les Asiatiques ont connu leur lot de catastrophes, de drames, d’extrême violence. Après les attaques de vendredi, comment ne pas penser aux attentats de Bangkok en août 2015, de Bombay en juillet 2011 ou encore de Kunming en Chine en mars 2014 ? Et nous en passons tant d’autres. Car l’Asie est elle aussi en première ligne dans la lutte contre Daech, cette pieuvre tentaculaire qui se nourrit de l’ignorance et des peurs.

C’est ainsi que les questions s’accumulent comme en Europe. Daech est-il en pleine expansion en Asie du Sud-Est ? Est-il à l’oeuvre en Asie du Sud ? Les Chinois seront-ils touchés via la problématique ouïghoure ?

Pour commencer, la sécurité du sommet de l’APEC à Manille qui s’ouvre ce lundi 16 novembre, est bien sûr en question. Les autorités philippines ont assuré aujourd’hui qu’aucune menace ne pesait sur le sommet annuel qui réunit l’ensemble des leaders des pays d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Barack Obama doit arriver ce mardi à Manille où il rencontrera d’abord le nouveau Premier ministre australien Malcolm Turnbull ; et même avant les attaques de vendredi à Paris, la question de l’Etat Islamique était dans l’agenda des discussions. L’Australie est un allié solide de Washington dans la lutte contre le terrorisme, et pourrait donc avoir un rôle à jouer si Daech étendait ses opérations de terreur à l’Asie, et en particulier à l’Asie du Sud-Est.

C’est une réalité : l’avancée asiatique de la pieuvre est en marche. Ce lundi, le ministre malaisien de la Défense a annoncé que l’Etat Islamique (EI) visait désormais expressément le gouvernement de Kuala Lumpur : « Je peux confirmer que l’EI cible nos leaders politiques, dont moi ; mais cela ne nous fait pas peur et n’arrêtera pas notre lutte contre le terrorisme, non seulement dans notre pays, mais dans l’ensemble de la région », a prévenu Datuk Seri Hishammuddin qui a précisé que le gouvernement était au courant depuis mars dernier.

Naissance d’un réseau de Daech en Asie du Sud-Est

Il y a pire dans les déclarations officielles. Le Straits Times a révélé ce dimanche que des militants islamiques Malaisiens clandestins aux Philippines projetaient de former un groupe affilié à l’Etat Islamique en Asie du Sud-Est. Un groupe qui rassemblerait des Malaisiens, des Philippins et des Indonésiens.

Qui sont ces militants clandestins ? On en apprend plus sur leurs trajectoires via le parcours de l’un d’eux : Mahmud Ahmad. C’est un ancien maître de conférence à l’Université Malaya. Dans les années 1990, il est passé par des camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan. Par la suite, il aurait utilisé largement sa position de maître de conférence pour recruter des étudiants pour le djihad. Aujourd’hui, il est aidé de plusieurs camarades dont un commerçant marchand de couleurs, Mohd Najib Husen, et un ancien employé municipal, Muhammad Joraimee Awang Raimee. Pour constituer cette faction de Daech en Asie du Sud-Est, ils comptent unifier au moins 5 groupes dont les tristement célèbres Jemaah Islamiah en Indonésie, Abou Sayyaf aux Philippines, mais aussi les groupes Malaisiens Kumpulan Mujahidin Malaysia et Darul Islam Sabah.

La participation de ressortissants d’Asie du Sud-Est au djihad ne date pas d’hier. Joseph Chinyong Liow le rappelle fort justement dans Foreign Affairs. Déjà dans les années 1980, avant la génération de Mahmud Ahmad, un grand nombre de jeunes musulmans de la région étaient partis au Pakistan soutenir la lutte des Mujahidin afghans contre l’envahisseur soviétique. Nombre d’entre eux étaient restés, devenus amis avec les combattants des autres pays, et ainsi largement exposés à l’idéologie d’Al-Qaïda. Ceux qui sont revenus ont par exemple formé le groupe extrémiste Jemaah Islamiyah, relié à l’organisation créée par Ben Laden. Le groupe indonésien a ensuite commis les attaques parmi les plus meurtrières dans la région ces 15 dernières années.

Lorsque Daech a connu sa première expansion, il n’a pas fait l’unanimité parmi les extrêmistes d’Asie, dont certains ont condamné publiquement ses atrocités. Mais aujourd’hui, Mahmud Ahmad et son groupe veulent changer la donne en unifiant toute la mouvance musulmane radicale autour du « Califat ».

Les motivations d’Ahmad et ses troupes asiatiques ? Elles seraient plus économiques et sociales que religieuses, selon le criminologue malaisien P. Sundramoorthy, cité par le Straits Times. Beaucoup de radicaux pensent que l’EI est le grand défenseur de l’Islam, analyse l’expert, mais leur engagement est lié à l’injustice sociale, aux inégalités économiques ou à la répression politique. Le malheur vient que la religion et l’obscurantisme sont devenus le véhicule de toutes les frustrations. A ce titre, les militants autour de Mahmud Ahmad utiliseraient le drapeau de l’EI pour obtenir de l’argent et du soutien de l’étranger.

L’EI en Asie du Sud

Il faut aller au-delà de l’Asie du Sud-Est, qui n’est pas la seule concernée. En Asie du Sud, un pays rarement évoqué pourrait être le prochain foyer de l’État Islamique sur le continent : le Bangladesh. Sur le site American Thinker, Richard L. Benkin rappelle qu’après l’intervention alliée en Afghanistan, le Bangladesh est devenu un refuge pour de nombreux combattants d’Al-Qaïda, qui ont eu une influence déterminante sur les élections locales de 2007. Depuis, le gouvernement de Dacca s’est lui-même composé d’islamistes. Des bloggeurs ont été brutalement assassinés sous l’accusation de blasphème, et leurs assassins ont échappé à des condamnations sérieuses. Pour la même raison, des journalistes et des écrivains ont été persécutés en toute impunité, tout comme de nombreux Bangladais hindous. Depuis le mois de septembre, un nouveau cap a été franchi. Une série d’attaques contre les étrangers, les chiites et la police bangladaise ont été revendiquées directement par l’État Islamique.

De Kunming à Dacca, une lame de fond est apparue : l’État Islamique cherche désormais une profondeur stratégique en Asie pour assurer sa force de frappe globale. Et de multiplier les foyers de violence extrême et de recrutement de combattants. Il nous faut parler maintenant de l’Asie centrale : nous republions aujourd’hui l’enquête édifiante de Sylvie Lasserre au Kirghizistan, où sont passés 80 % des terroristes français.

Joris Zylberman et Antoine Richard sur https://asialyst.com le 16/11/2015