jeudi 29 décembre 2016

Libération de l'escroc milliardaire Ablyazov

La décision du Conseil d'Etat de libérer le du banquier kazakh Mukhtar Ablyazov a provoqué des réactions mitigées dans les milieux juridiques et diplomatiques de la République française. Dans les couloirs de l’administration, on dit que le Conseil d'Etat a reçu des pressions de l'extérieur. Il ne faut pas exclure le lobby financier.

L’affaire de Mukhtar Ablyazov est considéré comme l'une des plus scandaleuse des dernières années dans le monde. Le banquier kazakh est reconnu comme l'un des plus grand escroc financier de la décennie. Il a pu retirer de la banque qu'il possédait, ainsi que de projets en Russie, en Ukraine et au Kazakhstan plus de 12 milliards $. Selon les enquêteurs, Ablyazov a détourné de grosses sommes d'argent au détriment des investisseurs qui ont financé des projets personnels. Une grande partie de l'argent a été volée et détournée vers plus de 1.300 sociétés offshores.

Une fois qu’elle est devenue une affaire criminelle à Astana, Ablyazov a accusé les autorités du pays de "pression politique" et a fui en Grande-Bretagne. Cependant, après plusieurs années, sous la pression des preuves fournies par Moscou et Kiev et Astana, Londres a privé Ablyazov de son asile politique. Le tribunal anglais lui a ordonné de payer un montant de 4,8 milliards de dollars en faveur de BTA Bank, en tenant compte des intérêts. Cependant à ce jour, la BTA Bank Kazakhe, volée par Ablyazov, n’a vu revenir que 1,4 milliards de dollars. Dans le même temps, au Kazakhstan le montant des dommages causés par les activités d’Ablyazov est estimé à 7,5 milliards de dollars.

Le tribunal français a également validé les arguments des procureurs étrangers et les résultats de sa propre enquête. En Juin 2013, Ablyazov a été arrêté en France. L’extradition de l’oligarque est recherché non seulement par le Kazakhstan (mais Paris n’a pas d’accord d'extradition avec ce pays), mais aussi par la Russie et l'Ukraine. Le montant des dommages en Russie est plus de 5 milliards de dollars américains, en Ukraine il est de plus de 500 millions de dollars.

Après près de deux ans de procédure, le tribunal français a décidé de la culpabilité d’Ablyazov et de la nécessité de l'extradé vers la Russie (en tant que pays ayant subi le plus de dommages des actions de M. Ablyazov). Dans le même temps, sous la pression des partisans du banquier, il a été en particulier stipulé qu'il doit purger sa peine en Russie, et que Moscou ne devrait pas le remettre à Astana. Le Kremlin et le Kazakhstan était d’accord avec cela. Pour Astana, il est suffisant que son «agresseur» soit en prison dans l’une des capitales des pays volés. C’était arrangé avec Paris, qui craignait que les poursuites contre le fraudeur comportent des «implications politiques».

Par conséquent, la décision du Conseil d’Etat a été une surprise pour tous.

En marge du ministère français des Affaires étrangères, on essaye maintenant de développer une nouvelle position sur l’affaire Ablyazov. Le Kremlin a accusé le Palais de l'Elysée de violation du droit international et de sa propre justice (rappelons qu’antérieurement la Cour de cassation a conclu que la demande du bureau du procureur général russe pour l'extradition d’Ablyazov est pleinement compatible avec le droit international).

En outre, Moscou croit que l '«affaire Ablyazov» est une autre tentative pour faire pression sur le Kremlin. Et ceci se passe dans le contexte de la décision de Washington d'étendre les sanctions contre la Russie. Rappelons que la France était en faveur de la fin de la guerre des sanctions et à l'établissement de relations commerciales normales avec Moscou. Tout d'abord c’est nécessaire pour la France elle-même, qui à cause des sanctions et des pressions de Washington, a perdu un énorme marché pour ses produits, aggravant encore plus la situation économique déjà morose dans le pays.

Il y a un autre aspect négatif important pour la France qui est la perspective d'une détérioration des relations avec le Kazakhstan. Astana ne peut pas pardonner les décisions du Conseil d'Etat et Paris est en position extrêmement désavantagé. Le Kazakhstan est un partenaire politique et économique clé de la France en Asie centrale.

Un tel alignement des forces est extrêmement désavantageux pour Paris, qui souhaite poursuivre la coopération stratégique avec le Kazakhstan. Avec la situation actuelle, à présent la France devra redoubler d'efforts pour tenir sa position en Asie centrale.

Mais déjà, il y a des rumeurs selon lesquelles la décision du Conseil d'Etat, n’est pas tant pour des raisons politiques que pour des raisons financières. Il semblerait que les lobbyistes des partis en lice pour la présidence, soient activement à la recherche de sponsors pour leur campagne. Ablyazov, qui faisait face à 12 ans de prison en Russie, aurait promis une aide « substantielle ».

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