jeudi 29 juin 2017

Vietnam: une blogueuse dissidente condamnée à dix ans de prison


Une dissidente et blogueuse vietnamienne, connue sous le nom de Me Nam ou «Mère champignon», a été condamnée jeudi 29 juin à dix années de prison pour propagande antiétatique, malgré une campagne internationale appelant à sa libération.
Arrêtée en octobre 2016, Nguyen Ngoc Nhu Quynh, 37 ans, s’exprimait sur son blog sur les scandales environnementaux récents et les droits de l'homme dans son pays. Après une journée de procès à huis clos dans le centre du pays communiste, le tribunal a estimé qu'elle avait nui à l'unité nationale, érodé la confiance populaire dans le gouvernement et sapé la sécurité nationale.
Nguyen Kha Thanh, son avocat, a qualifié la peine de « sévère » et a précisé qu'elle était susceptible de faire appel. Avant le verdict, Quynh qui est restée calme tout au long du procès, a envoyé un message à ses deux enfants et à sa mère. « Elle s'est excusée auprès de sa mère et des deux enfants pour les conséquences que cela a eues sur eux, mais leur a dit qu'ils devaient être très fiers d'elle », a déclaré son avocat.
Appels à libération
Avant l'ouverture des débats, Human Rights Watch avait parlé de procès « scandaleux ». « Le scandale ici n'est pas ce qu'a dit Mère champignon mais le refus obstiné d'Hanoi d'abroger des lois draconiennes et abusives qui punissent la dissidence pacifique et ternissent la réputation internationale du Vietnam », a déclaré Phil Robertson, directeur adjoint de HRW en Asie, dans un communiqué mercredi.
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Union européenne avaient tous appelé à la libération de Quynh. Pour Le Thi Thu Hang, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du pays, « tous les actes qui violent la loi seront sérieusement punis conformément aux lois vietnamiennes ».
Dimanche, le blogueur dissident franco-vietnamien Pham Minh Hoang a été renvoyé en France après avoir été privé de sa nationalité vietnamienne et expulsé par le régime à parti unique.
Sur www.rfi.fr le 29/06/2017

Asie. Les autorités brûlent 900 millions d’euros de drogue


La Thaïlande et la Birmanie ont brûlé lundi plus de 900 millions d'euros de drogue. Les deux pays ont voulu démontrer leur volonté ferme de lutter contre le trafic de stupéfiants, en pleine croissance en Asie du Sud-Est. Il s'agit de la plus grande incinération de drogue de l'histoire de la Birmanie.
La Birmanie et la Thaïlande ont procédé lundi à l'incinération de plus de 900 millions d'euros de stupéfiants, produits en Asie du Sud-Est.
Les deux pays souhaitent ainsi démontrer leur détermination dans la lutte contre un trafic de drogue en plein essor dans la région.

Une incinération record

« Il s'agit de la plus grande incinération de drogue de toute l'histoire de la Birmanie », a assuré un responsable policier birman lors de cette destruction réalisée pour la journée mondiale antidrogue.
Sur le territoire birman, désormais dirigé par l'ex-opposante Aung San Suu Kyi, ce sont plus de 340 millions d'euros d'opium, d'héroïne, de cannabis et de méthamphétamines qui ont été brûlés. En Thaïlande, on estime à 526 millions d'euros le montant de la drogue qui a été réduite en cendres.
En outre, la Birmanie et la Thaïlande font également preuve de leur engagement contre le trafic de drogue en sanctionnant de peines lourdes les trafiquants, surtout les petits qui se retrouvent souvent emprisonnés. La Thaïlande se place en effet au sixième rang mondial des pays ayant le plus haut taux d'incarcération.

Des plaques tournantes du trafic de drogue

Les deux pays se révèlent être des plaques tournantes de trafic du drogue en Asie du Sud-Est.
Ils font partie avec le Laos du Triangle d'Or, qui a longtemps été le principal lieu de production de l'opium et de l'héroïne jusqu'à ce que l'Afghanistan devienne une place forte de la production.

Sur www.ouestfrance.fr le 26/06/2017

dimanche 25 juin 2017

Construction de Turk Stream


Le président russe, Vladimir Poutine, a inauguré, le 23 juin 2017, les travaux de construction de la section en eaux profondes du gazoduc Turk Stream.
Cet ouvrage, décidé lors d'une visite du président Poutine en Turquie, le 1er décembre 2014, et dont la construction avait interrompue en août 2015 pour des motifs tarifaires mais dans le contexte de la guerre en Syrie, devrait permettre de livrer du gaz russe à la Turquie. Partant de là, il pourrait également servir à un transit de gaz russe vers l'Union européenne en remplacement du projet South Stream stoppé par Bruxelles.
Estimé à six milliards de dollars, le projet prévoit la construction de deux conduites d'une capacité de 15,75 milliards de mètres cubes de gaz par an chacune, la première devant être achevée dès 2018 et la seconde fin 2019.
Ainsi que l'a souligné le président Poutine, il est extrêmement rare que de tels travaux soient si rapidement mis en œuvre. Ceci n'a été possible que par l'investissement personnel du président Recep Tayyip Erdoğan qui cherche ainsi à s'affranchir de la tutelle économique états-unienne.
Sur www.voltairenet.org le 24/06/2017

mardi 20 juin 2017

L'affaire criminelle du 21ème siècle

L’affaire d'escroquerie financière la plus célèbre du 21ème siècle faisant l’objet du procès d’Ablyazov au Kazakhstan, a conduit à un résultat très inattendu. Les plus zélés de ses partisans ont refusé leur soutien à l'ancien propriétaire de la banque BTA.

Ce n’est pas un secret que la majorité des fraudeurs de haut niveau vivant dans les pays de la CEI, ont quitté leur pays soudainement pour devenir des politiciens. Beaucoup d’entre eux ont occupé de hautes fonctions dans leur propre pays et se déclarent être aujourd’hui la « conscience des dissidents » et des réfugiés politiques. Ils tentent ainsi d'éviter la perspective d'être expulsés vers leur pays d'origine et de faire face à la justice. En effet, plus de la moitié de ces « réfugiés » sont accusés dans leur Etat de crimes très graves : corruption,  fraude et assassinat.

Ablyazov était parfait dans le rôle de « combattant politique » pour la démocratie au Kazakhstan.

En premier lieu, il avait déjà été remarqué dans le milieu politique au Kazakhstan. En 2001, l'année où il était impliqué dans une affaire criminelle de corruption au cours de son mandat en tant que ministre de l'Énergie et dans une tentative d'évasion de la prison, Ablyazov rejoint le mouvement d'opposition « Choix démocratique du Kazakhstan ». Cependant, en 2002, il a été condamné, mais le fraudeur a retrouvé la liberté en moins d’un an grâce à un recours pour sa clémence.

En second lieu, l’oligarque a utilisé l'argent de la BTA Bank pour financer les révolutions dans le Kirghizistan voisin, puis acheter les actifs de cet état à bon marché. Il a également été remarqué en Russie. En 2016, le nationaliste russe Alexander Potkin (Belov), financé par Ablyazov, a été reconnu coupable d'extrémisme. Un peu plus tôt, un autre adepte de l’oligarque est envoyé en prison, il s’agit de l'un des leaders des radicaux russes nationalistes connus Dmitry Demushkin.

Ces deux héros ont été activement utilisés par Ablyazov pour faire pression sur les autorités russes pour promouvoir ses propres intérêts commerciaux.

Quand il est devenu clair que la Banque BTA du Kazakhstan arrivait à un épuisement financier extrême, M. Ablyazov s’est juste échappé du Kazakhstan. Et dès le premier moment de l’ouverture de l'affaire pénale contre lui au Kazakhstan, il a subitement lui-même annoncé qu’il était un homme politique, membre de l'opposition.

Après avoir volé 7,5 milliards de $, Ablyazov pouvait vivre tranquillement dans un petit pays quelque part en Afrique et au-delà. Sans crainte d'extradition vers son pays natal.

Mais dans la même période, presque simultanément, à la fois à l'étranger et au Kazakhstan, de nombreux partisans du banquier fugitif ont commencé à aboyer de concert avec le « patron » sur la façon dont le Kazakhstan mène une mauvaise vie. Et cela a duré exactement aussi longtemps que les procédures des tribunaux  au Royaume-Uni et au Kazakhstan contre Ablyazov, n'ont pas révélé tous les stratagèmes de fraude. De plus, la base de preuves n’a pas été rassemblée par les procureurs mais par les complices du banquier fugitif qui sont ses adjoints et chefs d'organisations à travers lesquelles l'argent de la banque a été retiré. Au total, plus de 200 témoins ont participé au procès. La plupart d'entre eux sont venus volontairement à la police et a également parlé volontairement de son rôle dans l’ « affaire du siècle ».

Donc, continuer à maintenir à l’oligarque une image de « rival politique » du gouvernement actuel, n'a plus aucune sens. Ses « commanditaires » étrangers ont envoyé Ablyazov à la casse. Voilà pourquoi les forces destructrices ont cessé de payer ceux qui hier faisait l'éloge des fraudeurs kazakhstanais. De plus, ses anciens associés qui auraient le plus souvent joué le rôle de nombreux blogueurs vivant à l'étranger, ont changé brusquement le ton. Et aujourd'hui, ils critiquent massivement toutes les actions de l'ex-banquier.

Ablyazov l’a lui-même compris. Voilà pourquoi il a décidé de prendre une mesure extrême, en annonçant la création pour la deuxième fois du mouvement « Choix démocratique du Kazakhstan » (DCK). Il convient de noter que le programme populiste et les slogans de DCK sont miraculeusement alignés sur le grand public (augmentation de plusieurs fois les salaires et pensions) et colle à la politique actuelle du gouvernement kazakh.

Il est bien connu que l'initiative de l'oligarque a été soutenue par le directeur Bolat Atabayev, qui vit en Allemagne, Aidos Sadykov, qui vit en Ukraine et Ainur Kurmanov, vivant à Moscou.

En même temps, l'un des ex-collègues d’Ablyazov, Eric Klyshbaev, a trouvé que l’ami du banquier aujourd'hui, Aidos Sadykov, est  mentalement indisposé. C'est ce que E. Klyshbaev a écrit sur sa page sur les réseaux sociaux : « Aidos Sadykov est officiellement traité dans un hôpital psychiatrique. J'ai décidé de creuser dans son histoire, parler à des gens proches connaissant Sadykov, et un de ses proches m’a donné l’information selon laquelle Aidos est traité dans un hôpital psychiatrique, et est suivi  par un psychiatre".

Un autre blogueur qui, il y a un mois soutenait pleinement toutes les thèses d’Ablyazov, Saken Junusov, s’est retourné brusquement contre lui, en disant à l’oligarque les propos suivants : « Retournez au pays, montrez-vous ouvertement, mais ne jappez pas sur le pouvoir à partir de l’étranger. »

Les alliés d'hier ne sont pas seulement contre Ablyazov, mais contre toutes ses thèses et les programmes nouvellement créés au DCK. Comme l'a écrit E.Klyshbaev, « Ablyazov veut soumettre toute l'opposition kazakhe et gouverner le Kazakhstan comme un oligarque ». En outre, non seulement ils n'expriment aucun doute que Ablyazov n’est pas « injustement offensé », mais déclare ouvertement : « Il a volé l'argent du Kazakhstan ».

La plupart des collègues d'hier d’Ablyazov  l'appelle aujourd'hui un populiste, un voleur et un politicien corrompu. Il semble que ces pauvres « spin doctors » idéologiques qui vivent sur l’argent gagné pour le soutien de tel ou tel dirigeant ou idées, modifient ce paramètre. Ablyazov est « un homme politique » bon pour la casse.

Cela signifie qu'il est tout à fait possible que dans un avenir proche, un certain nombre de pays européens changent leur regard sur « le problème Ablyazov », considèrent qu’un voyou est inutile, qu’ils le remette à l’un des pays ayant fait une demande d’extradition de ce criminel.

Il ne peut pas être exclu, que la France ou le Royaume-Uni, afin de ne pas entacher leur image, emprisonne le fraudeur chez eux. Heureusement, la liste des réclamations à l’encontre d’Ablyazov pour fraude, blanchiment d'argent et le parrainage du terrorisme et d'extrémisme n’est pas petite.

dimanche 18 juin 2017

Les USA empêcheront-ils la réouverture de la route de la soie ?


Après que l’Armée arabe syrienne (c’est-à-dire l’armée de la République) soit parvenue à la frontière irakienne, la semaine dernière, c’est l’Armée irakienne qui y est parvenue, le 16 juin 2017 à al-Waleed.
Les deux armées sont encore séparées par des forces US qui occupent illégalement al-Tanf, en Syrie. Selon la Russie, ces forces US seraient en train de se doter de High Mobility Artillery Rocket System (HIMARS). Ces missiles pourraient être utilisés par Washington pour empêcher la jonction entre les armées syrienne et irakienne et la réouverture de la « route de la soie ». Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire.
En 2014, le Pentagone avait organisé, financé et armé Daesh afin de créer un « Sunnistan » à cheval sur la Syrie et l’Irak et, de cette manière de couper la route de la soie. Cette voie de communication traditionnelle relie depuis l’Antiquité la Chine à la Méditerranée. Elle permet aussi à l’Iran d’acheminer des armes vers le Liban. La question est donc de savoir si Washington va poursuivre la politique de Barack Obama contre les pays de la région ou s’il va appliquer celle de Donald Trump contre Daesh.
Sur www.voltairenet.org le 17/06/2017

Condamnation d'Ablyazov à Astana

Au Kazakhstan, il a été mis fin au procès de Mukhtar Ablyazov, l'ancien chef de la banque BTA. Il a été accusé de fraude et de vol de la banque plus de 7,5 milliards de dollars.

Le procès a eu lieu sans la participation des principaux accusés. À l'heure actuelle, Mukhtar Ablyazov est en France. Les tentatives de trois États où Ablyazov est également accusé de fraude (le Kazakhstan, la Russie et l'Ukraine)  pour obtenir l'autorisation de son extradition de la France n’ont rien donné. En Décembre 2016, le Conseil d'Etat a annulé le décret français sur l'extradition d’Ablyazov et l'a libéré de prison. Puis Paris a fondé sa décision sur le fait que, soi-disant, la demande de Moscou (premier pays candidat à l'extradition) a été le fait « de raisons politiques ».

Cependant, il n'y a qu’à Paris que l’on croit à ces « raisons politiques ». Dans le procès, les accusations d’Astana sont fondées sur la base de preuves très solides et de témoignages de nombreux témoins.

Le système était assez simple mais à plusieurs voies différentes. Il a été révélé au tribunal par les témoins de cette affaire. D'abord, le capital de la Banque BTA a été artificiellement augmenté. Ils ont acheté les titres de BTA, puis les ont vendu sur le marché. Ainsi, ils ont augmenté la valeur des actions de la banque. De plus, ces entreprises ont reçu des prêts sans hypothèques par la BTA pour l'achat de ses propres actions.

Ensuite, la banque a contracté des prêts bonifiés des institutions financières occidentales. Les fonds sont alors transférés sur les comptes de sociétés fictives au Kazakhstan, en Russie ou en Ukraine.

Par exemple, la société offshore Seychelles Rimos Limited a reçu un prêt de 136.360.000 $. Un montant de 127.989.000 $  a été prêté à une autre société Winterra Holding.

Les prêts de la Banque BTA sont passés par six sociétés offshore enregistrées aux Seychelles : Starwood contrat Limited, Winterra Holding, Netgold Servises Ltd, Rimos Limited, Toros Limited, Highbond Associates Limited qui ont acheté des parcelles de terrain dans les banlieues de Moscou. Les terrains devaient être viabilisés puis sont découpés pour être vendus ou pour construire un quartier résidentiel.

Certains médias ont rapporté que des prêts ont été pris pour la construction d’une ville de banlieue. Sur ordre d’Ablyazov, les crédits de BTA Bank des parcelles de la banlieue Moscou ont été clôturés avec des faux documents, puis vendus. La dette pour les prêts aux sociétés offshore, n’a pas été éteinte. La Haute Cour de Londres, après avoir examiné les allégations du Kazakhstan en 2010, a reconnu la société Rimos Limited et Winterra Holdings comme étant des actifs d’Ablyazov.

Ablyazov a agi de la même façon en Géorgie. Grâce à des filiales, il a reçu des prêts non réversible pour la construction d’hôtels, l’achat de terrains et pour des fonds de roulement. Et à la fin il a fait sortir plus de 300 millions de dollars par des sociétés « géorgiennes ».

Mukhtar Ablyazov a trompé non seulement les déposants et les créanciers de BTA Bank, mais aussi ses partisans. Alors à l'étranger, Ablyazov a accompagné la plupart de ses cadres supérieurs et des employés ordinaires de la Banque BTA. Il les a même aidé à quitter le territoire du Kazakhstan. Chacun des employés de banque a reçu l'argent et des consignes de déplacement. A l'étranger, ils ont été accueillis par des assistants du fugitif Ablyazov et placés par dans des appartements loués.

Voici ce que révèle l'ancien premier vice-président de la BTA Bank Jaksylyk Jarimbetov : « Après les événements de 2009, tandis qu'il était alors en Ukraine, Kairat Sadykov (ancien directeur de prêt BTA), comme tous les autres « réfugiés », a continué de recevoir un salaire de 10 000 dollars par mois, en plus des frais pour le logement locatif. Cela a continué jusqu'en 2012. À un certain moment Ablyazov a estimé qu'ils avaient rempli leur mission et a refusé de les payer ».

Soit dit en passant, Jarimbetov a déjà formulé des accusations à l'adresse d’Ablyazov et de sa fondation, en les accusant d'avoir falsifié les faits. Il a écrit à l'OSCE et de l'APCE une lettre ouverte dans laquelle il a déclaré que Mukhtar Ablyazov convoque des journalistes européens et militants sociaux pour partager des informations, qui font obstacle au travail de la Cour et portent atteinte à sa réputation.

Cependant, aujourd'hui au Kazakhstan, ce n’est un secret pour personne que l'opposition radicale aux autorités du pays n’existe que grâce aux dons d’Ablyazov, et en dehors du Kazakhstan. Aujourd'hui, la plupart de ceux qui critiquent les autorités à Astana sont en dehors du Kazakhstan. Beaucoup d'entre eux vivent à Kiev, les pays baltes et en Europe orientale. Ils travaillent aux frais du fonds « dialogue ouvert » ou directement pour Mukhtar Ablyazov.

L'idée principale de tous les slogans est qu’Ablyazov serait un réfugié politique. Une telle tactique a choisie pour la seule raison que Mukhtar Ablyazov craint toujours que la France n’examine à nouveau la décision sur son extradition. Et peu importe vers quel pays, la Russie, l'Ukraine ou le Kazakhstan. En raison de sa fraude financière reconnue par les tribunaux de ces États, et il est toujours recherché par Interpol.

mardi 13 juin 2017

Qui a donné aux USA le droit d'établir des bases militaires en Syrie?


Juste au moment où vous pensiez que notre politique en Syrie ne pouvait pas être pire, la semaine dernière, elle l’a été. L’armée américaine a attaqué à deux reprises les forces gouvernementales syriennes à partir d’une base militaire que les Etats-Unis occupent illégalement en Syrie.. Selon le Pentagone, les attaques contre les forces soutenues par le gouvernement syrien étaient « défensives » parce que les combattants syriens se rapprochaient d’une zone auto-déclarée par les États – Unis « zone de de-conflit » en Syrie. Les forces syriennes poursuivaient Daech dans la région, mais les Etats-Unis les ont quand même attaquées.

Les États-Unis sont encore en train d’entrainer un autre groupe rebelle qui combat à partir de cette base, située près de la frontière de l’Irak à al-Tanf, et ils prétendent que les forces gouvernementales syriennes constituent une menace pour la présence militaire américaine à cet endroit. Mais le Pentagone a oublié une chose: en premier lieu, il ne dispose d’aucune autorité pour être en Syrie ! Ni le Congrès américain, ni le Conseil de sécurité de l’ONU, n’a autorisé une présence militaire américaine en Syrie.
Alors, qui a donné à l’administration Trump le droit d’établir des bases militaires sur un territoire étranger sans l’autorisation de ce gouvernement ? Pourquoi sommes-nous en train de violer la souveraineté de la Syrie et attaquer son armée puisqu’ils se battent contre Daech ? Pourquoi Washington prétend-il que sa mission première en Syrie est de vaincre Daech alors qu’il mène des opérations militaires qui profitent à Daech?

Le Pentagone a publié une déclaration disant que sa présence en Syrie est nécessaire parce que le gouvernement syrien n’est pas assez fort pour vaincre lui-même Daech. Mais les « zones de désescalade » convenues par les Syriens, les Russes, les Iraniens et les Turcs ont conduit à une réduction des combats et une fin possible à la guerre de six ans. Même si c’est vrai que l’armée syrienne est affaiblie, sa faiblesse est due à six ans de combats contre des rebelles parrainés par les États-Unis qui se battent pour renverser le gouvernement !

De quoi s’agit-il vraiment ? Pourquoi les États-Unis occupent cette base militaire en Syrie? C’est en partie pour empêcher les Syriens et les Irakiens de travailler ensemble pour combattre l’Etat Islamique, mais je pense qu’il s’agit surtout de l’Iran. Si les Syriens et les Irakiens se rejoignent pour combattre Daech avec l’aide de l’Iran et les milices alliées chiites, les Etats-Unis croient que cela renforcera la main de l’Iran dans la région. Le Président Trump vient de rentrer de son voyage en Arabie Saoudite où il a juré qu’il ne permettrait pas que cela se produise.

Mais cette politique est-elle vraiment dans notre intérêt, ou sommes-nous simplement en train d’exécuter l’appel d’offres de nos « alliés » du Moyen-Orient qui semblent désespérés d’attendre la guerre avec l’Iran? Arabie Saoudite exporte sa forme radicale de l’islam dans le monde entier, y compris récemment dans les pays musulmans modérés asiatiques comme l’Indonésie. L’Iran ne le fait pas. Cela ne veut pas dire que l’Iran est parfait, mais quel sens y a-t-il à sauter dans le conflit entre sunnites et chiites quelque bord soit le bord où l’on se place ? Les Syriens, ainsi que leurs alliés russes et iraniens, sont en train de vaincre Daech et al-Qaïda. Comme l’a dit le candidat Trump, quel mal y a-t-il à cela ?

On nous a dit que si l’on permettait au gouvernement syrien de libérer Alep d’Al-Qaïda, Assad tuerait les milliers de personnes qui y ont été piégées. Mais c’est le contraire qui s’est passé : la vie revient à la normale à Alep. La minorité chrétienne qui s’y trouve a célébré Pâques pour la première fois depuis plusieurs années. Ils sont en train de reconstruire. Ne pouvons-nous pas simplement enfin laisser les Syriens en paix ?

Quand vous en arrivez au point où vos actions aident en fait l’Etat Islamique, intentionnellement ou non, peut-être est-il temps d’arrêter. Il est plus que temps pour les Etats-Unis de renoncer à leur politique dangereuse et contre-productive en Syrie et de juste rapatrier nos troupes.

Par Ron Paul sur http://reseauinternational.net le 13/06/2017
Source: Ron Paul Institut

samedi 10 juin 2017

L'action d'Ablyazov au Kirghizstan

Aujourd'hui, l'ancien chef de la BTA Bank, Mukhtar Ablyazov, apparaît dans la liste des plus grandes escroqueries financières du 21ème siècle. Cependant, il a nié qu'il avait volé à la banque plus de 7,5 milliards de dollars américains. Il a dit que l'affaire pénale internationale ouverte contre lui par les tribunaux de trois pays de la CEI et de plusieurs pays d'Europe est une pression politique. Mais il est possible que prochainement, il sera instruit une véritable « question politique » relative à l'organisation d'activités extrémistes et de financement du terrorisme dans différents pays.

Aujourd'hui, le principal slogan de la promotion de Mukhtar Ablyazov est la lutte pour les droits de l'homme au Kazakhstan. En décembre 2016, le Conseil d'Etat en France a annulé un décret d'extradition d'Ablyazov en Russie en raison de craintes que Moscou le transfèrera au Kazakhstan.

Dans une affaire pénale qui est actuellement entendue devant le tribunal d'Astana sans la présence du principal accusé, il n'est développé que des aspects politiques de l'oligarque, rien sur son activité criminelle. Dommage. Car c'est un « grand homme politique »… mais en cachette. Et il a œuvré pour la « démocratie » non pas au Kazakhstan, mais dans les États voisins.

Tout d'abord, c'est Bichkek a souffert entre les mains de Mukhtar Ablyazov. Le Kirghizistan est probablement le plus touché par les ambitions politiques de l'ancien banquier kazakh.

Quand il a été libéré en décembre 2016, l'oligarque a admis qu'en 2005, il a financé la révolution au Kirghizistan. « Au début de 2005, je finançais l'opposition au Kirghizstan pour faciliter la chute du régime là-bas ».

Son intervention financière à son profit dans les affaires intérieures d'un autre Etat, a eu pour conséquence des centaines de victimes et la destruction de l'économie faisant suite à des troubles dans le pays. La période de véritable anarchie qui a duré près de six mois, s'est accompagnée de pillages et d'une criminalité galopante. Les grands investisseurs sont partis du pays presque tous en même temps. En résultat, des grands projets au Kyrgyzstan ont été repoussé de près de 10 ans, dont la construction de deux grandes centrales hydro-électriques et le développement de la production d'aluminium.

Mais cela ne suffisait pas l'oligarque criminel. Son empreinte peut être vue dans les émeutes, qui se sont déroulées au Kirghizstan en 2010. Il a financé les affrontements interethniques dans le sud, où en seulement deux jours un flux d'environ un demi-million Ouzbeks ethniques a commencé. Des flux de trésorerie d'Ablyazov sont allés vers ceux qui ont appelés le peuple kirghize à tuer leurs voisins d'autres pays. L'oligarque est devenu un contributeur financier majeur et l'opposition politique. Il a donné des dizaines de milliers de dollars pour corrompre les participants des rassemblements contre le président d'alors, Kourmanbek Bakiev. De plus, son argent a servi à acheter des armes pour ceux qui ont pris d'assaut le palais présidentiel.

Selon le Kirghizstan, il a porté à nouveau un grand coup à l'économie du pays, dont il ne s'est peut être toujours pas restauré à ce jour. La piste financière d'Ablyazov se retrouve dans les émeutes qui ont eu lieu dans la vallée Issyk-Kul, au Kirghizistan en 2013. Ensuite, la quasi-totalité employés du secteur touristique de la région d'Issyk-Kul ont été laissés sans salaire car les touristes ne venaient tout simplement plus.

La piste « politique » d'Ablyazov a été retrouvée aussi en Russie. L'année dernière, le tribunal de Moscou a condamné à 7,5 ans de prison un nationaliste connu, Alexander Potkin, ancien chef du mouvement contre l'immigration clandestine, un des leaders du mouvement nationaliste interdit « russe ». Potkin était un complice de Mukhtar Ablyazov et l'a aidé à blanchir l'argent des déposants de la Banque BTA. Dans un même temps, il appelait publiquement à une activité extrémiste et incitait les russes à la haine contre les Kazakhs.

Ablyazov et les skinheads russes ont également financés les activités de Dmitri Demushkin, nationaliste russe célèbre, qui a été condamné récemment à 2,5 ans de prison. Il est le chef du Conseil national suprême de l'Association « russe », le président du comité d'organisation du parti des nationalistes, et maintenant président des organisations extrémistes interdites pour l '« Union slave » et « Force slave ». Il est l'organisateur des marches russes et un participant actif dans les actions de protestation et de rassemblement.

Il semble que Mukhtar Ablyazov avait un rôle dans la déstabilisation de la situation politique, et même la perte de vies humaines sur le territoire de plusieurs pays de la CEI. Et pour cela, sa crainte d'être visé « pour ses opinions politiques, » devient tout à fait justifié.

vendredi 9 juin 2017

La Ligue islamique mondiale exclut le cheikh Al-Qaradawi


La Ligue islamique mondiale, qui fut créée par l’Arabie saoudite à la demande du Royaume-Uni, en 1962, afin de financer à la fois les Frères musulmans et l’Ordre des Naqchbandis, a salué la publication par l’Arabie saoudite, le Bahrein, l’Egypte et les Emirats d’une liste de terroristes.
Celle-ci comprenant cheikh Youssef Al-Qaradawi, le prédicateur vedette des Frères musulmans, la Ligue a annoncé son exclusion de son Conseil d’administration.
Selon Thierry Meyssan, la Ligue avait en 2016 un budget supérieur à celui de l’armée saoudienne.
Cheikh Qaradawi, qui faisait l’objet d’un avis de recherche international d’Interpol depuis deux ans, est le conseiller spirituel de la chaîne qatarie Al-Jazeera. Interdit de séjour en France par le ministre de l’Intérieur gaulliste Charles Pasqua, il était devenu un partenaire du président Nicolas Sarkozy pour l’organisation de l’islam de France.
Sur www.voltairenet.org le 09/06/2017

Trump hausse le ton à l'égard du Qatar, qu'il accuse de « financer le terrorisme à un très haut niveau »

Sur fond de crise diplomatique avec le Qatar, le président américain a ordonné au pays, vendredi 9 juin, d’arrêter de financer « immédiatement le terrorisme », l’appelant, « ainsi que d’autres pays dans la région, à faire plus et à le faire plus vite ».

« La nation du Qatar, malheureusement, a historiquement financé le terrorisme à un très haut niveau », a accusé Donald Trump lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, l’Egypte et le Yémen ont rompu lundi leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils accusent de « soutenir le terrorisme ».

Un séisme diplomatique survenu quinze jours à peine après une visite à Riyad de Donald Trump, qui avait alors demandé aux pays musulmans d’agir de manière décisive contre l’extrémisme religieux.

Après cette visite et un discours prononcé devant une cinquantaine de pays musulmans le 21 mai, Donald Trump a dit vendredi qu’il avait « décidé, avec le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, nos grands généraux et personnels militaires, que l’heure est venue d’appeler le Qatar à mettre un terme à son financement ». Et d’ajouter :

« Je veux demander à toutes les nations d’arrêter immédiatement de soutenir le terrorisme. Arrêter d’enseigner aux gens de tuer d’autres gens. »

Alléger le blocus imposé au Qatar

Juste avant lui, Rex Tillerson, avait appelé l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe à alléger le blocus imposé au Qatar, affirmant qu’il gênait la lutte contre l’organisation djihadiste EI dans la région :

« Ce blocus a des conséquences humanitaires. Nous constatons un manque de nourriture, des familles sont séparées de force et des enfants sont retirés de l’école. Nous estimons que ce sont des conséquences involontaires, surtout pendant le mois sacré du ramadan, mais on peut y remédier immédiatement. »

Le chef de la diplomatie a été chargé par le président de désamorcer la dispute régionale, que le secrétaire d’Etat a qualifiée de « préoccupante pour les Etats-Unis, pour la région et pour les nombreuses personnes touchées ».

« Le Qatar a un passé de soutien à des groupes qui vont de l’activisme à la violence », a-t-il poursuivi, avant toutefois de souligner des efforts récents, selon lui. « L’émir du Qatar a fait des progrès pour enrayer le soutien financier et expulser les terroristes de son pays, mais il doit faire plus et il doit le faire plus rapidement. »

Des organisations terroristes et des groupes sectaires

Riyad et ses alliés ont justifié lundi la rupture des relations avec le Qatar par les liens qu’entretient, selon eux, le pays avec « des organisations terroristes et des groupes sectaires cherchant à déstabiliser la région, parmi eux les Frères musulmans, Daech (acronyme en arabe de l’EI) et Al-Qaïda ». Ces pays reprochent aussi au Qatar son rapprochement avec l’Iran chiite, le grand rival régional de l’Arabie saoudite, chef de file des pays sunnites.

Le Qatar cherchait vendredi des soutiens à l’étranger pour éviter de se trouver isolé sur la scène diplomatique. Son ministre des affaires étrangères, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a effectué en matinée une visite surprise en Allemagne, avant de se rendre samedi à Moscou pour y rencontrer son homologue, Sergeï Lavrov.

Sur www.lemonde.fr le 09/06/2017

jeudi 8 juin 2017

Le Parlement turc autorise le déploiement de troupes au Qatar


La  Grande assemblée nationale turque a voté le 7 juin 2017 l’autorisation de déploiement de troupes au Qatar.
En vertu d’un accord signé en 2014, la Turquie a construit une base militaire au Qatar permettant de recevoir 3 000 hommes. Cependant, il n’a jamais été expliqué pourquoi la Turquie envisageait un tel déploiement dans le Golfe, c’est-à-dire au-delà de sa zone actuelle d’influence.
Le Qatar abrite par ailleurs la plus importante base militaire US du Moyen-Orient élargi, celle d’Udeid, qui héberge 10 000 hommes et le quartier général du CentCom. Elle forme le pilier de la doctrine Carter selon laquelle les Etats-Unis considèrent leur approvisionnement en hydrocarbure du Golfe persique comme une question de sécurité nationale. Toutefois, depuis plusieurs années, les États-Unis n’ont plus besoin du pétrole et du gaz du Golfe car ils ont augmenté leur production et se sont emparés des réserves du Golfe du Mexique.
Depuis le début de la semaine, 10 États ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar.
Le 1er juin 2017 (c’est-à-dire après le discours de Donald Trump à Riyad, mais avant la crise diplomatique), Dennis Ross (l’ancien envoyé spécial au Moyen-Orient des présidents Bush Sr. et Clinton), avait assuré sur Sky News qu’« il ne serait pas surpris » si l’administration Trump montrait au Qatar qu’elle se préparait à quitter la base d’Al-Udeid. Interrogé par Al-Jazeera, le Pentagone avait commenté que d’« un point de vue militaire », un tel retrait n’était pas envisagé.
Une totale réorganisation des alliances est en cours au Moyen-Orient.
Sur www.voltairenet.org le 08/06/2017