mercredi 18 février 2015

Ablyazov : Rien ne va plus ! Les jeux sont faits !

Sur un fond de calendrier politique intense en Europe, les médias français ont en quelque sorte oublié Mukhtar Ablyazov, l’«invité» de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Cependant, il y a plusieurs raisons pour se rappeler qu'il n'est pas tout à fait un prisonnier ordinaire.

Alors que la justice française décide de la question de l'extradition d'Ablyazov en Russie, il s’est passé des événements qui ont pratiquement donné le verdict de l'oligarque de l'ombre.

Tout d'abord, la conception de la « défense » d’Ablyazov qui s'appuyait sur la politisation de la procédure pénale  s’est brisée. Cet homme a affirmé que la République du Kazakhstan par un quasi-raid s’est emparé de son entreprise, la «Bank Turan Alem », l'une des principales institutions financières du pays. Le Kazakhstan, à son tour, a accusé Ablyazov d'avoir volé des milliards de dollars, précisément dans la même banque. Qui croire ? Il est clair que l'opinion publique européenne est plus en faveur de l'oligarque. Surtout parce que il y a quelque temps, il était entouré de l'image d'un homme politique propre, qui a souffert à cause de la justice et a été contraint de fuir son pays, un homme qui, en raison des machinations de ses ennemis a perdu ses activités lucratives.

Avec le temps bien sûr, des taches de différentes tailles sont apparues sur l’aura du magnat. La Cour de Londres, a approfondi l'enquête de cette affaire compliquée et l’appelle ouvertement un fraudeur. Ablyazov n’est pas en reste, il a accusé ouvertement le pouvoir judiciaire d’être corrompu.

La justice britannique est outragée d’un tel culot. Comme un avocat l'a dit en aparte, s’il avait été possible de mettre Ablyazov dans les prisons anglaises pour un long terme, il y aurait certainement été envoyé. Mais, malheureusement, dans une procédure civile la peine maximale possible est de 22 mois de prison. Mais Ablyazov a gagné honnêtement ces quelques mois. Sur les rives d’Albion, une chambre confortable a déjà été préparé depuis longtemps en prison.
 
Quand on a voulu l’arrêter, Ablyazov s’est enfui d'Angleterre. Quand il a été pris et emprisonné en France, il a continué à lutter avec les Anglo-Saxons. A vrai dire, ils lui ont fait une grosse cochonnerie. En même temps que la décision d'extradition, l’Angleterre l'a privé de son statut de réfugié.

Ce statut, c’est le pouvoir. Démultiplié par la puissance de la parole, il a été activement utilisé par Ablyazov dans sa campagne d'information, en essayant comme Munchausen, de s’extraire du marécage dans lequel il était, par les cheveux. Il a poussé cette situation jusqu’à l'absurdité. Les Britanniques lui ont dit : Non, vous n'êtes pas un réfugié, vous êtes un voleur. Ablyazov a répondu en engageant un procès dans lequel il prétend qu’il a été illégalement privé de son statut de réfugié. Pendant ce temps, les média de l’oligarque ont commencé à cherché à convaincre l'opinion publique, avec un discours qui se résume ainsi : même si le statut n’est pas redonné, cela ne devrait pas affecter le processus juridique d'extradition en France. Et dans ce cas qu’est-ce que cela devrait-il influencer ? qu’Ablyazov s’était autrefois impliqué dans la politique ? Doit-on juger les politiciens pour vol? Bien sur que oui.
 
Il convient de rappeler un autre événement important, qui a eu lieu subrepticement. En novembre l'année dernière, la Cour internationale d'arbitrage a complètement rejeté la demande de la société néerlandaise "KT Asia Investment Group BV" (qui détient 9,99% des actions de "BTA Bank" et est détenu par Mukhtar Ablyazov) dans un procès contre la République du Kazakhstan. L'affaire a traîné depuis 2009. C’était une demande pour laquelle Ablyazov espérait demander au Kazakhstan une réparation à hauteur de 1,5 milliards de $, en insistant sur le fait qu’avant la nationalisation de la "BTA Bank", il y avait des actionnaires minoritaires privés. Mais ici l’oligarque été déçu. Au cours du procès, il est apparu des nuances intéressantes, parmi lesquelles on peut citer le fait que l'entreprise "KT Asie» faisait partie d'un certain nombre de sociétés Ablyazov utilisé pour le blanchiment d'argent.

En outre, les actions de la "BTA Bank" ont été achetées par « KT Asia » à un coût sept fois plus faible que le marché grâce à un prêt de deux sociétés marchandes, également précédemment détenue par Ablyazov. Par la suite, le montant du prêt ainsi que les intérêts n’ont pas été payés, la dette a été annulée complètement et ces deux entreprises ont été liquidées avec succès par Ablyazov avec l’objectif de se débarrasser de la dette de la société « KT Asia ». Après la découverte de ces détails croustillants, bien entendu la plainte déposée contre le Kazakhstan a été refusée. Et les juges de la Cour internationale d'arbitrage pouvaient voir par eux-mêmes qui Ablyazov est vraiment.

La décision finale du Comité spécial du Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements a été délivrée le 20 Novembre 2014. Cet événement a complètement brisé les partisans d’Ablyazov. Rien ne va plus ! Les jeux sont faits ! Il est impossible d’accuser le tribunal d’arbitrage de corruption, en fait. Comme le disent les Français, tout cela est de "mauvais ton". Ablyazov a trop cherché à éclabousser tout le monde. Les partisans d’Ablyazov n’épargnent pas la justice française, en essayant de démontrer que la France est tombée sous l’influence d’Astana.

Ablyazov n’est plus capable de défendre sa position. Et c’est peut-être pour cela que les recherches épistolaires ressemblent de plus en plus à un bougonnement de vieux auteurs de mémoires. Dans ses dernières publications, il a raconté comment il a créé ... un parti politique au Kazakhstan.

Pourquoi ? Il essaye de s’en tenir à sa ligne, en rappelant à tous qu'il est un homme politique et membre de l'opposition ? Sur ce point, tout le monde le sait certainement. Voyons plutôt les charges.

La ligne de défense d’Ablyazov est détruite. Politiser la question de l'extradition ne fonctionne pas. De plus en plus de nouveaux faits évoque une criminalité ordinaire.

Un des épisodes les plus éclatants de cette affaire fort compliquée, est lié à l'ancienne patronne de l'entreprise "BTA Bank", Veronica Efimova. En tant que complice, elle est accusée de détournement de 3,3 M$ !

En fait, aujourd'hui, nous pouvons parler de la fin de l’empire de l'oligarque de l'ombre. L’onde de choc diffuse des signaux d’effondrement de le plus grand clan criminel.

Le 27 décembre 2014, Interpol a arrêté à Madrid, Muratbek Ketebaev, le plus proche complice de l’oligarque et plus tard par décision de la cour d'Espagne ce criminel a été emprisonné. C’est sans exagération, un de ses alliés les plus proches. Ablyazov l’a recruté en 1992.

La branche suisse de l'empire d’Ablyazov est en train de vivre aussi des moments difficiles. Le clan connexe de Victor Khrapunov et son épouse Leila est recherché par Interpol. En ce qui concerne Victor Khrapunov, un ancien haut fonctionnaire du Kazakhstan, il fait l’objet de poursuites judiciaires dans ce pays. Les policiers suisses se sont intéressés à sa famille. Interpol est également à la recherche de son fils Elias, qui est marié à la fille d’Ablyazov.

Le famille Khrapunov qui s’est toujours montrée très unie, montre des signes d’implosion. Très probablement, l'un des membres du clan sera donné à la merci de la justice. A cet occasion, il sera présenté pauvre comme un rat d'église afin de ne pas rembourser les capitaux volés. Et le plus probable, Victor Khrapunov sera un retraité.

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