jeudi 31 mai 2018

A propos du côté humain de Jardemali


Pour la plupart des gens, Botagoz Jardemali reste un mystère. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Quel est son parcours ? Dans l'affaire criminelle contre M. Ablyazov, elle apparaît comme l'un des principaux exécutants de la volonté du parrain de la bande. Il est bien connu qu'en dehors des affaires communes, elle aurait aussi partagé avec lui son lit. Mais quel genre de personne est cette Botagoz ? C’est avec cette question que nous nous sommes tournés vers un ancien employé de la banque.

« En tant que juriste, Botagoz était une bonne spécialiste, mais la banque en avait beaucoup d’autres comme elle et même des meilleurs. Comment a-t-elle fait carrière dans la banque BTA ? Elle était dans le bureau d'Ablyazov avec son corps, mais certainement pas avec son esprit. Elle a reçu une bonne éducation et est loin d'être stupide. Elle a probablement une foule de complexes, qui ont soigneusement grandi dans sa tête depuis son enfance. Elle vient d’une famille d’universitaires où il lui a été apparemment martelé qu'elle est la meilleure des meilleurs, bien que ce soit loin d'être le cas.

Du côté humain, en travaillant dans BTA, Jardemali a montré son mauvais côté. Elle s’est toujours distinguée par une arrogance déplacée. Si elle ne pouvait pas faire aboutir un projet par elle-même, alors elle le réalisait grâce à Ablyazov, dans le dos des autres.

Grâce à ses efforts, trois merveilleuses professionnelles de la banque sont parties. Botagoz a constamment été à leur égard  hautaine, désagréable et sarcastique. Elle se distinguait généralement par un style de communication méprisant avec les gens. Dans ses collègues elle ne voyait seulement que des défauts. Elle crachait son venin en plein visage. De plus, elle est une personne envieuse et vindicative qui croit sincèrement que le monde entier lui doit tout. Les succès des autres la mettaient en colère. Elle voulait toujours et partout être la première, peu importe s'il y avait une raison à cela.

Elle détestait ouvertement tous ce qui caractérise les kazakhs, les traditions, la langue. Elle les considérait comme médiocres par rapport aux valeurs et à la culture occidentales. Sa haine de l'Islam confinait à l’hystérie. Il y a un exemple. En 2006, BTA a attiré des prêts de banques arabes dans le cadre du programme islamique de financement. Comme toujours, Jardemali était contre. Bien que cette question n'était pas du tout dans sa sphère de compétences. Mais son humeur était belliqueuse ! À chaque réunion, elle a fait un discours juridique sur les risques de l'introduction de la finance islamique au Kazakhstan. Ses collaborateurs avaient honte d'un tel avocat devant les partenaires arabes. En fin de compte, nous avons persuadé Ablyazov de l'exclure du processus de négociation avec les Arabes. C'était difficile, parce qu’il avait fortement confiance en son opinion ... ».

C’est tout ce que l’on sait d’elle.

dimanche 27 mai 2018

Comment l'Asie protège les données personnelles


L’Asie choisira-t-elle le modèle européen ou américain ? En Europe, le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) sera appliqué à compter du 25 mai prochain. Aux États-Unis, les scandales liés à la protection des données personnelles se multiplient. Alors que plusieurs pays asiatiques se posent en futurs champions du traitement du Big data et de l’intelligence artificielle, la protection des données personnelles y progresse-t-elle ?

Le RGPD constitue la plus importante évolution juridique sur la protection des données personnelles depuis une directive de 1995, dernier texte européen sur le sujet. Comme elle, il devrait rester en vigueur pour une génération. Cette évolution juridique est la conséquence d’une autre évolution, technologique et sociale. Le développement d’Internet, des réseaux sociaux et du stockage en ligne des données personnelles, couplé aux progrès du Big data, avait accru la menace sur la protection des données.

Ces changements ont lieu partout dans le monde. Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, un renforcement de la protection des données – et même une diffusion du droit européen – devraient être observables ailleurs. On connaît cependant l’approche minimaliste des États-Unis, où les timides progrès adoptés à la fin du second mandat Obama ont été presqu’aussitôt annulés par l’administration Trump. Depuis, les scandales Uber, Equifax ou Facebook n’ont pas encore provoqué de réponse législative. La situation n’est cependant pas la même en Asie.

AMÉLIORATIONS EN CHINE

La protection des données personnelles confiées par les individus aux entreprises en Chine s’est développée très rapidement, surtout avec la Loi Cybersécurité de 2016 dont 11 articles sont consacrés à la protection des données. Elle établit des principes généraux, précisés par des lignes directrices publiées en décembre 2017. Celles-ci sont applicables depuis le 1er mai 2018 et les experts soulignent les similitudes avec l’approche européenne. Comme le RGPD, ces lignes directrices sont applicables à toutes les entreprises de tous les secteurs. C’est une différence fondamentale avec l’approche sectorielle américaine. Des droits qui caractérisent le RGPD y sont présents, comme le droit à la portabilité des données, permettant de les récupérer pour les transférer chez un concurrent.

Le but de la Chine n’est cependant pas d’aller aussi loin que l’Europe sur la protection des données personnelles. Les responsables de la conception des lignes directrices de 2017 ont publiquement exprimé leur objectif de trouver une position plus stricte que celle des États-Unis, mais moins que celle de l’Europe. Il existe par ailleurs un débat dans le pays entre les tenants d’une moindre régulation au profit du développement d’industries comme l’intelligence artificielle et les partisans d’une meilleure protection des citoyens contre les fraudes et abus répétés. À ce titre, la dernière ébauche des lignes directrices contenait plus de protections que la version finale, dont les dispositions ont été amoindries par les négociations. La situation continuera d’évoluer rapidement puisque d’autres précisions sont attendues, ainsi qu’une loi spécialement dédiée à la protection des données personnelles.

Le gouvernement conserve cependant un large accès aux données pour diverses raisons, comme les questions de sécurité ou pour la notation des citoyens, dont les contours flous du « système de crédit social » sont encore mal connus et débattus par la recherche. Force est de constater que les évolutions technologiques rendent plus efficace la surveillance par le gouvernement, à l’exact opposé de ce qu’espéraient ceux qui voyaient en l’arrivée d’Internet en Chine une obligation d’évolution libérale pour le régime. Pour les individus qui confient leurs données personnelles aux entreprises, leurs droits sont renforcés et les risques de fuite et autres mauvaises pratiques atténués, à condition que l’application des règles soit effective. En revanche, ils n’ont aucun moyen de recours en cas d’atteinte à leurs droits par l’État.

LE JAPON ET LA CORÉE DU SUD COMME EN EUROPE ?

La situation est meilleure dans les deux sociétés hyperconnectées que sont la Corée du Sud et le Japon. Les progrès sont là aussi très rapides et dans le sens du droit européen. La convergence y est si marquée que la Commission Européenne a ouvert des discussions avec les deux pays, afin de reconnaître leur niveau de protection comme« essentiellement équivalent » à celui de l’Union européenne. Une telle décision, prévue par le RGPD, permettrait l’export de données depuis l’Europe vers ces pays sans restriction.

Cependant, quelques problèmes sont susceptibles de faire douter la Commission Européenne. D’abord, au Japon comme en Corée du Sud, la notion de données personnelles reçoit une définition plus étroite qu’en Europe, ce qui pourrait exclure du champ d’application certaines informations. Ensuite, plusieurs experts craignent que les données importées depuis l’Europe puissent être ensuite réexportées vers des pays moins protecteurs, Tokyo et Séoul ayant en effet des engagements avec leurs voisins du Pacifique. Une difficulté supplémentaire pour la Corée est l’absence de « CNIL » locale indépendante, le rôle de contrôleur étant assumé par le ministère de l’Intérieur. Les négociations sont en cours et la décision de la Commission Européenne devrait être connue cette année.

LA PROTECTION DES DONNÉES PERSONNELLES PROGRESSE EN ASIE

La situation évolue vite aussi dans les autres États asiatiques, dont beaucoup préfère une loi globale sur les données plutôt que divers textes sectoriels. Autrement dit, l’approche européenne plutôt que l’américaine. Hong Kong, Taïwan, les Philippines ou Singapour font partie de ceux qui ont réformé leur droit en y incluant plus de caractéristiques européennes. L’Inde étudie actuellement les possibilités. Sans atteindre les niveaux coréens et japonais, chacun de ces pays regarde vers le droit européen et en importe progressivement plus d’éléments.

Il reste néanmoins beaucoup de progrès à réaliser et l’application effective de ces nouveaux droits reste à vérifier. Cela passera par des autorités de contrôle avec des moyens importants, correspondant au renforcement de leurs missions. L’enjeu est d’ailleurs le même pour l’Europe, sans qu’on soit encore certain qu’elle puisse tenir son rôle de modèle sur ce point.

Par Emmanuel Pernot sur https://asialyst.com le 20/05/2018

Rencontre surprise entre Kim Jong-un et son homologue sud-coréen


Nouveau rebondissement dans le dossier coréen. Après l'annulation du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump par ce dernier, puis l'annonce de son éventuel maintien, les deux présidents coréens se sont rencontrés lors d'un sommet surprise.

Le président sud-coréen Moon Jae-in et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un ont créé la surprise le 26 mai en se rencontrant dans la zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, au lendemain de l'annonce par le président américain Donald Trump que son sommet avec le président sud-coréen pourrait finalement avoir lieu.  

Des photos diffusées par Séoul montrent Moon Jae-in serrer la main puis étreindre son homologue Kim Jong-un. Les deux dirigeants se sont entretenus durant deux heures dans le village de Panmunjon, où ils s'étaient déjà rencontrés le 27 avril et avaient publié une déclaration commune dans laquelle ils s'engageaient à améliorer leurs relations.

«Ils ont eu un échange de vues et ont discuté des moyens de mettre en œuvre la déclaration de Panmunjon et d'assurer le succès du sommet américano-nord-coréen», a précisé dans un communiqué la présidence sud-coréenne, ajoutant que Moon Jae-in ferait une déclaration personnelle dès le 27 au matin.

Le président sud-coréen, cité par l'AFP, a précisé la teneur des échanges qui avaient eu lieu, déclarant : «[Kim Jong-un] a également exprimé son intention de mettre fin à une ère de confrontation grâce au succès du sommet entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, tout comme de coopérer pour la paix et la prospérité.»
Selon lui, le dirigeant nord-coréen a réitéré sa promesse de se tenir à la dénucléarisation de son pays, mais a toutefois émis des doutes quand aux garanties de Washington concernant son avenir lorsque cela sera fait.
Moon Jae-in et Kim Jong-un se sont par ailleurs engagés à se voir «fréquemment», selon l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

Le flou demeure autour du sommet Trump-Kim

Donald Trump avait annulé le 24 mai son sommet prévu à Singapour le 12 juin avec le président nord-coréen, peu après l'annonce par Pyongyang du démantèlement du site d'essais nucléaires de Punggye-ri. Moins de 24 heures plus tard, le dirigeant américain avait cependant affiché son optimisme, évoquant le possible maintien du sommet après «des discussions très productives avec la Corée du Nord pour que le sommet ait lieu».

L'annulation soudaine du sommet Trump-Kim a placé en porte-à-faux la Corée du Sud, qui a joué un rôle central dans la remarquable détente de ces derniers mois entre Pyongyang et Washington. Réagissant à cette annulation, Pyongyang avait pour sa part rappelé sa volonté de discuter avec Washington «à tout moment, sous n'importe quelles conditions» afin de pouvoir «résoudre les problèmes».

Sur https://francais.rt.com le 26/05/2018

Astana, 20 ans déjà !

Cette année, les habitants du Kazakhstan célèbreront le 20e anniversaire de la capitale de leur pays. Pour les Kazakhs, chaque date qui a quelque chose à voir avec Astana est spéciale. Et ce n'est pas une exagération. L'histoire de la naissance de la capitale de leur pays est étudiée dans les écoles, les instituts, et fait l'objet de films, d'enquêtes journalistiques et d'œuvres poétiques.

Astana est une jeune capitale. Cette année la ville va fêter ses 20 ans. Mais beaucoup discutent encore de l'opportunité du transfert de la capitale d'Almaty vers Astana. La capitale actuelle du Kazakhstan est confrontée à des conditions climatiques les plus rudes et les plus difficiles.
Cependant, au cours des 20 années de modernisation de l'ancienne Tselinograd vers ce qui est aujourd'hui Astana, les autorités kazakhes ont réussi à résoudre ce problème en créant une « ceinture verte » autour de la capitale: les plantes qui entourent la ville ont adouci les hivers froids.

Mais, bien sûr, Astana n'est pas intéressante que pour cela. Comment réussir à créer une métropole moderne en 20 ans dans la steppe, est peut-être, l'un des principaux secrets du président Nazarbaïev. Ce n'est pas un secret qu'Astana n'est apparue que grâce à sa volonté politique. Selon le chef du pays, la nouvelle métropole allait devenir le symbole du Kazakhstan et montrer au monde moderne, que tout en étant un pays jeune et tout juste indépendant, il est possible de faire le lien avec les normes historiques. La tâche est plus qu'ambitieuse. Mais le Kazakhstan a fait face. Après 20 ans, cela peut être prouvé par des chiffres et des faits.

L'année dernière, la capitale du Kazakhstan a été la première dans tout l'espace post-soviétique à accueillir une exposition internationale (EXPO), dont le thème était le développement de technologies «vertes». Le sujet est également indicatif: les Kazakhs appliquent activement ces principes dans le développement de leurs villes, pas seulement à Astana, en modernisant l'économie. Mais c'est Astana qui devient un tremplin pour l'introduction de tout ce qui est nouveau, pour ensuite diffuser cette expérience dans tout le pays.

Au dernier de ces jours Forum économique d'Astana, le maire de la capitale, Asset Issekeshev, a dit que dans le futur, Astana deviendra une ville d'importance mondiale. En voyant la transformation du Kazakhstan dans son ensemble, ainsi que les changements dans la capitale en particulier, tous commencent à croire à ces plans ambitieux. Les autorités kazakhstanaises prennent Singapour et Dubaï pour exemple. Dans le forum du 18 mai à Astana, on a appris que la ville a pu rembourser tous les investissements liés à la construction, soit plus de 2000 milliards de tenge (plus de 6 milliards de dollars). Maintenant, il devient clair pourquoi Astana est appelée à âtre la locomotive du développement de l'économie kazakhstanaise. Avec l'avènement de la nouvelle capitale, le secteur économique de la construction et de la transformation ont, par un effet de dominos, tiré le développement des autres secteurs. Astana est toujours en construction. Dans le même temps, les autorités tentent de décharger au maximum le budget des projets coûteux, attirant ainsi les investisseurs.

Le site officiel du gouvernement kazakhstanais a publié des données : environ 300 milliards de dollars d'investissements directs ont été attirés vers ce pays, en 26 ans d'indépendance. Cela représente plus de 70% de l'afflux total vers les pays d'Asie centrale. Les principaux investisseurs sont les Pays-Bas, les États-Unis, la Suisse, la France, la Grande-Bretagne, la Russie, l'Italie, le Japon, la Belgique et le Canada. Et environ 20 milliards de dollars d'investissements sont allés vers Astana. Il convient de noter qu'attirer des investisseurs dans le pays est une tâche d'envergure nationale.

En bâtissant Astana, Noursoultan Nazarbaïev a démontré que son pays, a la capacité d'atteindre des objectifs ambitieux, rapidement et correctement. Et ce n'est pas qu'un indicateur économique qui prouve la viabilité des idées de la direction du pays. C'est aussi un message que le Kazakhstan envoie au monde. Astana est devenue une capitale d'importance mondiale. Elle a relevé des défis mondiaux : organiser une exposition internationale de l'EXPO, des sommets économiques internationaux.  Il suffit de regarder la myriade de conférenciers qui viennent à Astana depuis un an maintenant.

L'année dernière, la capitale du Kazakhstan a également été une plate-forme pour les négociations de maintien de la paix en Syrie. A ce sujet, il convient de noter que ce n'était pas sur l'initiative des autorités kazakhes. Astana, en tant que lieu de rencontre et de négociations importantes, a pris en charge tous les participants du processus syrien. Et ce n'est pas qu'un indicateur du statut de la ville kazakhe, mais aussi et surtout, de la confiance au leader de ce pays.

Ce n'est pas un secret que beaucoup de choses dans la politique moderne dépendent aussi de la personnalité concrète des responsables des parties contractantes. Le président Nazarbaïev a gagné l'image d'un dirigeant avisé. Dans de nombreux cas, l'autorité de Nazarbaïev devient un facteur décisif.

L'administration du pays prévoit de faire d'Astana un centre financier international. Après l'Expo, c'est une autre tâche de niveau mondial, qui est cependant presque résolue. Le centre financier « Astana » (MFTSA) a enregistré 13 entreprises, 20 se sont portées candidates. L'objectif est de 100 entreprises d'ici la fin de l'année, puis d'en rassembler jusqu'à 500. Selon le maire de la capitale Asset Issekeshev, le MFTSA donne une nouvelle impulsion au développement d'Astana, en en faisant une ville globale, dans un sens politique et international. Le plan des autorités est de créer une symbiose, en réconciliant le succès économique avec le développement de la vie culturelle de la capitale, en mettant logiquement l'accent sur le confort et la sécurité de la capitale. En observant les 20 ans de développement d'Astana, on peut constater que cette symbiose existe.

jeudi 24 mai 2018

Asie: expansion des hélicoptères-taxis version Uber


Des services d’hélicoptères-taxi réservés via une application sur smartphone, sur le modèle d’Uber, connaissent un essor croissant dans les grandes métropoles au trafic congestionné auprès d’une clientèle aisée, en particulier en Asie.
A Bangalore, ville de plus de 12 millions d’habitants dans le sud-est de l’Inde, Agostino Fernandes survole ainsi la cité et rejoint l’aéroport international de Kempegowda en moins d’une demi-heure -- le quart du temps de trajet qu’il faut en général par la route.
«C’est beaucoup mieux que la voiture habituelle ou le taxi car cela permet de gagner du temps. Et pour une ville comme Bangalore, qu’on appelle la capitale verte en raison de ses parcs et jardins, on a une belle vue» aérienne, déclaré cet habitant à l’AFP.
De New York à Jakarta, en passant par Bangalore, de tels services se sont considérablement développés ces dernières années dans les villes très embouteillées.
L’Asie du Sud-Est et ses métropoles envahies d’automobiles représentent un «important laboratoire d’essai», explique Sameer Rehman, directeur général de Bell Helicopter, qui fournit des aéronefs à la société Helicity.
«Cela peut être reproduit dans d’autres villes et pays d’Asie-Pacifique», a déclaré M. Rehman à l’AFP à Singapour.
Un service similaire a été lancé récemment à Jakarta, l’une des villes les plus embouteillées au monde. Helicity, qui coopère avec Whitesky Aviation, a désormais 60 clients par mois, la plupart effectuant des déplacements professionnels.
Elle offre des trajets du centre-ville à l’aéroport international Soekarno-Hatta en 20 minutes pour six millions de roupies (350 euros). Nettement plus qu’une course en taxi qui coûte en moyenne de 16 à 24 euros, mais le gain de temps est énorme. En voiture, le trajet peut prendre de une à quatre heures.
- Prix prohibitifs -
Les prix des déplacements en hélicoptère restent cependant hors d’atteinte pour la plupart des habitants de Jakarta, où le salaire minimum est d’un peu plus de 200 euros par mois.
A Sao Paulo, la plus grande métropole d’Amérique du Sud connue également pour ses embouteillages monstres, l’application Voom offre des courses en hélicoptère-taxi à des prix plus avantageux. Un déplacement depuis une banlieue de la ville jusqu’à l’aéroport en neuf minutes coûte environ 120 euros pour une personne, soit 10 fois moins que par le passé.
A New York, la société Blade propose aussi des transferts rapides de la ville aux aéroports à la périphérie.
Cependant, les acteurs de cette industrie estiment que la réglementation stricte et le manque d’infrastructures constituent un frein majeur au développement de ces services.
A Jakarta, les cinq hélicoptères de Helicity peuvent survoler la capitale indonésienne seulement de 06H00 du matin à 06H00 du soir, quand il fait jour.
Sur www.liberation.fr le 09/05/2018

En Asie, des familles vivent dans 2 m²

Dans les grandes villes asiatiques, de nombreux habitants sont contraints de vivre dans des réduits de quelques mètres carrés. Poussés par la hausse des prix qui touche l'ensemble du continent, ces occupants sont progressivement expulsés vers les périphéries. 

C'est un revers du développement économique de l'Asie. Les citadins les plus démunis s'y voient obliger de quitter leurs villes natales, sous peine de loger dans des chambres insalubres. À l'instar de Pham Quoc Cong, qui vit avec six membres de sa famille dans un espace de 2 mètres carrés à Ho Chi Minh-ville, l'ex-Saïgon. C'est le prix à payer pour rester dans le centre-ville d'une de ces villes asiatiques où l'immobilier flambe. Dans la capitale économique du Vietnam, le prix des terrains est monté à près de 18.000 euros le mètre carré, repoussant aux périphéries de la ville les plus modestes.

«Nous sommes habitués à ce quartier. Si on part ailleurs, on ne pourra plus faire d'affaires», explique l'homme dont les sœurs et la nièce, qui vivent toutes deux avec lui, sont marchandes ambulantes dans les environs. Lui-même dort souvent à l'extérieur sur un transat, pour éviter d'encombrer un peu plus leur logement de fortune. Les logis comme le sien sont aujourd'hui entourées de projets immobiliers modernes ou cachées derrière les étals de restaurants de rue. Mel Schenck, qui étudie l'architecture en pleine mutation de l'ancienne Saïgon, évoque ces «micro-maisons pittoresques» destinées à disparaître au fur et à mesure. Certaines remontent à l'époque de la colonisation française, alors que ce quartier était encore couvert de rizières.

Nguyen Van Truong, qui vit lui aussi dans une autre de ces micro-maisons - à cinq dans 6 mètres carrés -, s'inquiète de la construction d'un immeuble de luxe juste à côté de son terrain. «Je ne pense pas que nous obtiendrons une compensation très importante» en cas d'expulsion, se désespère l'homme de 62 ans. «Mais je préférerais mourir que d'être forcé de quitter ce lieu», ajoute-t-il. Dans ce pays dirigé par un parti communiste tout-puissant, en proie à une importante corruption, les responsables de l'administration de la ville sont soupçonnés de s'enrichir en cédant des terrains à des promoteurs immobiliers. Tout en compensant les habitants bien en dessous du prix du marché.

En Asie, le problème du mal-logement dépasse les frontières du Vietnam. À Hong Kong, des habitants se retrouvent contraints d'habiter dans des «cabines-cercueils» d'un mètre carré tout au plus. Des propriétaires peu scrupuleux divisent des appartements de près de 40 mètres carrés en une vingtaine d'espaces de couchages, séparés par de simples planches de bois. Une situation que le photographe Benny Lam et sa série «Trapped» ont aidée à révéler. Il faut dire qu'en 2017, la Chine a été le pays où les prix immobiliers ont le plus flambé. D'ailleurs, sur les 10 villes mondiales qui ont connu les hausses de prix les plus importantes l'année dernière, cinq d'entre elles sont situés en Asie.

Article de Le Figaro publié sur www.boursoram.com le 24/05/2018

Des frappes aériennes de la coalition US contre des objectifs militaires syriens à Deir Ezzor

L’aviation US est encore intervenue cette nuit dans la province de Deir Ezzor pour secourir des éléments d’une force d’un pays de l’OTAN qui se sont retrouvées encerclées et en passe d’être capturés par des militaires syriens.
Deux positions militaires syriennes près de la station de pompage T-2 ont été touchées.
L’agence de presse officielle syrienne SANA a confirmé ces raids en précisant que « certaines positions militaires [syriennes] », entre Abukamal et Hmeimeh [dans la province de Deir Ezzor] ont été touchées dans une attaque aérienne menée ce matin par la coalition américaine en évoquant des dégâts matériels mais pas de pertes humaines.
D’après des sites spécialisés, cette attaque US coincide  avec une offensive de Daech 2.0 dans la zone dite de déconfliction longeant l’Euphrate mais également beaucoup plus loin à l’ouest, près de la station T-3 de Palmyre.
Selon le site Masdar News, l’objectif de ces frappes US demeurent inconnu.
Cependant, une source militaire syrienne anonyme affirme que peu avant l’attaque aérienne US, des militaires syriens surveillaient l’évolution de militaires étrangers arborant le pavillon des Forces démocratiques syriennes assez loin des zones où ils ont été déployés. Ces derniers ont failli se faire capturer avant que l’aviation de la coalition US ne vienne les secourir.
Rien n’a encore filtré sur les moyens employés dans cette attaque même si nos sources évoquent l’usage de chasseurs bombardiers F-15, de drones de reconnaissance et d’attaque  et n’écartent point l’usage par l’US Air Force du F-35.
Dans ce cas précis, aucune information relative au déploiement de cet appareil fort onéreux en Irak ou dans un quelconque pays de la région n’a été rapportée ou diffusée.
Ce qui est certain est que pour le moment, les seuls F-35 US opérationnels au Moyen-Orient sont déployés en Israël.

mercredi 23 mai 2018

Vers un canal entre les mers Noire et Caspienne ?

Le président du Kazakhstan est redevenu l'un des commentateurs les plus cités des médias du monde la semaine dernière. Au sommet des pays de l'EEE le 14 mai à Sotchi, le leader kazakh a annoncé la possibilité de construire un canal de navigation entre les mers Noire et Caspienne. L'idée n'est pas nouvelle et, comme l'a dit Nazarbaïev lui-même : «Elle a été exprimée même sous le tsar». Alors, qu’est-ce qui entrave la volonté du président du Kazakhstan et des tsars russes des siècles passés ? La réponse, en général, se trouve sous la surface : personne n'a annulé les revendications géopolitiques et économiques des différents états. Surtout avec les réalités politiques modernes, parfois très complexes. Mais afin de comprendre la question en détail, voici un bref rappel de l’histoire.

Noursoultan Nazarbaïev a abordé pour la première fois la construction d’un canal il y a 11 ans, en 2007 dans le cadre des conditions d'intégration des pays du CEEA. Et il a été très symbolique que cette même année, le président Vladimir Poutine a déclaré que le pays avait la nécessité d'élargir les cours d'eau sur le territoire de la Russie, ce qui suggère une alternative de modernisation du canal Volga-Don. Cependant Nazarbaïev a proposé un canal plus court de 1000 km que celui envisagé par les Russes. De plus, ce canal eurasien pourrait permettre de transporter  beaucoup plus de poids que le russe, soit jusqu'à 45 millions de tonnes par an. Mais le bénéfice n'est pas seulement dans la durée du voyage, bien que ce fait puisse jouer un rôle significatif dans les développement commerciaux. Cependant, les questions économiques ne sont pas toujours une priorité, quand la géopolitique entre en jeu. Mais aussi, la Russie de 2018 n'est pas le même pays qu'il y a 11 ans. Donc, en cela, les experts du monde sont d'accord, il semble que maintenant, l'idée de Nazarbaïev arrive au bon moment.

Le président du Kazakhstan est un grand pragmatique, personne ne peut le contester, et il ne faut pas aller loin pour trouver des exemples. Noursoultan Nazarbaïev a été le premier a parler de l'idée de créer un espace économique unique en 1994, qui a ensuite abouti à la création de la l’union douanière en 2014,  où parmi les candidats à l'entrée se trouvent la Moldavie, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. De janvier à février 2018, le volume des échanges au sein de l'union douanière a atteint 8,6 milliards de dollars, soit 14,4% de plus qu'à la même période en 2017.

Cependant, la nouvelle initiative de Nazarbaïev de construire le canal d'Eurasie peut être considérée comme une autre poussée pour le développement de l’union douanière. Les infrastructures de l’union douanière peuvent servir de pont entre l'Asie et l'Europe, l'Est et l'Ouest, les océans Pacifique et Atlantique. Pour le Kazakhstan, ce projet est tout simplement nécessaire. Près de 70% des matières premières kazakhes sont transportés à travers la Russie. Une nouvelle route de transport permettra de réduire le temps et les coûts de transport. Il suffit de comparer : à présent Astana transporte son pétrole jusqu’aux ports de la mer Noire, en empruntant le pipeline CPC.

Si le nouveau canal voit le jour, il pourra recevoir des navires d'une capacité de chargement allant jusqu'à 10 000 tonnes. Les avantages seront non seulement pour le Kazakhstan, mais aussi pour tous les États caspiens. La construction du canal, aura un effet économique classique et tout à fait prévisible. Il donnera un nouvel élan au développement des industries connexes : la constructionet la construction navale donneront du travail à des centaines de personnes. Mais pas seulement. La nouvelle route maritime eurasienne deviendra un débouché vers la mer pour tous les pays d'Asie centrale. La Russie, qui sera traversée, recevra un paiement pour l'utilisation de son tronçon. Donc pour ce pays, le projet proposé est principalement de nature économique, ce qui est reconnu par les experts russes. Une nouvelle voie navigable sera en mesure d'influencer l'image de l'EEE, y compris de Moscou.

Le politologue russe bien connu Sergei Markov a écrit que l'impulsion pour débuter la construction du canal est le désir de faire revivre l'Union économique eurasienne. Il semblerait que les États-Unis, la Chine et l'UE ne souhaite pas vraiment voir émerger une union économique concurrente. L'idée de construire un chemin direct, minimisant la dépendance au transit, a longtemps été considérée par certains pays de l'UEEA. Il y a un mois, le chef d’Etat chinois, Xi Jinping et le Premier ministre du Pakistan, Shahid Abbasi Hakan Hainan ont accepté de construire un couloir Chine-Pakistan. Ce projet d'infrastructure, à hauteur de 46 milliards de $, comprend la construction d'une vaste réseau de routes et de chemins de fer. Autrement dit, si aujourd'hui le Kazakhstan n'offre pas une alternative plus avantageuse, les produits chinois seront transportés autrement, en contournant les pays de l'UEEA.

Ce n’est pas par hasard si lors du dernier sommet à Sotchi, Noursoultan Nazarbaïev, a invité ses collègues à réfléchir à la construction d'une autoroute à grande vitesse « Eurasie », qui relierait l'Europe avec l'Asie à travers la Russie et le Kazakhstan. Autrement dit, l'artère de transport proposée par Astana serait également une nouvelle opportunité et un moyen d'exportation pour les producteurs chinois. A titre de comparaison, le délai moyen de livraison des produits chinois vers l'Europe atteint 2 mois en ce moment. Avec l'avènement d'une nouvelle voie de transport, cette période pourrait être réduite à 10 jours. Selon les experts, le nouveau canal pourrait être financé sur 10 ans. Une telle période pour une construction à grande échelle est tout à fait acceptable. Quand il y a 11 ans, les analystes, les économistes et les politologues ont étudié l'idée de Nazarbaïev sur la construction de l'Eurasie. Ils ont déclaré qu’en leur donnant accès à la mer, le nouveau canal peut changer la situation géopolitique des pays de la Caspienne. Cette perspective semble justifier tout le montant des budgets à consacrer.

samedi 19 mai 2018

Les préparatifs d'attaque contre la Russie sont en cours

Se référant à des données issues de canaux de communication privés des ministères de la Défense chinois, pakistanais et afghan, des éléments des forces de l’ordre russes affirment que des préparatifs d’attaque hybride de grande envergure visant la Russie via le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, sont en phase finale.
Des rapports à ce propos ont été reçus plus tôt. Il en a été fait état en particulier lors d’une récente conférence sur la sécurité qui s’est tenue à Tachkent. Sirodzhiddin Aslov, le patron du ministère des affaires étrangères du Tadjikistan, avait alors annoncé publiquement que des terroristes s’activaient dans la région :
L’activation des groupes terroristes, leur progression dans les régions du nord de l’Afghanistan, en particulier dans les territoires frontaliers du Tadjikistan, le renforcement du nombre de partisans de l’État islamique, ainsi que la présence d’un certain nombre de citoyens des républiques post-soviétiques dans les groupes terroristes, et les mouvements actuels en Afghanistan… nous inquiètent beaucoup.
Ce problème a aussi été évoqué à la septième Conférence sur la sécurité internationale, qui s’est tenue dernièrement à Moscou. Selon les services de renseignement russes, le nombre de combattants potentiels de l’État islamique varie actuellement entre 2500 et 4000 hommes. Des sources du ministère de la Défense de Chine l’ont aussi confirmé. L’armée chinoise parle d’au moins 3800 terroristes opérant dans 160 cellules. Ils sont en plus grand nombre dans la province de Nangarhar, où l’État islamique accroît la production et la contrebande de drogues, crée l’infrastructure d’entraînement des terroristes et recrute des gens du coin.
Le plan
Selon les forces de l’ordre russes et chinoises, les terroristes qui s’enfuient par mer de Syrie et d’Irak, remontent de Qasim, le port de Karachi, jusqu’à Peshawar, et sont ensuite répartis dans province de Nangarhar à l’est du Pakistan. Les représentants du haut commandement terroriste sont dans le district d’Achin.
En outre, on remarque que depuis fin 2017, les commandants de l’État islamique ont réussi à transférer en Afghanistan 500 terroristes étrangers supplémentaires depuis la Syrie et l’Irak, dont plus de deux douzaines de femmes. Voici ce que dit un membre des forces de l’ordre russes :
Tous sont également localisés dans la province de Nangarhar. Ils sont Soudanais, Kazakhs, Tchèques, Ouzbeks, Français etc.
La progression des terroristes vers le nord devrait partir dans deux directions. Ils vont pénétrer dans les provinces de Nuristan et de Badakhshan, au Tadjikistan, et dans les provinces de Farah, Ghor, Sari-Pul et Faryab, au Turkménistan.
Le superviseur
Le gouverneur de la province de Nangarhar, Gulab Mangal, qui supervise personnellement l’activité des mercenaires dans la région, prévoit d’étendre son influence dans d’autres régions du pays au moyen des terroristes. En outre, il participe activement aux activités financières de l’État islamique, en recevant des profits importants. Le réseau informe que toute mouvement de protestation de la population mécontente des activités de l’État islamique est « sévèrement réprimée par les autorités provinciales, notamment par des opérations punitives contre des villages entiers. ».
Mangal entretient des relations de longue date avec les services de renseignement étasuniens. En particulier, il s’est battu contre les Soviétiques pendant la campagne afghane de l’URSS. Immédiatement après l’invasion étasunienne en 2001, il a été nommé à la tête du gouvernement local de la communauté pachtoune, l’ethnie à laquelle il appartient. En outre, Mangal est apprécié par la presse occidentale. La plupart des publications des principaux médias étasuniens et britanniques propagent des informations exceptionnellement positives à son sujet, et la BBC l’a qualifié d’« espoir de la province de Helmand, » province qu’il dirigeait auparavant.
Selon le ministère de la Défense d’Afghanistan, la direction de l’État islamique prévoit d’agrandir bientôt le groupe avec 1200 terroristes supplémentaires. La plupart d’entre eux seront aussi installés dans la province, sous le contrôle de Gulab Mangal et de ses hommes.
Il est à noter que les deux plus grandes bases étasuniennes afghanes se trouvent à proximité immédiate de la province de Nangarhar, ce qu’il est difficile de prendre pour une coïncidence.
Dans le même temps, les experts font remarquer que la pression sur le Tadjikistan et le Turkménistan ne sera que l’un des facteurs de la nouvelle attaque hybride contre la Russie. Valery Korovin, le directeur du Centre d’expertise géopolitique, est convaincu que Moscou devrait se préparer à une offensive à grande échelle sur tous les fronts : en Ukraine, peut-être via l’Arménie, ainsi que dans un plusieurs autres pays post-soviétiques :
Probabilité d’exacerbation en Asie centrale
Pourquoi les Étasuniens font-ils cela ?
En déstabilisant la situation en Asie centrale, les États-Unis et leurs alliés atteindront plusieurs objectifs à la fois. D’abord, par ce moyen, Washington peut détourner Moscou et Téhéran de la Syrie. Ensuite, si l’opération réussit, un foyer d’instabilité sera créé sur la voie de la Route de la Soie, dont le but est de renforcer l’unification économique et logistique de l’Eurasie. À l’ouest, l’Afghanistan borde aussi l’Iran, ce qui permet d’ouvrir un nouveau front contre Téhéran en cas de forte nécessité. Cela se produira de manière synchrone par l’aggravation des violences dans plusieurs directions. Cela commencera par des pressions économiques par l’intermédiaire de nouvelles sanctions, sera suivi par des « révolutions colorées » qui se propageront dans l’espace post-soviétique, puis les réseaux étasuniens passeront directement à l’attaque. Les États-Unis ne se sont bien évidemment pas emparés de l’Afghanistan, en manipulant sa dictature militaire, pour y construire la démocratie et la société civile. L’Afghanistan est le tremplin où sont créés des réseaux terroristes à l’aide desquels les États-Unis se préparent à attaquer l’Iran et la Russie.
Par Andrey Afanasyev le 17/05/2018 sur www.katehon.com

dimanche 13 mai 2018

La Russie ne livrera pas de S-300 à la Syrie


Le conseiller du Kremlin chargé de l’aide aux pays étrangers, Vladimir Kozhin, a déclaré que la Russie ne livrera pas de S-300 à la Syrie.
Après le voyage du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à Moscou (9 mai) et les échanges de tirs de part et d’autre de la ligne de démarcation syro-israélienne (10 mai), cette livraison qui avait été évoquée après l’attaque tripartite contre la Syrie (14 avril) a été annulée.
En d’autres termes, la Russie qui protège l’espace aérien syrien ne souhaite pas rendre l’armée arabe syrienne responsable de la défense des sites militaires iraniens présents sur son territoire.
Sur www.voltairenet.org le 12/05/2018

Selon Netanyahou l'Iran cherche à détruire 6 autres millions de Juifs

Quelle que soit la manière dont vous considérez les choses, Netanyahu n’a pas l’envergure morale et politique pour être à la tête d’un État.
Non, ce n’est pas une invention : Netanyahou, l’enfant à problèmes au Moyen-Orient, a bien dit à Vladimir Poutine que l’Iran avait juré d’anéantir six millions de Juifs ! Si vous pensiez que Netanyahou ne pouvait trouver quelque chose d’aussi stupide, alors vous sous-estimez l’imagination fantasque de Netanyahu. Voici ses mots exacts :
« Il y a un pays au Moyen-Orient, l’Iran, qui appelle à la destruction de six autres millions de Juifs. » [1]]
Personne ayant une once de cellules cérébrales ne pourrait inventer une déclaration aussi stupide. Pour la simple raison que, en dehors d’Israël, l’Iran a la plus grande population juive du Moyen-Orient. De plus, « les juifs se sentent plus en sécurité en Iran qu’aux États-Unis et en Europe malgré les tensions entre Tel-Aviv-Téhéran ». [2]] Et ils sont là depuis des siècles ! Comment l’Iran prévoit-il d’exterminer ces gens ? Qui Netanyahu trompe-t-il vraiment cette fois ? sa plus belle marionnette (Donald Trump) ?
Lorsque Netanyahou a fait des déclarations similaires en 2015, les responsables iraniens ont répondu : « Il est vraiment, vraiment regrettable que le fanatisme aboutisse à des accusations contre une nation entière qui a sauvé les Juifs trois fois dans son histoire … » [3]]
Qu’est-ce que les Juifs iraniens ont à dire à propos de Benjamin Netanyahu lui-même ? Est-ce qu’ils le considèrent comme leur représentant ? Ou le voient-ils comme leur chef ? Ou le voient-ils comme un autre démagogue israélien ? Ciamak Morsadegh, un parlementaire iranien élu qui se trouve être juif, a déclaré :
« Benjamin Netanyahou et les antisémites ont besoin l’un de l’autre : ils s’alimentent mutuellement avec ce dont ils ont besoin – l’intolérance et la haine. Le fait est que l’Iran est un endroit où les Juifs se sentent en sécurité et nous sommes heureux d’être ici. Nous sommes fiers d’être iraniens. Je sais que cela ne suit pas le scénario sioniste, mais c’est la réalité. Personne ne force les Juifs à rester ici.
« Les Israéliens offrent de l’argent au peuple juif pour émigrer en Israël, mais nous choisissons de rester. Mon point de vue est que les actions de Netanyahu et de son gouvernement, la façon dont ils se comportent envers les Palestiniens, causent des problèmes aux Juifs partout dans le monde. Je ne suis pas le seul à avoir ces opinions. N’ai-je pas le droit de le dire parce que je suis un Juif ?  » [4]]
M.Bibi, nous avons un problème. Si les Juifs iraniens sont en grande partie heureux et ne se sentent pas menacés, comment pouvez-vous dire que les autorités iraniennes cherchent à détruire au moins six millions de Juifs ? D’où tenez-vous ce chiffre ?
Ici encore, nous voyons que Netanyahu est soit fou, soit qu’il suit un scénario diabolique. Avner Cohen a dit dans le passé que Netanyahu était parfois « fou ». [5]] L’ancien directeur du Shin Bet, Yuval Diskin, a déclaré que Netanyahu prenait « des décisions à partir des sentiments messianiques » [6]].
Quelle que soit la manière dont vous considérez les choses, Netanyahu n’a pas l’envergure morale et politique pour être à la tête d’un État. Si la communauté juive iranienne elle-même approuve un accord nucléaire [7]], alors comment Netanyahu peut-il vraiment dire que l’Iran « s’est engagée à vouloir tuer impitoyablement les Juifs » ? C’est l’une des raisons pour lesquelles l’universitaire juif Norman Finkelstein le considère comme « fou ».
Par Jonas E. Alexis
Traduction : Avic  Réseau International
 [1] Cité dans Henry Meyer, Andrey Biryukov, et David Wainer, « Netanyahu prévient Poutine que l’Iran veut détruire 6 millions de Juifs », Bloomberg , 9 mai 2018.
 [2] « Les juifs se sentent plus en sécurité en Iran qu’aux États-Unis et dans l’UE malgré les tensions entre Tel-Aviv et Téhéran », Russia Today , 9 février 2018.
 [3] « Nous avons sauvé les Juifs 3 fois, Netanyahou devrait réviser les leçons d’histoire – FM iranienne », Russia Today , 5 mars 2015.
 [4] « Les Juifs d’Iran sur la vie dans l’état ennemi d’Israël: Nous nous sentons en sécurité et heureux »,  Indépendant , 16 mars 2016.
 [5] Avner Cohen, « Le leadership d’Israël: Messianique et ensuite certains »,  Haaretz , 6 mai 2012.
 [6] Cité dans Daniel Tauber, «Le messianisme de Netanyahou peut-il nous sauver?»,  Jerusalem Post , 3 juillet 2012.
 [7] Voir par exemple Reese Erlich, «La communauté juive iranienne est derrière un accord nucléaire avec les États- Unis »,  USA Today , 7 août 2015.