lundi 31 octobre 2016

L'Expo 2017 au Kazakhstan ouvre de nouveaux horizons.

De juin à septembre de l'année prochaine, le Kazakhstan organise l'Exposition mondiale "EXPO-2017". En juin de cette année, il a lancé la vente en ligne de billets pour l'exposition internationale "Astana EXPO-2017".

L'histoire de l'Expo mondiale remonte à plus de 150 ans, et il aura lieu pour la première fois dans un état post-soviétiques. Au cours de son existence, l'exposition est devenue un symbole international de l'industrialisation et une plate-forme ouverte pour la démonstration de l'évolution technologique et les discussions sur l'agenda mondial. En 2017, à Astana il sera mis l'accent sur l'avenir de l'énergie.

Les expositions universelles ont toujours été orientées vers les problèmes les plus pressants de la société. C'est une Grande exposition d'œuvres industrielles de toutes les nations, qui est considérée comme la première exposition universelle. Elle s'est tenue en 1851 à Hyde Park de Londres. Depuis lors, il y a eu 66 événements semblables, et la plupart d'entre elles ont eu lieu aux États-Unis et en Europe. En novembre 2012, 148 pays ont voté et ont décidé que l'EXPO 2017 aura lieu en la capitale du Kazakhstan, Astana.

Sans aucun doute, le Kazakhstan est une étape très importante, à la fois politiquement et économiquement. En plus d'améliorer l'image de cet Etat sur la scène internationale, l'exposition mondiale aidera ce pays à former une stratégie pour le développement du tourisme et de le rendre plus attrayant pour les visiteurs étrangers. L'état a réussi a attirer dans sa capitale moderne, des architectures distinctes, des cultures distinctes, une belle nature et de vastes étendues.

"Aujourd'hui, en Europe, aux États-Unis et éventuellement en Asie du Sud-Est, le Kazakhstan est une sorte de tache blanche sur la carte, dont  les résidents du territoire sont totalement inconnus de la plupart des pays qui ne sont familiers ni avec la culture du Kazakhstan, ni par son originalité. "EXPO-2017" permettra de remédier à cette situation, car l'exposition attirera beaucoup d'attention, y compris des médias. Il aura un effet positif à long terme sur l'industrie du tourisme. "

En effet, les organisateurs de l'Exposition universelle de 2017 mettent l'accent sur le développement du tourisme. En collaboration avec les voyagistes nationaux, des dizaines d'itinéraires touristiques ont été développés, à travers lesquels les clients pourront voir non seulement les monuments de la capitale, mais tous les sites du pays inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO et les parcs naturels nationaux. Aussi des excursions vers le cosmodrome de "Baïkonour" seront organisées, où les touristes pourront regarde des lancements de fusées.

Plus de 100 pays et 16 organisations internationales participent à l'"EXPO-2017". Il est prévu que l'exposition sera visitée par plus de cinq millions de visiteurs, dont la plupart, bien sûr, sera formée par le peuple du Kazakhstan. Le flux principal de visiteurs étrangers est susceptible de provenir de Russie. Pour la première fois lors de l'Exposition universelle, les résidents de la Russie auront l'occasion de se rendre sans visa au Kazakhstan et pour un prix raisonnable. Etant donné que le Kazakhstan est bordé par douze régions de ce pays, les principaux clients étrangers sont les Russes. Le deuxième plus grand nombre de visiteurs est attendu de Chine. En outre, de nombreux invités sont annoncés en provenance du Japon, de Corée et des pays européens.

Après la fin de l'exposition sur la base des pavillons de l'Expo, il est prévu d'ouvrir un centre financier international "Astana" (MFTSA), qui devrait devenir une sorte de centre financier et d'investissement pour les pays de la CEI, l'Asie occidentale et centrale. MFTSA est conçu comme une résidence pour les plus grandes sociétés de gestion financière, les banques d'investissement, les institutions financières islamiques. En premier lieu, il s'y trouve une bourse, qui émettra des titres et des obligations d'État.

La création du MFTSA à Astana est l'une des principales composantes de la nouvelle politique d'investissement et de réformes structurelles annoncées dans la stratégie anti-crise et le plan en «100 étapes» de la nation, du dirigeant kazakh Noursoultan Nazarbayev lesquels visent à diversifier l'économie et la formation d'un système financier à part entière.

À long terme le MFTSA devrait aider l'Etat kazakhstanais à entrer dans les trente premières économies développées du monde. Selon le directeur du Centre financier international à Astana, l'existence d'un tel centre pourrait amener au Kazakhstan, plus de 1% de PIB par an, principalement en raison de la croissance du secteur non pétrolier de l'économie.

dimanche 30 octobre 2016

Le « pivot vers l'Asie » des Etats-Unis en désarroi

Dans les derniers jours de la campagne présidentielle américaine, les médias remarquent de plus en plus que «le pivot vers l'Asie » du gouvernement Obama, visant à isoler et à subjuguer la Chine, est un échec. Toutefois, loin de se retirer de la région, Washington réagira en intensifiant ses intrigues diplomatiques et le renforcement provocateur de ses forces militaires en Asie et dans le Pacifique.

Le brusque revirement prochinois du président philippin Rodrigo Duterte, qui a visité Beijing la semaine dernière, porte un coup à la stratégie américaine en Asie. Le chroniqueur du Financial Times Gideon Rachman a insisté sur l'annonce par Duterte à Beijing de sa «séparation» des États-Unis et d'une nouvelle relation spéciale avec la Chine, que Rachman qualifia de «revers stratégique important » pour Washington.

Depuis son entrée en fonction en juin, Duterte a traité le président Obama de « fils de pute», appelé au retrait des forces spéciales américaines de l'île philippine de Mindanao, mis fin aux exercices conjoints américano-philippins en mer de Chine méridionale, et proposé de revoir l'accord militaire entre les Philippines et les États-Unis. En minimisant la décision de la Cour permanente d'arbitrage de La Haye en faveur de Manille et contre les revendications territoriales de Beijing, il a perturbé les projets de Washington, qui voulait utiliser la décision pour faire la pression sur la Chine.

Rachman indique d'autres revers subis par les Etats-Unis en Asie: la Thaïlande, un allié américain, achète des sous-marins chinois, et la Malaisie cherche le soutien de Beijing alors que le Premier ministre Najib Razak lutte contre des allégations de corruption encouragées dans l'Occident.

Lundi, l'Australian de Rupert Murdoch a affirmé que le «pivot spectaculaire vers la Chine de Duterte est le revers le plus sérieux essuyé par les États-Unis en Asie du Sud-Est depuis la chute de Saigon ». Il a dit que le virage affaiblirait gravement la position diplomatique américaine en Asie, traitant la politique étrangère d'Obama d' « échec presque total », car elle avait permis à la Chine, à la Russie et à l'Iran d' « étendre dangereusement » leur influence.

Le « pivot» d'Obama est une stratégie diplomatique, économique et militaire globale visant à assurer la suprématie américaine en Asie. Les alliés et partenaires des États-Unis à travers la région, remettent toutefois de plus en plus en cause l'engagement de Washington en Asie. Son initiative économique centrale, le Trans-Pacific Partnership (TPP – Partenariat trans-Pacifique), semble condamnée, car elle s'est attirée l'opposition des deux candidats à la présidence américaine, Hillary Clinton et Donald Trump, et de législateurs républicains et démocrates.

L'année dernière, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a souligné le lien entre le pacte économique et la planification militaire américaine en déclarant que le TPP était « aussi important pour moi qu'un porte-avions supplémentaire ». En août, le premier ministre de Singapour, Lee Hsien Loong, a exhorté les Etats-Unis à rester engagés en Asie. Il a dit que la ratification du TPP était «un test de votre crédibilité et de votre sérieux ».

Les signes d'une profonde crise politique aux Etats-Unis, avec notamment le spectacle sordide de la campagne présidentielle américaine et le flou qui entoure la politique étrangère du prochain gouvernement, aggravent les inquiétudes des élites dirigeantes asiatiques. En tant que secrétaire d'Etat, Clinton fut l'architecte du «pivot» et d'une stratégie plus militariste contre la Chine. Dans un discours à Wall Street en 2013 publié par WikiLeaks, elle a déclaré: « Nous entourerons la Chine de défenses antimissile. Nous allons déployer une plus grande part de notre flotte dans la région ».

La politique asiatique de Trump est loin d'être claire, mais son slogan « Make America Great » (« Rendons à l'Amérique sa grandeur ») suggère qu'il serait encore plus agressif envers la Chine.

Face aux incertitudes engendrées par les élections américaines et à la montée des tensions géopolitiques et économiques, les classes dirigeantes asiatiques temporisent. Les deux piliers centraux du «pivot» des États-Unis, l'Australie et le Japon, poursuivent tous deux des politiques qui cadrent mal avec celle des États-Unis.

Le Premier ministre Shinzo Abe annonce qu'il veut régler le différend sur les îles Kouriles qui oppose le Japon à la Russie depuis la Deuxième Guerre mondiale, afin de tisser des liens avec un pays qualifié à Washington d' «Etat hors la loi ». Malgré la pression américaine, l'Australie refuse de monter une opération de «liberté de navigation» pour contester les revendications territoriales chinoises en mer de Chine méridionale. Ceci reflète un débat au sein de l'élite dirigeante sur les risques posés par une confrontation avec le plus grand partenaire commercial du pays.

Le désarroi de la politique étrangère de Washington en Asie découle de la folie de son objectif sous-jacent: sa lutte pour établir son hégémonie mondiale. Incapable de dicter au monde sa politique économique, comme le démontre la crise du TPP, l'impérialisme américain doit recourir à des provocations et à des interventions militaires de plus en plus téméraires, qui menacent de plonger le monde dans un conflit entre des puissances nucléaires.

Alors même que Duterte était en Chine la semaine dernière, la Marine américaine a envoyé un contre-torpilleur effectuer une quatrième opération de « liberté de navigation » pour contester les revendications territoriales chinoises dans les îles Paracel. L'opération a non seulement démontré la volonté de Washington d'aller à un affrontement naval avec la Chine, mais marque l'entrée de la Troisième Flotte américaine, avec ses 100 navires et quatre porte-avions, dans le renforcement militaire américain dans le Pacifique occidental contre la Chine.

Ceci souligne la dynamique dangereuse qui pousse vers la guerre: Washington réagit à chaque obstacle qui surgit à ses ambitions en adoptant une politique encore plus téméraire et militariste. Dans la campagne présidentielle américaine, seul le Socialist Equality Party (SEP - Parti de l'égalité socialiste) et ses candidats à la présidence et à la vice-présidence, Jerry White et Niles Niemuth, mettent en garde contre les dangers de guerre.

Par Peter Symonds  sur www.wsws.org le 27 octobre 2016

En cinq ans, le Japon a perdu 1 million d'habitants

Le déclin va considérablement s'accélérer dans les prochaines années du fait de la structure déséquilibrée de la pyramide des âges nippone.
Fin 2010, le Japon recensait 128,06 millions d'habitants. Fin 2015, lors du dernier recensement dont les résultats définitifs ont été dévoilés ce jeudi, ce chiffre était tombé à 127,09 millions, soit un recul de 962.607 personnes représentant 0,8% de l'ensemble de la population. Jamais, le pays, qui organise des recensements complets depuis 1920, n'avait enregistré un tel effritement démographique. Et ce déclin va considérablement s'accélérer dans les prochaines années du fait de la structure déséquilibrée de la pyramide des âges nippone.
Désormais, les habitants de plus de 75 ans sont plus nombreux que ceux âgés de 14 ans ou moins. Le nombre d'enfants ayant chuté, sur cinq ans, de 0,6% pour tomber à 15,9 millions. Cette classe d'âge est deux fois plus "petite" que les plus de 65 ans, qui sont 33,4 millions dans l'Archipel. Ces baby boomers représentent 26,6% de la population. Et dans plus d'une dizaine de préfectures sur les 47 que compte la nation, ce ratio dépasse les 30%.
Le Japon a perdu 1 million d'habitants en 5 ans : c'est quoi ce chiffre ?

Le recensement montre d'ailleurs que la population baisse désormais dans 1.419 des 1.719 municipalités qui structurent le Japon. Seules quelques grandes villes arrivent encore à maintenir leur population, ou, dans de rares cas, à croître. La région de Tokyo reste ainsi l'aimant fort de l'Archipel. La mégapole et ses préfectures environnantes (Saitama, Chiba et Kanagawa) concentrent, à elles seules, 28,4% de l'ensemble de la population nippone.
S'il se dit conscient des enjeux économiques et sociaux que représentent cet effritement démographique et ce vieillissement accéléré de la population, le gouvernement conservateur de Shinzo Abe a, en accord avec la population, refusé pour l'instant d'ouvrir le pays à l'immigration. Selon le recensement, le Japon n'abriterait actuellement que 1,75 million d'étrangers, ce qui représente 1,38% de la population. La communauté chinoise reste la plus représentée avec 511.000 personnes, devant les Coréens (377.000 personnes) et les Philippins.

Par Yann Rousseau et Frédéric Schaeffer sur www.lesechos.fr le 27/10/2016.

La CICA prend le chemin de l'évolution


Les processus géopolitiques récents montrent qu'aucun gouvernement n'est à l'abri des activités illégales des groupes terroristes et de leurs influences négatives sur les processus économiques. Les processus de migration illégale, l'expansion des réseaux criminels internationaux vendant de la drogue et la traite des esclaves sont parmi les problèmes auxquels est confronté le continent asiatique. En outre, un fort potentiel de conflit est enregistré à la suite des conflits territoriaux en cours et la militarisation d'un certain nombre de pays, y compris à travers des activités de renforcement des capacités nucléaires.

La liste de ces menaces dictent la nécessité de trouver un mécanisme efficace de coopération afin d'assurer la sécurité et la stabilité régionale. Une telle initiative est le travail de la Conférence sur l'interaction et les mesures de Confiance en Asie (CICA), plateforme créée à l'initiative du Kazakhstan en 1992. Cette plateforme est activement impliquée dans le développement de mesures de confiance multilatérales visant à renforcer la paix, la sécurité et la stabilité en Asie.

Aujourd'hui, la CICA est composée de 26 états et 12 observateurs, dont l'ONU, l'OSCE, TurkPA (Assemblée parlementaire des pays turcophobes) et la Ligue des États Arabes (LEA). Tous les quatre ans, la CICA tient un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, qui prennent les décisions de conseil dans les domaines militaro-politiques, environnementaux, humanitaires et économiques, ainsi que des mesures sur les défis et menaces modernes. Dans ce cadre, la ICCA dispose d'un catalogue de mesures spécialement adoptées pour le renforcement de la confiance identifiées dans cinq dimensions principales : économique, environnementale, humanitaire, lutte contre les nouveaux défis et menaces, ainsi que militaire et politique.

Au sein de la CICA, le Kazakhstan a proposé une approche unique pour le développement du dialogue interasiatique : commencer par la mise en œuvre des mesures de renforcement de la confiance dans la lutte contre les nouveaux défis et menaces, ainsi que les dimensions économiques, environnementales et humaines, et dans l'avenir, lorsque lorsqu'une bonne entente sera établie, il est prévu de procéder à la mise en œuvre des mesures de renforcement de la confiance dans la dimension politico-militaire.

Cette méthode a donné ses résultats car aujourd'hui cette organisation est activement impliquée dans la construction des mesures de renforcement de la confiance sur les principaux enjeux et défis en Asie. L'assemblée a connu des expériences positives, lorsqu'au cours des réunions au plus haut niveau ont été accueilli à la même table les représentants des différentes parties aux conflits israëlo-palestinien et indo-pakistanais. Sans aucun doute, ces conflits vivaces ne peuvent être résolus par un seul cycle de négociations, cependant à son niveau, la CICA a réussi à trouver un terrain d'entente, et pendant un certain temps à rapprocher leurs positions.

Le quatrième Sommet de la CICA de mai 2014 à Shanghai a clairement démontré que les pays membres considèrent non seulement la CICA comme une plate-forme pour le dialogue, mais sont aussi intéressés à utiliser cette plate-forme pour lancer de nouvelles initiatives et des projets de niveau mondial.

Le sommet a permis des résultats très intéressant. Pékin a marqué la nécessité de former un nouveau concept de sécurité en Asie, une nouvelle approche de sécurité universelle intégrée et durable, libre des entraves de «guerre froide» et de «bloc». Depuis le sommet, la partie chinoise a contribué à quelques innovations. Par exemple, dans le cadre de la réunion ont été commencé des travaux pour la constitution d'un conseil des affaires et de la jeunesse.

L'un des principaux événements du sommet a été l'initiative du Kazakhstan sur la transformation de la CICA en une Organisation pour la sécurité et le développement en Asie (OSDA), qui pourrait devenir une sorte d'OSCE en Asie. Selon Astana, avec la crise mondiale, l'Occident ne peut se développer durablement en s'isolant de l'Est. Par conséquent, les pays asiatiques ont besoin de garantir un développement pacifique du continent. Une coopération et une compréhension mutuelle est nécessaire, y compris pour les dossiers relatifs aux traditions orientales et les valeurs dans le développement mondial. Tous croient que le traitement pour sortir de la crise peut être de changer les modèles obsolètes du monde actuel, non seulement en Asie mais aussi dans le monde entier.

Les experts estiment que le Kazakhstan s'est imposé comme un acteur international actif dans l'élaboration de l'architecture de la sécurité mondiale et régionale. Il est bien connu que l'initiative de ce pays est traditionnellement destinée à renforcer la coopération dans la région et la recherche de solutions globales et mutuellement acceptables.

Selon un certain nombre d'experts internationaux, l'«OSCE asiatique» peut servir d'alternative et devenir un centre de développement et de prise de décision collective dans le domaine de la sécurité, ainsi qu'une plate-forme interactive dans le processus de développement de l'intégration asiatique.

Lors de la réunion d'avril de cette année, la cinquième réunion des ministres des affaires étrangères de la CICA à Beijing, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré que la réunion a prouvé son utilité en tant que plate-forme pour discuter des approches collectives pour résoudre divers problèmes internationaux. À l'avenir, il est nécessaire de renforcer et d'accroître la composante pratique des activités de la CICA pour la mise en œuvre effective des mesures de renforcement de la confiance dans tous les domaines de coopération.

Aujourd'hui, il peut être affirmé avec confiance que les pays participants coopérant dans le cadre de l'CICA, montrent une prédisposition aux mesures de renforcement de la confiance mutuelle et au renforcement de la stabilité politique et socio-économique dans un vaste espace.
Ces pays attachent une importance primordiale pour établir l'égalité de dialogue et de l'atmosphère pour une coopération fructueuse.

La conversion de la CICA à une nouvelle organisation internationale aura sa propre spécificité, unique. Après tout, en cas de succès, ce projet pourrait être un modèle d'instrument de paix et de prospérité en Asie dans le XXIe siècle.

samedi 29 octobre 2016

Le soutien occidental aux oligarques corrompus

La Grande-Bretagne a finalement abandonné son soutien à l’oligarque kazakh fugitif Mukhtar Ablyazov. Enfin, toutes ses tentatives pour retrouver un statut de réfugié politique à Londres ont été refusées. Il semble que la Grande-Bretagne ne veuille plus être le lieu d’"exil volontaire" des fonctionnaires corrompus de l'ex-URSS. Mais son rôle, semble prêt à saisir une partie du continent.

Traditionnellement, Londres était la destination de nombreux oligarques criminels fugitifs de l'ex-Union soviétique. Et dans leur pays, beaucoup d'entre eux était accusés de très graves violations de la loi, allant des infractions fiscales à l’assassinat. Ce fut le cas de Boris Berezovsky, contre lequel Moscou a instruit plusieurs affaires criminelles pour vol, fraude, blanchiment d'argent, tentative de vol avec violence et beaucoup de choses non moins intéressantes. Il est arrivé avec le banquier fugitif Kazakh Mukhtar Ablyazov, qui en Londres, a vu un port d’attache sans danger pour sa vie future. Dans son pays, il est accusé d'avoir volé près de 6 milliards $ gérés par la BTA Bank en Russie et en Ukraine, d e fraude, de détournement de fonds et de blanchiment d'argent.

Traditionnellement, tous ceux qui avaient fuit vers un bastion de la démocratie européenne se sont appelés des opposants à leur gouvernement, ce qui leur a donné la possibilité d'obtenir facilement le statut de réfugié politique. Ce fut le cas pour Ablyazov., Mukhtar Ablyazov a reçu le statut de réfugié politique début 2011, deux ans après avoir déménagé à Londres après la nationalisation de la Banque BTA. Selon les autorités britanniques, l'ex-banquier a été poursuivi pénalement pour avoir volé plus de 5 milliards de $ aux déposants de la BTA Bank. Ce statut est nécessaire à Ablyazov non seulement se protéger des poursuites d'Astana, mais aussi comme une garantie contre l'extradition vers la Russie, où il a été condamné par contumace en 2010.

Mais Londres n'est pas du tout loyal envers ses «réfugiés» quand il y a tricherie. Lorsqu’au cours du procès, il est devenu clair qu’Ablyazov n'a pas rempli l'obligation de divulguer l'ensemble de ses actifs, la Cour suprême à Londres a déclaré M. Ablyazov coupable de parjure , de violation de l'interdiction de gestion d'actifs et l'a condamné à une peine d'emprisonnement de 22 mois pour outrage à la cour. Le plus intéressant est que Syrym Shalabayev, parent de M. Ablyazov, a été reconnu coupable sur la même base et condamné à 18 mois de prison, pour avoir directement dirigé des actions illicites depuis le procès des actifs de l'ex-banquier.

Puis, Ablyazov a été arrêté en France en 2013. Mr Shalabayev, parent d’Ablyazov, a été placé en détention en Lituanie. En Avril 2014, le Royaume-Uni a privé Ablyazov du statut de réfugié. La «vrai» raison était les accusations de fraude et de blanchiment des milliards de dollars d'actifs. Il y eu deux ans d'appels et des poursuites judiciaires à Londres en vain. Cet été, la Haute Cour de Londres a finalement confirmé : Mukhtar Ablyazov et ses associés ne sont pas, et ne seront pas des réfugiés politiques, au moins sur le territoire britannique. Autrement dit, le Royaume-Uni a donné carte blanche au reste de l'Europe pour décider du sort ultérieur du banquier fugitif.

La France a décidé d'extrader un fugitif en Russie et maintenant Ablyazov et ses avocats ont tenté en vain de faire appel devant le Conseil d'Etat en France, de la décision relative à son extradition.

Le fait est que Londres, Paris, et même Washington ont admis qu’Ablyazov et ses complices sont des fraudeurs. Entre le 1er janvier 2014 au 1 juillet 2016, BTA Bank a réalisé des pertes d’un montant total de 1,4 milliards de $ à cause de Mukhtar Ablyazov. Ainsi, la Haute Cour d'Angleterre a émis l'ordre de geler les avoirs directement ou indirectement détenues par Mukhtar Ablyazov et Ilyas Khrapunov (qui gère des actifs pour le compte de Ablyazov). Le 17 juin 2016, le tribunal anglais a émis l'ordre de divulguer des renseignements en ce qui concerne I. Agravala, qui est un intermédiaire pour la gestion des avoirs volés de la banque. Les États-Unis ont accepté de geler les avoirs de Ablyazov sur son territoire et a adopté une action de BTA Bank contre l'oligarque fugitif.

L'escroc a finalement reconnu comme un fraudeur des deux côtés de l'Atlantique.

Cependant, plusieurs autres pays du Vieux Monde préfèrent saisir l'occasion pour devenir des refuges pour les "réfugiés politiques". Par exemple, à la mi-2015, les autorités lituaniennes ont arrêté Syrym Shalabayeva un parent complice d’Ablyazov mais lui a accordé le statut de réfugié, début 2016. Un autre complice d’Ablyazov se cache en Europe. Il s’agit de l’ex-président du conseil de la Banque BTA, Roman Solodchenko, accusé dans plusieurs pays de détournement de biens et d’abus de pouvoir. L’Ukraine demande son extradition.

Un tribunal espagnol est allé encore plus loin. Il a annulé la décision d'extrader un ancien responsable de la sécurité de la BTA Bank, Alexander Pavlov et lui a accordé l'asile politique. Il semble que les pays occidentaux soient désormais en concurrence les uns avec les autres : c’est à qui va briser le plus de lois de lutte contre le blanchiment d'argent et la criminalité internationale. Ils espère peut-être que des oligarques et leurs associés fuient leur pays après avoir volé un bon capital. Il n’y a que cela qui peut expliquer le comportement étrange de la Lituanie et de l'Espagne. Cependant, le précédent britannique donne de l'espoir pour que le continent reconsidère sa décision. Tous sont pourtant d'accord sur la question de ces fugitifs. Après tout, la preuve de leurs crimes sont reconnus par la plupart des pays du monde.

mercredi 26 octobre 2016

Un « pivot américain vers l'Asie » de plus en plus problématique

Obama avait annoncé à grand bruit en 2009 le déplacement vers l'Asie du sud est et de la mer de Chine d'une partie des forces américaines stationnées en Europe et menaçant la Russie. L'objectif annoncé était officiellement de contenir une expansion militaire chinoise dans cette zone, expansion supposée mettre en danger les Etats de la région.
Dans la suite, les Etats-Unis avaient obtenu l'accord de la plupart de ces Etats pour notamment conduire des manœuvres aéronavales communes. Il s'agissait en premier lieu des Philippines, du Japon, de l'Australie et de la Malaisie.
Aujourd'hui, la spectaculaire visite d'Etat à Pékin du président philippin Rodrigo Duterte, faisant suite à diverses déclarations de ce dernier annonçant qu'il se séparera désormais des Etats-Unis et établira une nouvelle « relation spéciale » avec la Chine semble marquer le début de la fin du « pivot américain. vers l'Asie.
Mais Obama est confronté à d'autres défections. La Thaïlande, alliée jusqu'ici docile des Etats-Unis, a décidé de se procurer des sous-marins chinois. De son côté le premier ministre malais Najib Razak cherche le soutien officiel de Pékin, notamment face aux allégations de corruption formulées par Washington à son égard. De même le premier ministre japonais Shinzo Abe vient d'annoncer qu'il mettrait désormais un terme aux conflits diplomatiques avec la Chine, faisant suite à la guerre russo-japonaise de la seconde guerre mondiale, notamment à propos des iles Kurile.
Enfin, l'Australie, alliée fidèle entre les fidèles, refuse désormais de participer à des opérations militaires avec les Etats-Unis visant à assurer une prétendue « liberté de navigation » face aux revendications territoriales chinoises en mer de Chine Sud.
Ces diverses défections semblent provoquées par la volonté des classes dirigeantes de ces Etats de ne pas compromettre des liens commerciaux avec la Chine, qui est désormais son plus grand partenaire économique. Ceci explique par ailleurs leurs réticences à se laisser engager dans le Trans-Pacific Partnership (TPP) présenté par Obama, aux Etats-Unis, comme assurant un avenir brillant aux entreprises américaines investissant dans la zone.
Malgré ces défections annoncées, en faisant augurer d'autres, Washington et le Pentagone n'ont pas renoncé à provoquer des conflits avec la Chine, notamment dans les iles Paracel. Ils viennent de décider l'entrée en mer de Chine de la Troisième Flotte américaine, comprenant 100 navires de guerre et 4 porte-avions. Au cas où l'ultra-militariste Hillary Clinton accédait à la Maison Blanche, ces moyens seraient mobilisés contre la Chine, provoquant des engagements militaires avec cette dernière, pouvant dégénérer en affrontements nucléaires au moins tactiques.


Pékin vient d'annoncer cependant qu'il n'a aucunement la volonté de se laisser faire. Il a prévenu qu'il riposterait « par des moyens appropriés » aux agressions américaines, sans préciser évidemment ce que seraient ces moyens. Voir à ce sujet un article du journal chinois quasiment gouvernemental Global Times, accessible par le lien ci-dessous:

http://www.globaltimes.cn/content/1013206.shtml

Par Jean-Paul Baquiats le 26/10/2016 sur blogs.mediapart.fr

dimanche 23 octobre 2016

Drogues: la production de pavot repart à la hausse en Afghanistan


Avec des rendements qui explosent et des mesures d'éradication en panne, la production d'opium devrait augmenter de manière significative cette année, au bénéfice notamment des talibans qui en tirent une partie de leurs revenus. Selon les estimations annuelles de l'ONU, les surfaces dédiées au pavot, matière première de cette drogue, ont augmenté de 10 % en 2016.
Les cultures de pavot atteignent désormais 201 000 hectares en Afghanistan. Cette extension laisse présager une hausse de la production d'opium de 43 %, entre « 4 800 et même 6 000 tonnes ». En 2015, première année de recul après six ans de hausse continue, la production était évaluée à 3 300 tonnes.
Surtout, elles s'étendent désormais vers le nord du pays, n'épargnant plus que 13 des 34 provinces afghanes. Un constat jugé « très perturbant » par le responsable de l'agence anti-drogue des Nations unies (ONUDC) à Kaboul, Andrey Avetisyan. Dans la province septentrionale de Balkh, frontalière de l'Ouzbékistan, le pavot est passé de 204 à plus de 2 000 hectares en un an et sur les sept provinces du nord, la hausse atteint une moyenne de 324 %.
Le phénomène nouveau est l'explosion des rendements à l'hectare attribuée à de « meilleures conditions climatiques », de plus 30 % en moyenne : dans les provinces du sud et de l'ouest qui assurent 93 % du pavot afghan, ils sont passés de 16 à 22 kilos/ha. Et encore, prévient l'ONU, les conditions de sécurité ne permettant pas d'aller partout, les évaluations « sont sans doute sous-estimées ».
Si Andrey Avetisyan refuse de parler d'échec, en rapportant les performances de 2016 à la moyenne des dernières années (6.600 t en 2014, année exceptionnelle et 5.500 t en 2013, année moyenne), les responsables afghans de la lutte anti-drogue n'ont pas caché leur amertume à l'énoncé de ces données qui promettent davantage de violence et d'insécurité, les talibans finançant largement leur insurrection par le prélèvement de taxes sur les cultivateurs de pavot.
Le général Baz Mohammad Ahmadi, vice-ministre de l'Intérieur chargé de la lutte anti-drogue, rappelle que le pavot « finance la plupart des guerres en Afghanistan : partout où vous voyez du pavot, vous avez des combats ». Mais « la détérioration des conditions de sécurité dans les différentes régions du pays a également balayé les possibilités de détruire les cultures », ajoute-t-il. Ainsi, le Helmand, frontalier du Pakistan, compte parmi les provinces les plus troublées avec l'Uruzgan voisin et échappe largement au contrôle du gouvernement.
De fait, l'éradication a été réduite pratiquement à néant en 2016, avec des campagnes menées dans sept provinces au lieu de douze, pour un bilan de 355 hectares arrachés, vérifiés par l'ONU, contre dix fois plus en 2015 (3 760 ha).
Depuis le printemps, les Américains déployés dans le cadre de l'opération « Resolute Support » d'appui aux forces afghanes n'ont d'ailleurs cessé d'alerter sur « la très bonne récolte » qui finance les talibans, leur permettant de multiplier les offensives meurtrières contre les grandes capitales provinciales et les poches d'insécurité sur la plupart des grands axes. Un expert occidental indique que les seules « taxes sur le pavot rapportent de 800 millions à 1,2 milliard de dollars par an aux talibans ».
Face à ce cercle vicieux, dans lequel le pavot entretient la violence, la ministre chargée du volet préventif de la lutte anti-drogue, Salamat Azimi, a dénoncé avec le responsable de l'ONU « le manque de fonds dédiés ».
Mais l'autre défi pour l'Afghanistan, reprend l'expert, est que « le pavot fait vivre 3 à 4 millions d'Afghans », environ 10 % de la population. « Les provinces du pavot sont d'ailleurs les seules qui pourraient se passer de l'aide internationale », souligne-t-il. Dans son rapport, l'ONUDC signale d'ailleurs que « la résistance des cultivateurs aux opérations d'éradication s'est parfois exprimée de façon violente ».
Le 23/10/2016 sur www.rfi.fr

Les éléphants d'Asie forment une société basée sur l'égalité

Les éléphants sont connus pour former une structure sociale matriarcale, c’est-à-dire que les femelles restent toute leur vie dans un groupe et ce sont elles qui le dominent. La femelle la plus âgée présente une certaine sagesse due à l'expérience et sert de guide aux autres membres du groupe pour éviter tout danger potentiel. Les mâles, quant à eux, partent à l'adolescence et rejoindront d'autres troupeaux, appelés également hardes, lorsqu'ils seront en âge de se reproduire.

L'ancienneté d'un éléphant a plus de valeur en Afrique qu'en Asie

Des biologistes de l'Université de l'état du Colorado se sont intéressés à ce modèle social et plus particulièrement chez les éléphants d’Asie à travers une étude publiée dans le journal Behavioral Ecology. Ainsi, par de nombreuses observations, ils ont pu comparer les comportements observés à ceux réalisés par les éléphants d'Afrique. Au total, ils ont noté moins de trois cas de comportements dits "agonistiques" (renvoi, comportements de dominance) entre les individus asiatiques. Ce type de comportements a été constaté chez les individus âgés, plus enclin à s’imposer par altercations physiques. En revanche, les plus jeunes utilisent d’autres types d’interactions. Cela montre que, chez les éléphants d’Asie, les comportements de dominance ne suffisent pas à établir un modèle hiérarchique entre les individus comme il a été observé chez les éléphants d'Afrique... D'où l'idée que leur société est plus égalitaire !

Comment expliquer ce phénomène ? Les scientifiques ont déduit que l’écologie des habitats des deux espèces jouait sur la différence d’organisation sociale. En effet, les conditions environnementales sont beaucoup plus rudes en Afrique qu’en Asie. Les pluies y sont plus rares et la pression exercée par les prédateurs bien plus forte ; l’ancienneté d’un éléphant a donc beaucoup plus de valeur concernant la survie d’un groupe. En Asie, les ressources sont abondantes et prévisibles, et les prédateurs peu nombreux. Cela expliquerait que les éléphants d'Asie puissent prendre leurs propres décisions et évoluer sans respecter un modèle hiérarchique précis.

Le 21/10/2016 sur www.sciencesetavenir.fr

jeudi 20 octobre 2016

Pyongyang accélère ses tests de missiles balistiques



L’armée nord-coréenne a testé ce jeudi, sans succès, un missile balistique de portée intermédiaire de type Musudan.

Les états-majors sud-coréen et américain ont révélé, ce jeudi matin, que l'armée nord-coréenne avait de nouveau testé, sans succès, quelques heures plus tôt un missile balistique de portée intermédiaire de type Musudan. Les systèmes du Commandement stratégique des Etats-Unis (USSTRATCOM), qui coopère avec le Comité des chefs d'état-major interarmées (JCS) de la Corée du Sud, ont détecté, vers 7h du matin, un tir de missile près de la ville de Kusong dans le nord-ouest de la Corée du Nord.

Rapidement, les Etats-Unis et la Corée du Sud se sont offusqués de ce nouvel essai qui confirme l'accélération des efforts de développement de Pyongyang. Samedi dernier, son armée avait déjà effectué, sans succès, un tir de Musudan. L'engin s'était désintégré peu après son lancement. Au total, le régime paléo-stalinien aurait déjà testé à huit reprises cette année ce missile sans se laisser, comme il le faisait auparavant, de longues phases d'analyses entre les différents essais.

Pointant cette cadence inédite, l'analyste John Schilling expliquait cette semaine sur le blog « 38 North », du site dédié à la crise nord-coréenne de la Johns Hopkins University, que Pyongyang pourrait maîtriser dès l'an prochain ses tirs et vols de Musudan. « C'est beaucoup plus tôt que ce qui avait initialement été envisagé », explique l'expert.

Lors de précédents tirs, seulement partiellement réussis, de cette génération de missiles, Kim Jong-un avait proclamé dans les médias du régime qu'il était désormais en capacité d'aller frapper des bases américaines dans le Pacifique. En théorie, ces Musudan - aussi appelés « Hwasong-10 » en Corée du Nord - pourraient porter une charge nucléaire ou conventionnelle de 1.000 kilos sur une distance maximum de 4.000 kilomètres, ce qui rendrait vulnérable la Corée du Sud et le Japon, mais aussi l'île américaine de Guam, dans le Pacifique, où se trouve une base militaire.

Si le tir de ce jeudi matin s'est encore soldé par un échec, il ne va pas manquer de relancer le débat dans la région sur la mise en place de nouveaux systèmes de protection face aux attaques potentielles nord-coréennes. Depuis Washington, le secrétaire d'Etat, John Kerry, a confirmé, après l'essai coréen, que les Etats-Unis allaient déployer rapidement en Corée du Sud leur bouclier antimissile THAAD (Terminal High Altitude Area Defense). Une technologie qui pourrait aussi intéresser Tokyo. Soucieux de moderniser ses propres systèmes antimissiles face à la menace de Pyongyang, le Japon étudierait, selon les médias nippons, plusieurs solutions proposées par les américains, tels que le THAAD ou le système Aegis Ashore.

Par Yann Rousseau et Frédéric Schaeffer le 20/10/2016 sur www.lesechos.fr

mardi 11 octobre 2016

La tension grimpe sur la ligne de front Azerbaïdjan-Arménie

L’Azerbaïdjan a répondu fermement contre les violations de cessez-le-feu de l’Arménie.
« La riposte de l’Azerbaïdjan contre les dégâts causés par l’ennemi, sera remarquable » a assuré le ministre azerbaïdjanais de la Défense Zakir Hasanov.
Le ministre azerbaïdjanais de la Défense Zakir Hasanov a inspecté les lieux sur la ligne de front où la tension est montée à la suite des attaques arméniennes perpétrées ces derniers temps.
Zakir Hasanov a fait savoir que malgré tous les efforts de l’Azerbaïdjan, l’administration arménienne n’a rien fait pour trouver une solution et que les dommages causés par l’ennemi avaient haussé.
Sur www.trt.net.tr le 11/10/2016

dimanche 9 octobre 2016

Rodrigo Duterte : le Trump d'Asie, en pire


Il y a du Trump et du Chavez chez cet homme-là, mais lui préfère se comparer à Hitler. En trois mois à peine, Rodrigo Duterte, 71 ans, président des Philippines depuis le 30 juin, s’est taillé une réputation de bad boy qui dépasse largement les frontières de l’Asie du Sud-Est.

Grâce aux insultes qu’il lance au président Obama, au pape et aux Européens, sa notoriété est désormais planétaire. Les toxicomanes restent sa cible favorite, au sens propre et au sens figuré : il voudrait en liquider autant qu’Hitler a tué de juifs, dit-il. La transgression, chez lui, n’est pas un dérapage, c’est un mode de gouvernement.

Comme Donald Trump, il va toujours plus loin, ravi d’amuser la galerie parmi ses nombreux partisans, jubilant de scandaliser les autres. S’il lui arrive – rarement – de s’excuser, comme il l’a fait récemment à propos de sa remarque sur les juifs, c’est pour repartir de plus belle. Barack Obama a des réserves sur sa sanglante politique d’exécutions extrajudiciaires à grande échelle ? « Qu’il aille se faire foutre. »

Dans la région, on a d’abord regardé le nouveau président avec perplexité. « Chez nous, on a une certaine habitude des leaders philippins populistes et de leur goût du drame, explique un diplomate de haut rang d’un pays proche, mais celui-là, je dois dire, il appartient à une catégorie spéciale. »

La presse américaine tient un florilège des énormités de Duterte, enrichi quasi quotidiennement.

Par Sylvie Kauffmann sur www.lemonde.fr le 09/10/2016

jeudi 6 octobre 2016

L'Asie, oubliée de la France ?

L’été dernier, deux rendez-vous manqués sont passés inaperçus. Celui du 11e sommet du dialogue Europe-Asie (Asem) à Oulan-Bator, en Mongolie, honoré cependant par la participation de la chancelière allemande, Angela Merkel. Puis, début septembre, à Vientiane, au Laos, le 29e sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) en présence de Barack Obama et en l’absence de François Hollande, pourtant au même moment en visite officielle au Vietnam voisin. Coup sur coup, la France donne l’impression d’ignorer l’Asie.

Il n’en a pas toujours été ainsi. La France possède une histoire asiatique séculaire. Dès le XVIIe siècle, ses souverains, fascinés par l’opulence des Moghols et des Qing, dépêchent des jésuites à la cour de Pékin et des marchands de la Compagnie des Indes orientales à Pondichéry et Chandernagor. Profitant de l’affaiblissement des empires autochtones, la France fonde au XIXe siècle des concessions en Chine avant de coloniser la péninsule indochinoise, la «Perle» de son Empire. Parallèlement, Paris devient la capitale de l’orientalisme avec l’Ecole des langues orientales (1795), la Société asiatique (1822) le musée Guimet (1889) tandis que l’Ecole française d’Extrême-Orient est inaugurée en 1900 à Hanoi.

Au début du XXe siècle, de plus en plus d’intellectuels, d’écrivains et de journalistes parcourent l’Asie, considérée par certains comme un repoussoir tandis que d’autres y voient une fontaine de jouvence pour l’Europe. Les Asiatiques se font plus nombreux en France qui accueille 130 000 Chinois débarqués pour creuser des tranchées et travailler dans les usines pendant la Grande Guerre, et plus de 4 000 jeunes - dont Zhou Enlai et Deng Xiaoping - dans le cadre du mouvement «études travail» entre 1919 et 1924. A l’initiative des différentes élites asiatiques, le gouvernement français mène alors une ambitieuse politique de coopération scientifique concrétisée notamment par la création de la Délégation archéologique française en Afghanistan (1922), de la Maison franco-japonaise (1924) ou encore de l’Institut français de Pondichéry (1955).

Cette histoire partagée a été tissée de nombreux échanges pacifiques mais aussi profondément troublée par les violences coloniales et les divers clichés racistes ou exotiques «qui consistent à toujours acclimater notre inconnaissance de l’Asie grâce à des langages connus (l’Orient de Voltaire, de la Revue asiatique, de Loti…)», comme l’écrit si bien Roland Barthes. Mais un demi-siècle après les décolonisations, le rapport de force s’est inversé, les grandes puissances asiatiques referment la parenthèse historique de la domination occidentale, ouverte au XVIIIe siècle, et la France n’a pas pris la mesure de ce retournement.

Sur le plan diplomatique, quelques signaux audacieux avaient pourtant été émis par De Gaulle avec l’établissement des relations diplomatiques avec la Chine (1964) et son discours de Phnom Penh (1966), Mitterrand avec les accords de Paris sur le Cambodge (1991) et la première visite d’un président français au Vietnam (1993) depuis 1945, et Chirac avec le lancement du dialogue Asie-Europe (1996). François Hollande a, lui, tenté de diversifier les partenaires en se rendant au Laos (2012), au Japon (2013), en Corée du Sud (2015), aux Philippines (2015), en Inde (2016), et au Vietnam (2016). En juin, la France a en outre adhéré à la Banque asiatique d’investissement. Mais en dépit des ambitions affichées, les résultats de cette «politique asiatique» s’avèrent bien maigres en raison de la faiblesse des moyens attribués et de la priorité accordée à l’Afrique. Dans le domaine culturel et éducatif, l’Asie est sommairement traitée. Les médias la relèguent à la dernière place dans les informations internationales alors qu’au début du XXe siècle, les événements asiatiques faisaient régulièrement la une du Petit Journal. Elle est réduite à la portion congrue dans les programmes scolaires d’histoire, de géographie, de philosophie, de littérature, de sciences économiques et sociales, d’arts plastiques et d’éducation musicale. Mais à quoi bon connaître la civilisation angkorienne, le Mahabharata, l’ukiyo-e ou le confucianisme ? Après tout, l’Asie ne concentre que 60 % de la population mondiale… De plus, l’enseignement des langues chinoise et nippone, en dépit de la création récente du Capes de japonais, ne répond pas à la demande croissante des élèves. La France se distingue par le nombre très faible de «chaires» consacrées aux études asiatiques dans son enseignement supérieur. Et nos universités n’accueillent que 3 % des étudiants internationaux asiatiques alors que la Chine, l’Inde et la Corée du Sud sont les trois premiers «exportateurs» mondiaux d’étudiants.

Enfin, les Asiatiques de France peuvent avoir le sentiment d’être maltraités comme en a témoigné à la fin de l’été l’inédite mobilisation contre la multiplication des agressions de Chinois et le «racisme anti-asiatique», à Aubervilliers. Outre les étrangers présents sur son sol, la France compte plus d’un million de citoyens d’ascendance asiatique, encore presque invisibles dans les médias, au cinéma et sous-représentés dans les conseils municipaux. Toutefois, il n’existe pas de communauté asiatique : quoi de commun entre Zhang Chaolin, le couturier chinois tué début août, Fleur Pellerin, l’ex-ministre née en Corée, le Pakistanais Ali Akbar, facétieux vendeur de journaux à la criée, et le mathématicien médaillé Fields d’origine vietnamienne Ngô Bao Châu ? D’une infinie diversité, l’Asie n’existe finalement qu’au travers de nos représentations, en l’occurrence de notre ignorance. A l’heure, où les étudiants et jeunes actifs français séjournent de plus en plus dans les nouvelles Rome que sont Shanghai, Séoul ou Singapour, il est temps de prendre connaissance de cette histoire asiatique de la France.

Par Pierre Singaravelou le 06/10/2016 sur www.liberation.fr