mardi 27 septembre 2016

La légalisation des millions volés est le nouveau type de relations économiques

La justice lituanienne est affectée d’un syndrome de mollesse et de manque de volonté.

Nous nous souvenons comment un policier qui n’a pas pu arrêter un fauteur de trouble armé d'un couteau, a été tué en août. Le policier avait une arme à feu, mais il n'a pas osé l'utiliser car comment sauver sa propre vie sans imaginer choisir une vie de criminel. Dans une société d'humanisme universel, il est plus facile de mourir que de se laver des accusations d'abus de pouvoir.

La Lituanie a-t-elle besoin de cet humanisme ? Qui bénéficiera d'un tel système judiciaire, où la menace du terrorisme se fait plus évidente dans le monde et que la criminalité transnationale se sent à l'aise, même dans l'Union européenne?

Il ne faut pas aller bien loin pour trouver des exemples. Il suffit de se rappeler du scandale de Syrym Shalabayev, réfugié d'Asie centrale, dont la justice lituanienne a pris soin. Ceci est-il un autre exemple d'un manque de volonté ou de stupidité irresponsable ? Qui peut expliquer ce phénomène de justice, qui ne correspond pas au sens commun ?

Pour comprendre, il suffit de dire que cette personne a été condamnée par la Haute Cour de Londres à un emprisonnement de 18 mois et qu’il doit purger sa peine. Au lieu de cela, les autorités lituaniennes lui donne un statut de réfugié politique. Naturellement, la question se pose de savoir quand est le fonctionnaire de Vilnius estime que la politique du Royaume-Uni ne répond pas aux normes et principes démocratiques. Depuis que le Brexit est arrivé ?

Le voleur doit purger sa peine en prison. C’est un principe immuable de la justice dans tous les pays du monde. Mais pour une raison quelconque ce principe ne fonctionne pas dans notre pays. Syrym Shalabayev a déjà été arrêté à la demande de l'Ukraine (où il a volé environ 300 millions $), mais il a été libéré par la Cour d'appel de Lituanie qui se trouve être en Union Européenne.  Et si la justice avait été rendue par un des pays de l'ancien bloc soviétique, on aurait pu avoir un manque de confiance. Mais que dire du fait que Londres a effectivement prouvé que Syrym Shalabayev est le comptable de l’escroc  financier de méga niveau Mukhtar Ablyazov (qui est à présent dans la prison de Fleury-Mérogis en France). Ce tandem a volé des banques et des institutions financières en Russie, Ukraine, Kazakhstan et dans d'autres pays, pour un total de plus de 6 milliards $.

Ablyazov a géré la banque BTA avec ses succursales dans de nombreux pays et reçu un soutien financier sérieux des créanciers et des déposants occidentaux. Il a organisé le transfert des fonds  vers 900 sociétés offshore et laissé sa banque en quasi-faillite.

Naturellement, la nouvelle direction de la BTA Bank a tenté de contester la transaction. Les tribunaux anglais ont longtemps et soigneusement enquêté sur cette affaire complexe, et constaté les faits d’un vol d'un montant de 4 milliards $. Ablyazov et Shalabayev on tout fait pour brouiller les pistes. En fait, c’est pourquoi la Cour de Londres a prononcer une peine de prison ferme. Et ... voilà le moment de vérité : en réponse à la décision de justice, Ablyazov et Shalabayev se sont enfuis de l'Angleterre.

Autrement dit, il faut comprendre que Syrym Shalabayev, malgré qu’il avait déjà fui la justice anglaise, la Lituanie l’a tranquillement relâchés dans la nature. Est-il utile dans ce cas de faire une opération policière pour le capturer? Le groupe de police lituanienne « ARAS » a parfaitement fonctionné, en attrapant Shalabayev l’année dernière. Malheureusement, il ne peut pas être dit la même chose à propos du système judiciaire.

Cela pose question à propos de la justice. Et sur ce point, peut-on craindre que cette personne ne s’enfuit à nouveau ? Cependant, il ne faut pas que se répète le triste scénario de Londres. Après tout tôt ou tard, en Lituanie aussi, la question se posera à propos des crimes de cet homme.

Tout cela s’approche. La Cour lituanienne d'appel a examiné l'affaire de l'extradition de l'accusé vers l'Ukraine. Elle a refusé à Kiev d'accorder l’extradition de Shalabayev, mais a admis en même temps la décision antérieure de la Cour anglaise, de dommages-intérêts en faveur de la Banque BTA.

Maintenant, lisons entre les lignes. En fait, on peut dire que Vilnius accepte de traiter cette affaire criminelle, parce que l'argent qui a été volé, doit maintenant être remboursé. Cependant, elle lui donne un statut de réfugié qui lui attribue automatiquement l'immunité. Et cela signifie que Londres ne peut revendiquer l’extradition de Shalabayev pour l’enfermer dans une cellule VIP confortable dans une prison anglaise. La BTA Bank n'a pas d'autre choix que d'exiger une enquête criminelle sur  le territoire de la Lituanie. Cela signifie que l’on se dirige vers de nouvelles procédures judiciaires dont le coût est de plusieurs millions de dollars, et où les seuls honoraires d'avocats permettent de vivre confortablement pendant plusieurs années. Cela signifie également que la Lituanie a des leviers d'influence sur les Etats qui souhaitent voir les Shalabayev en prison, ce qui est déjà de la politique.

En d'autres mots Vilnius s’est octroyé le droit de juger un riche criminel qui peut très probablement fuir, mais qui avant de partir, laissera une partie de sa fortune dans ce pays. Ainsi, il n’y a pas de mollesse dans la justice et pas d’humanité, mais c’est un nouveau type de relations économiques où la justice du pays d'accueil peut effectivement légaliser les millions volés. Dans le meilleur des cas pour l'investissement. Notez qu’il n’est pas fait référence de la corruption qui accompagne les cas analogues.

Une telle politique est-elle une priorité en Lituanie, si nous parlons de priorités à long terme ? Conduit-elle à la fusion des criminels et du pouvoir, parce que la tentation est grande de permettre aux oligarques de se cacher des poursuites pénales.

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