samedi 30 juin 2018

Pourquoi les États-Unis ont-ils bloqué l'accord sur le Sud syrien ?


Avant le lancement de l’opération militaire de libération de la région sud, la Russie et quelques responsables sionistes avaient annoncé qu’ils étaient parvenus à un accord qui lui épargnerait la bataille actuellement en cours. Un arrangement comprenant le déploiement de l’Armée arabe syrienne dans cette région, le règlement de la situation des miliciens armés qui le souhaiteraient ou, dans le cas contraire, leur transfert vers la région d’Idlib.
Mais interrogé sur le sujet lors de sa dernière conférence de presse [1], le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al-Mouallem, avait répondu : « Ne croyez rien de ce qui se dit à ce propos avant de voir la base d’Al-Tanf  démantelée ».
Suite à cette prise de position, les déclarations optimistes concernant un tel arrangement ont reculé laissant place aux mises en garde et aux défis de part et d’autre ; Washington menaçant l’Armée syrienne et Moscou ; l’Armée syrienne déclarant sa détermination à mener la bataille et à mobiliser les forces nécessaires en prenant en compte une intervention militaire américaine ou israélienne.
Il est clair que les États-Unis ont accepté cet arrangement tant qu’il n’impliquait pas le démantèlement de leur base militaire à Al-Tanf ; une base jouant un rôle majeur dans l’interruption d’une voie de communication terrestre essentielle entre la Syrie et l’Irak tout en fournissant un refuge sécurisé aux groupes terroristes, y compris Daech, lesquels ne cessent d’attaquer les forces syriennes pour faire pression sur l’État syrien et l’amener à accepter les dictats américains.
Il est probable que c’est en partant du principe « entre deux maux, il faut choisir le moindre » que les États-Unis ont bloqué l’accord et, par conséquent, ont accepté le déploiement des forces syriennes dans la région sud :

  • le pire étant que l’Armée syrienne se déploie sans combattre et que leur base militaire d’Al-Tanf soit démantelée, alors qu’elle est essentielle pour la poursuite de leur politique en Syrie, en Irak et dans toute la région ;
  • le moindre étant que l’Armée syrienne contrôle la région sud et qu’ils conservent leur base.
Il est tout aussi probable que ce même calcul explique pourquoi les États-Unis ne sont pas intervenus en faveur des milices armées dans la région sud, allant jusqu’à leur conseiller par écrit [2] de ne pas compter sur leur soutien militaire direct face à l’Armée syrienne, réduisant le combat de l’Armée américaine à la défense de la base d’Al-Tanf au cas où l’Armée syrienne s’en approcherait.
Par Hmeidi al-Abdallah, chercheur et chroniqueur politique syrien (Damas) sur reseauinternational.net le 30/06/2018. Traduit par Mouna Alno-Nakhal
Notes :
[1] Damas : une désescalade dans le Sud syrien n’est pas possible sans retrait des troupes américaines : https://francais.rt.com/international/51268-syrie-sans-retrait-troupes-americaines
[2] Washington aurait averti les rebelles syriens de ne pas compter sur son aide militaire dans le sud : https://francais.rt.com/international/51882-etats-unis-avertissent-rebelles-syriens-asl-pas-compter-aide-militaire-sud

Le procès absurde contre le Kazakhstan

Beaucoup d'entre nous ont probablement entendu parler des procès «amusants» qui se déroulent devant les tribunaux de certains pays, dans lesquels il n'y a pas de bon sens. Par exemple, un voleur est entré dans une maison en l'absence des propriétaires, a rassemblé tout ce qui était précieux, mais n'a pas pu sortir. Il est resté coincé pendant plusieurs jours, a mangé toutes les provisions et est passé à la nourriture pour chien. A cause de cette nourriture, il a commencé à avoir des problèmes d'estomac. Et quand les propriétaires l'ont trouvé accroupi sur le sol, le voleur a déclaré qu'il les poursuivrait en justice pour ce qu’il a du manger. Il a fait ce qu'il a dit, a gagné son procès et obtenu une compensation. En vérité, pour passer quelques mois derrière les barreaux, il aurait encore fallu voler quelque chose.

Hélas, dans la pratique judiciaire mondiale, de tels cas absurdes sont nombreux. Certains citoyens «chanceux» ont réussi à devenir riches grâce à cela et les plus avertis ont même gagné régulièrement leur vie par des litiges juridiques. Dans ce cas, le montant des réclamations est souvent estimé à des millions de dollars. La même situation est observée dans l'environnement des affaires. Seulement là, l’échelle de grandeur augmente et les indemnités s'élèvent à des milliards de dollars.

Un exemple de procès absurde est le litige entre le Kazakhstan et le Canada, qui tourne autour aux termes de l'accord sur le développement d’un gisement d'uranium, conclu entre Ottawa et l'Union soviétique il y a près de 30 ans. Pour comprendre l'ensemble de cette histoire, son récit devrait commencer avec des événements ultérieurs.

En 1996, soit après l'effondrement de l'URSS, la société canadienne «World Wide Minerals Ltd» a signé un accord avec le Gouvernement de l'époque déjà République indépendante du Kazakhstan sur le développement des gisements d'uranium, opération complexe d'extraction d'uranium, l'exploitation minière et usine chimique. En retour, les Canadiens ont promis d'investir dans le développement de l'industrie au moins 100 millions $.  Pour l'avenir, de nouveaux contrats ont été promis dont certains relatifs à la restauration et au maintien en état de l'infrastructure sociale, y compris les jardins d'enfants et les systèmes de chauffage de la ville voisine. En outre, les représentants de l'entreprise se sont engagés à élaborer rapidement un plan de restructuration pour les entreprises sous-traitantes et ont assuré qu'en même temps, non seulement les employés kazakhstanais ne perdront pas leur emploi, mais seront également envoyés au Canada pour améliorer leurs compétences.

Pour le Kazakhstan, alors qu'il se remettait encore de l'effondrement du système économique précédent et qu'il n'avait pas la capacité financière de développer indépendamment un secteur stratégiquement important du pays, la proposition semblait très tentante. L'entente a été signée et la société canadienne, en tant qu'investisseur prioritaire, a bénéficié d'avantages fiscaux maximaux et de possibilités d'attirer des travailleurs étrangers.

Après seulement six mois, il est devenu clair que les investisseurs canadiens n'allaient pas tenir leurs promesses. Les volumes de production de la mine ont été réduits de 60%. L'entreprise a subi des pertes colossales. La somme correspondant à cette période était astronomique, soit 9 millions de dollars. Les travailleurs n'ont pas reçu de salaire pendant des mois et toutes les installations sociales que les Canadiens ont sous leur responsabilité ont été simplement abandonnées. Ici, il est important de noter qu'avant l'arrivée des investisseurs, cette entreprise a réalisé un bénéfice. Pas un grand bénéfice, compte tenu de la réserve d'opportunités, mais un bénéfice quand même. Et puis elle est soudainement devenu non rentable. C’est un record sur un si court terme. L'explication pour cela est très simple. Les Canadiens n'avaient pas l'intention d'investir dans le développement de l'industrie de l'uranium au Kazakhstan ni même dans les entreprises qu'ils recevaient en gestion. Les activités de l'entreprise étaient destinées à la revente de matières premières et à l'extraction des bénéfices.

Les autorités kazakhes ont ensuite rompu l'accord pour des raisons évidentes. "World Wide Minerals Ltd" a été ruiné, et sa propriété a été vendue. Il semble que ce soit le résultat logique de l'affaire. Mais les Canadiens, pour quelque raison que ce soit, se sont sentis offensés et ont déposé une requête auprès du tribunal exigeant de recouvrer du Kazakhstan une indemnité de 1 milliard de dollars.

Pour quels motifs ? Les avocats canadiens ont péniblement fini par trouver un accord bilatéral sur l'investissement entre le Canada et l'URSS de 1989. Ce traité garantissait la protection des investissements canadiens. Et à Ottawa, on a estimé que le Kazakhstan est le successeur légal de l'URSS, et qu’il doit fournir une telle garantie.

Cependant, le successeur légal de l'Union Soviétique est officiellement la Russie, comme en témoignent de nombreux traités internationaux. Y compris l'accord entre la Russie et le Kazakhstan. Et jusqu'à présent, aucun des pays du monde n'a officiellement contesté cette règle.

Le Canada a été le premier, et jusqu'à présent, malgré toute son absurdité, c’est un succès pour Ottawa. En octobre 2015, le tribunal arbitral du Canada a examiné et accordé la revendication de «WWM» au Kazakhstan et a toujours reconnu Astana comme le successeur légal de l’URSS en vertu du traité d'investissement du Canada et de l'URSS. Quelle autre décision pourrait avoir pris le tribunal canadien ? Les représentants de WWM, profitant de l'affaire, ont augmenté le montant de la réclamation d'un autre milliard de dollars et évalué leurs pertes à deux milliards de dollars au total.

La prochaine audience devrait avoir lieu dans les prochains mois. L'affaire sera déjà examinée par un arbitrage international.

jeudi 28 juin 2018

Mondial : les Sud-Coréens éliminent les Allemands

Incroyables Coréens ! Donnés d’avance battus par les Allemands (ils estimaient eux-mêmes leurs chances de qualification à 1 %, c’est-à-dire de victoire large sur l’Allemagne à moins de 2 %) par la plupart des commentateurs (mais pas l’AAFС), ils ont réussi un exploit ce 27 juin 2018 en l’emportant 2-0 sur les champions du monde du titre, éliminés de la compétition – ce qui, pour l’Allemagne, a représenté une première depuis 1938 en termes d’élimination à l’issue de la première phase de la compétition, les Allemands ayant de surcroît terminé derniers de leur groupe – au demeurant, c’est la cinquième élimination successive des champions du monde en titre en phase de groupes (France en 2002, Brésil en 2006, Italie en 2010, Espagne en 2014 et enfin Allemagne en 2018). Cette époustouflante réussite des Sud-Coréens n’a toutefois pas suffi à leur ouvrir les portes des huitièmes de finale, compte tenu de la victoire le même jour de la Suède sur le Mexique (0-3) dans le groupe F, qui était donc bien le « groupe de la mort » de ce Mondial 2018 disputé en Russie.
Quand cela ne veut pas le faire cela ne le fait pas… pendant plus de 90 minutes, les Allemands ont désespérément cherché les filets coréens, possédant la balle à plus de 70 % mais sans jamais concrétiser. Il faut dire que la défense coréenne a été d’une redoutable efficacité, tandis que par son excellence le gardien Cho Hyun-woo a mérité le titre de meilleur joueur du match. Le sélectionneur des guerriers Taeguk, Shin Tae-yong, avait pour sa part retenu une formation 4-4-2, en plaçant à l’avant Son Heung-min et Koo Ja-cheol.
Puis l’improbable est survenu, à deux reprises dans les arrêts de jeu, avec un premier but de Kim Young-gwon, trois minutes après le début du temps additionnel, initialement jugé hors jeu… puis enregistré après un recours à l’assistance vidéo ! (ce qui était au fond un juste retour des choses, puisque la même assistance vidéo avait valu aux Suédois, neuf jours plus tôt, d’obtenir un penalty à l’origine du seul but de leur rencontre contre les Coréens).
Le gardien allemand ayant alors quitté ses cages pour tenter l’exploit qui empêcherait l’élimination des champions du monde condamnés à la victoire pour continuer en huitièmes de finale, Son Heung-min a pu doubler la mise en marquant un but (90e + 6) dans des cages qui n’étaient plus défendues. Le talentueux Son Heung-min compte ainsi deux buts à son compteur pour cette compétition, ayant déjà marqué dans un superbe tir contre le Mexique le 23 juin. Le joueur de Tottenham, surnommé par la presse Sonaldo, voit toutefois la suite de sa carrière compromise, car à 26 ans il n’a toujours pas effectué son service militaire… et ne devrait pas être exempté faute de qualification de son équipe en huitièmes de finale. En attendant, la star – qui a joué le match contre l’Allemagne en temps que capitaine (en remplacement de Ki Sung-yueng, blessé) – est convoitée au regard de son impressionnant palmarès pendant la saison 2017-2018 : on parle de Son à Manchester United, Arsenal et Liverpool pour un transfert estimé à quelque 70 millions d’euros.
Avec leur belle victoire, les Coréens ont aussi effacé le mauvais souvenir de la coupe du Monde 2014 au Brésil – lors de laquelle ils n’avaient gagné aucun match (un nul contre la Russie [1-1], puis deux défaites, face à l’Algérie [2-4] et à la Belgique [0-1]).
Difficilement qualifiés, décevants face à la Suède, les guerriers Taeguk terminent leur Mondial 2018 sur une note positive – qui témoigne de leur potentiel pour l’avenir.
Sur reseauinternational.net le 28/06/2018

L'exemple religieux du Kazakhstan

Ce n'est pas un secret que la religion joue un rôle énorme non seulement dans la vie d'une personne, mais aussi à l’échelle des États. La religion a déterminé et détermine toujours le cours du développement de nombreux pays. Comme vous le savez, il y a des États mono-religieux, comme le Vatican, les pays du Golfe Persique, et il y a des multireligieux.

Nous savons aussi qu'à un certain moment de l'histoire, ces États se sont disputés pour leur développement. En règle générale, cela finissait par des guerres.

Malheureusement, de telles histoires se produisent de nos jours. Les conflits religieux modernes sont devenus plus aigus et plus dangereux qu'avant. Il y a beaucoup d'exemples. L'un des conflits «de long terme» (avec les conflits arabo-israéliens) est le conflit entre l'Inde et le Pakistan. Ce n'est pas seulement une confrontation entre des pays avec des structures religieuses différentes, mais aussi un conflit dans lequel l'identité s'est formée précisément dans cette lutte religieuse : l'Islam au Pakistan, l'Hindouisme en Inde. Toutes ces "différences", bien sûr, ne profitent à aucun côté. De plus, les conflits entravent le développement économique et social de ces pays.

Il existe un troisième d'état, de type laïc. Ces états sont libres de l'influence de toute religion. Anciennement, ils ont traversé en douceur des périodes dangereuses de création de certaines religions, en assurant à leurs citoyens un développement paisible et pacifique. Il y a beaucoup de pays ainsi, et chacun a choisi son propre chemin.

A présent, certains pays tirent raisonnablement du Kazakhstan un exemple de la façon dont il est possible de construire une société où tous les grands courants religieux sont absolument pacifiques.

Même au début de la formation de l'Etat kazakhstanais, les autorités ont décidé de favoriser la laïcité. Dans une région aussi instable que l'Asie centrale, c'était presque la condition la plus importante pour un développement réussi. La Constitution du Kazakhstan a immédiatement déclaré que les associations religieuses et les citoyens sont égaux devant la loi. Il a été défini sans équivoque qu'aucune religion ne peut être établie en tant qu'État où la religion est obligatoire. Cela a permis d'éliminer immédiatement de nombreuses questions dangereuses et inutiles pour le jeune Etat, qui avait toutes les chances de voir se lever des conflits pour des raisons religieuses.

Aujourd'hui, au Kazakhstan, la religion est non seulement l'un des facteurs d'harmonie interethnique et de la stabilité sociale, mais aussi l'une des sources de la renaissance de la culture. Après tout, pour le développement de la culture, il est nécessaire de prendre en compte les valeurs religieuses qui portent le potentiel spirituel et moral.

Il n'y a pas si longtemps au Kazakhstan, il y a eu un événement vraiment significatif : les catholiques polonais ont offert au Kazakhstan, l'autel "Etoile du Kazakhstan". Il a été fabriqué en Pologne et consacré par le pape François. Il y a environ une douzaine de ce type d’autel dans le monde, et le Kazakhstan est devenu la deuxième place après Jérusalem, où l'autel a été envoyé.

Réalisé dans l’atelier du maître polonais Mariusz Drapikovsky, celui-ci a élégamment et délibérément fait un dessin de Jésus-Christ avec une croix, sur fond de décor réalisé selon le modèle national kazakh. L'autel se trouve maintenant dans l'église du village d'Ozernoe, dans la région du Nord-Kazakhstan. L'endroit n’a pas été choisi par hasard. Selon la légende, il était là en mars 1941, après qu'une prière commune des Polonais en exil ait fait apparaître soudainement un lac riche en poissons. Ce fut un véritable salut pour les personnes qui sont mortes de faim. Selon le président de la région, plus de 40% des catholiques de la république vivent dans le nord du Kazakhstan et, pour eux, un tel cadeau n'a pas de prix. Maintenant, la direction de la région élabore un plan pour améliorer les infrastructures, de sorte que les pèlerins, et les touristes ordinaires puissent visiter plus facilement ce lieu saint.

L'histoire de la culture du Kazakhstan est riche et inextricablement liée à l'histoire de la formation dans ses régions de diverses religions. Tout cela est concrétisé par une grande variété de monuments qui se trouvent sur le territoire de la république et qui présentent un grand intérêt non seulement pour les scientifiques et les chercheurs, mais aussi pour les voyageurs ordinaires. Les objets religieux ainsi que d'autres monuments historiques du Kazakhstan sont annuellement visités par des dizaines de milliers de touristes.

L'histoire ne concerne pas seulement que la manière dont différentes confessions peuvent coexister pacifiquement sur le territoire d'un État, mais également l’augmentation de l'attrait économique de cet État qui en ressort.

Il est important de noter que les scientifiques et les experts analysant l'exemple du Kazakhstan, ont souvent noté le danger d'un développement "indépendant" de l'expérience religieuse du pays. Mais l'histoire des 26 dernières années d'indépendance a réussi à prouver l'échec de ces réflexions. C'est la tolérance du Kazakhstan dans le domaine religieux qui est devenue l'un des principaux facteurs de prévention des conflits sociaux et politiques et de construction d'une société civile moderne.

Et à présent, nous pouvons observer comment, au Kazakhstan, il y a un processus d'amélioration et de formation d'un nouvel espace confessionnel unique, qui, je le crois, servira encore d'exemple à de nombreux pays vivant dans des conditions de confrontation religieuse incessante.

lundi 25 juin 2018

Comment des millions lié à une mégafraude au Kazakhstan ont été investis dans une tour Trump

Pendant des années, des journalistes (et même des enquêteurs fédéraux) auraient scruté les accords commerciaux du président américain Donald Trump pour montrer que des criminels et leur argent sale étaient entrés dans son orbite.

La tour Trump SoHo à New York a été l'un des développements les plus scrutés de Trump. Parmi d'autres controverses, il a été allégué en cour que trois condominiums dans le bâtiment ont été achetés en utilisant des fonds liés à une affaire de fraude massive dans l'ancienne république soviétique du Kazakhstan.

Maintenant, une nouvelle enquête menée par le Projet de reportage sur le crime organisé et la corruption (OCCRP) et l'émission de télévision néerlandaise Zembla apporte un nouvel éclairage sur l'affaire.

En utilisant des documents jamais rendus publics, il révèle exactement comment trois millions de dollars utilisés pour acheter les condominium à New York. Il semble également appuyer les allégations soulevées devant les tribunaux selon lesquelles l'argent peut être d'origine criminelle.

Plus de 30 millions de dollars américains provenant de la même source contaminée ont été utilisés pour financer d'autres investissements aux États-Unis avec l'aide de Felix Sater, un fraudeur financier déjà condamné et ancien conseillé de Trump. L'ancienne société de Sater, Bayrock Group, s'est associée à Trump pour construire le Trump SoHo.

Les documents et les entretiens fournissent un compte rendu détaillé de la piste mondiale sinueuse de l'argent (via des sociétés écrans offshore et une banque liée au financement du terrorisme).

Son origine peut être attribuée à un stock d'environ 440 millions de dollars lié à une affaire de fraude notoire impliquant le milliardaire kazakh Mukhtar Ablyazov. L'année dernière, le banquier fugitif a été condamné par contumace à 20 ans de prison par un tribunal kazakh pour des accusations de détournement de milliards de dollars de la banque BTA du pays, qu'il dirigeait auparavant.

Si l'argent est bel et bien celui d'Ablyazov, les investissements immobiliers pourraient mettre en péril les acteurs, y compris Sater.

Selon Richard K. Gordon, directeur du programme d'études supérieures en lutte contre le blanchiment d'argent à la faculté de droit de la Case Western Reserve University à Cleveland (Ohio), le sentier offshore complexe utilisé pour déplacer l'argent montre des «drapeaux rouges classiques pour le blanchiment d'argent».

Elvis a acheté le bâtiment

Les documents présentés au tribunal montrent qu'une grande partie de l'argent pour les investissements américains provenait de l'étranger, en grande partie des comptes de FBME Bank, une institution financière basée en Tanzanie, aujourd'hui disparue, avec des bureaux en Russie et à Chypre. La banque a été sanctionnée par le gouvernement américain au début de l'année 2016 après avoir été trouvée impliquée dans le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes.

Mais la piste de l'argent exacte, et comment il se connecte avec le monde d'Ablyazov, a jusqu'ici été caché de la vue du public. L'enquête de l'OCCRP et de ses partenaires montre cependant pour la première fois que l'argent peut être retracé à des centaines de millions de personnes liées à l'affaire de fraude d'Ablyazov.
Les révélations proviennent d'un ensemble de documents mis au jour au Royaume-Uni, qui a été au centre de la controverse mondiale sur les actifs du nabab kazakh.

En 2016, un avocat de BTA Bank (la banque kazakhe fraudée par Ablyazov) a révélé à un tribunal britannique qu'un enquêteur privé avait approché la banque avec ce qu'il disait être la preuve qu'un planificateur financier offshore basé à Dubaï appelé Eesh Aggarwal avait construit et gérer un réseau de sociétés offshore qui blanchissaient l'argent volé.

Selon l'avocat, l'enquêteur privé a présenté des documents tirés de ce qu'il a qualifié de «pirates informatiques israéliens» de l'ordinateur d'Aggarwal. Ils ont révélé, a t-il dit, qu'Aggarwal avait travaillé pour le gendre d'Ablyazov, Ilyas, dans la construction et la gestion d'un réseau d'entreprises offshore qui canalisait des centaines de millions de dollars entre les comptes FBME.

(L'enquêteur privé, Stuart Page, n'a pas répondu aux courriels d'un journaliste qui cherchait une entrevue.)

Les enquêteurs privés de BTA ont commencé à suivre Aggarwal. À la mi-juin 2016, constatant qu'il avait atterri au Royaume-Uni, les avocats de la banque ont demandé (et reçu) une ordonnance d'un tribunal britannique pour l'obliger à remettre ses dossiers.

L'OCCRP et les partenaires ont eu accès aux dossiers à la fin de 2017 par une source ayant une connaissance directe de l'affaire. Ils comprennent la correspondance, les organigrammes et les accords de prêt et de dette.

Les documents montrent qu'Ilyas Khrapunov - sous le nom de code "Elvis" - était le bénéficiaire ultime d'un réseau complexe de près d'une douzaine de sociétés offshore et de fiducies administrées par Aggarwal qui traitaient près de 440 millions de dollars via les comptes FBME.

En analysant les documents déposés dans les affaires de New York et de Californie, les journalistes ont pu reconstituer une piste montrant que cet argent servait en partie à financer des investissements clés de Khrapunov aux États-Unis - notamment les appartements Trump SoHo et l'investissement dans les centres commerciaux de l'Ohio. Sater et Ridloff.

Plusieurs des courriels montrent que Sater était impliqué dans la coordination des transferts de millions de dollars aux États-Unis. Ils montrent également sa relation avec deux membres de la famille Khrapunov. Dans un courriel traitant d'une transaction de 3 millions de dollars, la belle-fille de Viktor Khrapunov, Elvira Kudryashova - l'acheteur des trois appartements Trump SoHo - qualifie Sater de «mon associé». D'autres courriels montrent Ilyas dans une correspondance avec Sater.

Aggarwal a raccroché lorsqu'il a été contacté par un journaliste. Il n'a pas répondu à un courriel de suivi. Sater n'a pas répondu aux questions écrites envoyées par les journalistes. Ridloff a refusé de commenter par l'intermédiaire d'un avocat.

Par Aubrey Belford, Sander Rietveld et Gabrielle Paluch sur www.occrp.org le 25/06/2018

dimanche 24 juin 2018

La Russie entre dans l'offensive syrienne au sud-ouest de la Syrie


Les militaires russes sont officiellement entrés dans l’offensive du sud-ouest de la Syrie ce soir, a déclaré une source à Al-Masdar depuis le gouvernorat de Deraa.
Les forces aérospatiales russes ont lancé ce soir un assaut massif sur le nord-est de Deraa, ciblant plusieurs zones contrôlées par les rebelles djihadistes.
Selon une source militaire dans la forteresse gouvernementale d’Izraa, les forces aérospatiales russes ont lancé plus de 20 frappes aériennes à travers le nord-est de Deraa ce soir.
La source a déclaré à Al-Masdar que les forces aérospatiales russes ont spécifiquement lancé des frappes aériennes au-dessus des villes de Masikah, Aeeb et Busra Al-Harir.
Ils ont ajouté que la majorité des frappes aériennes ont été lancées sur la forteresse jihadiste de Busra Al-Harir, qui est située directement à l’est d’Izraa.
Cette attaque des forces aérospatiales russes survient 48 heures seulement après que le département d’État US ait lancé un avertissement sévère aux gouvernements russe et syrien au sujet de l’escalade de leur offensive dans le sud-ouest de la Syrie.
Al Masdar News
Sur reseauinternational.net le 24/06/2018

Des lasers chinois auraient aveuglé l'US Air Force

Plus de 20 cas d’utilisation de lasers pour tenter d’aveugler les pilotes de l’US Air Force survolant la mer de Chine orientale ont été recensés depuis septembre 2017, a rapporté le Wall Street Journal.
Les lasers ont été utilisés pour cibler les opérations aériennes américaines dans le Pacifique, avec 20 incidents enregistrés depuis septembre de l’année dernière, selon un responsable militaire américain qui a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que des lasers, probablement d’origine chinoise, avaient été projetés sur des avions américains.
Le dernier cas s’est produit au cours des deux dernières semaines, a indiqué le responsable, qui a précisé qu’aucun des incidents n’avait entraîné de blessures.
Les lasers sont de faible puissance et se trouvent en vente libre. Ils pourraient avoir été utilisés par des pêcheurs chinois ou des ressortissants d’autres pays de la région. Toutefois, Washington n’écarte pas la responsabilité des autorités chinoises.
Les attaques ressemblent à des incidents survenus au début de l’année 2018 à Djibouti en Afrique de l’Est, suite auxquels des aviateurs militaires américains ont subi des blessures légères aux yeux après avoir été exposés à des lasers qui, selon l’armée américaine, provenaient d’une base militaire chinoise voisine.
L’incident de Djibouti a incité les États-Unis à protester officiellement auprès de Pékin, même si les représentants officiels n’ont pas confirmé si les lasers utilisés dans le Pacifique étaient de qualité militaire ou commerciale.
Lors d’un point de presse régulier vendredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré : « Selon ce que nous ont appris les autorités compétentes, les accusations proférées par les médias américains sont totalement infondées et montées de toutes pièces. »
Les médias d’État chinois ont nié les allégations des responsables de la défense américaine, les accusant de « propager des fables à propos de lasers ».
Sur parstoday.com le 23/06/2018

mercredi 13 juin 2018

Les ventes de voitures électriques explosent en Chine

Pour la première fois, il s'est vendu plus de 100.000 véhicules électriques et hybrides en un mois.
C'est un cap symbolique que vient de franchir le marché chinois des voitures à énergie nouvelle (NEV). Pour la première fois, il s'est vendu plus de 100.000 véhicules électriques et hybrides en un mois sur le premier marché au monde. Les ventes de véhicules à énergie nouvelle ont précisément atteint les 102.000 unités en mai, soit un bond de 125 % sur un an, selon les dernières données de l'Association des fabricants automobiles de Chine (CAAM).
Sur les cinq premiers mois de l'année, elles affichent une hausse de 141 %, à 328.000 véhicules. La croissance des ventes est largement supérieure à celle de la production, qui a progressé de 85,6 % à 96.000 unités le mois dernier, selon les chiffres de l'association.
Pékin à l'offensive
Au moyen d'exemption de taxes et de remises pour les acheteurs, la Chine a massivement encouragé, ces dernières années, les achats de voitures à énergie nouvelle dans l'espoir de soulager des villes fortement polluées et afin de soutenir sa propre industrie automobile. L'an dernier, il s'est vendu 777.000 voitures NEV en Chine, constituant le plus grand marché mondial pour la troisième année d'affilée.
Très offensif, le gouvernement chinois veut porter à 2 millions d'unités la production annuelle de véhicules électriques ou hybrides en 2020, et à 20 % la part des NEV sur le marché automobile d'ici 2025. Il a mis en place, pour cela, un dispositif de quota incitant les constructeurs à produire des véhicules électriques en Chine. Résultat, ce secteur est bien plus rapide que l'ensemble du marché automobile chinois : le mois dernier, 2,29 millions de véhicules ont été vendus en Chine, en hausse de 9,6 % en glissement annuel.
Par Frédéric Schaeffer sur www.lesechos.fr le 12/06/2018

Afghanistan: les USA défendent Daech

L’aviation américaine a frappé les positions des talibans à Nangarhar, une province de l’est de l’Afghanistan, en soutien au groupe terroriste Daech.
Afin de porter assistance aux terroristes de Daech, l’aviation américaine a bombardé, le lundi 11 juin au soir, plusieurs positions des talibans dans le district de Khogyani, appartenant à la province de Nangarhar.
Selon les témoins oculaires, des avions de chasse, des hélicoptères et des drones de l’US Air Force ont mené une attaque aérienne nocturne contre une localité de Khogyani, où les talibans avaient pris position dans l’attente d’en découdre avec les terroristes de Daech.
Les talibans ont été touchés par les raids américains alors qu’ils se préparaient à lancer une attaque d’envergure contre Daech.
Un certain nombre de civils ont été également tués ou blessés par cette frappe aérienne.
À l’approche de la mise en place d’un cessez-le-feu, les forces américaines et le gouvernement afghan avaient promis de se focaliser sur les terroristes de Daech plutôt que d’attaquer les talibans.
En avril, les positions des talibans à Khogyani ont été visées par l’aviation américaine juste après une attaque de ce groupe contre les positions de Daech.
En février, Malek Ayoub, le commandant d’un mouvement populaire qui s’était révolté contre Daech, a été tué par les forces spéciales américaines et son mouvement a été réprimé.
L’aviation américaine a jusqu’ici soutenu à maintes reprises les terroristes de Daech quand ils étaient engagés dans des affrontements avec les talibans.
Sur parstoday.com le 12/06/2018

dimanche 10 juin 2018

Des milliers de soldats syriens affluent dans le sud de la Syrie à l'approche de l'offensive


Des milliers de soldats de l’Armée arabe syrienne (AAS) et des Forces de défense nationale (FDN) ont été vus se dirigeant vers les provinces méridionales de Deraa et Al-Quneitra jeudi et vendredi.
On s’attend à ce que ces soldats renforcent les troupes qui sont déjà dans le sud de la Syrie pour l’offensive à venir contre les forces rebelles.
Plus récemment, les Forces de défense nationale ont envoyé leurs branches de Qalamoun et de Damas dans la campagne de Deraa, où elles seront chargées d’aider l’armée syrienne à reprendre la capitale provinciale et le passage de Nassib.
Selon une source militaire à Damas, cette offensive à venir devrait être la plus grande opération de cette guerre de sept ans.
Les rebelles n’ayant pas reculé, cette opération pourrait être l’une des batailles les plus sanglantes de cette guerre.
Par Leith Aboufadel sur https://reseauinternational.net le 10/06/2018
Article originel : Thousands of Syrian soldiers pour into southern Syria as offensive draws near sur Al Masdar News, traduction SLT

Des militants juifs israéliens appellent au droit au retour des Palestiniens et accrochent des portraits de manifestants assassinés à Gaza sur le mur de l'apartheid


Le communiqué de presse suivant a été envoyé à Mondoweiss concernant deux actions en faveur du droit au retour qui ont été prises par des groupes juifs en Israël aujourd’hui :
Aujourd’hui, à 6 heures du matin, un groupe anonyme de militants juifs israéliens, se qualifiant eux-mêmes de « RETURN » (« RETOUR »), a accroché des photos des martyrs de la Grande Marche du Retour sur la barrière d’apartheid de Gaza. La manifestation a été organisée pour dénoncer les exécutions extrajudiciaires par Israël de manifestants pendant la Grande Marche du retour, y compris des journalistes, des médecins et des manifestants non armés.
L’action a été inspirée par un appel à la solidarité internationale lancé par la Grande marche du retour de Gaza. Les activistes de RETURN ont accroché des portraits de Gazaouis assassinés par les forces israéliennes, y compris le portrait maintenant iconique de la jeune secouriste Razan Al Najjar. Plus tôt cette semaine, le professeur de Gazan Haider Eid a écrit : « le slogan de la Grande Marche du Retour est « Je veux rentrer chez moi ». Soixante-dix pour cent des Palestiniens de Gaza sont des réfugiés des villes et villages d’Israël… Il est temps pour le monde entier de se lever et d’agir – d’imposer des sanctions aux industries israéliennes jusqu’à ce que les Palestiniens obtiennent la liberté, les droits civils et la justice.
L’un des activistes de RETURN a déclaré : « Les Palestiniens assiégés à Gaza sont en train de rentrer chez eux, vers les villages et les villes d’où ils ont été expulsés. Ils marchent hors du désert qu’Israël a transformé en Gaza et c’est pour cela que l’armée d’occupation israélienne les assassine de sang froid. Le courage et le sacrifice de ces personnes nous demandent à tous de nous lever et d’assurer la fin de l’impunité israélienne. L’apartheid doit cesser et c’est nous qui devons y mettre fin. »
Plus tard ce matin, des affiches d’Akhmad Al-‘Adinie, dont la famille a été expulsée de Bir As-Saba et Abd Al-Qadr Al-Khawajry, dont la famille a été expulsée de Bureir, ont été assassinées par des soldats israéliens alors qu’ils tentaient de rentrer chez eux. Les affiches ont été affichées près de la mosquée de Bir AsSaba, en l’honneur de leur persévérance et de leur dévotion. Le groupe appelle au retour de tous les réfugiés palestiniens à Gaza et ailleurs.
Sur https://reseauinternational.net le 10 juin 2018
Traduction SLT