samedi 19 mars 2016

Les oligarches travaillent en familles

La Cour d'appel de Lyon a examiné la demande de libération de l'ancien banquier kazakh Mukhtar Ablyazov et a laissé celui-ci en garde à vue. Les tentatives désespérées de l'oligarque pour retrouver la liberté se brisent sur la position en béton armé de la cour française et du bureau du procureur.

Ablyazov est accusé d'avoir commis une importante fraude financière en Russie, au Kazakhstan, en Ukraine, en Lettonie, en Hongrie et dans plusieurs autres pays. Ce sont des milliards de dollars qui ont été détournés par l’ex-banquier à travers des comptes offshores. Dans le cadre d'une campagne internationale pour confronter Ablyazov à la justice, la Haute Cour de Londres à également a agit. L’oligarque a été condamné à 22 mois de prison, mais s’est échappé avant qu'il ne soit repris en France, où il attend de connaître son sort depuis 2013.

De toute évidence, l'ex-banquier sera extradé vers la Russie, à la demande de celle-ci. C’est le scénario le plus probable. Après tout, la France a déjà accepté d'extrader Ablyazov vers Moscou. Le décret correspondant a été signé par le Premier ministre Manuel Valls en septembre 2015. Bien sûr, la défense d’Ablyazov a déposé un recours auprès du Conseil d'Etat, qui doit rendre son verdict en avril de cette année. Comme le montre la pratique, les avocats travaillent pour les honoraires, mais l’affaire est désespérée.

Les arguments des avocats sont minces. La défense estime que la longue détention de l’ex-banquier en France est «dénué de tout fondement», car ce pays n'a aucune accusation contre lui. En particulier, les avocats du banquier soulignent qu'il a déjà passé deux ans et sept mois derrière les barreaux, bien que s'il avait été reconnu coupable des crimes qui lui sont reprochés par la justice française, sa peine n’aurait pas dépassé deux ans.

Il n’y a rien de surprenant à ce que la défense d’Ablyazov ne puisse pas obtenir sa libération. La justice leur répond objectivement : nous ne vous croyons pas. En particulier, le procureur général français a déclaré que la défense de l'ex-banquier n'a pas fourni de garanties suffisantes montrant que si l’ancien banquier est libéré de prison, il ne se soustraira pas à l'extradition.

Comme ce fut le cas en Angleterre. En gros, la fuite d’Ablyazov de l’ Angleterre a été un échec. En effet, la justice britannique a asséné un coup dur sur ce qu’il y a de plus précieux dans ce qu’il reste à l’ex banquier, son portefeuille.

Cependant, bien qu’Ablyazov soit derrière les barreaux, il essaie de gérer ses fonds par des personnes de confiance.

L'un d'eux est Ilyas Khrapunov, un autre représentant d’une autre famille d’oligarques qui est venue d'Asie centrale. Son père, Victor Khrapunov est accusé d'avoir commis des crimes financiers et est recherché par Interpol. De sorte que ces deux familles sont faites pour s’entendre. Et aujourd'hui, ils sont unis non seulement par les affaires criminelles, mais aussi par les liens familiaux car Ilyas Khrapunov a pris pour femme la fille Ablyazov.

Ilyas, qui se déclare être un homme d'affaires suisse, a pendant longtemps chercher à convaincre tout le monde de l'origine légale de son entreprise. Ses parents n’y serait pour rien. Il aurait tout réussi par lui-même. Cependant, la Haute Cour de Londres a rendu une ordonnance restreignant les transactions d'actifs de I. Krapunov. En d'autres termes, le budget de l'homme d'affaires suisse est aujourd'hui serré, il ne peut être utilisé sans une ordonnance du tribunal.

L'interdiction a été imposée après qu'il a été découvert qu’I. Krapunov aide à la gestion des actifs d’Ablyazov, en violation des verdicts de la cour d'Angleterre. Ainsi aujourd'hui, l'homme d'affaires suisse peut se retrouver sur le bac des accusés.

Par ailleurs, la Haute Cour de Londres a déjà statué pour restreindre la liberté du "financier" d’Ablyazov. L’ex beau-frère du banquier, Salim Shalabayev, a été condamné à une peine de prison ainsi que le grec Paul Kitriotis.

Ainsi, Ablyazov est comme un loup encerclé de petits drapeaux, et les fonds volés dans la banque kazakstanaise BTA et d'autres institutions financières, doivent encore être restitués. En d’autres termes, les tribunaux anglais ont satisfait aux demandes de la banque BTA contre Ablyazov et ses associés pour un montant de plus de 4 milliards $.

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