vendredi 10 février 2017

Affaire Ablyazov : des langues se délient

Le monde d'aujourd'hui est confronté à de nouvelles techniques de manipulation habile des masses. Les médias sont devenus un outil pas moins dangereux que les moyens de destruction massive.

Sur les pages des journaux, des magazines et des réseaux sociaux sont maintenus une guerre invisible, une lutte des idéologies et des concepts, une confrontation des civilisations.

Et pendant cette guerre des Titans, dans l'ombre de leur lutte, il y a des politiciens qui en profite pour assouvir leurs propres intérêts égoïstes.

Par exemple, Mukhtar Ablyazov est soit un homme politique en fuite, soit un voleur qui, dans sa lutte pour le triomphe des droits de l'homme, il est devenu une personne dont les droits ont finalement triomphé.

Comment est-il arrivé d’être propriétaire de sa propre banque est en même temps de la voler, d’être un voleur reconnu et de fuir ses responsabilités, de travailler sur le pouvoir, puis ensuite de trainer ce pouvoir dans la boue, mentir droit dans les yeux et de continuer de dire qu'il est honnête?

Il y a quelques jours, l'ex-magnat a accusé les autorités kazakhstanaise d’avoir enlevé Jarimbetov (ancien second  d’Ablyazov dans la BTA-Bank), qui a été arrêté dans un aéroport en Turquie et envoyé à Astana.

"Les autorités du Kazakhstan sont tombés dans un piège global dans sa lutte contre ma personne" a écrit Ablyazov. Comment est-il possible de faire un tel coup, dit-il en donnant  le conseil de restituer immédiatement Jarimbetov à la Turquie, en convenant avec lui qu’il ne parlera à personne de son enlèvement.

Le but de l’intervention d’Ablyazov n’était pas une tentative de protéger les intérêts de Jarimbetov. Tout est devenu simple banalité. Ablyazov a ressentit à nouveau le vent du boulet.

Jaksylyk Jarimbetov a été arrêté par les gardes-frontière turques avec un faux passeport le 17 Janvier. Il a lui-même admis, qu’il était déjà fatigué de se cacher à l'étranger pour échapper à l'enquête. Dans le poste de police,  il a d’ailleurs donné son vrai nom et a demandé d'informer le consulat général du Kazakhstan. Étant donné qu’il était  enregistré dans le fichier d’Interpol, Jarimbetov a vite été extradé vers Astana le 20 Janvier.

Ablyazov a reçu ces informations, bien sûr, extrêmement inquiet. Après tout, étant son adjoint, il connaît de nombreux systèmes financiers pour blanchir les fonds de BTA Bank, et peut ouvrir les yeux des enquêteurs sur de nombreux points.

Par conséquent Ablyazov a décidé de frapper à l'avance. Il accuse les autorités kazakhes d'enlèvement et de faire pression sur eux par la communauté internationale. Et apparemment, il compte sur la fidélité de Jarimbetov. Il n’avait pas prévu que son complice puisse le démasquer.

Tout d'abord, le détenu a admis qu'il n'a pas vu sa famille depuis huit ans, et c’est  une lourde épreuve. En second lieu, c’est insultant pour ceux qui sont déjà en prison à cause des ambitions criminelles d’Ablyazov. Après tout, ils étaient seulement des gestionnaires effectuant toutes les tâches de gestion de la banque dans la crainte de perdre leur emploi. En d'autres termes, il n’a aucune envie de rester en prison pour quelqu’un d’autre. Voilà pourquoi il est prêt à aider l'enquête, pour rétablir la justice.

Mais le plus important est que Jarimbetov a nié les accusations d’enlèvement, en expliquant comment son arrestation s’est déroulée.

« Je veux déclarer que personne ne m’a torturé et qu’aucune autre mesure ne m’a impacté physiquement. Certaines ONG, des organisations des droits de l’homme, ont signalé que dans cette situation affligeante, ma vie était soit disant en danger. Ce n'est pas le cas et je voudrais souligner encore une fois et fortement dire que tout est vraiment normal » a t-il dit.

Il a donné une évaluation de l'activité d’Ablyazov. Selon lui, cet homme n'a pas de patrie, ni de drapeau. Tout ce qu'il fait est motivé par des intérêts personnels. La banque est son argent de poche, elle est un outil uniquement pour assurer sa prospérité et son intégrité.

« Si une personne est obsédée par le pouvoir, qu’est ce que je peux y faire? a dit Jarimbetov, en exprimant sa sympathie pour tous ceux qui d'une manière ou d'une autre ont été utilisé par Ablyazov et aujourd'hui payent le prix pour ses turpitudes.

Il est rapporté que maintenant Jarimbetov est en liberté, mais en résidence surveillée. Dans un proche avenir, il se rendra à Almaty pour de plus amples investigations. Il n’est pas exclu que cet ex-banquier actuellement détenu fera un accord avec les enquêteurs et, par conséquent, pourrait ne pas être tenu pénalement responsable.

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