dimanche 17 janvier 2016

Le bras droit d'Ablyazov jugé en Lituanie

La série à rebondissement médiatique sur les aventures de l'oligarque Ablyazov et de sa famille se poursuis devant la Cour de justice de Vilnius. La juge Vitalia Norkunayte qui a montré une loyauté obscure pour les représentants de la petite famille criminelle, a  libéré de la salle d'audience Syrym Shalabayev (bras droit d'Ablyazov, beau-frère et trésorier), qui avait été arrêté plus tôt par Interpol.

Syrym était recherché à la demande de l'Ukraine. Mais au lieu de solutionner la question de l'extradition, la justice lituanienne a décidé de prendre une autre voie.

Selon les rapports des médias, la juge Vitalia Norkunayte a dit que la question de l'extradition sera tranchée quand la Lituanie prendra une décision sur l'octroi de l'asile à cet étranger. Shalabayev a été libéré sous caution dans la salle d'audience et placé en résidence surveillée. Ses papiers ont été saisis en garantie.

Autant dire que cette situation est très étrange. Ce comportement de la justice semblera trop frivole à toute personne qui a suivi l'histoire d'Ablyazov. Cet oligarque a reçu le statut de réfugié politique et pas n'importe où, mais au Royaume-Uni. Mais plus tard, les Britanniques ont changé de position, après avoir réalisé que sous couvert d'un homme d'affaires se cachait un monstre. Une grande partie des litiges concernent son assistant Shalabayev.

Ablyazov est lui-même connu dans les cercles privilégiés comme le « Muktar au cinq milliards » ou « Banquier en règle ». Cet homme a dépouillé de plusieurs milliards de dollars des déposants et des créanciers du Royaume-Uni, de France, d'Ukraine, de Russie, du Kazakhstan et du Kirghizstan.

L'ancien chef de la BTA Bank a créé un réseau criminel transnational, transformant sa banque en un système de fraude majeure, qui a conduit la banque au bord de la faillite, et fait subir d'énormes pertes à de nombreux investisseurs internationaux. Parmi les créanciers concernés, il y avait des institutions financières bien connues telles que : la BNP Paribas, la Société Générale, la BRED Banque Populaire et le Crédit Agricole ». Voici juste un chiffre, révélé dans le cadre de l'enquête menée au Royaume-Uni : le vol des fonds se faisait par une de ses sociétés offshore spécialement créées, dont le nombre dépassait de loin un millier!

Aujourd'hui, Ablyazov se trouve dans une prison française et attend son extradition vers la Russie. Par ailleurs, il a également tenté de sortir de prison, en proposant beaucoup d'argent pour payer sa caution. Il a également proposé de rester en résidence surveillée, si cela est nécessaire, et de prendre ses documents en garantie. Cependant, la France s'est bien souvenu comment se sont comportés les membres du clan Ablyazov au Royaume-Uni et a dit, "Nous ne vous croyons pas."

Qu'est-il arrivé en Grande-Bretagne? Autant dire que ce fut le cirque et un théâtre de farce absurde en même temps. Ablyazov a convaincu tout le monde qu'il est pas un criminel, mais un homme d'affaires honnête. Il s'est dit persécuté au Kazakhstan pour ses convictions politiques. Et le plus drôle est que tout le monde a cru à cette histoire, car tout le monde voulait y croire. Ablyazov, à travers les médias qu'il contrôle, a acheté une ribambelle de journalistes locaux pour lui forger une image d'un champion de la justice. Et vous pouvez imaginer le choc subi par le public quand il lui a été révélé qu'il était l'objet d'une manipulation habile de l'opinion publique.

Tout a commencé avec le fait que la BTA Bank, qui a été la plus affectée par les agissements d'Ablyazov, a déposé une plainte devant la Haute Cour de Londres. Et donc, étape par étape, une enquête judiciaire détaillée a mis en lumière la véritable nature de l'oligarque. Rappelez-vous comment les "tactiques défensives" de la partie défenderesse, méprisant toutes les normes du droit et de la morale, a plongé les anglais en état de choc. Par exemple, le juge Maurice Kay a déclaré: «Il est difficile d'imaginer l'ampleur commerciale du contentieux, qui n'a été possible qu'avec le grand cynisme, l'opportunisme et la ruse de M. Ablyazov."
                                                                                                                                        
Les capacités du fraudeur ont secoué la Haute Cour. En conséquence, Ablyazov a été condamné à 22 mois de prison pour outrage à la justice. Pour les mêmes raisons, le tribunal a condamné Syrym Shalabayev à 18 mois de prison.

Naturellement, ni Ablyazov, ni son beau-frère n'ont réalisé leur peine. Ils se sont enfuis dans une direction inconnue, infligeant un camouflet au visage de la justice britannique. Il est intéressant que les Britanniques étaient convaincus qu'Ablyazov n'irai nulle part, parce que ses papiers étaient en leurs mains. Il s'est avéré que ce n'a pas été un problème pour Ablyazov car l'oligarque n'avait pas qu'un seul passeport.

Il est clair que face à un tel homme excentrique, les français ont rejeté la demande de libération sous caution d'Ablyazov.

Il faut avouer que beaucoup attendaient la même décision de la Cour de la Lettonie. Syrym aussi est un voleur en fuite, comme son patron, néanmoins il n'est pas moins sale qu'Ablyazov, c'est un magouilleur. Au lieu de cela, le juge a décidé d'annuler la mesure de retenue et de libérer immédiatement Shalabayev.
Dans le même temps, la juridiction lituanienne a décidé une caution de 50 milles €, qui a déjà été payée, ainsi que le placement en  résidence surveillée de trois mois. Eh bien sur, comme cela a déjà mentionné, ses papiers ont été confisqué.

La juge V. Norkunayte a dit que si cet étranger ne respecte pas la nouvelle mesure préventive, la caution ira en faveur de l'Etat de Lituanie, et s'il ne se présente pas à la convocation devant le procureur ou du juge, il peut être de nouveau arrêté.

Que dire, sauf que la position des Lituaniens, semble pour le moins, naïve. Peut-on sérieusement croire que Shalabayev attendra une autre arrestation ? Nous savons ce qu'il s'est déjà passé ... Et la perte de l'argent ne l'arrêtera pas, qu'est-ce que 50 milles € quand il y a des milliards en jeu. Aujourd'hui, Syrym a un autre objectif, en tant que trésorier, il doit cacher les actifs d'Ablyazov qui n'ont pas encore été confisqué, et pour cela il est très important de rester libre.

Il a donc été libéré. Pourquoi ? Est-ce sous la pression de l'opinion publique et des défenseurs des droits de l'homme ? Mais la Lituanie ne veut pas dire qu'elle est plus démocratique que la Grande-Bretagne et la France mises ensemble? Ce n'est probablement pas pour la bataille pour les droits de l'homme mais un désir élémentaire de gagner de l'argent. Après tout, c'est la crise ici et ils accueillent n'importe quels investisseurs, même le sombre Syrym Shalabayev.

En résumé, il convient de noter que la situation actuelle ne peut pas être interprétée à travers le prisme des valeurs démocratiques. En défendant les droits de l'auteur des faits, le juge a finalement violé les droits des personnes qui ont souffert des suites de sa  fraude, et finalement interrogé le principe de base de la justice, l'inévitabilité de la sentence.

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